« 2008-01 | Page d'accueil
| 2008-03 »
Tableaux
Tableau 1
D'improbables cordes tissaient une toile mélancolique, et cette voix semblait me voler tous mes mots en retard.
J'étais dans cette ouate -là, bercée par des mots que je n'avais plus à dire, rassurée par les notes que je composerais jamais.
Cela va si bien à ma pathologie, ces vêtements là: une musique trop grande et des mots trop étroits.
Tableau 2
L'insupportable impatience, un trépignement mental, une attente aigüe, l'illusion de l'empathie après le bel emboîtement des corps, tout ce monde quand tu crois ne faire qu'un, la brulûre qui va venir, qui va venir, qui va venir, ho c'est parti. La fatigue qui s'invite alors que tu ne demandais rien.
L'amour est toujours malvenu.
Tableau 3
“j'ai tellement ta tête dans ma poitrine...”
...que je t'ai confondu avec mon système cardiovasculaire.
Tableau 4
L'insignifiant n'a pas de sens, mais il prend bien des formes: le rien, l'espoir, le blog..., l'un signifiant; la face sonore pour signifier l'absence de sens, de corps. C'est cette mort qui me hérisse. Je ne comprends les langues étrangères que dans les baisers.
Tableau 5
Je n'ai jamais tant écrit que quand j'ai trop de mal à me taire.
"Je n'ai jamais appris à laisser quoique ce soit derrière moi, il faut que j'apprenne à laisser les choses passer. Il faut que j'aille contre mon instinct. Il faut encore que j'apprenne ça. Je mets des années à apprendre quelque chose."
Rick Bass. Platte River.
La journée va être longue. Tout paraît infiniment poussif, tout le monde se regarde l'égo sous prétexte curatif. (moi, je paie même pour ça)
La routine.
Tu cherches des mots qui te définissent,
Je voudrais trouver des mots pour enfin m'éviter.
Un moment
Et la vase s'égrène dans une cave, c'est là que je jette mon hypermnésie de structure. Il faut que j'oublie tant de choses.
J'arpente des boulevards aux flammes nourrissantes. Et je crâme pour de bon. J'ai toujours plus de désirs que de remords, il parait que cela signe comme une guérison. Mais j'ai des regrets, toujours, toujours, comme un choléra emporté. Je me tiens souvent à la porte du sacrifice, c'est mon héritage sémite, ou bien, je m'invente une histoire pour faire beau ? Ma tête inhabitée, mon corps inhabitable, mes colères en charbon qui laissent des traînées partout.
Si je devais me décrire je dirais : Je suis de l'air, et je respire pas pour autant.
Rien ne me définit mieux. J'aimerais mieux tout écraser que m'acharner à déconstruire dans la vanité d'attendre un mieux, mais je me dis "c'est défendu". Alors je ne fais rien. Ma culpabilité comme un organe vital, j'attends mon cancer, comme les autres. Parler de mon caractère me donne envie de dire "cunéiforme", c'est dire comme je me connais.
Depuis deux ans, je raye des noms sur un carnet mental. Chaque nom rayé en dépit de moi-même, je ne comprends plus rien. Le canif déjà dégainé pour la prochaine biffure.
Chaque livre refermé me donne l'impression de la fin d'une course, chaque musique écoutée me donne envie d'un autrement.
Je suis épuisée, seule, et creuse comme un trou qui attend un caveau.
Comme tout le monde, quoi.
Devoirs du soir
Cher Simon,
Je suis drôlement contente d'avoir un correspondant. Mon frère, il a un correspondant depuis la troisième, à Londres, et des fois, il part en vacances chez lui, et quand il revient, il a une épingle à nourrices dans le nez et ma mère elle dit que ça peut plus durer.
Mon père il a rigolé quand je lui ai dit que moi pareil, j'avais un correspondant. Il a dit "Ha ben celui -là, au moins il nous coûtera rien." Et ma mère elle a rigolé. Je trouve ça un peu nul, les parents.
Le maître nous a expliqué que maintenant, on avait un correspondant de mémoire et il nous a montré des photos d'enfants très maigres, et tout nus. Je sais pas où t'étais sur la photo, mais jure-moi que tu vas manger un peu. L'anorexie, c'est très grave.
Je sais pas quand c'est que je vais pouvoir venir te voir, moi. Parce que Auschwitz, c'est loin, et il fait froid, il m'a dit mon père. "Mais il parait qu'il y a des fours pour tenir chaud." et ma mère elle a rigolé. Elle rigole trop, je trouve.
Dans la classe, Julie elle a pleuré parce que sa correspondante s'appelle Sarah, comme sa grand tante qui est morte dans une douche à gaz, elle a dit. L'infirmière de l'école à dit que c'etait inadmissible, tout ce cirque.
Le maître a dit qu'il avait envie de vomir. Je me suis dit que tout le monde était maboul voire malade, j'aime pas les gens.
Moi, je vais demander au maître combien ça coûte par mois, une intention à louer. J'ai très envie de partir de chez mes parents. Ils rigolent trop pour rien. Et l'école, ça me fatigue. Avant j'avais un journal intime pour dire des trucs secrets, mais mon père l'a lu. Il m'a dit que si j'étais vraiment amoureuse de Karim comme j'écris, il va lui niquer la tronche, vite fait bien fait au bougnoul. Ma mère, elle a rigolé. Je te jure, Simon, des fois, j'en ai marre. Je voudrais bien qu'on s'écrive souvent, ça me fait du bien, tu sais. Mais pourquoi tu réponds jamais ?
Je te fais plein de bisoux et je t'envoie ma carte Winx Club préférée. J'ai bien aimé le Badge de Shériff de ton club, que nous a montré le maître, mais ça fait un peu bébé, quand même non ? Lol. Si tu as msn messenger, je peux t'envoyer un mp3 de Tokio Hotel, j'adore ! On pourra chatter aussi. Et toi c'est quoi ton groupe préféré ? Mon père m'a dit que peut-être c'était Guerre Chwing (c'est du hard, je crois) et ma mère a rigolé.
J'attends ta réponse avec impatience. Prends soin de toi et mange de la viande, pour grossir un peu.
Eva Brun.
G.Helnwein. Sonntagskind.
Carnet d'une route
Le néon faisait des ombres de versailles sur ta peau. Je récitais une prière que j'inventais, pour que tu te tournes. Ton dos comme une tuerie trop lente. Tu ressemblais à quelqu'un que j'aimais.
Cette fois, c'est comme un arrêt de mort, une branche qui ne poussera plus. Je suis occupé. Ecrit noir sur gris. Il y a quelques mois, un café pas si lointain, 9 arrondissements de moins, comme un ventre vide, une délivrance en un sens, unique cette fois. Un endroit où je posais ma main sur ton bras pour te supplier de cesser de me faire rire.
Si le doute persiste, tu signes, tu fais demi-tout en sens inverse, pour te donner l'illusion d'un virage qui aurait un sens. J'ai voulu dire "rien à faire", jouer l'habituée des reniemements, rompue à la routine des séparations, des déchirements, haussement d'épaules et moue desabusée, et j'ai dit "rien à taire", lapsus, sauvage de silence.
Je suis la matière première née de la dernière pluie. Je marche dans une rue dont je ne connais pas le nom. J'économise les mots pour me préparer à écrire. Le silence c'est un élan.
Chaque pas me coûte une entaille de sirène amoureuse, et pourtant je te jure que je n'aime plus personne. Mon rictus trop serré, mes poings ironiques, ça va bien ensemble.
Tout le monde me semblait si beau, si chaleureux. J'aimais les traces de couleur sur le bois, le vent qui s'engouffrait dans mon blouson, glacé, pendant que je me penchais. Je n'ai pas oublié le mouvement. Je sais accompagner la route.
J'ai chanté loin, plus haut, grave, j'ai fait mi mineur mi mineur et j'ai improvisé. Un vin partagé, du pain, de la musique, à faire. Des livres par terre. Je crois que c'est ça, le paradis.
J'ai vu "le lit", j'aurais aimé le peindre.
Un soir, les draps d'hôtel repassés, seule, assise en tailleur sur la table de nuit, j'ai regardé un disque que je ne pouvais pas écouter, des heures comme une minute, à n'attendre rien. J'ai attendu que ce soit l'heure pour descendre un sac trop lourd, marcher, c'était encore la nuit. J'étais mieux que bien.
Dans le train, j'ai rencontré une femme qui m'a raconté sa vie. Je l'ai écoutée, elle avait perdu sa mère à sept ans, elle allait élever le fils né d'une relation adultère de son mari. Sa mère venait de mourir. Il avait sept ans. Elle m'a dit: "Je ne peux pas le lâcher."
Je l'ai embrassée sur le quai. Elle était petite, italienne, elle aimait le café. Elle avait les yeux bleux, le teint brun.
J'aime les yeux clairs, banalement, infiniment, la clarté m'émerveille.
J'aime les transparences dans les regards, une vieille et imbécile croyance qui me fait penser qu'ils me mentiront moins.
*`*`*`*
Je ne suis pas loin de me la péter, j'avoue, oui, car en haut donc me voilà "croquée par Miss Phédia
et par Sophie
alors oui, je me la pète.
C'est incontestable.
Et pas qu'un peu.
et en bas les pieds, c'est moi qui les ai pris, pour participer, quoi.
(c'est Phédia qui danse, enfin ...ce sont ses pieds.)
(eh oui je voulais bien prendre les pieds, hein. Evidemment.)
*Prosaïque*
Lundi
Fracassée contre le mur, ma curiosité vole en fragments. Je suis toujours effrayée quand me vient l'indifférence. Je préfère les regrets. Je trouve ça plus esthétique.
Je caresse mon alignement de lettres avec le même plaisir que mes jambes après l'épilation orientale, lentement, à rebrousse-rien, sans relâche.
Je redécouvre dans ma respiration un peu hachée comme la matrice d'un rire.
Ecarte mon discours, pénètre mon silence.
Aux frontières de mon sauvetage, la vermine d'un souvenir pour m'anéantir, un moment.
Mardi
C'est un accident de sable, la chute fait peur, mais elle ne fait pas mal.
Avec la perfection d'un mouvement d'un disciple de taï-chi, je chuterai, une chute anticipée qui aura tout de la danse. The answer is in the attempt .
A fumer de l'herbe sur toute les routes au lieu de se rouler dedans,
Au cauchemar idiot d'un roi qui me sauverait.
Je ne confondrais plus la joie et le désir. Je ne me contenterais plus de miettes d'ombres, d'amour raisonnable, raisonné. Construire péniblement, dans le dialogue, et la patience, le respect de la différence. L'amour sauce gorgée de bière, Bobin, oeil écarquillé, enlacement niais. Délai respecté, distance de proxémie bien arrêtée, respect des hobbys de l'un l'autre, bouderies calculées, sans peur, sans reproches, eh bien désolée, mais ça me fait baîller, et puis surtout, ça me fait chier.
Je veux un amour solaire, quelque chose qui me ravagerait pour de faux.
Mercredi
La solitude c'est une voûte, les voûtes servent à protéger. C'est la fin de l'hiver, tu sais.
J'ai regardé dans le dictionnaire, la fin ça sert à terminer.
Je peux toucher ma chair même quand je croise un miroir. C'est une question d'heures, je vais bientôt me rattraper.
Il ne manque qu'un substantif, un petit adjectif que je choisirai au hasard, et non plus par peur de te dévoiler.
Jeudi
Je creuse mes sillons. Des monstres, oui mais d'argile, se dessinent sur l'abat jour. J'ourle toutes les croûtes de mon eczéma, je tisse le fil du début jusqu'à l'écorce. Mes mains sont lisses, tu verrais ça. La silhouette entr'aperçue dans les escaliers, que tu photographiais, comme un présage, en ombre rapportée...
Combien de lectures à te chercher, d'écritures pour me soumettre, de liens à réinventer, de soucis à enterrer, et toutes ces haches de guerre qu'on n'a jamais deterrées, ces mains qu'on s'est encore donné pour nous aider à s' oublier. Et je te regardais, faussement placide, toute en colère liquide.
Vendredi
Je sais que je ne t'inventerai plus jamais. Je sais que je ferais bien semblant de t'oublier. Je n'espère plus qu'un autre en me soufflant dessus efface tout ce que tu m'as donné.
On s'est aimé tout de suite, sans s'étudier, sans s'observer longuement pour valider, entériner. On se manquait encore pendant qu'on se broyait les os à se serrer.
Samedi
Comment reconnaitrai-je désormais ce frère d'âme, combien de mois ou bien d'années, combien d'éraflures avant la divine blessure d'un amour évident qui vous déchire en même temps qu'il vous dépasse ?
Rien n'était sain, rien de serein, on avait quatorze ans le plus souvent. Je sais pourtant déjà que le reste, le tranquille, le raisonnable, me paraîtra fade à pleurer. C'est le prix à payer pour ne plus se sentir dévastée.
Comme je vais m'emmerder !
Dimanche
J'ai perdu le nom de ma maladie, il ne me reste qu'un peu de douleur. Une étonnante, rassurante banalité.
To be (capitalist) or to have (big boobs.)
Lorsqu'Isadora mit au monde Cindycarla elle se dit que ce serait une excellente idée de convoquer autour du berceau quelques parraines de la mafia du trottoir pour qu'elles formulent des voeux de bonheur et de félicité envers sa progéniture.
En effet, Isadora, même si elle avait raccroché des aiguilles et ses résilles depuis qu'elle avait rencontré Edmond, et contracté avec lui un crédit immobilier à 2,4 % en même temps qu'un mariage civil entretenait d'assez bonnes relations avec son milieu d'origine.
Le jour du baptême, ainsi donc, on vit venir Fillona, maquerelle de son état, toute de pourpre vêtue, le cigarillo en bouche; Roselina propriétaire de "La Petite maison Dans l'Enfoirie", élegante et chirurgicalisée des seins;et Rachidadata surnommée Corleana à St Denis, qui portait un manteau en peau de panda.
Elles félicitèrent Isadora pour cette reconversion réussie; à savoir un mari informaticien ,incertain chaque jour du renouvellement de son CDD, pour garder la gniâkattitioude, une maison de plain pied, une carte Cofinoga.. et ..ciel ! mon dieu que c'est mignon un petit bébé.
Elles lui dirent qu'elles ne regrettaient pas les 4 789 658 euros demandés pour recouvrer cette liberté, que trop souvent , les prostituées libérées ne fichaient rien une fois émancipées, que c'était beau de savoir se retourner, comme au bon vieux temps, au meilleur moment.
Elles lui posèrent des tonnes de questions sur la délivrance de l'accouchée, l'épisiotomie, et le retour de couches, d 'un air dégouté, ce qui était fort cocasse de la part de personnes qui fistfuckaient comme qui rigole, certes, mais la douleur, ce n'est qu'une vue de l'esprit, comme disait Marsyas.
L'heure de formuler les voeux était enfin venue.
Fillona leva sa main gantée de satin à pointes sur le majeur, et prononça:
Cindycarla, je te souhaite des seins comme des obus.
Cindycarla, même si elle n'avait pas encore la parole, poussa un petit rot de contentement.
Roselina posa sa cuissarde sur le berceau et dit:
Cindycarla, en vérité, tu auras les jambes d'Adriana !
Cindycarla rendit un peu de lait de bonheur.
Puis, ce fut le tour de Vilepina d'avancer...Mais à ce moment -là, surgit de nulle part PapillonnaHortefa que tout le monde croyait à Fleury-Merogis, une vieille mac qui avait eu son heure de gloire mais qui était fortement soupçonnée d'être une salope de balance et qui n'avait pas hésité à recruter des filles en Europe de l'Est pour agrandir son quota. Elle s'avança, vexée comme un pou, de ne pas être de la fête et dit:
"Cindycarla tous les voeux qui ont été formulés, je les DIVISE par DEUX, voilà BIEN fait ! hahaha !!!"
Tout le monde se mit à pousser des cris de révolte, mais déjà PapillonnaHortofa s'en retournait non sans avoir subtilisé....une bouteille de Mouet et Chandon en chantant "Brûlants sont tous tes orifices, des trois que les dieux t'ont donné, je décide dans le moins lisse de bien tous vous enc..."
Pendant qu'Isadora pleurait sur l'épaule d'Edmond , Rachidadata s'avança et dit:
"Je ne puis hélas annuler le voeu de PapillonnaHortofa dont le pouvoir médiatique est grand, car de un, je ne suis pas bobique, et de deux, je suis légèrement pompette, mais je puis, si vous le permettez, l'édulcorer un tantinet. Ainsi donc, Cindycarla, le jour de tes menstrues ok ok ok les voeux seront divisés par deux, mais tu auras en compensation le pouvoir absolument dingue de multiplier les petits pains."
Et elle se mit à rire, toute fière de sa bonne blague chretiendémocrate.
Isadora poussa un cri, Cindycarla vomit en fusée du Gallia premier âge, Edmond prit sa tête entre ses mains.
Et à ce moment-là...,
un fondu enchaîné apparut pour nous dire que 15 ans passèrent.
Un jour Cindycarla dit à sa mère qu'elle se sentait bizarre, et alla se coucher très tôt. Le lendemain, elle se réveilla menstruée.
Côté pile, un sein magnifique, en poire, dont la pente était douce et le mamelon tendre, une jambe interminable, galbée, aux muscles légerement apparents, mais pas trop sinon ça fait Lauramamadoua. Côté face une ptose effroyable masquant complètement l'aréole, et une jambe mimimatienne, aux accents bigeardiens, à la cuisse vergeturée et au mollet hérissé de poils rebelles. Une catastrophe qui rendait la pauvre Cindycarla, en plus de monstrueuse, boîteuse et voutée d'un côté.
Edmond eructa le passé de sa femme en gros jets haineux. Isadora, mortifiée se demandait ce que sa fille allait devenir, puisque même le débouché trottoiral semblait désormais impossible. Cindycarla, elle, ne semblait pas trop affectée par ses difformités, encore innocente et nubile la veille. Elle regardait sa tartine de pain au miel ne point cesser de ne pas finir, avec un rire de gorge à la fois enfantin et suave. Elle se mit à chanter:
P. A . I. N
Deux consonnes et deux voyelles je m'emerveille !
P. A. I. N
Je le murmure à son oreille, ça me fait rire, comme un soleil.
A ce moment là, un génie capillotracté qui passait par là dans la théière jaillit et dit que tout allait s'arranger. En effet, il suffisait à Cindycarla de vendre son pain magique, bénéfice net puisque la matière première inépuisable et inépuisée, dans le cadre plus spécifique du « putting-out system », de la liberté individuelle, de la responsabilité individuelle, de la créativité individuelle, de l'autonomie individuelle,de la propriété individuelle, des droits individuels imprescriptibles de l'homme, et du respect, même partiel, des principes du capitalisme permettant une prospérité sans précédent, une extraordinaire élévation matérielle, intellectuelle et spirituelle. Car vois -tu, Cindycarla, ajouta-t-il, les atteintes à ces principes ont causé une douleur énorme, par les ravages de la guerre, d'esprit de conquête, du socialisme, et de l'interventionnisme d'état. C'est bien du non-respect des principes du capitalisme que découlent les malheurs qui touchent notre monde. Et le non-respect de ces principes, loin d'être un excès de capitalisme, est au contraire un défaut de capitalisme, bref si tu vends ton pain sans trop te poser de questions, dans quelques mois, tu pourras t'offrir une opération de chirurgie esthetique qui te rendra ta forme originelle.
La petite applaudit, cela fit un gros bruit mou côté face et rendit l'espoir à ses géniteurs, qui envisageaient avec délices une retraite anticipée à moins de 53 annuités.
Cindycarla acheta une baguette pas trop cuite, et se mit à la multiplier par 47, 08, la vendit comme des petits pains (haha) sans même le cellophane, parce que ça coûte, hein, et un sou c'est un sou; Mangez disait -elle, ce n'est pas cher, à moi, ça ne coûte rien; car ceci est mon corps, enfin une moitié !
Et elle devient en quelques semaines la femme la plus riche de la région. Elle prit goût aux chiffres, et se mit à calculer savamment tel Adam Smith et se grisa de tant de gains à la sueur de rien. Elle rendit visite à un chirurgien plastique qui lui demanda comme dans un épisode de NickTup: "Que reprochez vous exactement à votre jambe ? Que n'aimez vous pas dans votre sein ?" avant de la chevaucher furieusement pour montrer qui c'est qui commande, puis de lui dire que l'amour, c'était aussi apprécier les défauts de l'autre, quand même, mais qu'il allait voir ce qu'il pouvait faire, ça fera 147 000 dollars.
Bientôt, Cindiycarla ressortit de la clinique, ses deux seins rigoureusement ptosés pareils et ses deux jambes rigoureusement courtes velues identiques. Isadora avala sa salive et lui dit qu'elle respectait son choix, même si elle ne le comprenait pas, qu'elle la soutiendrait, que c'était son rôle de mère, qu'elle l'avait lu dans "PsychoMag", mais que quand même bordel de merde, pourquoi ?
Alors Cindycarla lui divulgua son penchant inavouable pour le nanisme-libéralisme,(une secte qui rassemblait désormais une foultitude de membres,) et la ptose de (noël) mammaire; tout ceci n'est envisageable qu'avec une taille inférieure à un mètre soixante, et une face de rat, si on en croit les statistiques, maman ! ainsi que son ambition, pour les années à venir, devenir présidente de tous les français, une sorte de boulangère du peuple, une levure pour le néant !
- Mais une fille de pute ce n'est pas possible ! s'écria sa mère
- Ensemble tout est possible ! rétorqua Cindycarla.
N°M & moi
Je suis pas peu fière qu'il m'ait demandé de chanter sur une de ses compositions.
(J'aime particulièrement ce qu'il écrit.)
Il a composé la musique, donc, et j'ai improvisé des paroles, d'après des paroles de Tarkio, auxquelles j'ai pensé à cause du goût de mer de la musique. Et avec ça, hop hop, emballé c'est mixé.(par lui)
et je suis contente... Mais à un point...!
Ca m'inquiète...:)
Pochette Surprise / Montage Photo Ars. (sublime comme d'habitude)
(Avec un autoportrait piqué chez N.M, des photos de Dunkerque d'Ars, et une image de moi)
A momentary lapse of deraison.
Chers vous tous,
Je vous écris pour vous dire que je pense mourir dans les heures qui viennent et renaître tel un sphynx étoilé, ou un blog dépressif, j'hésite.
Je vous écris pour vous dire que je pense que vous me haïssez, mais ce n'est pas grave, car seul un témoin de Sarkozya peut imaginer que l'amour et la haine sont tels le bien et le mal, les légumes bouillis et le plaisir, Dingo et Batman...
dissociés.
A l'heure qu'il est , j'ai dans mon coeur un rythme de bossa nova, et sur les fesses un shorty couleur jambon de parme. Autant dire que oui, je m'inquiète.
Il y a quelques heures, j'ai reçu un appel anonyme d'un jeune garçon du quart monde, si j'en crois les accents de sahel dans sa voix. il a tenté de soudoyer mon innocence en me vantant les louanges d'une énorme ( ...) assurance vie. Je lui ai demandé s'il souffrait. De fil en aiguille, il m'a dit qu'il me ferait l'amour toute la sainte journée, que je ne verrai pas le doute en moi s'immiscer. J'ai dit "Que de la gueule" et j'ai raccroché.
J'ai établi, là, tout à l'heure, une liste de mes dernières volontés:
- Une pizza
- un kebab
- une entrecôte bleue de 800 g
En relisant et en apposant mon paraphe certifié conforme, j'ai constaté avec un enthousiasme qui m'a fait pousser un cri primal que cela ressemblait à une liste de courses que je ne fais jamais. Alors, d'un geste vengeur, j'ai avalé toute ma plaquette de pilules pour faire passer ces enfantillages. (on ne sait jamais)
Parfois, lorsque je dors, je vois un poisson argenté qui vole comme dans Arizona dream; et la scène de suicide exhalté. Ja la comprends si bien que je me réveille, les ouïes palpitantes, le ventre dur de colère, et je me dis que je ne dois plus jamais regarder la télévision. Plus jamais.
Je vous écris pour vous dire que je vais sans doute mourir car j'ai pas loin de 38°, c'est terrible. Je le sais, car j'ai tout à l'heure glissé salacement un thermomètre dans mon oreille droite en lui disant que je savais qu'elle aimait ça, que c'était pas la peine de se débattre, petite coquine, ça te plaît.
Bref, j'écris une note pour ne rien dire et surtout pour déconner. (et lui, parce que je l'aime plus que ma vie)
Des points, c'est tout.
° Je t'ai rendu au centuple au dessus de la cuvette. Je t'ai vu dans un rêve; tu étais plus tendre qu'en vrai.
Il pleuvait tellement que je rentrais dans mon cou, un parapluie mental. Un vieux monsieur a dit "La pluie arrose les belles plantes"
J'ai dit "Ho merci c'est gentil". Il a eu l'air étonné, tu sais. J'ai réféchi en marchant vite, j'ai réfléchi une heure pour savoir si j'avais pas fait une erreur, si c'était bien un compliment.
A envisager tous les sens possibles, j'ai glissé dans l'escalier.
° Adolescente, j'avais un amoureux qui aimait le death metal et l'herbe qui fait rire. "Pour emmerder mon père", il disait. Son père était psychiatre. Ca me faisait peur, comme une prémonition. Un jour, je l'ai rencontré. Il était dans le salon, un salon à six baies vitrées, lumineux; cravate dénouée, il regardait un livre d'art. Riche, cultivé. Je me sentais minable, pauvre, plus etrangère que jamais. Amenée ici comme un pétard, "pour l'emmerder".
Il m'a dit : Bonsoir mademoiselle"
J'ai répondu "Merci"
J'ai glissé dans moi-même, j'ai eu tellement honte que j'ai rompu. A l'époque on disait "cassé"
° La porte était fermée. J'entendais l'infirmière qui criait fort ton nom. J'ai envisagé l'espace d'un instant, un désert de temps, ce que représenterait ta mort, à t'appeler pour rien.
J'ai glissé contre le mur comme une mitraillée. Et puis, j'ai entendu "Il vit". Je me rappelle la joie sauvage, absurde et inutile. Tu es mort le soir-même.
Je continue de glisser, à t'appeler pour rien.
° Dimanche, dans la neige, mon fils riait tellement fort que j'ai eu envie d'être heureuse pour toujours. J'ai raconté l'histoire d'un lacet qui voulait se faire plus gros qu'une corde. Il m'a demandé combien de temps durait la récré à la fac, soudain inquiet. Je le vois dans notre salon clair, lumineux, gribouiller sur mes livres d'art. Il me dit des horreurs, et il revient tranquille, me demander du chocolat, sûr de ma consistance, certain de ma permanence. J'ose espérer qu'il ne soupçonne pas ce que je vois, en reflet inversé, cette gamine de six ans aux cheveux déjà trop longs, quasi-mutique et ulcérée.
J'avais tellement peur de ma mère que j'ai préféré l'aimer.
(allez zou, on passe)
Cinq / Quatre / Trois / Deux / Un possible
Souvenir d'une hystérique en voie de guérison (croisement de doigts et touchage de bois de hêtre)
J'avais fait comme d'habitude.
Je lui ai dit : "Je te veux" quasi les yeux dans les yeux. Vite fait, "mâle" fait.
"Tu es courageuse ! Holala", j'entendais ça et là. "Quelle femme !"...Pour parler aussi vite et mal ? C'est le précipité de la peur, la chimie de la terreur.
Il faut n'avoir pas connu l'acide de la phobie de dire, pour voir témérité dans ces mots de trop plein.
C'est parler l'homme pour sonder la femme en son mystère. Point.
(Prodrome)
Je le sais pourtant qu'on ne dit pas ça à un homme. Enfin pas tout à fait comme ça.
Mais c'était la Vérité, elle devait donc sortir de ma bouche sinon je n'étais plus Infans.
Incapable de parler, je préfèrais tout dire. Ce qui revient au même que rien.
Comme prévu, il a eu du mal à supporter de ne pas avoir eu l'idée en premier.
Il a resisté. Il savait que s'il m'aimait trop vite, j'allais me dégoûter.
Il a dit oui, vaguement flatté. Et surtout, parce qu'un autre me désirait.
Bousculé au portillon, il s'est alors précipité.
Et j'ai évidemment tout fait pour qu'il ne me regrette pas.
(Phase épileptoïde)

Je me rappelle que je le détestais, je le détestais de me ravager. Je le lui rappelais avec mes silences, mes fugues, mes revendications à la con.
Je me rappelle, c'était terrible.
"Ton ulcère l'aimera encore lorsque l'amour sera mort."
Je me chantais, en avalant mes pansements gastriques.
Je n'avais pas compris que je me trompais de scène.
Je ne savais plus ce que je cherchais à vérifier : Son impossibilité ou sa faillibilité...
Quelque soit la réponse, j'avais ma frustration comme ce frein à ronger.
Tout était donc comme il se doit en terre d'Hystérie : Je pleurais en mordant ses poings.
C'était de la rage, pas de l'amour.
De la colère, pas du chagrin.
J'attendais le Non du père, le Oui Oui béni de la mère, et tout le toutim,
et pour changer un peu, le rien.
Qu'il m'a donné sans compter, cet ange, en plus de son don d'organe.
J'attendais que ça s'arrête je t'en prie que ça s'arrête tu vois bien qu'il faut que ça s'arrête tout en m'offrant, sans me livrer, avec un bel entrain.
(Phase de contorsion clownesque)

A l'impossible, j'étais tenue. Je ne doute jamais devant Rien.
J'ai compris : tout ce plaisir qu'il me donnait, c'était moi qui me le procurais !? Empêcher sans cesse le terme pour rester toujours enjeu ? C'était moi qui m'aimais trop peu ?
"C'est pas ma faute à moIiiiiiiiii quand je donne ma langue au chat, je vois les Autres tout prêts à se jeter sur moiiii"
Je me chantais en tendant ma carte vitale à un freudien qui me disait "A vendredi prochain"
J'ai dit On arrête .Je voulais encore l'associer.
Il a baissé les bras, "mon maître sur lequel je ne voulais plus régner."
Il a dit :"Tu as raison je crois" et on s'est dit adieu trente trois fois, dans tous les sens,
pour être bien sûr, tu vois.
( Phase de transe ou attitude passionnelle)

Bien sûr, c'est du passé, bien sûr aujourd'hui, j'en ai rien à secouer. Je préfère la tangibilité, quoiqu'il advienne.
A raison de deux séances de sa race par semaine. Y a intérêt !
Quand bien même l'horrible déception de ne plus vivre de désir resté insastisfait. Parce que ça manque, hein, faut pas croire,
d'être frustrée.
"Mon premier, c'est désir , Mon deuxième du plaisir, Mon troisième fait souffrir HouOwHouoW
Et mon tout fait des avenirs, à-venir, avé and ire, ah ! veniiiiiiir ! "a" veut..heu.... eh merde !"
Je me chante, en torturant des signifiants qui m'ont rien fait,(EUX NON PLUS) d'impossible à un su portable, en passant par l'insignifiant, que ça me donne plus mal au crâne que mes analyses de corpus de schizophrène bambara en cercle vernaculaire, quand j'étais à la fac.
chez un lacanien qui me dit "Biiiiiiien !"
( Phase terminale ou de résolution verbale
Seulement voilà:
Il a ajouté :"C'est impossible, mais si tu étais possible, je n'aimerais que toi."
Juste ce qu'il fallait pour que j'y pense encore, parfois, là.
J'ai répondu :
"Fais pas comme moi, ne m'oublie pas."
(pour faire un peu dgenre, tu vois)
...(Amnésie sélective)








