12/12/09,

 

C'est juste pour ma gueule

Je sais que tu n'es pas dupe

Ce n'est pas pour que tu saches

Mais bien pour me souvenir

Me dire que je suis passée par ici

que je trépasserai par là

je suis fatiguée du monde :

Je me maquille comme si j'étais dedans

On change les morts tu sais

On habille les mots comme s'ils étaient vivants

 

Les fleurs se fânent

Les écrits, ça s'envole pas

la preuve: tu réponds pas.

Les liens s'étiolent

etc...

 

Mon caillou reste

 

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(et Wintermusik/tristana de N.Frahm pour toi et moi)

 

trouble de l'humour

C'est dur de dormir, ma petite, c'est vrai. Quand la peur colle au pyjama et que le cauchemar fait transpirer ton oreiller. Y a des cheveux agités sur les draps, y a des mains qui tâtonnent pour saisir du familier. J'ai refermé la couverture douce comme une peau. Ces gens disaient qu'il avait changé leur vie, (et c'était pas Jean Jacques Goldman.) J'ai écrit son nom comme celui de quelqu'un qu'on connaît au recto d'une enveloppe, et j'ai pu mesurer l'étendue d'un soupçon sur ce qu'il avait voulu me dire. Il y avait de l'esprit, de la chair, et beaucoup de curiosité, celle que j'aime, claire et silencieuse, sans obscurs détours. Je n'ai pas tant cherché à comprendre que ça. Ce n'était pas si important. C'est comme lorsqu'on pense à quelqu'un qui nous a surpris, hier, par ses paroles, mais on ne va pas plus loin que son étonnement, parce qu'après tout, on le connaît, il ne va pas nous la faire. Il peut même nous décevoir, il nous a tant déjà donné. Moi c'est le temps, le rien qui ont ebiselé mon coeur, j'ai le coeur hooligan et je n'y peux plus rien. A part toi, j'aime personne. Et on me le rend bien.  C'est dur de dormir, ma petite. Y a des gens que le malheur rend niais. Y a des gens qui se défendent tout le temps de vouloir être aimés. Moi, je crois que ça m'aurait bottée.

 


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une citerne qui ne perd pas une goutte d'eau

La lame serrée
La main en l'air
Le sang à la pâte
Le fil amer
le plexus retourné
L'estomac glacé
Le coeur ailleurs
Le ventre vague
La tête flottante
Les jambes froides


- octobre 2009, réunion pourrie, sur la page "notes importantes" de mon agenda violet

j'écris parce que je n'ai rien à dire
j'écris pour, une minute, avoir raison
j'écris car je ne crois pas à la parole

j'écris parce que je suis con.

 

 


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l'agripa

j'ai rêvé que j'étais dans un centre de vaccinations, c'était un centre de vaccinations installée dans des toilettes pourries, les infirmiers vaccinaient les gens dans des chiottes, la porte servant de paravent, j'y étais allée sans bon de vaccination pour mon fils, car la cpam me hait, je suis la victime idéale de ce genre de folie médiatique, je n'ai aucun recul si j'envisage la possibilité même infime que mon fils soit gravement malade, c'est comme ça, je n'ai pas d'objectivité ni de bon sens, ni de distance quand il s'agit des gens que j'aime et dont je suis responsable, je suis très con, mais en plus je ne me soigne guère, les gens qui affirment qu'ils savent que non, que oui, et qui décident en leur âme et conscience politiquement incorrecte me font super flipper, je  soupçonne les gens raisonnables et tranquilles d'être des glaçons cardiaques, toujours, je sais pas si c'est le signe d'une énorme névrose incurable , sûrement, mais c'est comme ça,  dans mon cauchemar, il y avait beaucoup de monde, car les choses horribles arrivent rarement aux solitaires, lucky luke par exemple, il n'a jamais une méningite foudroyante quand il est seul dans le désert arizonien, c'était le fléau de stephen king et l'armée des douze singes un peu, les gens parlaient un peu affolés, pendant que les infirmiers fermaient pudiquement la porte des chiottes pour vacciner les gens, tout à coup, un homme fou, un fou de dieu ou un fou de sanofi pasteur a surgi dans la foule avec une arme, je n'ai pas bien compris s'il voulait se faire vacciner avant les autres, ou empêcher les gens de se faire vacciner, ou les obliger, il a tiré, il y avait du sang, j'ai entendu "elle est morte", mon fils était allongé par terre dans les bras de son père, indemne, et moi j'étais loin, j'étais peut être la morte je ne sais pas, toujours est il qu'après ce vacarme, il n'y avait plus grand-monde, et qu'on pouvait se faire vacciner. Mais j'avais plus trop envie.



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Des fois j'écris des pièces de théâtre

Edit: Suite au chef d'oeuvre naissant ci dessous, diverses actrices ont demandé à passer des auditions pour jouer dans cette pièce qui bouleverse absolument tous les codes de la scénographie. La preuve.



Les femmes sont assises en demi-cercle sur des tabourets sauf Fabienne qui tourne le dos à la scène, excentrée à gauche (haha). Il y a une chaise devant elles, dossier en cuir, chaise vide.

SCENE 1

ANNICK
Je manque de mots pour te dire et te représenter. Je reconnais ton imminence mais rien ne vient te figurer pour te mettre à distance respectable. A la place, je ne réponds plus au téléphone et je ferme ma porte. Dehors, Les SS, les Tartares, le Méchant, la Mort, la Maladie, la Crainte que tu manques de quelque chose, l'Obsession de l'abandon, les Fantômes qui m'en veulent de ne plus les pleurer, Mère qui m'a fait disparaître de l'Etat Civil. Je me lave les cheveux, je mets des pulls informes sur ma carcasse dorénavant pas bien loin de la maigreur, des pantalons qui flottent  il faut affronter la boîte aux lettres maintenant. Il y a un Oeil posté sur le côté de ma face qui surveille. J'ai peur mais je ne montre rien. Je dis bonjour aux voisins. Mme Fiorucci attend un bébé, elle ne sait rien de moi. Cette après midi, j'affronterai le Supermarché.

 

BERNADETTE

Quand j'ai su que j'allais mourir, j'ai écrit des tas de lettres pour mon fils adulte, qu'il puisse me retrouver et me haïr pour bien exister quand il cherchera des réponses aux larmes incompréhensibles qui coulent un jour ou l'autre. Ne rêve pas. Pleurer ne m'a jamais soulagée, moi. Je suis une glaciale aux yeux secs. J'ai écrit des tas de lettres et j'ai dit qu'il faudrait les lire à 18 ans. Puis j'ai tout brûlé, j'ai pris le joli carnet noir aux pages de bible, j'ai écrit je t'aime et j'ai confiance personne n'est irremplaçable, je t'aime et je te protègerai si je peux mais je ne peux rien te promettre, regarde déjà, je suis morte, si c'est pas une preuve. Je ne sais pas si je pourrai quelque chose de là où je ne serai plus. Je t'aime voilà ma seule vérité. Je t'aime à chialer je t'aime à ce que tu me manques quand tu dors . Je t'aime je suis folle. J'ai dit tu peux les lire tout de suite. Et puis je ne suis pas morte, fatalité. Mon fils m'a dit tu crois toujours que tu vas mourir et regarde, regarde, j'ai des tas de lettres  et tu vis et tu m'étouffes avec ta vie. Je le sais que tu m'aimes la belle affaire. J'en peux plus lâche moi les baskets.

 

JULIETTE

Il a dit faut que tu sortes d'ici il a dit tu peux pas rester comme ça il faut prendre sur toi arrêter de pleurer arrêter la drogue arrêter de te faire du mal  j'ai dit si je me fais rien qui fasse mal je vais le faire à quelqu'un d'autre il a dit mais non mais non on va aller voir un médecin il va te donner des trucs qui vont te faire du bien tu es malade tu n'es pas folle j'ai dit mais c'est pire c'est pire d'être malade rien n'a changé avant on disait fou c'était terrible et on a cru faire la révolution en disant non c'est une maladie mais le résultat est le même enfermée irresponsable défait de ses droits plus rien un dossier médical des allocations pour handicapé rien n'a changé il a dit mais comment veux tu qu'on t'appelle j'ai dit je veux pas qu'on m'appelle je veux qu'on dise que j'ai mal,  c'est tout. Et je préférerais qu'on me dise rien. Qu'on me laisse parler.

 

FABIENNE

Est ce que quelqu'un peut arrêter la musique s'il vous plait est ce que quelqu'un peut arrêter la musique s'il vous plait est ce que quelqu'un peut arrêter. quelqu'un.

 

EDWIGE

Il doit y avoir une erreur, je n'ai rien à faire ici. Je suis seulement SDF, j'ai juste besoin de nourrir mes enfants, je vole dans les magasins pour bouffer, je ne suis pas kleptomane. C'est un asile ici c'est un asile merde.

 

JOHANNA

Namiohorenguekyo. Je dois respirer amplement, garder l'air un moment et puis souffler à fond en creusant le ventre, libérer les tensions.

 

FABIENNE

Est ce que quelqu'un peut arrêter le marteau piqueur est ce que quelqu'un peut arrêter le marteau piqueur est ce que quelqu'un peut arrêter est ce que quelqu'un peut m'aider à me tuer par pitié ?

 

EDWIGE (elle crie)

Ferme la mais ferme la. Faites-la taire.

 

(noir)

 

SCENE II:

 

Les mêmes (sauf Fabienne)

Silence total.  Tabouret de Fabienne par terre

 

-LE PSYCHIATRE (QUI ENTRE SUR SCENE en se dirigeant vers la chaise à dossier de cuir)

Nous allons pouvoir commencer.

 

(RIDEAU)

 


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A quelques ombres

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things not to be done on the sabbath

J'attendais patiemment mon tour à la station service. Moteur arrêté, et puis c'était mon tour donc. J'ai essayé de démarrer pour avancer jusqu'à la jauge. Et l'enfer a commencé. Je veux dire, c'est comme si Ira Levin et WP Blatty avaient imaginé le scénario.  Ca faisait pouf pouf et ça démarrait jamais. Il était 11 h30. L'Infant était "au sport". Je devais aller le chercher avant midi, sinon, ils appellent la gendarmerie pour nous apprendre à respecter l'heure au lieu d'aller chez le coiffeur. Je gênais tout le monde. Les hommes ont essayé de démarrer ma bagnole à ma place,  ils tournent super mieux la clef, c'est bien connu, Après ils disaient "C'est le démarreur", comme je venais de leur dire, mais bon là, ils  étaient bien sûrs tu vois. Ce jour-là, (un sale coup de Satan) j'ai eu envie de mettre une jupe et des bottes, tu sais comme à peu près 98 % de la poulation féminine en ce moment. J'ai dit à la dame de la station service "Je vais devoir laisser ma voiture là, mon fils m'attend tel un roumain abandonné sur un terrain vague à deux kilomètres d'ici, je vous en conjure, aidez moi". Elle a dit , scandalisée "Mais vous avez réglé l''essence ???" . Le chargé de la sécurité a poussé ma voiture sur le bas côté en disant que c'était super lourd et je sentais bien qu'il me haïssait et je me suis mise à courir vers ma demeure car là, je pouvais téléphoner à un sauveur potentiel qui aurait retourné le temps, tué la guerre, sauvé willy, porté ma voiture d'une main, en volant super vite, et on aurait récupéré l'Infant qui avait froid et faim et plus aucune confiance dans le monde, avec l'autre main, et ensuite j'aurais dit merci et il aurait dit " You're Welcome, Honey" mais là je courais, et ensuite j'ai montré aux automobilistes qu'une menace pesait sur le monde, et qu'il fallait porter secours aux désoeuvrés en levant les mains très haut. Deux femmes sont passées , méprisantes, parce que j'ai des super plus belles bottes qu'elles, et il y avait un bouchon de mecs qui voulaient me sauver et il y en a un qui s'est arrêté et m'a dit "La galanterie se perd et où va le monde c'est terrible vous avez couru ho vous avez couru vous avez pas l'habitude de courir on dirait  j'aime beaucoup les femmes en jupe vous êtes sûre c'est le démarreur ?" Et ensuite, j'ai sauté de la voiture, j'ai dit merci merci et je suis rentrée chez moi pour retrouver le numéro du Sauveur Heroïque, mais j'ai cru que j'avais perdu ma carte bleue à la station, et puis mes clefs et puis je  trouvais que je méritais pas tout ça. Et j'ai pleuré un peu. Le Sauveur m'a dit qu'il arrivait et il m'a dit qu'il s'occupait de tout et il a dit c'est la batterie à mon avis, je vais chercher Rémi Sans Famille, oui oui. Puis quand j'ai pu serrer l'Infant qui avait échappé à B. Hortefeux, dans mes bras, en lui disant que tout allait bien désormais et que la guerre était finie, qu'on pouvait rentrer chez nous, on est allé voir ma voiture, et Superman a dit Ha ben oui c'est le démarreur. On est rentré, j'ai voulu dormir, mais je devais aller chercher ma guitare qui a eu une clef cassée la semaine dernière ce qui a provoqué chez moi une maniaco-dépression ainsi qu'une rhinopharyngite, et donc j'y suis allée avec V. qui est toujours là, et qui me comprend. Le monsieur du magasin m'a dit "l'Ibanez ? mais on l'a déjà rendue..." et là, j'ai dit que je voulais mourir; mais c'était une super blague de musicoss, tu ouas. Et ensuite il a accordé ma guitare toute guérie et a joué un truc tellement beau que je voulais la laisser là, dans ses bras, parce qu'elle doit vraiment s'ennuyer avec moi. Elle sent bien toute ma bonne volonté, mon désir de bien faire, mais je crois qu'il lui faut un homme un vrai qui sache la faire vibrer et tout mais bon finalement j'ai dit bon je vous dois combien et je suis partie avec mes super bottes et ma guitare parce que.

save me save me save me save me save me save me save me


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..."Elle commençait à avoir froid. Puis mal à la tête. Elle posa sa main sur la table pour que je la lui réchauffe. j'étais agacé et feignis de ne pas la voir. Mais au moment de partir, je lui dis "Ta main est là, ne l'oublie pas". Je le regrettai ensuite; mais ensuite c'était trop tard."...

(Stig Dagerman. L'enfant brûlé.)

underemphasize


- Une fille rencontre un garçon.
- C'est comme ça que se terminent les contes ?
- Oui et c'est comme ça que ça commence, les tragédies.


- A force de lire, on finit par avoir des lettres. A force de penser, on a des idées. A force de se taire, envie de tout déballer. Moi je voulais écrire pour la jeunesse, je voulais écrire des livres de ceux qu'on dérobe aux adultes, parce que l'enfance n'est pas une préparation à la vie mais la vie elle-même. Et puis j'ai fait autre chose. Je n'aime pas l'idée qu'on me corrige, qu'on me dissèque. Je me fous d'être comprise. Le langage me sert rarement à communiquer. Je suis une usine à phrases, une usine délocalisée,  Je transforme les choses en mots parce que j'en suis très vite affectée. Je revis la scène et c'est alors plus drôle, plus appuyé, c'est à une autre que ça arrive. Je crois que le bonheur finalement c'est de savoir quoi faire de son malheur. J'en fais des ribambelles de mots. J'en fais toute une histoire. Et tu vas rire, je ne suis sensible qu'aux actes, je tiens toutes mes promesses et les parleurs me font souvent chier.

- Il m'a dit que ce n'était pas d'angoisse que je souffrais, que ce mot-là on me l'avait trop dit, que cela faussait tout. Je sais l'importance de la dénomination pour ce linguiste. Je n'écoutais que très poliment. Je te l'ai dit, la peur de la mort, la douleur de ne pas aimer, les tueries, les bonnes volontés qui pavent les routes de bonnes intentions infernales, chez moi, c'est épidermique, corporel, tripal même je dirais. Ca n'a pas tant de mots. Mais il a dit un mot en allemand, le nom de ma maladie. Il a dit on traduit ça, assez mal, par le desêtre.  Entre le désert et la détresse, j'ai aimé le paysage esquissé. Souffrir de ça, je trouve que ça a de la gueule, non ?

 


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la poésie c'est du radium

 

Je dirai que ça ira. Ce sera comme le sucre. Je déteste le sucre comme une gorgée de café quand on porte un bébé. Je dirai plein de choses mais je ne répondrai pas. Je vais au-delà du bien et du mal. Je vais deci -delà. Je vais  bien ne t'en fais pas. Mais en vrai, je vais pas.

Tu viens ?

Je ferai mine d'hésiter. Ca sera une mine bien taillée. Je ferai mmh ou heu je sais pas, faut voir. Des mots en brouillard réticent, en coton névrosé, en  brume  de perplexité. Et puis je refuserai.


De quelle couleur le refus ? Quelle taille ?


Je compterai  en sang  qui vous remonte aux lèvres. Je compterai en averses d'été, en minuscules éternités, en arbres. Je compterai sur tes doigts et au passage, je les mordrai. Je compterai en cheveux qui ne tombent jamais dans le lavabo. Je ne compterais pas sur moi si j'étais toi.

Tu restes ?


Comme on va partir, je dirai. Je suis là je suis là je dirai comme on dit aux gosses alors qu'on est à  25 mètres et c'est si loin quand tu ne sais pas marcher. Je ferme ma porte comme je t'ai ouvert ma robe, et vice versa. Sans laisser d'adresse, sans laisser de trace. Je garde  une petite empreinte ici et là, la cicatrice de toi
. Et le soir l' emportera.(tralala)


Tu me retrouveras dans un hôtel ou à l'hôpital. Je serai peut-être à la fourrière, ou bien je serai devenue une goutte de pluie, une rosée, une alchemia fissa, une corde, un choléra.
(car je suis poète, tu vois.)

 


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