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«Laissez-moi seul(e) juger de ce qui m'aide à vivre."

Pour chaque chose,  chaque mot, chaque claque, chaque palier gravi, chaque chute, chaque poing planté contre le mur jusqu'au sang dans les jointures, chaque crise d'angoisse qui me fait dérealiser, chaque rage qui me tord, chaque pas que je fais vers la fin de ce que je croyais eternel, chaque petite désillusion devant la lâcheté,  chaque non surprise devant ma lâcheté,  chaque chèque de 60 euros signé pour me donner un semblant d'existence, chaque souvenir de moi roulée en rien sur le lit, en me disant quand donc cela se terminera,  chaque espoir qui me fait me relever sans hésiter une minute, et chaque fois où je baisse les bras, pour chaque conversation un peu drôle qui me fait me sentir vivante à côté d'un autre qui m'entend, pour chaque matin, et les mollets nus de mon fils ensommeillé dans l'escalier à cause du pyjama relevé, chaque bonheur immense que je n'ai toujours pas compris de rouler longtemps avec la musique pour toute compagnie, un jour de grosse pluie, pour chaque fou rire à propos de pas grand chose ici ou ailleurs, parce que ça vaut nique la peine, de rire, tout le temps. Chaque sanglot que je ne retiens plus quand je suis envahie par la tête de mon père, un peu partout. Pour mon père qui est mort, je ne le verrai plus.  Pour elle, bien vivante, qui ne me verra plus. Pour chaque chose que j'ai dite et que je ne regrette pas, pour chaque  chose que je n'ai pas dite et je ne regrette rien, pour les regrets quand même, parce que les mots, je m'en fous, pour les remords à trois sous, pour la 4l, et nous deux dedans, quand tu ne regardais plus la route, pour les croquis, pour les photos que tu prenais de moi, et je ne voulais pas; pour tout ce que je t'écrivais et que tu ne lisais pas. Pour toutes les amours que tu m'as fait, pour toutes celles qu'on ne fera pas. Pour chaque coup de téléphone où mon coeur a battu trop vite, pour chaque nuit d'insomnie, les pieds au mur, pour chaque visite sordide chez un avocat, pour chaque sourire encore quand à moi tu ne la fais pas, pour chaque déception toujours, parce que tu vois, je m'en lasse pas. Pour chaque chose, tu vois, comme un cliché auditif,

je continue de coller une mélodie, ça m'occupe et ça file, sinon un sens, au moins un son à ma vie.

 21 mars, 1er novembre, et là
podcast



 
  «Nous avons inventé autrui

Comme autrui nous a inventé

Nous avions besoin l'un de l'autre."      

(P. Eluard.)

Et c'est déjà pas mal. 

(Montage Pha(R)sme)

 

 

  

Distorsions utérines.

 Ma belle,

Aujourd'hui c'était cimetière,  eh bien tu vois, je m'y fais toujours pas. Je choisis le jour où je suis sûre de n'y croiser personne, puisque le samedi ,ça ne se fait pas. Pardonnez-moi, j'ai des circonstances atténuantes. Tu sais, elle a fait mettre une plaque, une plaque qui ne dit pas nos noms. 

 Il y a un an....

Toi tu n'es pas romantique, tu es juste romanesque, un peu Emma, un peu Pile électrique, aussi. Toi tu n'entres pas en poésie, toi tu lui rentres dedans.

Toi tu fermes ta gueule le plus souvent, mais tu sais que lorsque tu l'ouvres tu finis par te cogner aux murs. Alors le prochain qui te traite de muette, cogne-le, lui; aux murs. Ecoute-moi.

Dis que le silence est hospitalier. Dis que le bruit te conduira à l'hôpital. Dis que tout ça va te mener à rien. Dis que le lait est amont , que le sang est aval.  Dis que toi le lait tu y as pas goûté , et que tu saignes du nez depuis plusieurs jours, comme toute petite là.

Tu étais rentrée dans cette machine noire, qui mesurait les battements de ton coeur, le docteur avait dit à ta mère, elle aura peut être peur.  Il avait dit il n' y a rien. Rien,  elle a seulement peur.

 

__

 Il y a 30 ans

"Je m'étais maquillée, habillée pour me ressembler à moi -même,  j'avais mis la jupe de maman, j'avais vaporisé le Guerlain. Je dansais devant le miroir, et j'ai marché sur la jupe.

 J'ai vaporisé encore encore, je voulais son odeur sur moi. Comme un manque à humer.  Et le flacon est tombé.

Quand elle est rentrée, avec cette peur d'enfant qui fait lever le front, braver vite pour se débarasser, j'ai dit très vite:

J'ai déchiré ta jupe et j'ai cassé ton parfum.

Ses yeux ont jailli de partout, Ses yeux se sont mis à sentir le sang, Sa bouche a vomi le feu, elle a rentré le couteau dans la flamme, elle a entré la flamme dans la chair,  ses mains sentaient le métal, mais j'ai tendu le bras. Et je n'ai pas crié.

Il faut obéir à maman".

 

__

 Il y a quelques mois

Toi tu dis des trucs pour occuper l'espace, avec des symboles a deux francs, des mots placés pour faire trace, l'oubli toujours du  pronom qui te mettrait dedans.    T'embrasse.  Te quitte. T'emmerde.

Toi  tu ménages les autres mais c'est pour te ménager, toi.  L'argent des épinards, tu veux. Le beurre et la crémière dessus. Tu dis rien, tu crois que ça te distingue. Tu te crois  plus triste qu'une pierre, la tristesse comme un fard, pour maquiller le rien.

Toi tu  dis que tu veux rien entendre, alors que je me tais pourtant. Tu me prends la main chaque fois que je rage.  Tu lâches ma main chaque fois que je te la tends.

 

__ 

 Il y a trente ans.

"Je faisais mes devoirs et elle parlait à ses voix, je disais il faut un s là ? J'avais peur qu'elle parte avec elles.  Je la ramenais ici-bas. Mais elle n'a jamais dépassé la colère. La fureur de me savoir là.  Le café bouillant en tache écarlate sur le ventre, brûlée vivante,  vive mais cramée du dedans. Elle m'a tiré par le bras, toujours le bras. Dehors sur le palier, nue comme un ver. Et les voisins qui passaient là. Petite et stupéfaite, à nu, un ver.  Exposée et la porte fermée.

Alors "m'exposer" sur un blog, ça me fait un peu rire tu vois.

 

 ___


 

 Ma belle,

Aujourd'hui c'était cimetière,  eh bien tu vois, je m'y fais toujours pas. Je choisis le jour où je suis sûre de n'y croiser personne, puisque le samedi , ça ne se fait pas. Pardonnez-moi, j'ai des circonstances atténuantes. Elle a fait mettre une plaque, une plaque qui ne dit pas nos noms. 

Une plaque qui ne dit pas nos noms. 

 

 

A ma grande soeur, quelque part, en Corée, et aussi bien sûr, bien sûr, pour moi.

A mi - chemin


podcast
 

Résister patiemment, parfois avec les poings de la colère, je crois que je le fais mieux que personne. Finalement.
J'y mets plus que du coeur, j'y mets toute ma foi. Chaque fois que je prends la parole, c'est comme si je la vomissais, comme on rend son âme. Ce n'est pas seulement pour s'écouter pleurer, désirer et symploquer dans le noir dans le soir sera ma mémoire  qu'on va creuser le trou de la sécu chez les réducteurs de crâne. On y creuse son trou, un peu. Dans les plis des canapés qui ne sont pas des lits. On y va pour prendre la parole et un peu la garder, un peu l'entendre, ce TU avec lequel je m'adresse à moi -même, plein de mépris, toujours effacé, puisque cette place, j'ai beau m'asseoir dessus avec entrain, je ne la garde jamais, je m'efface comme on se lève devant les personnes âgées dans les trains.  C'est comme ça.

Je m'invente des fonctions pour me faire croire à ma personne.
Une profession pour dire "je  sers à quelque chose"
Un enfant pour dire "j'aime"
Un homme pour dire "j'ai un corps",  un homme pour  jouer à dire "encore".
Une profession qui ne sert plus rien, un enfant pour comprendre que je vais mourir, un homme pour se dire qu'il faut partir. Encore partir.


Je colle tous les fragments, dans un espoir de personnification. C'est une pièce en trois actes.  

 En un jour  : Ce fut un grand moment, ce jour où j'ai cru que je devenais une personne parce que j'accolais mon nom au tien. Ce n'était pas par profession de foi, c'était pour se rejoindre,  c'était un samedi et ça ne se fait pas chez moi.
Nous n'avons pas osé dire que c'était pour prendre une parole, ce Oui qu'on se disait là. On disait "C'est pour le rapprochement, histoire de paperasses" Enfin non, toi, tu disais pas ça.

 En un lieu : Ce fut un beau moment quand il est né notre fils, ce nom qu'on lui avait choisi, et si petit dans tes grands bras, et tes yeux qui ne le quittaient pas, et lorsque je pleurais, parce que je ne savais rien, et lorsque tu trouvais la solution, toujours et que je surenchérissais du tout-à-attendre tellement je me sentais rien.  On disait que c'était normal, que c'était difficile, avec mon passé, et le reste. Enfin moi non, je ne disais pas ça.

Ce fut un terrible moment quand il est mort mon père, et que mon corps en entier s'est replié dans sa main. J'étais celle qui peut enfin dire son nom, je suis la fille de mon père.  Et ne me demande plus rien.  J'ai brandi ça comme on profère,  oui oui je sais j'avais des raisons. Tu as regardé par terre, tu savais que je tiendrais bon. Alors tu es parti en guerre, comme font les hommes qui renoncent, droit devant, pas un pas en arrière, le travail comme une obsession. Enfin, toi, tu ne disais pas ça.


Je dis ça, je ne dis rien, je ne changerai pas les choses. Je voulais juste mettre des choses en place, quand bien même moi je ne l'ai jamais tenue.
C'est de la faute de la parole. De celle que je n'ai pas tenue, de celle que je ne disais jamais. De celle que j'ai prise  à ta place,  et vice et versa.

  
Aucun méfait accompli.
 

Sunday Smile pour un lundi

podcast Je roulais, l'oeil vague, le pied vif, et la main gantée d 'agneau plongé (non c'est pas vrai, ça)
et j'ai dit
- Oui mon coeur ?
Il a dit:
- Ah ben je t'ai pas appelé...
- Tu es sûr ?
- Sûr et certain.
 
Avant que de ne plonger de ma silhouette voluptueuse et bombesque (nan c'est pas vrai) dans les affres du questionnement hystérico-phobique  (Il me ment, il me hait, ou alors je suis au bord de la psychose puerpérale , ouais six ans après, je m'en fous)
j'ai dit:
- Ben ça alors j'étais sûre que tu m'avais appelée, dis donc...je deviens Jeanne d'Arc, on dirait ...
- Qui c'est zeanne d'arc ?
 -C'est une jeune fille pure qui élevait des moutons, (oui) et qui a, comme le dit la légende et Jean Marie le Pen, entendu moultes voix qui lui enjoignaient de bouter l'anglois hors de france, elle est allée voir le Roi, et il a levé une armée dont elle a pris la tête (jeu de mots) et bien figure toi qu'elle a réussi !
 - Ha non, tu mens pour me protéger de la violence télévisuelle, je l'ai vu, elle a pas réussi, et les anglais l'ont fait cuire.
 
Ici, un long fou rire nous parcourut et jai du m'arrêter pour reprendre mon souffle, et le contôle de ma triumph spitfire vert anglais. (nan c'est pas vrai)
 
Plus tard, il dévalait une pente à 4758 kilomètres /heure les fesses levées, le mollet d'acier, les cheveux au vent sur son 10 vitesses. Je le rattrapais d'une foulée aérienne dans mon adidas moulant. ( ceci est évidemment faux)
"Je m'arrête un peu" j'ai dit en avalant ma becotide, (DOCTEUR CARTER IL FAUT l'INTUBER )  et en m'étalant gracieusement sur la pelouse.
- MAMAN MAMAN TU ES MORTE  OU TU FAIS SEMBLANT ? ça ne fait que 20 minutes et 12 secondes qu'on fait du sport, je le sais grâce à mon chrono Yi Gi Yo.
 - Je joue, je joue, j'ai dit en râclant le gazon.
 - Tu mens pour me protéger de ce monde plein de pesticides et de gaz toxiques, c'est ça, c'est ça ?

- Si on allait se taper du Nutella sur du pain viennois ?
 
Ici, un long fou rire nous parcourut, enfin surtout lui, parce que moi j'avais le sentiment que mes cuisses avaient deserté mon corps, et je rêvais d'un hamman, enfin un hamman mais ouvert parce que je suis claustro, et  pas trop chaud parce que j'aime pas la canicule, et puis sans tout le monde là, à poil, autour, enfin bref, je rêvais d'un bain.

Pendant que je mettais du dEUS (oui, en ce moment je crois que je mute) il comptait ses cartes, (214, 5), il m'annonça soudain:

- Tu connais Scoubidou ?

- Oui, ça oui.

- Tu préfères qui dedans ? (la réalité est qu'en pleine phase d'identification massive, il dit "T'ES QUI DEDANS ?")

-  Je trouve que Vera est  très courageuse,  Daphné est  jolie. Sam est drôle, le blondinet a beaucoup de muscles, et le chien est très amical. Chacun a quelque chose qui le fait unique et particulier. C'est ça qui est super. 

-  Tu mens pour me protéger de l'elitisme libéral, tu me fantasmes homme de bien, visionnaire d'une gauche enfin rénovée, tu me pantailles, maman.

 - Ha ... Et toi, tu préfères qui ?

- Les sandwiches .

Un long fou-rire etc etc....

'


 Tu sais, c'est comme quand tu te réveilles, ça peut être très douloureux d'être en éveil tout le temps.

Faire complètement corps avec la fin d'un temps; regarder l'autre ne rien comprendre à ce que tu es devenue, ne plus être tentée par les machines arrière, jusqu'à la jouissance de se perdre, jusqu'à l'illusion de le sauver de lui-même.

Ne plus attendre rien. Et te surprendre quand même dans ce grand trou creusé par le manque de rien, à ressentir plus que jamais le mal ou bien, le bon.

Réaliser que c'est chaque fois que tu t'échappes  que l'autre te retient, réaliser que les stratégies de séduction ne marchent  que lorsqu'on n'est pas amoureux, réaliser que toute les déclarations d'amour ressemblent à des déclarations de guerre, que toutes les déclarations de guerre se font par amour,  se dire qu'on aimerait bien choisir la paix.

(je relis ma note là, et j'ai l'impression d'être devenue Florent Pagny)

 

 Avoir la lucidité de reconnaître que c'est de la souffrance de ton père dont tu ne peux te décrocher, pas de sa mort.  Celle-ci t'habitera toujours. Tu peux toujours, par économie psychique te dire que c'est ton père. C'est poétique. Il faut bien nommer les parties perdues. 

 

Grandir, enfin je veux dire avancer, enfin, survivre.... c'est perdre, et selon la musique que tu écoutes au moment où tu ressens l'amputation, cela te paraît grand

ou à te tordre de rire.

 

Je pars à la recherche de témoignages en terre etrangère, et cette terre c'est moi. 

 


podcastModest Mouse "talking shit about a pretty sunset"
 I’ve changed my mind so much I cant even trust it
My mind changed me so much I cant even trust myself

Confessions.


podcastConfessions- Violent Femmes.

 

Réduire la différence entre l'idée et le vécu est un art de l'appoint. Il faudrait des tâtonnements précis, des aiguilles mentales, faire des ourlets  à tous les rêves, tous les souvenirs,  les vrais ou les faux. Je ne sais pas coudre.

Chaque fois que ton coeur bat la chamade, c'est une chance ou un risque d'épreuve ? 

Je me posais ces questions, assise dans ce café absolument abominable de la place la plus courue de ma ville (Trois passants et demi),  en touillant l'absence de sucre de mon café noir. Tapotant le cendrier de mon absence de clope. Une ascète, je me suis dit. Et j'ai rigolé avec moi-même car je me suis de plus en plus une bonne compagnie.

Je me posais des questions sur la quête du soupir, sur l'apaisement des ventres. Je cherchais dans mon sac ce que je savais déjà être l'absence de stylo, et le manque de feuille.

Le garçon m'a dit: "Vous ne pouvez pas payer par chèque de toutes façons" "Ha ben un café, c'est sûr que non ", j'ai dit, avec mon sourire de bova , quand j'avais envie de lui déchirer la clavicule droite avec mes prémolaires, car j'étais passablement enervée par ce jeune freluquet qui sentait mauvais en plus. C'est dingue ce que je suis sensible aux odeurs, et je ne supporte pas les gens qui ne se lavent pas, et qui sentent mauvais, pourquoi ? pourquoi ? Oui, d'autant plus que comme m'a expliqué CopsRéèlle, il y a des gens, ma petite, je te signale, ils n'ont même pas d'eau dans leurs maisons, alors quand bien même ils voudraient se laver, tu vois...

Alors j'avais fait ma Marie Antoinette, j'avais fait "Ils ont qu'à bouffer des croissants" 

Ensuite, je me suis levée et il a bien fallu que j'y aille malgré l'absence totale d'envie, l'absence infinie de courage, le manque fondamental d'energie, il a bien fallu que j'y aille aux toilettes pour faire pipi. J'avais besoin, quoi. Je déteste aller aux toilettes quand je suis dans un café, je sais pas vous, mais déjà, c'est être humain que d'aller pisser, et moi j'ai du mal avec cette humanité-là.

L'humanité urinaire, ça me défrise. Et ceux qui me connaissent savent déjà combien raide du cheveu je suis.

En plus quand vous êtes seule dans un café, vous ne pouvez décemment pas laisser votre sac, votre veste, votre portable qui fait David Bowie en sonnerie strolaclasse, donc hop, vous emmenez tout ça, et ça fait vraiment grosse radine flippée qui a peur qu'on lui vole son sac de hippie et son manteau Max Mara, et son Motorola. Je déteste cette humanité là.  Encore plus, même.

C'est pire,  l'humanité Motorola. Et alors le pompom de la cerise, c'est qu'en plus, c'est là que les mecs en profitent pour regarder votre postérieur, quand vous vous levez, c'est TOUT LE TEMPS LA QU'ILS FONT CA, les chiens galeux. Oui,  mais me dit souvent Copsréèlle en passant un glaçon sur mon front, c'est un peu normal, si tu veux, parce que lorsque tu es assise, ils ne le voient pas, ton cul hein...

Alors j'ai fait ma Lacan, tu vois , j'ai dit "Ils ont qu'à SUBLIMER comme tout le monde"

 Donc je suis allée faire pipi, avec deux cent kilos sur les bras dans des toilettes qui sentaient vraiment mauvais et j'avais envie de pleurer, parce que merde, en plus au retour on va me regarder quoi alors hein ???

Hé ben au retour, figure-toi que mon café infini (ça veut dire pas terminé en langage lunaire) avait disparu.  C'était un coup du puant, c'est sûr. J'ai eu envie de le plaquer au sol, de le maudire avec un carte pokemon 250 PV, de lui mater le cul pour le mettre bien mal à l'aise.... alors j'ai fait : "Je peux avoir un autre café, s'il vous plaît ?"

Il a fait ouais ouais, libérant des effluves de rat mort...et sans se laver les mains il a foutu ses doigts GRAS sur ma tasse. 

 

 Augmenter la différence entre le vécu et l'idée.  Touiller l'absence, tapoter le manque.

Voilà.

 Bon et ça, c'est une little dédicace de Phe&no,"Touiller  l'absence, tapoter le manque"  et je dois bien vous le dire: je suis tellement fière et heureuse,là que je crois bien que je vais  faire un collapsus vagal.

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La peau sur les os


 
(Bande de petits veinards, je ne dors toujours pas ! )

The difference between Despair

And Fear

 Is like the one

Between the instant of a Wreck

And when the Wreck has been.

Emily Dickinson. (La vache. Géant, non ?)

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En forme de poulie, je crie dans une seule direction, la tienne. Je me tiens, en charnière, un coup de coude. Accoudée à ta table.

En forme de sphère, ronde comme un concerto baroque, mobile ici, ici, et là. Un éloignement , un rapprochement, une rotation tout autour de toi.  Un coup de hanche.  Ma hanche contre toi.

En miroir, emboîtés, jusqu'à la sueur de trop se tenir, tatouées du métacarpe. Un coup de main. Tes mains.

Plane comme une méditerranée, autoriser un certain glissement, une flexion, comme tes sourcils quand tu ne comprends pas. Un coup de pied.  Le pied. Voilà.

Tu vois, je te parle de mon squelette. De mes articulations. De ma prononciation étrangère, de mon accent trop grave, de l'immobilisme et de la souplesse, de mon corps à deux cent os, longs plats, courts, qui rejoindront la terre et s'y mélangeront, à moins que je ne choisisse la combustion. 

Si l'on en croit la religion, cette poesie de la peur, il parait que de la vie naîtra de tout ça, pendant les larmes des autres, les restants, en eau d'arrosage de la bientôt vivante putréfaction.

Je te parle de mes os, de mon anatomie, des zones d'union entre le radieux radius et ce con de cubitus par exemple.

Je te parle de tout ce minéral éphémère qui aimerait bien bouger un peu avant le cimetière.

podcast P.Watson. Slip into your skin, c'est beau comme un dérapage incontrôlé.

 

 

 

(allez , demain vers 4 h, je vous chante une chanson paillarde. J'ai dit.) 

Réveil précoce

Parfois, je me dis que si j'ai choisi le silence, c'est parce que les mots font trop de bruit en même temps que trop d'adhérence.
Trop de tête à queue.
Lorsque le rapport entre le mot et l'absence de corps fait naufrage, je sais que c'est l'effondrement. 

Je suis coupable de tout, et c'est rien de le dire.

Beaucoup de signifiants pour pas grand chose: un sens unique vers rien.

Un signifié rongé jusqu'à l'os pour en sucer le sens, c'est de la turlute linguisitique. Ca durcit le paradigme. Ca raidit le syntagme. Et paf. Déflagration.

Une seule phrase en vérité, une seule phrase de vérité à cette heure du jour, enfin, là,  c'est plutôt la nuit. Je voudrais parler à quelqu'un, ce quelqu'un, je crois que c'est mon père.  Tu imagines ? Comment vivre tangiblement quand ta seule vérité se trouve là? C'est à mourir, je crois.

Se vivre en creux, se vivre en vide, se vivre en manque. "Elle" aura toujours ce plus de plus que moi, quelques soient les chances de miroir que j'ai croisés.

Tu imagines ? Comment  vivre ? Comment vivre tout simplement avec ça

Il est quatre heures, la nuit totale, le tout petit matin, et ca fait plusieurs jours maintenant, que c'est le feu, et plus celui du désir immense qui me réveille. C'est la peur, celle sans cause, comme les rebelles, hahaha, mais pas sans objet, (encore faut il le nommer, cet invisible, cette chose qui me réveille)  l'angoisse, ma vieille copine, ma doulce amie, ma tendre acolyte. Je fais la raisonnable, j'écris ce qui me vient pour circonscrire l'envie de  buter le réveil précoce et angoissé qui signe le diagnostic   mais dis moi que non dis moi que non. Pour éviter l'envie de buter la vitre.  Il me manque une épaule pour poser le menton, je tourne la tête à 180 ° pour faire de ma salière une épaule, et ça me fait rire un peu. Je sais que ça ne suffira pas;  je voudrais être tout et ça prend trop de place. Alors je fais le rien.

En même temps, je le sais que c'est pour la bonne cause, cette angoisse, hein. Elle ne m'impressionne plus autant. Un peu plus que particulière, un peu moins qu'universelle. Une angoisse de corps, vécue sans discours et sans anticipation de rien. Pourtant les mêmes symptômes, une angoisse de ventre. Une angoisse diffuse, acide, réveillant mes failles avec une belle ardeur, saccagée, surprise, coucou c'est moi je suis reviendue.


L'équation mathématique, moi la nulle en nombre, si forte en nombril, une abscisse pas pour rien, un ordre pas connu, l'elfe dans l'X et tout le bataclan  et l'équation du bel inconnu.


Etre tout pour toi, malgré tout le rien que je te demande, et te haïr de la place que ça prend dans moi.

Ca me fait mal jusque dans les os que de savoir tout ça. De ne rien savoir en faire.

Cessons d'accuser l'autre et regardons aussi les vacuoles, les responsabilités.  Même si on n'y peut rien. Même si ça ne change rien. L'angoisse est le seul affect qui ne mente pas.

Comme les gens, finalement, les pires sont ceux qui ne mentent jamais. On finit par les remercier, mais comme on les a haïs avant. Je sais que tu m'as haïe longtemps de faire la vraie, de le dire quand ça me gonflait, de le dire que j'en pouvais plus d'être ce que tu voulais que je sois. Tu me remercieras pas, toi.

L'angoisse est le seul affect qui ne mente pas. Le pur. Le vrai. Le salaud d'honnête homme.

C'est une salle d'attente, une femme au visage serein, aux yeux clairs qui ont beaucoup vu.  A quelle heure avez vous rendez vous ? C'est elle qui le dit, bien sûr. Moi avec mes grands airs affolés, et mes yeux foncés,  tu sais, je ne dis jamais rien. De là, elle me rencontre. Elle fait tous les pas.  C'est une autre issue de génocide, l'arménien celui-là. Et ce même poids de vide, d'une place impossible à prendre. Elle me dit "Nous avons tant de choses à nous dire " J'ai mon coeur qui se fond dans la terreur de l'autre. Elle m'envoie un texto quelques heures après. "Merci pour cette belle rencontre : il n'y a pas de hasard."
 
J'ai failli me faire écraser par une Toyota  l'autre jour. Bien sûr, je ne regardais pas. L'homme sorti de la voiture me dit "Tu ne te rappelles pas de moi ?"
- Non j'ai dit, c'est une autre. 
C'était vrai, je ne le connaissais pas.

 Le sourire goguenard, et l'épaule tombante, il avait. J'ai fait la dépressive pour pouvoir m'éloigner. Je m'éloigne toujours au bout d'un moment. Pourquoi ? Pour sauver l'autre ou pour m'échapper , moi ?

Je voudrais tant rencontrer l'autre, dans le vrai,  pour une fois. Un semblable avec qui ne pas parler.

 


 
 

Le DiCo

Chose promise , chose due, le premier dictionnaire de langue étrangère co-écrit avec Sygne,  à l'usage des hommes pour comprendre leurs femmes hysteriques (75 % de la population)  et pour que ceux qui ont la chance de ne pas en avoir une la réalise enfin (leur chance), et à l'usage des femmes , et un peu pour qui en veut en fait, hein....

AMOUR
 Hysteric's touch: Affection  qui fait la gorge sèche, des palpitations, la béance partout, l'oeil rouge, l'otite du pied droit, la syncope de la hanche, l'ulcère cardiaque, la névrose de la narine, la tendinite du coeur, l'entorse au sexe, et... qu'est ce que c'est bon.
 true Woman Attitioude: sentiment agréable qui sert a fonder une famille, et à reproduire l'espèce

 BRUTALITE
 Hysteric'sTouch:  condition nécessaire et insuffisante à l'orgasme.
TrueWomanAttitioude: violence insupportable à traiter de toute urgence par une tape sur la main oh le vilain

 CRUEL

  Hysteric'sTouch: adjectif qualifiant un retard de deux minutes devant le supermarché (ex:"sale cruel qui m'as abandonnée")
Synonyme : Sexy , folle de son corps. Le mot "cruel" prononcé par l'hystérique est l'équivalent d'une demande non formulée de prise directe contre le mur.

 TrueWomanAttitioude: adjectif qualifiant le fauve qui dévore la pauvre antilope dans Le roi lion. Avec ses grandes dents. Le mot "cruel"  prononcé par la TWA accompagne souvent une demande formulée de protection (accolade, et tapotement d'épaule rassurant)(ex: J'ai si peur, Walter)

 DEVINER

 Hysteric'sTouch: Verbe intransigeant. Ce que l'homme doit faire, et aussi les raisons pour lesquelles il doit le faire,  et surtout à quelle heure et que quand même c'était tout de sa faute, non ? Ex "Devine pourquoi je t'ai trompée, devine, un peu..Bien sûr , bien sûr,  tu vois pas !!! tu m'aimes pas, voilà."

True Woman Attitioude:  jeu tres drôle et léger qui consiste à savoir à l'avance que c'est du Shalimar qu'on aura pour son annif.  "ex: Oh MON guerlain, comment as tu deviné ?"

 ENERGIE

 Hysteric'sTouch: fureur démoniaque accompagnée d'accès maniaque sado-orale devant
- la défaite de la gauche
- l'idée d'un week end chez ses beaux parents.
- la disparition des clefs de la bagnole
Synonyme: tentative de suicide
 
 TrueWomanAttitioude: état de dynamisme légèrement fébrile (mais elle va se calmer) à l'idée d'un pique nique en famille dimanche après -midi, suivi d'une promenade en barque, ou à vélo.

synonyme : joie.

FANTASME

Hysteric's touch:  Enlèvement par un chef indien mutique, cruel, et buriné, avec syndrome de Stockolm attendu, orgasmes multiples et si possibles utéro-annexiels,  au milieu de la guerre des tranchées, suicide collectif parce que la Revolution n'aura pas lieu,  meurtre de la mère, concert rock indie nue dans ses bottes,  sauvetage de tous les Tibetains,  dévorage de 45 baguettes à l'ancienne avec du saucisson.


  True Woman's attitioude> attachage des mains avec un lien de satin aux barreaux d'un lit , portage de string et de bas et murmurage de "nonon c'est trop fou."

FEMME


Hysteric's touch:  individu avec des seins et des soutiens gorge en dentelle qui gratte qui se tait, qui patiente, et qui sait vivre avec tous les manques. Syn: sans couilles.
True Woman Attitioude> Rivale, à eclipser par port de robes fendues.

GROSSE

Hysteric's touch : adjectif qualificatif  à visée explicative d'appuiement de la formulation (pendant masculin de qui a la plus grosse ?) "je fais une GROSSE dépression, tu es vraiment un GROS connard,  tu n'as pas une très GROSSE bite"
souvent suivie d'un "mais c'est pas GRAVE, va, c'est pas grave" à visée annulative.

True Woman Attitioude:  adjectif qualificatif  un peu malvenu tout de même, je n'ai pris que 500 grammes, Walter.

  HYSTERIQUE

Hysteric's touch: diagnostic de  mal-être profond et d'attentes pointues qui tuent,  impossibilité de castration, envie d'être comprise a tout prix,  enveloppée toujours, et ne renonçant jamais, mais baissant beaucoup les bras; depressions larvées, angoisses violentes....addictions variées.  Synonyme> malheureuse , insatisfaite, paumée.

True Woman Attitioude: insulte. 
 

INSATISFACTION

Hysteric's touch :état de fait permanent. synonyme: ulcère.

True Woman Attitioude: impossibilité de partir en week end avec son mari en voyage d'affaire , crotte de bique, ho mais c'est pas grave le week end prochain, bien sûr.

 

IMAGINAIRE

Hysteric's touch: refuge avec fantasme honteux et coupable de tendresse avec main dans la main et oeil dans l'oeil, voire d'un baiser sur la tempe,  suivi d'un rougissement intense de quatre jours et d'un cachage derrière le canapé pour tout le reste de la vie.

True Woman Attitioude:  Oeuvre complète de Francis Ponge.



 WYATT

Hysteric's touch: Chanteur  et musicien quasi mystique dont la voix fragile et l'interprétation unique au monde crée une envie de mourir jouissive, un besoin irrépressible de pleurer toutes les larmes de son corps, de comprendre l'anglais beaucoup mieux et de faire pousser une barbe blanche à son compagnon. 

True Woman Attitioude: Chanteur handicapé, c'est très triste. Mais quel univers étrange que le sien.

XYLOPHONE:

Hysteric's touch: Instrument de forme phallique dont le son modulé provoque des irrisations fluctuentes dans le bas ventre et qui est un symptôme de l'amour.  (Il me faut ce disque, il me le faut tout de suite.) 

True Woman Attitioude: Instrument de musique (Ex: ce serait chouette d'acheter un xylophone à Ondine pour son anniversaire, qu'en penses tu, Walter ?)

YES:

Hysteric's touch: Interjection de joie intense à l'idée d'un (voir fantasme), suivi d'une dépression de type post partum.

True Woman Attiioude: Si elle ne s'abuse, il lui semble que cela veut dire Oui, en français. 

ZORRO

Hysteric's touch: Homme noir et masqué, résistant, frustrant juste comme il faut, doté d'une capacité libidinale puissante et infatigable, un peu trop gentil mais on s'en fout, Zorro c'est que pour le sexe.

True Woman Attitioude: Menstrues.  (Ex: Je suis désolée, Walter, j'ai Zorro. pas ce soir) 

 
podcast>hymne de l'hystérique.

Les Autres Lettres chez  ma cops Sygne.... 

De la poésie, de l'analyse, de la fripe, une bouteille pas dans la mer, et beaucoup de culture.

 

 L'égo regonflé à défaut du coeur, et je reste polie, je sortais de chez lui. Après la terreur, et l'erreur de toujours se taire, je laissais habiter cette phrase chez moi "je ne pourrai plus jamais me taire".

"Et vous l'écririez comment, le pourrai ?" , j'ai dit "Au futur, je refuse désormais toutes les conditions".

Comme je me la pète, je vous le dis, c'en est pathétique des fois.

Il m'a dit, après avoir demandé un chèque du montant à peu près égal à un pantagruélique banquet dans ce restau que j'adore, ou une bouteille de Dom Perignon:

"Vous qui êtes cultivée, savez vous qui a écrit...(au cas où il gougueulise, je dis pas)"

... 

 Evidemment, je ne le savais pas, qui avait écrit ça,alors j'ai fait "Ha heu... ça me revient pas" , mais je marchais autrement du coup, dans la petite rue, au retour. Je marchais comme une fille cultivée, tu vois, pas pressée, pas agitée, tranquille, l'air pénétré comme marchent les doctes.

Je me disais "Tu te trouves moche, con, inutile, et surtout tu te trouves complètement paumée, tu crèves de solitude, tu baiserais avec ton panier à linge, soit. Mais arrête de te plaindre, hooo, hein:  tu es cultivée. "

Il y avait une friperie tendance vintage,  et un manteau Max Mara, légèrement ajusté, gris clair dans la vitrine. J'ai dit "Je vais l'acheter, je m'en fous, les nourritures spitrituelles, ça va un temps (trois minutes douze) ". J'ai franchi le seuil de la petite boutique. J'ai entendu un sifflement prolongé, à ce moment là, un sifflement admiratif qui ne s'adressait pas à ma culture, moi je te le dis. Je me suis pâmée deux secondes. Cultivée et sexy !!! LE TOP. Le duo gagnant ! Tout n'est n'est pas perdu, je me suis dit.

Et je l'avoue: du fond de mon cerveau très érudit de la culture, ça m'a fait quelque chose.  J'ai reculé un peu, pour voir si c'était un gamin en scooter, mon voisin qui se foutait de ma gueule, ou Daniel Day Lewis. 

C'était personne, juste la sonnerie automatique  de la boutique annonçant la venue de quelqu'un tu sais...parfois c'est le bruit idiot d'une sonnette banale, ou bien l'imitation débile d'un perroquet Bonjourrrr coooooco. Ou un dingdong electro qui fait peur. Eh ben là non, c'est un sifflement admiratif de mec transi.

Cool, hein ?

 J'aurais été bien dégoutée si ce n'est le formidable fou rire qui m'a secouée pendant douze minutes.  J'ai beau avoir l'esprit qui vole dans des sphères de culture que tu n'imagines même pas, j'adore me foutre de ma propre gueule. Je m'en lasse pas. (MAIS  Y A QUE MOI que j'ai le droit)

J'ai acheté le manteau. Et aussi, plus loin,  deux paires de bottes, et dans la foulée je suis allée chez le coiffeur le plus cher de la ville, et je me suis fait masser le cuir chevelu (j'ai cru mourir de bonheur, tellement je m'ai pâmée, c'est trop trop bon d'être cultivée.) et couper les tifs:  je suis tellement splendidifique qu' on dirait ...ben on dirait bien que j'ai les cheveux plus courts. 

Je me sentais légère, légère, et surtout si eclairée.

Je me suis dit, comme ça, en m'écroulant sur mon canap, en shorty et en enfilant mes bottes (j'aime bien comme ça être super cultivée) que c'était vraiment bon d'être savante des pieds, et j'ai écouté White And Nirdy.  Ce morceau me fait un truc dans le bas ventre, cervelet, c'est dingue.

Après, je dansais j'avoue j'avoue, ouais,  dans les escaliers tellement mes bottes sont très belles et que la musique est un cri qui vient du Ministère de l'Intérieur, en levant les bras et en chantant très fort, mes cheveux trolaclasse effilés, secoués,  parce que c'est l'érudition qui veut ça.

J'ai fait mes comptes, et j'ai pleuré. Parce que la culture n'empêche pas l'émotivité.

J'ai allumé mon mac, en faisant poupidouhoua avec les lèvres en coeur comme l'autre qui n'était pas du tout lettrée celle là, hein, hahhahaha, la honte.  Et je me suis dit qu'il fallait que je me la pète désormais, sainement, de surcroît, sans mines affectées, puisque je suis une fine connaisseuse, que je devais tracer un poème éternel, qui fixerait le moment, qui dirait ça et encore ça. Le cerveau.  Le panier à linge. Le reste. le Vent de tout ça. Dont on se passe pas, quelques soient les claques et les lucidités qu'on se croit. Enfin surtout le panier à linge.

Et j'ai écrit le grand poème de l'hystérique en voie de guérison. Et je suis super fière de moi. (..Quoi ?):

(à dire allongée, avec une mandarine pourrie sur la tête, comme métaphore de la bataille perdue... comprenne qui pourra: faut être cultivée, on se refait pas)

J'ai besoin que tu me fasses l'amour.
C'est une urgence.

La forme quasi passive n'est pas innocente, j'ai besoin d'un parfait subjectif.

J'ai besoin que tu me fasses l'amour,
que tu remettes le phallus à sa place.
A grands coup de reins.

J'ai plus envie qu'on m'efface l'amour
à grands coups de rien.

Fais moi l'amour, c'est un impératif
Je veux rendre le phallus, vomir tout ça.
Tu vois, c'est bien trop gros pour moi.
ca te flatte ?
Tant mieux.

Ce sont les malentendus qui créent les plus grands orgasmes:

Tous les maux qu'on ne se dit pas

Le mal, ça n'attend pas.

 Une ivresse vaut mille tristesses, tu verras.

 

Abscisse de La Desordonnery.(Les carnets de la Folie souffrante, de la Souffrance folle, et du Pâté de la Foi.) 2007.  SexyCruelle Editions.

 

J'ai mis ça dans une bouteille, et je suis allée au bord de la méditerranée qui est un peu  mon Océan pacifique à moi (C'est que j'ai une sacrée culture, au cas où tu suivrais pas) Et arrivée là, eh ben,

j'ai rien fait. J'ai pas trouvé où me garer.

Des fois, c'est chiant d'être civilisée. 

 

 

Sea Song... (la plus belle chanson du monde) eh oui, ça parle de la même chose.
podcast

 

 

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