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1,2,3

One

Sur la Sandplatz, Dora rigole, on voit sa glotte rouge qui tremblotte. C'est pas la panique, c'est pas le désir absent du sujet, le désir manquant de l'objet, c'est pas ça qui la paralyse, c'est pas Hans ou MrK, ces enculés, qui lui font les doigts gourds et le coeur licencié, le cou noué et le sexe anémié, c'est pas le verre d'eau à gerber, les chiens lappants qui la rendent aphone et nouée.
Elle rêve d'irm, des petits cercueils capitonnés, et puis c'est ensuite un camping, un cimetière à ciel fermé, des matelas jonchés, des draps bleu clair comme du ciel tissé qui vont recouvrir les têtes et empêcher de respirer pour une trop longue eternité.
(je remarque un truc je fais de la rime intérieur en é, je slamme ma race)
Non non, c'est rien de tout ça, y a un voyage vers le futur qui s'est opéré, Dora en slim grisé élimé, Dora ipod branché, Dora soutien gorge -sans armature-, sinon plutôt crever, violet.  Elle est tombée dans un tunnel de temps parallèle enfin un truc super compliqué, et elle a rencontré un ostéopathe renommé, c'est plus à Vienne, c'est genre à Lourdes, un peu. Ou bien plutôt un radiologue confirmé, Sigmund va te faire empapaouter, de toutes façons tu es mort, tu peux pas me déparalyser.
Il a dit "C'est une hernie cervicale Dora, c'est pas d'angoisse que tu vas crever"

(on peut toujours rêver)

Two


Il me regarde comme ça, de côté et il me dit "Ok ok un mariage sur deux se termine en divorce, mais tu m'empêcheras pas de penser que tous les divorces commencent par un mariage, poupée." (il n'a pas dit poupée, je ressemble à tout sauf à une poupée, c'est pour le slam, que j'dis poupée, pour la beauté, pour la musique, pour arranger)
Regarde le commencement, retourne à l'origine, y a que ça qui te fait rêver, c'est les balbutiments, les approches qui font fantasmer, les doigts de la nouveauté qui font  frissonner....Arrête de me faire pleurer, va plus loin pour recommencer.

C'est dur, un corps, c'est dur à porter. C'est dur un désir, à faire sortir exister, plus dur qu'un bébé. Je m'aime bien l'esprit , moi. Je me trouve super bonne de l'esprit. Bien tankée, super campée, assez cambrée. Le corps c'est dur, ça pèse sa chair. Ca n'a rien d'esthétique, mon algodystrophie de la promiscuité, c'est pas dîtes moi que je suis belle, (c'est pas répulsion quand je me croise, hein, rien à voir avec la "bôté", c'est rencontrer qui fait chier, se confronter, ça prend des allures de bataille, et moi je crois que j'aime bien qu'on me foute

la paix.

 

Three

Il me faut un morceau de route, une musique de partance. J'ai épuisé tous mes airs de départ. Je me suis trop souvent cassée. Un jour je suis partie sur Special K de Placebo. Ste honte. Une autre fois, c'était Stay Inside, de V. Chesnutt, faut le faire. J'ai fait des tonnes d'aller retour sur Papa M (what a scoop). J'ai jamais pu aller bien loin avec my life de B.P. Billy. Et j'en oublie, enfin non j'oublie rien, mais je crains de me saoûler, je vais pas balancer toute ma discothèque de déplacement, ma play list de périples, mon CD spécial traversées...

 

What fo(u)r ?

Juste comme ça.

...Ma lettre se transforme peu à peu en confession. J'écris pour soulager mon symptôme de graphomane. j'opère une thérapie épistolaire avec vous, un sevrage de ma boulimie de correspondance. Vous vous en doutiez peut être: on écrit toujours pour soi ( "on parle toujours de soi, le reste du temps, on fait   semblant d'écouter"). Si je rhétorise le phénomène des lettres, je m'en libère. Depuis ma plus tendre enfance, (qui n'était vraiment pas tendre, l'enfance à l'odeur de lait, l'odeur de miel, non non. L'enfance ça sent le sel et la transpiration, ça sent la trouille et l'attente, tendre enfance, c'est couillon cette expression), j'ai une propension abusive à écrire (le meilleur moyen de se taire, tu sais, c'est écrire). De partout et en tous points, j'en envoie; ce sont parfois de simples billets mais, le plus fréquemment, mes pages s'emplissent, (ça déborde). Au fil des années, les destinataires se sont diversifiés: des proches aux individus les plus éloignés ( jusqu'à n'écrire à personne)

jusqu'à n'écrire à plus personne.

J'ai jamais eu envie ni besoin de parler.

C'est pas grave.

(d'après un roman de S. Buyse)

insomnie 547

Chez toi, l'insomnie c'est juivo tragique (pléonasme). C'est pas je dors pas merde, c'est pas profitons en pour faire une oeuvre d'art nocturne incomprise, non, ça prend illico des allures archaïques, des odeurs de préhistoire, des terreurs de gosse,
et chaque fois que quelque chose te fait penser à une peur d'enfant, regarde -toi, tu penses à la folie. Interroge -toi dès que tu auras cinq minutes.  Ta tête frôle l'oreiller et la nuque pèse comme du plomb, c'est la douleur de la perte, ou un déguisement, cette tête trop lourde comme une mappemonde sur une tige, qui tangue , ma tête trop lourde sur ma colonne vertébrale pourrie.
Je t'écris de ma nuit de merde toute coincée tu sais j'ai envie d'écouter against fascim quand ca fait it's the song i hate it's the song i hate genre comptine déchirée. Et après on the strip la voix qui joue à rien, Purr pour sautiller partout; tomber. Je sais pas pourquoi je reviens toujours à cet album, il parait que c'est pas celui là le bien, le top mais moi c'est celui-là qui me pénètre le mieux et le plus fort, la bonne cadence exactement.  C'est à cause des médicaments je crois, ça me rappelle ce besoin de distorsion dans l'écoute, tu sais ces concerts ...nom de dieu, j'étais très jeune, très jolie, très malheureuse, complètement perdue, égarée, désaffectée, camée jusqu'aux sourcils.  Sonic youth chimiquement modifiée, tu peux même pas savoir, c'est juste une jouissance incroyable. Je peux pas. J'ai peur de la défonce maintenant. J'ai d'excellentes raisons d'avoir peur. Je t'écris d'une nuit , dans cette hypervigilance coincée et affolée qui ne cède pas au lexomil au diantalvic aux myorelaxants, qui ne cède à rien. Je cède jamais. Voilà c'est plus joli comme ça, genre la cheguevarra du sommeil, la révolution en marche sur ma couette, le sommier de la Résistance,  c'est plus littéraire, si je fais de la métaphore.  J'ai peur de mourir peut être tout simplement, c'est juste ça. Cherche pas l'alambic de la synecdoque, cherche pas les masques de la névrose, les apparats, toute basique tu es.  Tu as juste peur de crever. Après c'est  de la littérature, enfin, c'est du blog quoi.

 

 

 

 

 

 

Promesse tenue - a kinda private joke-

 

 guitfem1.jpgJ'avais promis.

(j'ai honte- un peu- mais j'avais promis)

 

De toutes façons j'arrête la guitare,  après quatre mois, certes, mais j'arrête pour raisons médicales URGENTES. Je suis nevralgée cervicobrachialisée de droite. (ça veut dire je vais mourir).

 

D'aucuns diront que c'est pas grave. (..enfoirés)  mais croyez-le ou pas, ça me déprime complètement. (de devoir arrêter- j'adorais ça. ) C'est un blog intimiste alors j'ai le droit d'exprimer que j'ai mal dans mon petit coeur dans mon espace personnel de liberté d'expression, mais surtout dans mon petit bras)

Et de toutes façons,

les blogs c'est fait pour se moquer (moi , je me suis jamais gênée)

et les commentaires sont bouchés. (Pas folle, la guitariste hero)

 

(A un moment on croit que c'est fini, mais c'est pas fini, c'est ça qui est fou)

 

Adieu, donc.

Peut être on se reverra, peut être pas, peut être on en aura rien à foutre,  et qu'on va tous s'en remettre super bien.(sauf mon bras)

Rien n'est certain jamais et j'irai même jusqu'à avancer que rien n'est toujours sûr. Aujourd'hui, j'ai appris que ma lune était en vierge.(première nouvelle) Ca m'a fait un choc. Et que Pluton et uranus font qu'à me taquiner. Autant te dire qu'après ça, vogue le navire hein.

Mon meilleur ami, celui que j'avais perdu dans un accident de couvent, et on s'est retrouvé parce que le destin tout ça, et the love boat exciting and new, et aussi parce qu'on a su couillonner Pluton et uranus, je crois, il me dit comme ça "Chante pour moi" et moi je dis ok. Et après on se parle de vraiment rien, des banalités, des trucs à la con. Mais on est assis du même côté du monde, je crois, un peu plus loin, les jambes qui pendent dans le vide (le majeur tendu vers le ciel, I fuck Uranus's touch...) et c'est le seul je dis bien le seul (les filles, y en a plein qui saisissent) qui comprend que quand je me fous de moi, ça veut pas dire que je me hais et que j'ai un sacré problème d'image de moi et autres inepties. Juste ça me fait beaucoup rigoler. Bon et bien voilà, je mets le podcast.

(A un moment on croit que c'est fini, mais c'est pas fini, c'est ça qui est fou)

 

(Fuck Pluton)

 


podcast

Hammer song

C'est comme ça qu'est ce que tu veux que je te dise, t'es pas infographiste ni kaki king ni Serena Williams mais tu te tapes la tendinite de la mort des os, du bras, avec les douleurs nocturnes et les envies d'amputation directe, les piqures qui te font chanter age of aquarius, alterner les fesses, une fesse différente pendant sept jours, le liquide qui empâte, chauffe, soulage PAS ASSEZ LONGTEMPS, et qui te retournent les viscères, la douleur même au repos, le bras comme tordu de l'intérieur, les tendons noués genre noeud marin indestructible. T'es juste boggueuse et tu joues quatre accords, les jours fastes, et t'as jamais réussi à rattrapper une balle sur un court mais voilà: Tu souffres du membre, c'est une bursite, une capsulite, une tendinopathie et ça fait pleurer les yeux.
Il faudra aller chez le kiné. Les kinés et moi c'est une longue histoire. J'ai une copine qui a épousé son kiné, il lui a fait un enfant, et puis après il s'est mis à la taper parce que tu comprends, il allait pas bien, pauvre homme, et après elle est partie et lui il souffrait encore trop, pauvre homme, alors il venait vivre à côté de chez elle et des fois hop, une pointe de souffrance, le pauvre, et il venait l'étrangler un peu en la traitant de pute,  tellement la douleur du pauvre ostéopathe tu vois. Ensuite, il y a eu un autre kiné dans ma vie, lui il était beau de style jeune dandy décadent, et il aimait Chet Baker et il faisait de l'escalade. Il m'avait invitée dans son loft du quartier chicoss, une pièce qui dominait toute la ville, baies vitrées, lumières, sourire genre je suis Mickey  Rourke, je vais t'humilier, tu vas te mettre à quatre pattes et je te vais t'enduire de voltarène comme ça on sera trop décadents et on aura l'impression d'avoir une libido pleine de complexitude. En fait, ce gros sadique m'a interdit de fumer pendant toute la soirée chez lui et m'a  raccompagnée sagement  chez moi tard dans la soirée. Ensuite, il est venu dîner, et il m'a fait livrer des fleurs le lendemain "Ne change rien. C'est moi qui suis con."
A ce moment là, il aurait sans doute fallu que je courre le rejoindre, pleine d'empathie et de j'ai soudain compris que tu souffres,  attends je vais me mettre à quatre pattes et tu m'enduiras de voltarene si y a que ça pour te faire plaisir hein je suis pas contrariante. Mais j'ai juste rien répondu du tout, parce que les sportifs m'emmerdent. Et que les hommes qui disent " ne change rien" alors qu'on ne leur a strictement rien demandé j'oublie comment ils s'appellent assez rapidement.
Je regarde le film qu'a mis Fishturn sur son blog. Putain, je sais pas si c'est les myorelaxants, la tendinite, la paralysie,  mais ça me fait pleurer et rire genre Adèle Hugo, genre internez moi tout de suite. Voilà, je trouve que ça c'est beau, et ça c'est la vie.  Et c'est ça que je veux. Parce que t'es tout seul et tu t'emmerdes au taf, et dans la vie, et que tu peux te la ouerj encore longtemps lacérée du coeur jusqu'à devenir un iceberg, tu te sens juste assise comme au bord du monde, jamais vraiment là, jamais vraiment dedans toi, et voilà quelqu'un qui  t'envoie des petits signes et tu existes et je te vois et c'est drôle, c'est doux. Et c'est pas grave si tu es plus drôle que moi, ça me racourcit pas le pénis. Et c'est pas la peine qu'on s'enduise de voltarene pour que j'aie une érection ni que je te file un coup de ceinture sur la tronche pour me sentir un homme. Ni que tu adoptes une posture de femme intouchable, pauvre petite cocaïnowomane, pauvre petite Paris Hilton qui fait la moue parce qu'elle a pas trouvé ses Louboutin en 38... pour que je reste dans ton lit plus de deux semaines...
Enfin j'explique mal, j'ai mal au bras et j'ai rendez vous avec un kiné tout à l'heure, c'est mon dernier espoir avant la lobotomie de l'épaule. Le cabinet , c'est dans une toute petite rue, une maison en pierre avec des volets mauves. Elle s'appelle Karine.

 

 

I used to work, night and day,
Nobody listened to a word I'd say,
I didn't care who knew me then,
and someone stupid asked if we were friends, well,

Over my shoulder it goes,
Back to a bar, we both used to know.

podcast

Le film du Samedi (part. II)

(le film 1, c'est la note en dessous)

Sonic Youth- My friend Goo


Le Film Du Samedi

(Tenacious D- Friendship)

won't you take me to funky town (de mieux en mieux)

Quand j'étais petite, j'avais un maître au Cm2, un maître qui ressemblait à Francis Cabrel. Il avait le même jean , les mêmes clarks, les mêmes frisottis sur les tempes, et la même moustache de bab du Gers.  C'était mon maître des après-midi, parce que le matin j'avais le directeur comme maître, et lui il ressemblait à rien, enfin je veux dire il était vieux et un peu chauve et sans surprise. Le maître de l'après midi débutait et il aimait bien les élèves, il aimait bien enseigner si ça se trouve. Des fois, il jouait de la guitare, des chansons de vieux. Personne n'osait demander "je l'aime à mourir", on était de respectables enfants, on levait le doigt pour demander des trucs comme aller faire pipi, ou effacer le tableau. Une fois quand même Carole C s'est piqué un fou rire parce que le maître de l'aprés midi avec sa guitare classique chantait "O gué vive la rose" et là, il s'est un peu enervé, tout freinetique qu'il soit, Francis, il a dit que claude françois c'était de la daube et qu'elle irait pas bien loin dans ses études, avec des goûts pareils. Enfin, moi j'étais du côté du maître vu que je détestais claude françois et que je préférais déjà  Led Zeppelin, à cause de ma frangine qui était une grande du collège qui fumait des cigarettes. J'étais une très bonne élève blabla super forte en rédaction et un peu nulle en géométrie (je n'aime pas l'espace). Il m'aimait beaucoup et je le faisais rigoler. C'était sa première année d'enseignement et je crois qu'il était vraiment curieux de ses élèves. Je suis passée en sixième,(je l'aimais pas au point de redoubler) et on s'écrivait des lettres . J'étais très fière, il répondait à mes lettres par de vraies longus phrases avec une écriture très différente de celle du tableau, une écriture d'adulte. Un mercredi après midi , il est venu prendre le thé à la maison. Ma mère l'avait invité. Je ne me souviens plus trop ce qu'ils se sont dit. Je me souviens que j'étais mal à l'aise, je ne savais pas trop quoi dire non plus "oui j'aime bien le français" "non je ne mange pas à la cantine"
Je crois qu'il m'aimait vraiment bien. J'étais le genre élève intéressante : niveau socio culturel assez bas, fille d'ouvrier, ça devait ravir un instit un peu bab qui a envie que l'école de la république réduise les inégalités sociales, je crois. Ensuite, en cinquième, j'ai découvert le sexe et la drogue,(en gros) alors je ne lui ai plus écrit.

Une bonne dizaine d'années plus tard, par un hasard inouï qui n'a aucune importance, une femme m'a parlé de moi. Elle avait entendu parler de moi par lui. Il se souvenait de moi. Je l'ai eu au téléphone, alors.  On s'est dit que ça serait marrant de se revoir, il aimait toujours drôlement son boulot. Moi moins.  Mais j'ai pas donné suite, j'ai toujours été mal à l'aise avec les gens qui m'aiment bien, j'ai l'impression qu'il ya quelque chose de pas net, là-dedans. Qu'ils vont découvrir le pot aux roses. Alors je me casse pour qu'ils continuent de m'aimer bien, en fait. Bref,  il y a peu, je l'ai revu.  Il manifestait. Il m'a reconnue tout de suite. Je lui ai demandé s'il aimait toujours bien les élèves, s'il était toujours aussi curieux...Il a souri, il ressemble un peu à Christophe maintenant. Plus trop à Francis Cabrel. Il a dit que c'était pas ça. Qu'il était juste convaincu que je ferais de grandes choses à cause de mes rédactions, de ma rapidité, de ma vivacité. Enfin, moi, à part être Patti Smith, j'ai jamais eu beaucoup d'ambition. J'aime l'idée d'avoir un vieux visage d'iroquois et une voix fatiguée douce qui rend un tube pourri de Nirvana super sex. Ou alors dissidente soviétique, j'aurais bien aimé.  Alors...J'ai dit ho. J'ai même rougi.  J'ai vu un moment qu'il était déçu parce que je lui avais raconté ma vie, un peu.(comme quoi je fais  bien de me casser, hein, pour qu'on m'aime encore. Abs est hystérique, comme Dieu, elle fucke tout de suite, et après elle fuit emportant le soyeux de ses cheveux etc...(poème qu'on m' a fait cadeau, la classe). Je lui ai raconté les grandes lignes, quoi, mais les grandes lignes, elles disent tout.  J'ai pas osé dire que j'avais un blog. (personne ne sait que j'ai un blog! strolahonte) Ensuite, il m'a demandé si je continuais par là où si je rentrais de suite. J'ai dit je rentre de suite, j'ai de la route. Il m'a dit au revoir. O gué vive la rose, j'ai pensé.

 

 


podcast

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