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Gromello et Geôliette

 Geôliette se réveille toujours avant Gromello, le regarde dormir. C'est dimanche et elle aurait aimé qu'ils se lèvent tôt. Pour profiter du jour de congé, et du soleil.

Elle éternue et elle garde sa main longtemps devant sa bouche, espérant que l'immobilisme anéantira le son. Elle attend que Gromello gromelle. Mais il ne se réveille pas. Finalement c'est dommage. Il aurait été hagard, de mauvaise humeur, un moment, mais il se serait levé, et ils seraient sortis. Ensemble.

 Geôliette se lève et va dans la salle de bains. Elle se lave, elle se polit, elle s'oint. Elle arrête ses gestes, souvent et elle compte mentalement Trois deux un zéro. Elle attend de tous ses membres un bruit qui aurait signifié la levée , le départ.

 A dix heures, Geôliette est habillée, maquillée, parfumée et parfaitement ridicule, elle le sait. Elle hésite à faire rentrer le chat dans la chambre où dort Gromello. Gromello adore le chat, mais il n'aime pas être réveillé par le museau froid. Alors elle file un coup de magazine au chat. Elle lui dit File entre ses dents, avec un rictus qui la rend laide.  Elle le pousse sur le balcon, ferme la baie vitrée.

 Elle s'installe sur le canapé; elle lit le magazine télé, page après page, aussi stupide soit elle. C'est une grande chance de savoir lire se dit elle, quand on attend. Dès que j'ai fini la page quinze, il se réveille, elle pense magiquement. Le téléphone sonne à la page quatorze. Trahison. Elle se précipite, bondissante et essouflée.

- Allo ?

C'est sa mère et Gromello n'aime pas sa mère.

- Qu'est ce que tu fais ?

- Gromello se lève et nous allons sortir.

- Le temps se couvre ma chérie.

- Ca ne durera pas.

- Venez donc me voir, ou viens, toi.

Elle siffle entre ses dents File, et la colère fait trembler le rictus.

- C'est son seul jour de congé maman.

- Alors viens me voir en semaine, toi.

Pour aller voir sa mère, c'est une heure de bus, et donc pas de retour à douze heures. Et si Gromello rentre déhjeuner, et qu'il ne la voit pas ? Si elle va la voir dans l'après midi, oui, d'accord, mais elle aime bien attendre Gromello. Et si elle rate l'autobus ? Elle devra dormir chez sa mère. Ne pas dormir avec Gromello.

Alors peut être, peut être quand Gromello partira quelques jours pour son travail. Mais pas avant. Mais s'il téléphonait ? Alors tant pis, elle n'ira pas.

Il est onze heures et elle boit un café. Il ne tardera pas. A onze heures trente, le café est glacé, et Gromello dort toujours. Il pleut des trombes. tant pis. Ils resteront à la maison. Ils parleront. Gromello parlera. De son travail. Des fois, c'est drôle. Il est drôle. Et il l'a choisie- Elle. 

 Elle ne veut pas d'enfant. Il y aura le ventre énorme , le masque de la grossesse, les marques , et l'amour de gromello pour un autre. Elle ne supporte déjà pas quand il joue avec le chat. Alors tant pis. Pas d'enfant.

Il pleut. Le tonnerre ne le réveille pas.  Ce n'est pas normal. Crise cardiaque ? Elle entre dans la chambre, se fait attentive au bruit de la respiration, met la main devant sa bouche, air chaud, froid. Il respire.  Vivant. A quoi bon le réveiller puisqu'il pleut ? Il falllait  agir avant. Elle se déteste. Elle dit : "je le réveillerai à une heure" Et a une heure, elle lui accorde une demi heure de plus. Timide, peureuse...il travaille trop.

 A deux heures, elle se déshabille et se couche à côté de lui. Elle a froid mais n'ose pas tirer la couverture à elle. Il bouge un peu, se retourne vers elle. Elle a chaud. Elle feint le sommeil, soudain tétanisée, comme une menteuse prise en flagrant délit. Elle ouvre les yeux, décidée à dire un bonjour tout simple. Gromello est allongé sur le dos, les yeux ouverts et il fixe le plafond. Il la pousse délicatement et se lève. Elle entend l'eau dans la salle de bains, le bruit des tasses, "Mais qu'est ce que tu fous sur le balcon sous cette flotte mon Minet ?" Palpitations.

Il va revenir, la traiter de souche, ils vont rire. Elle s'emmitoufle dans les couvertures. Elle attend en se souriant à elle -même. 

Ca fait cinq minutes qu'elle n'entend plus rien. Il ne revient pas. Elle murmure : Gromello ? et puis plus fort ...Elle va dans la cuisine et il n'y a personne. Toilettes ? c'est gênant ...mais non, il n'y a que le chat, diabolique, comme un sphynx sur la cuvette.

Ce n'est pas drôle, c'est nul ce jeu.

Il y a un mot près du téléphone. "Geôliette, tu dormais si bien. je n'ai pas osé te réveiller. On balladera dimanche pro.  Tu as vu ce temps ? Je file au bureau. Je rentre dîner.  Bises"

 La voiture n'est plus qu'un petit point au bout du chemin, avec la fumée sous la pluie, comme un ravioli à la vapeur.

Elle a froid, elle met le peignoir. Celui de Gromello.

Au lieu de lui dire d'aller sucer des bites en enfer, elle se dit juste qu'il sera content de trouver un bon petit plat quand il rentrera, elle va dans la cuisine et ouvre son livres de recettes. 

 


podcast
--> Attention CHEF d'OEUVRE (je parle de la musique, hein)

I say the night time is the right time.

 
podcast(j'adore j'adore j'adore ce morceau)

 

 

Je dévalais la pente à huit mille kilomètres heure, les pieds levés, les mains sur le guidon. il essayait de me  rattraper encore , le pot de colle, à hurler mon nom, l'enamouré. Il m'a rattrapée.

Et vas y que je gonfle le biceps, que je te montre comment je freine bien. Mate un peu comment je quimballe Léonie. Tu es jalouse hein, me disaient ses yeux.

Le matin même à la plage, il m'avait fait le coup de je te noie , genre je te taquine et tout, tu vas craquer. Petite hystéro de mes deux.

Et quand je me suis allongée pour écouter ma musique fraîchement téléchargée, il m'a piqué une oreillette, genre on partage tout, j'adore ce que tu écoutes c'est trop rock'n roll. J'ai pas pu m'empêcher de dire que là, j'entendais mal les basses, que merde à la fin. Qu'il pourrait pêcher des crabes, à la limite, qu'il se rende utile.

Il a fait le grand seigneur, il m'a dit que si je voulais, il pourrait conduire au retour dans les embouteillages parce que j'avais l'air épuisée quand même, que j'étais tellement belle, viens par là que je te fasse des câlins. Ma petite, ma belle, ma gentille.

J'ai plus trop rien dit.

Mais ensuite, j'ai voulu faire une sieste, enfin je veux dire , m'allonger. La canicule me file des maux de crâne  à me le taper contre le mur.

J'avais à peine posé la tête sur le drap encore un peu frais, qu'il s'est amené, en slip, l'air goguenard et tout. Avec un bouquin, genre.

Je me suis mise sur le ventre, genre je t'ai pas vu. Il a sauté sur mes fesses.

Je me suis remise sur le dos. Il s'est vautré sur moi. J'ai dit maiiiis j'ai chauuuuuud. Il en avait rien à foutre.

Il s'est allongé et j'ai fait mine de lire, sa belle tête rusée est apparue, au dessus des pages.

Je me suis levée. J'ai  dit : on s'fait un dvd ?

Il m'a OBLIGE à mater un truc bien gore, avec un monstre en forme de molard et un autre qui se prend pour ET mais en bleu. j'ai mis ma tête entre mes mains , il a dit : "N'aie pas peur, ce n'est qu'un film , ça n'existe pas" 

Après, j'ai voulu prendre une douzième douche, et il venait me mater en douce, genre je dois me laver les dents  à QUATRE HEURES DE l'APRES MIDI.

Alors j'ai essayé d'expliquer, que trop de fusion tue l'effusion, que toi et moi contre le monde entier, ok mais seulement de 8 h à 12 si ça te dérange pas. Que j'étais trop farouche, trop indépendante, qu'il fallait qu'il comprenne, là, merde à la fin, ça se voit pas que j'en peux plus ?

Il a dit d'accord mais viens on va faire du vélo, tu avais promis.

Et on est rentré, il était fatigué, il s'est endormi juste après la douche. Je me sentais coupable, par habitude.  J'ai rangé tout ce qui trainait, les packs de jus de fruits, les playmo, les crayons, tout ce joyeux bordel de nain. je me suis dit maintenant , voilà, je vais me prendre une 47 ème douche et m'etendre un peu, SEULE, je le mérite. Je regarderai peut être même Lost, j'ai le droit.  Je fantasme comme une  abrutie sur ce voyou de Sawyer. C'est ça, je veux dire, la libération de la femme. Elle a le droit de fantasmer...quoi.

 Il m'a rappelé. il voulait savoir si VRAIMENT c'était pas possible qu'on se marie, s'il y avait pas de précédents tout ça, si y avait pas moyen de faire jurisprudence, non mais vraiment t'es sûre et certaine ? Aucun garçon n'a jamais épousé sa mère ? Même dans l'ancien super ancien temps ?

The Pros and Cons of Holidays (You want to be the bastard of yourself)


podcast

 

 

Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine. Moi je m’invente un correspondant intéressé, et c’est peut être ça aussi, le blog, du domaine du roman familial,  mais , qu’est ce qu’on s’en fout. C’est toujours comme ça, en vacances, le bloc et le stabilo bionic. Parce qu’il coule presque aussi fluide que les pensées, quand elles le sont.

 

Personne n’a rien à dire à personne. Et quand miracle, c’est le cas, on ne se dit rien. Ca m’épuise.

 

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Aussi longtemps que possible, j’ai retardé le moment de savoir. Je préférais m’écorcher dans le silence ou les aveuglements.. . Egratignée, myope à mort, je suis censée entendre mieux, voir plus clair. Ca ne change pas grand chose. Ca me fatigue.

 

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Ignores-tu qu’au delà de ce que je contemple, les paillettes d’or dans tes yeux, c’est autre chose que je contemple ? Je me fous de nommer le sentiment. Il m’intéresse bien moins que toi.

 

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Cette maison de vacances pleine d’ombre fraîche, avec des placards noirs comme des avis de décès un peu partout, et l’amour du Sénégal, en photo, en masques au mur, sans doute pour aplanir, justifier, excuser l’opulence, la réussite, la piscine. Je n’aime pas cette maison. Mais je veux bien y vivre. Je veux bien vivre n’importe où, si ce n’est pas chez moi.

 

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J’ai les mains liées encore et je le sais. Je n’ignore rien des cordes que j’ai moi même nouées. Mes mains ici sont lisses, décloquées, nada niente la paume nue. Et j’ai peur.

 

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Comment est tu devenu celui là ? Je  m’interroge , seule, et c’est peut être encore pour ton bien ? J’ai aimé cet au dessus  de moi, cette distance. Elle me donnait peut être ce que je cherchais, à mon insu : le sentiment de mon impuissance.  Et ainsi, lorsque tu me possédais, je croyais que j’avais gagné une bataille. Pardonne-toi.

Quand donc est apparue la brèche ?

Quand la tendresse est devenue le geste automatique et saccadé, un miel que je déteste ?

Quand je n’ai plus ri  de tout ce que tu ignorais de moi ?

Quand donc est apparue la brèche ?  Comme une confidence que tu m’aurais faite, en somnambule, cette confidence, ce secret : »On ne s’aime plus… »

 

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Après une analyse, on ne tombe plus jamais amoureux, disait –il, le docteur en place.

Disons qu’on ne tombe plus. Et moi, finalement, je ne m’en réjouis guère.

 

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Je ne peux pas te dire.

Je serre les dents, je serre les yeux comme des poings.

Je me serre de toi.

 

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Retrouvée, la fratrie, la seule famille qui me reste, les seuls sangs liés d’avant. Il faut rester les enfants que nous n’avons pas eu le loisir d’être, et rire, et se rappeler celui qui. Le reste, je préfère ne pas voir.

A quel point le droit d’aînesse est quasi un droit de savoir mieux que moi.

A quel point le cadet  est loin, parfois. Juge , mais déjà parti.

A quel point je ne suis pas vue.

Alors, on rit, on rit. Je ne peux pas me payer le luxe de cette lucidité là. Après le Père, le compagnon, si eux aussi, je les perds….Je serai désaliénée, libre, autonome.

La belle affaire.

 

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Et j’écoute Lie to Me, la belle coïncidence.

Let me believe in something, bordel.

 

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Chez l’hystéro phobique, tout changement de repère crée des perturbations somato psychiques  tellement chiadées qu’on dirait un concerto de musique baroque (en moins bien)

Là, j’ai le nez sec, sec et j’ai envie de pleurer, et j’étouffe et merde à celui qui lira. Mais bon, tu vois, moi j’ai mûri, haha, je sais bien qu’on récolte que ce qu’on m’aime, et comme y a dégun, ben normal que je  sème rien.

Et puis j’ai mon rituel Ajarien. Je mets la photo d’Hitler sous mon lit. Quand je m’effondre, je la regarde et je me dis que ça fait déjà un gros souci de moins.

 

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Attablés, à se souvenir de tous ceux que nous avons perdus. Génération Sida et Héroïne, Je ne te dis même pas combien, tu vas dire que j’exagère…Tous ces morts avant trente ans. Je nous regarde, les épargnés et je dis :

« Vieillir, c’est connaître de plus en plus de gens qui sont morts »

Ils rient. Moi pas.

 

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Détends toi ils me disent, tu as l’air à cran. C’est toute cette détente qui me fait bouillir, moi je crois. Attends me dit mon frère bodybuildé qu’on dirait Patrick Swayze, mets ta jambe droite en face de ta hanche gauche, un poids de trois ds chaque mimine et avance le plexus jusqu’à l’os iliaque…

Moi je dis non je cours sur le périmètre de la piscine salée et je hurle I LOVE YOU SUGAR KANE , je m’en fous de l’absence de quadriceps visible, le corps dur et androgyne de mes vingt ans hahaha, je m’en tamponne moi, j’ai la mollesse souplesse conforme à mon âge, femme absolument, ça me fait accueillante je te dis, y en a marre du phallisme, salaud de musclé. Ca me rend tendre, moi je te dis , connard  !

-       -   Non ça te fait juste molle, ma cocotte.

-         - Et si je te  fous deux poids de trois de chaque côté du crâne, ça te rendra plus diplomate?

 

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Quelqu ‘un m’a dit Arrête toi, tu es une personne suffisamment bien pour te tenir compagnie à toi même. Je me suis étendue sur le brûlant par terre, brûlant comme ma colère, ça a fait négatif  plus négatif, comme en math, résultat positif glacé.

 J’ai pensé à tout .

 C’est comme penser à rien.

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Lie to me.

Come on, it’s easy.

Let me believe in something.

 

Oh et puis ... non finalement…

 

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REMERCIEMENTS : à Damien Rice, Sonic Youth, Truly, Jeff Buckley, au soleil lorguais qui m’a fait l’épaule épice, strola classe, et je m'en fous;  au sel de la piscine qui m’a fait la dreadlock impossible à dêmeler, au type en vélo rouge de chaque matin dans le maquis derrière la piscine, qui me regardait nager, qui m’a donné le sentiment d’être une exhib, quand c’était lui le voyeur. Mais ça m’a occupé.  Olé.

Prière d'érosion.

 Tout ça , c'est qu'une mascarade. On a mis du rimmel aux jurés. Il y a des masques en porte voix, et des voix si haut perchées. Et l'écho de l'incognito qui se tait car elle n'a rien à dire.
Tu sais, celle qui se tait n'a pas forcément quelque chose à cacher. Enfin je veux dire, elle va pas te le dire ce qu'elle te cache, hahaha. Réfléchis, quoi.

*****

Je veux partir, puiser l'eau des rivières Volvic,  levée avec le soleil,  coucher avec la lune DD lewis. Alors paf,  je fais ma fugue en hystérie majeure,  je pars, je puise l'eau, je fais rôtir les cailles, je médite longtemps en mon coeur replié.
J'aime cette vie d'ermite, je crois que c'est la seule qui peut me rendre philanthrope.

...

...

sans contrainte  sans obligation sans papier sans peur sans reproche

sans tête

... 

ni queue  ...

sans musique

sans bouquin

sans blog ...

sans  personne...et sans rien... I touch  the essentiel quoi.( avalage de salive )

Parce que bon sang, ON va bien venir me chercher, non ?  Majaner les forêts, lancer des avis de recherche ? Et ON va faire MON DIEU ELLE EST VIVANTE ELLE EST VIVANTE PAS EPILEE MAIS VIVANTE  QU'EST CE QU'ELLE NOUS A MANQUE  HO MON DIEU

quand on va me retrouver en train de jouer de la flûte de pan , nue sur un rocher ?  Non ?

*****

Je veux rester, je veux avoir le sourire qui tremble sous le poids de l'âme, le corps qui vacille, la main tendue , le regard baissé tristement  mais vivant, comme une peinture de Renaissance italienne,  Et après, le rideau lourd rouge sang qui tombe.

Me la péter PHÈDRE  tu vois, carrément. Et il y  aura le vieux souffleur, le vieux souffleur qui n'aura pas soufflé, et pendant que je grifferai le bois, avec des airs d'Adjani hallucinée qui quitte son rôle que c'est trop douloureux si tu vois ce que je veux dire, le vieux souffleur me prendra l'épaule,  murmurera des mots, dira que c'était beau.

Et je ferai la lasse , l'incomprise, l'Inconsolable. Trop cool !

 

***** 

 

Je veux  composer des poèmes en rosbeef. Des chansons saignantes, trop belles. J'ai stride delight side bride pride  comme rimes, délà. Si je mets du wanna autour elle me dit, ma soeur angliciste, ça devrait le faire.
Girls they wanna have fuuuUn  elle rajoute,  pour l'exemple. En rigolant.


J'ai le triomphe quelque peu  désenchanté, lui réponds -je. 

Elle me dit MYLENE FARMER. Pour m'emmerder.

Je veux partir (cf paragraphe 2)

*****

 

Certains appels me réveillent encore parfois, et des voix qui raisonnent, et des mots qui résonnent.
Je veux des dunes. Rassurantes comme des ventres, sèches et douces comme des mains.
Et mes jambes se mèlent au grain  mon moulin  mon moulin ne va pas trop vite, parce que moi je vais pas  trop fort.

Cette fois, le rêve , il est palpable; tactile. A part entière. Et je le prends, et je l'accepte sans lourde langueur, sans mélancolie de complaisance.

ABSolument.
Rien a fout'...

mes prochains rêves ne s'envoleront plus sous le vent.
Ils seront de grès, ou de marbre,

et c'est moi qui les sculpterai.

 

***** 


podcast
 

Des Odes Données (à cause du jeu de mot avec Désordonnée, ouais ouais)

Premier acte, un acte posé.  2e4e74dbab8417b8fb9384ef21d59251.jpeg

Ne fais pas celle qui ne sais pas, qui se cache. Il y avait des choses que je savais, comme le goût qu'on a , ou le dégoût qu'on entretient. Mais en te parlant, j'ai découvert les maux qui sous tendaient ces aversions là, ces attirances . J'ai ouvert un peu de confiance, à la mesure de celle que tu m'as donnée.

Il y  avait des choses , je pensais que je m'en moquais:  le mot pour le dire, la finesse, la féminité au lieu d'un féminisme de façade lézardée. Je le sais que je cherche une mère et que j'ai toujours peur que certaines filles ne m'aiment plus,  du coup, et je sais que je hais beaucoup d'autres, avec un fiel qui vous étonnerait, évidemment. Maintenant, je peux le dire  et désormais, je ne m'anéantirai plus pour conserver le regard des premières , je ne regarderai plus les secondes. Je ne me désagrègerai plus en avalant ces pygmalions.

 Je pourrais te les dire, mes tartines, et choisir le mot juste pour te dire l'importance que tu as su me donner, et celle que tu prends. Je pourrai les exprimer les fous rires, les télépathies hallucinantes, les phrases que tu finis quand je les commence, celles que je commence et tu me dis je te l'avais dit.

 J'aurais pu te dire qu'il est sans doute rare d'être foudroyée par une telle évidence: quelqu'un vous connait parfois bien mieux que vous. Sait les mots pour te dire.

 J'aimerais parler de ton charme, de tes fragilités, de ta force qui a des vêtements de sensibilité, de ta rayonnance fulgurante aussi tant qu'on y est, mais ho y a des limites et faut pas déconner.  

 

Acte deux, et le rire au goût de dessert 9783ad513080b2e548628eba95e198a8.jpg

Tu te rappelles  ? J'étais si timide  et tu m'impressionnais, je lisais et ça me donnait le courage d'écrire ce que j'étais, de faire mon coming out d'identité. Je riais et je reconnaissais, le regard sefarade, l'ironie , comme une politesse, l'auto dérision comme un rempart pour ne pas s'effondrer. La panique et le regard de l'autre comme des leit motiv scandés, des questions , et tu tremblais des réponses, et ce clan  que tu m'as présenté; la famille que j'aurais bien aimé. Avec les moqueries du vendredi soir quand mes shabbats de petite  étaient  tellement  glacés, les private joke jamais excluantes (parce que l'exil,  on le connaît) et  regarder couler, et mieux aimer le sang un peu lourd à porter.

Cette lucidité, les moqueries, avec la peur avouée. Et ta bouille aiguisée, ta voix affutée. La sémite complicté. (même si  on n'est pas des nanties sémites comme Byby)

 Acte trois comme une philosophie amoureusedf6fe02147838b2e34987c235c9cf889.jpg

Alors toi tu m'excuseras, mais tu arrêtes de me donner l'impression d'avoir tant d'années de moins que toi, (quand c'est tout le contaire)  et de me sentir tellement petite devant ton regard sur certaines choses, ce droit que tu nous donnes d'être dépressifs, cette liberté de danser et de transformer la foldinguerie en  défonce avisée. La franchise exceptionnelle sans concession pour toi -même et tu crois que ça éloignera , et moi je te dis que ça te rapproche de l'essentiel, même si...Et cet humour qui fait autant de ravages que sans doute ton minois.

 Acte Quatre Comme Quatre coins de cadre.21279a5c4ebac225347d0afa6ae1c364.jpg

O toi, tu fus la première, et on s'est quasi pacsées, quelque chose de tellement franc et pudique entre nous , hein. Concis, direct. Sans circonvolution, jamais, ce qui n'empêche ni la politesse, ni la délicatesse. Ca doit être génial d'être homo, je me dis des fois. (smiley débile) En fait, c'est juste génial, cette communication là.

Je n'oublie ni ta voix (parce que c'est toujours ce que j'enregistre en premier, parce que j'y vois que dalle peut être, l'oreille s'aiguise en compensation du handicap visuel), une voix feutrée, pondérée,  et je m'incline devant ton oeil.    

J'avais écrit Négatif une fois.

 

Ma chère folie, ma belle privée ,58fa42b0ba9aac7b71122346543f1266.jpg j'ai touché, si je puis dire, la magie d'un peu plus près. Après des mois si épatée, devant une syntaxe pour le plaisir du sens, exquisement torturée, des signifiants à plat couchés, et des douleurs bien signifiées,  je dois dire que ce dont je me souviens le mieux, dans la réalité, c'est des formidables fou rires que l'on a partagés. Ce qui m'inquiète, c'est que maintenant quand je t'ecris, je peux pas m'empêcher de slammer. (Et Sygne a dit bien mieux que moi) 

 

Huguette,1f5ba090c5bd989f891445a598c4740b.jpg toi tu te grattes, même pas tu viens , même pas tu bloggues, genre moi j'ai une vie ho la j'ai pas que ça à foutre.. madame gnagna, alors je le dirai pas que je pense que tu es la plume des hôtes de ces bois, et que de nature envieuse uniquement pour les nanas plus grandes que moi et avec des gros seins (ce qui fait un gros paquet quand même) je t'avoue humblement que si je devais choisir un style à copier, c'est  le tien que j'irais voler. (ou celui de  Dis_ngaged)...mais je vais me gratter ouais ouais je sais..

 

Madame la vivante ,06fed0eb015067df5809e183c2bcf97e.jpg madame la peaufineuse, madame qui regardes le monde, poétiquement, toujours joyeusement, mais avec de si belles félures. "je voudrais te connaître jusqu'à l'enfance" madame qui connais le noms latin des fleurs , et qui réusssis à m'y intéresser (que moi les fleurs, habituellement,  très honnêtement, si ça se fume, mange pas, à quoi bon ? ) Madame infiniment cultivée, délicate et si finement emportée, si perspicace, si efficace, si joliment emballés les livres envoyés, si élégante et je le sais. Madame qui je ne sais par quel mystère est la seule "devant" qui je sais pleurer. 

 

Il y a toi aussi madame O, et combien tu sais lire. (et que je sais pas imaginer)

 

Et Cécile , le PAIN, le TRAIN.... (qui sont comme tes portraits)

 

 8dbfc6d99333903d7d949fb36d167cfd.jpgJe ne pouvais pas conclure sans parler de toi, Copsréèlle, tellement réèlle , tellement là. Même si on te t'y lit pas. 

 

 

 

 

Bon, tout ça pour dire que je m'en vais samedi, et ce sera  sans connexion, hein, mais comme je suis hystéro -exagérateuse comme fille,  qu'il faut toujouuurs que je me fasse remarquer, que chez moi, l'amour prend des proportions boulimiques, que j'idéalise fortement, et que par dessus le marché, ça me plaît,  j'ai fait des odes au lieu de faire désordre. Ou pause là, t'sais Blog en vacances, blog en pause, blog qui s'repose...avec le noir et tout hahahha moi je fais pas ça, je sors de l'ordi-nerf si tu vois ce que je veux dire...

Je voulais écrire aussi une ode à un monsieur, mais j'avais peur que ça soit trop sexuel. 

 

 Bon....donc...  signé    

 

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Ab6

 

 eh ben.....??

QUOI...?

bon bon, j'deconnais...

7229d2537a64de2b68f42d630f3fd830.jpgAb6

 

 

 

 

  A très vite, je vous aime.

 'musique illustrative à gauche...

La médecine, moi, l'avenir, considérations caniculaires.

Hier c'était le jour où, le jour de, encore, encore, une fois, j'ai du mal.
Mais de mieux en mieux. Je grandis, je m'élève, je contrôle , enfin ça non, je contrôlerai jamais rien, c'est tant mieux, disons que je mets ailleurs, que mon désir, je sais le mettre avant mon angoisse, même si.
Tout ceci est bien sybillin, mais n'empêche que je n'ai pas paniqué, je n'ai pas eu peur, je n'ai pas adhéré à mon père, je me suis identifiée à personne, j'ai même lu Télérama dans la salle d'attente. J'ai un peu guéri de mes beautiful maladies (op.cit Tom Waits)
J'ai même pensé que j'étais une fille femme plutôt chanceuse, au final, que ça suffisait la complaisance dans les eaux de la fantasmagorie de la juiverie souffreteuse, ou autre religion, hein, je suis pas raciste.
Et j'ai accepté les palpations, et j'ai même eu envie de rire à l'idée de plaquer le jeune homme contre le mur(ILS M'ONT ENCORE MIS LE JEUNE HOMME A LA RADIO POUR CEUX QUI SUIVENT) que oh non mais oh ça va pas bien de me toucher comme ça et de me dire de me cambrer en arrière ? Tu sais à qui tu parles ?

J'ai attendu, gentiment et raisonnablement le retour du grand ponte en récitant dans ma tête O combien de marins O  combien de capitaines, et j'ai même réussi à le faire rire en lui disant ça fait des bruits de jeu vidéo quand vous prenez les clichés. Il m'a expliqué que c'était pareil, le truc des ultra sons. Il n'a rien compris. Je m'en foutais de savoir l'ultra son. Je voulais juste qu'on rigole. Au cas où j'aurais eu des raisons de pleurer.

Ensuite, c'est celui des dents.  Lui, j'ai du mal. Et il commence à le comprendre. Il fait EXPRES de me savoir dans l'incapacité totale de répondre. Ca me fait touit drôle , je ne suis pas /plus dans la répartie, dans la réponse, je dois avaler ce qu'on me dit, l'ecouter, l'entendre...cela devrait m'élever, me grandir,  , m'enseigner..Eh bien ça me donne juste envie de le taper. Ou de le mordre.
Et il me parle , selon l'humeur, de combien le libéralisme c'est beau, et comme quand même travailler ce serait le salut, et aussi quand même ILS exagèrent hein, ou alors du bienfait de l'amalgame quatre couleurs avant la couronne a huit mille dollars.

Et après, il y a celle de la tête, celle qui me sourit de plus en plus  à mesure qu'elle sait que je ne viendrais bientôt plus. Je préfère rire avec la psychanalyse maintenant. Faire des contes avec,  plutôt que régler mes comptes avec. Je trouve que ça en dit bien plus long. Mieux que les vertiges que je ne comprends pas, cette ouverture que j'assume mieux, mais qu'EUX n'assumeront pas.  Alors, hein, mieux vaut satyriser, moi je dis. Et ça coûte moins cher. Je serais toujours celle qui a besoin d'être toi, celle qui a besoin dêtre à toi, même si c'est pour du faux, même si je le sais l'illusionnisme, je m'en fous. Je le sais qu'on fera plus de neuf avec tout ce vieux. Mais s'il te plaît, viens, on joue...

Avec des forces en haillons, j'étais, avant, et je suppliais avec mes airs de téméraire, je quémandais avec mes allures de rebelle a deux francs. Un peu d'esthétisme, de silence partagé, de joie, de fantaisie bordel.
J'ai des forces en cashmere maintenant mais j'ai toujours envie que ça soit beau.

entre ()

Cela fait longtemps que je n'écris plus que pour la trace, tellement je me disparais à moi-même.
Mon ordinateur est grand, il est beau, il est fort. Tu auras sans mal saisi que, souvent , l'ironie de la ressemblance avec l'absence de double un peu plus humain me déchire la conscience. Mais c'est drôle. (ris de ta N, j'ai lu aujourd'hui sur un mur)

Je chante des chansons, je lis beaucoup de livres, j'ai bronzé. Ma soeur, radieuse est revenue de son extrême orient. Mon frère, électron libre, aussi.  Mais lui vient de Paris. Les enfants crient et nagent. Nous rions beaucoup, parlons beaucoup de lui. Tu auras sans doute saisi toute la place de l'absent qui nous donne tous les torts, parce que nous nous éloignons, ostensiblement, sans plus chercher le mal, et touiller dans la cruauté , et écouter le roman quasi psychotique, de cet ancien foyer où elle demeure, seule de son plein gré, convaincue de sa solitude subie.

Le doublebind, je ne peux plus. Nous réalisons, de concert, dans un trio un peu amer, elle la grande aux cheveux légers, lui l'ironique deguingandé, et moi,  la petite un peu mieux armée qu'il est resté juste, juste  pour nous  protéger.

()

Les choses se connaissent à peine
chacune mûrit pour soi
On ne se touche pas
On ne se heurte pas
On est libre.
P. Garnier


()

J'avais petite ce rêve là, je rentrais de l'école et devant ma maison, un immense trou. Je ne pouvais plus entrer chez moi. Je tournais les talons, à la recherche d'une solution, la panique (dont j'ai connu tres tôt le goût d'acide sulfurique) avait raison de mes pas, alors évidemment je tombais je tombais je tombais . Je ne sais pas si je tombais dans le précipice, c'était peut être dans l'autre rêve là, celui aux multiples échelles et échafaudages où je devais grimper, celui ci ou je tombais. Ou celui de la chute comme la couverture du roman de Camus qui me fascinait.  Le Pourpre qui se fracassait. Je m'y voyais t'sais, tomber tomber tomber

()

 A tribute to  Agamemnon,  I want to kill Clytemnestre.

 
“Elle te lèche comme le chien la main qui va la
décupler. Je sens que tu m'as donné l’odorat de la haine”.

 
(Electre. Giraudoux.)

 

Oh Yeah.

()

L'amour comme le vin nous rend tout philanthrope,  l'amour comme le saucisson, les plaisirs finissent par nous ficelonner. Moi je te regardais d'un regard familier; le coeur suce et pendu au bout de la ficelle.
Il y avait le pain, et le couteau planté. Il y avait le vin, et le verre explosé. Il y avait dans ton regard quelque chose qui me disait la vanité, il y avait quelque chose dans le vide qui me faisait voir tout ce qui me manquait...il y a eu le vain.

Et puis la gueule de bois, bien sûr, ça n'a pas manqué.

L'avenir nous met en retard. Demain, c'est comme hier, tout comptes faits.
un pas plus un pas dans les pas perdus.
On a la vie devant soi comme un boulet aux talons.
C'est con.


Je ne sais plus à qui dédier mes imaginations, l'autrui le semblable avec qui ne pas parler. Et je cherche mes rêves, je colle des vieux fragments , des bouts tout dessoudés.
C'est laid.

()

Je ne rêverai plus de toi depuis que tu es réèlle et tu seras plus belle qu'inventée...Je ne rêverai plus de toi. Je ne suis pas heureux.
J. Malrieu.

() () ()

 

 

Elle et Lui (et Marguerite Duras)

Elle (ou Lui ?):

Dis, il parait qu'il faut se parler quand on s'aime , tu veux bien dire des mots mon amour, parler, dire le mot, le mot sans cesse dit, répété.

 

Lui...Elle ?

Je n'ai pas le besoin de parler. Toute ma vie j'ai cherché quelqu'un avec qui me taire.

 
Elle...peut être Lui :

Dors, mon amour, les draps, les cheveux noirs, toi, la caresse du drap sur le bras ou alors c'est le bras qui caresse.

Lui (non ! elle) :

Laisse moi te dire: on ne devrait dire je t'aime qu'à toi.

 Ellui:

Le reste n'a aucune importance, never, never, le reste, l'importance.  Nous ?

 Luille :(huhu)

 Avant , j'avais peur de tout,  du monde; son  trop de personnes, de personne dans le monde: tu es là. La peur n'a plus raison. tu donnes tort a la crainte.

Elle ET lui :

Comment font-ils les autres, les autres qui ne te connaissent pas ?

Lui, sans doute Elle mais lui quand même, avec elle: 

Tu veux. Je veux.  La torpeur du désir et le calme d'un hiroshima. Je n'ai plus peur de deux mains.

Lui, Elle: 

On peut aimer n'importe quelle fleur, elle ferait un détour comme ça, autour dans tous tes alentours. On peut aimer n'importe quel livre, les pages elles tournent , elles font le tour.

On ne peut pas t'aimer n'importe comment.

Elle Lui

Et tu ris , never never, ce que je sais c'est que tes idées me réussissent. C'est la fatalité.

Lui ou elle, je ne sais plus, elle sans doute:

C'est trop pratique la fatalité. C'est une littérature comme une autre.  

Lui ou Elle , non, bien sûr..Lui:

Et je ris, je t'aime assez pour que tu m'aimes trop. Quelle chance on a eu. Ca fait mal, hein ?

LUI, EllE (choeur de vierges au fond à droite)

Ca  NOUS fait mal 

Elle, Lui:

Allons dors, mon amour, ça te fait pleurer de penser.

Lui, Elle, lui, Elle , Elle , Lui..etc etc pendant une durée approximative de 25 secondes très lentes et acides

Pleurer est comme une stupéfaction de la joie, un abcès de confiance, ça fait couler les sentiments 

Lui  hait Elle

Il parait qu'on n'aime qu'une fois ?

Elle est Lui

Non, je t'aime deux fois, je t'aime dix fois, je t'aime des milliers de fois.

 

(noir) 

 


  ( ouais bon, pour rigoler... quoi)

Etre et avoir l'été



J'éi vécu des étés de sable, lumineux, caniculaires, avec des jambes brunes qui faisaient coucou, claustrophile, derrière des volets pour des siestes de crapule amoureuse.

J'ai vécu des étés de flashes saignants, de torpeur écrasante, de terreur de fiel, convulsifs, avec des fenêtres ouvertes et des désirs aigus de défenestration radicale.


Ca fait une moyenne.

"Tout un grand été nul aura séché mes rêves", et c'est le temps, le rien qui  aura fait un hooligan de mon coeur.

Tout disséqué partagé fendu par des trainées d'avion, un morceau dans chaque pièce de ma grande maison, quelques piécettes ci et là, je voudrais pas qu'on me prenne pour une rat.

Un morceau, Un très gros dans le caveau de mon père.  La terre est chatouilleuse, je n'ai pas le courage de lui demander de me le rendre.

Un paquet commaquéo dans le ventre de qui tu sais, qui l'aura bien digéré somme toute, j'ai pas la force de faire rendre,  ça fait médecine pas très douce. Ca fait genre je regrette et moi tu vois, les bras tendus, en petite robe noire et la voix si joliment abîmée, avinée,  je ne regreeeeette rien.

Une grosse majorité dans la grande âme de mon premier dernier  né. C'est de bon coeur, va. Tu peux tout garder. Et va te laver les dents et arrête de parler fort comme ça, ça me vrille la molaire.

 

Et je pleure, mon pauvre coeur,  parce que je serai jamais entière

pour celui que je préfère.

J'ai des désirs d'entièreté, c'est comme ça. Qu'est ce que tu veux que j'y fasse ? hein ? J'en ai marre  du disséqué du dispersé du partagé, du communiqué de presse-toi y a la vaisselle à faire,

du téléphoné je serai là mais dans deux heures et quart,

du sms-é j'ai envie de toi mais ça va pas être possible j'ai réunion,  et du  prochain rendez vous à l'hôtel beau rivage, aimes tu la plage  oh ouiiii j'adore me baigner  maintnant ché nageeeeeer. Wohooohohooooo dis lui que j'ai mal,  si mal depuis longtempshanhan..


mon pauvre coeur tout mutilé dans un grand ciel piqué par un milliard d'abeilles. 

C'est l'été le grand incendie , et le coeur ça rétrécit pas vite quand ça brûle, comme les photos, ça se rebiffe ça remonte en se dégondolant sans hâte, dans une parfaite logique de défroissement...T'as le temps de voir les plis, l'origami, les jointures qui explosent. Ca occupe.

Que le coeur te pèle, en lambeaux, des petites peaux, et après renaître de cendres , la résurrection et tout le bataclan. Avec les roulements de batterie, les pianos liquides, les guitares quand on entend l'accord qui se plaque se déplaque oh ça me fait quelque chose même pas vous pouvez imaginer ce bruit là, ce que ça me fait.  Et genre la première fois que tu te maries il parait que c'est avec ta mère , et la seconde avec toi -même. O toi mon double, O toi , lève toi et marche, ou ferme ta gueule à jamais,  ou je sais pas  mais fais quelque chose,  et entre nous  soit dit, j'espère que tu fais mieux la cuisine que moi.

 

C'est l'été, on boit du thé glacé,   sur la plage on est couché , on nage la brasse coulée, et on fait des petits pâtés...Wohoooooooohooo  

J'ai envie que ça pleuve dans ma vie. (bruit d'accord qui se déplaque)

J'étais seule et je me disais

que,
... et plein de ...et des tonnes de ...

Tu as pris mes jambes à ton cou, et tu m'as demandé de courir en lieu et place, à ta place, de t'amener un peu plus loin.

Rien à faire. La tête baissée dans tes préoccupations, les yeux dans tes propres yeux qui y voient si clair pendant que j'y avance si flou, tu ne m'as pas vue. Toi non plus.  Et  je pourrai continuer de penser que tout me rejette, sans même te regarder,    tellement plongée dans moi, répétant la même vieille histoire, en prenant l'air abattu "Toujours pareil et, bouh même"

Et quelques séances à 4000 dollars la seconde d'eternité, de plénitude foetale sur canapé.

Tu n'as même pas vu l'autostoppeuse, toute la main tendue, en attente d'un hitch.

Et tiens...

...   .......

...   ...

 ...  

Fais en ce que tu veux. 

 

J'ai pris la poudre d'escampette, et je t'ai demandé de me rattraper au vol, un peu comme une statue machiste et gigantesque de Rodin, toute repliée, et toi les bras levés. Genre je serai un truc fragile et pas finie et toi tu serais mon finisseur , mon aiguisateur d'angles, mon polisseur malpoli.

Ho oui, merde, j'ai le droit. 

 

Rien à faire. La tête baissée dans tes factures,  tes mains dans tes propres mains tellement fortes pourtant, et je me crois seule et je dis que ma vie c'est rien, que mon manque c'est tout.  Seule et aveugle de surcroît.

et en plus j'ai  mal aux dents.

Et bouh, même.

Attends je fais des points pour te montrer ..........................

...les pointillés, les points y est,  les ponts finaux, les pas finauds,  les poings dans la gueule, les  points à la ligne

de mirage  de partage de mariage  ()

Tu n'as même pas voulu regarder, même pas t'interroger, toi le questionné  l'interrogatif le demandeur ,

mais que de toi, que de toi... 

 You look like rain...

Au lieu de m'arroser, au lieu de m'étancher 

triste, multiple, poule mouillée... 

et bouh même. 

 

 

 

PS/ avant hier, nananère, aujourd'hui bouh, je pense que je me tape une bonne régression. (au moins  je  (me)tape quelque chose, on va dire.)

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