« 2007-05 | Page d'accueil | 2007-07 »

"Souvenir, présence invisible"

910b4da67e96c109c98bd8c675e25cc8.jpg

 

 

 194028ecee90e3f26e25371a01c0e1de.jpg

 

 

 

 

 Tu peux appeler ça Absence en devenir. 

 

Ou Présence en souvenir.

Tu lis de bas en haut de haut en bas, tu déshabilles un peu du mystère de ce regard trop à gauche, trop à gauche...

Tout est  histoire de  mise au point de point de vue de vue de l'esprit.

Just remember :

 Ton absence ne te donne pas tort.

 

 

 Mais

Si j'admets l'absence en futur,  les conjugaisons immatures, les rendez vous ratés, les observations refléchies de ta langue, en bouche à oreille désenchanté, en bouche à bouche bien agrippé, les griffures irraisonnées des non dits, l'esperanto desespéré des musiques balancées, 

j'ai bien du mal à avaler que  nos mains ne se soient pas touchées , nos yeux un peu plus rencontrés,`

et nos maux un peu  mieux pansés.

 Mais.


podcast
 

 PHOTOS PHASME

Lettre à Personne.


podcast
 
Comme des secrets de famille qu'on se cache trop longtemps et qui explosent en psoriasis géant, en psychose puerpérale, en espace vide, en manque éternel, en redondant accident, à la troisième génération.
Tu m'as vue recluse , au rebord d'une banale folie, un peu trop penchée.
Tu m'as vue dans ces petits échanges sans conséquences, dans les banalités qui n'engagent à rien, dernier recours avant l'apocalypse, dernier recours  des humains fatigués effrayés desespérés.
Tu ne m'y  verras plus .

Vois-tu, je te refile mon évolutive myopie. Puisse -t-elle t'aider à voir combien tout est toujours plus flou qu'on croit. Combien il est bon  d'accepter les nuances, les ombres, les cauchemars, les regrets. De pleurer au delà du délai prescrit par le médecin.

Faire un peu, un peu d'or , de ta boue.
 
Je voudrais être quelque chose de précieux. Pour briller un peu mieux. Eclairer ta lanterne.

Tu sais, il m'arrive de me rappeler à moi-même l'espèce à laquelle j'appartiens, de quel bois je me chauffe, et j'ai drôlement froid.
 C'est  à partir de là que  je trace des chemins.

Sans compter que de temps en temps je rencontre quelqu'un qui aimerait bien savoir dans quel état je me trouve et qu'une façon efficace de connaitre la réponse reste de dire "Tu vas comment ?"
Je l'avais oublié. Je ne répondais pas. Quelle importance ?  On t'a dit que tout irait mieux, que tout irait mieux, que tout irait mieux. En te regardant comme si tout dépendait de toi. Et de quelques pilules.

Je te dis ça et ça encore , comme on fait son jardin, je plante au hasard. Je ne m'adresse même plus à qui tu crois. Je laisse pousser, après avoir trop laissé pisser. Parce que c'était dans la lignée binaire d'un rock que j'aimais bien.
Décidé que je préférais les fleurs, au final.

J'aiguise mon oreille, je n'affûterai plus mes couteaux.

Je trace des chemins. Je souris au croisement de certaines routes. Je me suis souvenue qu'on pouvait s'asseoir, s'arrêter. 

Il y a des gens qui ont le droit d'être heureux, enfin. Ils ont même le droit de prendre des raccourcis.


J'ouvre des pages qui me rappellent que je sais lire, lire entre les lignes, aimer ce que je lis, lire ceux que j'aime.

Savoir, un peu, un peu ce que j'aime.
A défaut de savoir ce que je veux.




Je t'écris, Ma Personne, parce que tu vas tout oublier. Tu Perds, ma lonesone, mais perdre c'est s'alléger, avant que de tout perdre, il vaut mieux tout quitter.

De perdre à te pendre, 

un  petit air qui t'empêchera d'étouffer

 

 

"Tout le ciel est nécessaire"

J'aime infiniment me retrouver en plein décollage, maintenant que les jeux et les danses des déplacements de la phobie me foutent la paix et se concentrent dans les paumes.
Oui, quand ça s'envole en fusée , en diagonale parfaite, un mouvement de départ au sens parfait, tel que moi, je l'entends.  C'est à dire que moi, je ne fais rien, je ne décide pas, je suis portée, et vite, dans une sorte de fracas.

On a les départs qu'on peut.

J'aime infiniment quand tout tangue un moment,  puis se rééquilibre, mais que tout reste puissant,  dans le bruit, que je vois les plaines et les champs devenir de la géométrie euclidienne. Le hublot me parait toujours trop petit, mais j'aime l'idée de rejoindre le soleil, un peu, dans une perspective restreinte.


On a les cataplasmes qu'on peut.

Au dessus des nappes trop grises, j'aime les écumes de nuages traversés, le bruit qui devient plus sourd, une certaine idée d'un silence plus musical qu'on ne croit. Je repense toujours à mes croyances enfantines, "il est parti au ciel" et comme mon imagination est essentiellement visuelle, j'aperçois, mon père, lui, lui, et elle, qui me font un coucou rapide de la main, en équilibre sur de la mousse, en balançant leurs jambes joyeusement dans le vide.

On a les croyances qu'on peut.

J'aime terriblement tous les mots que je ne dirai jamais. Et même ceux que l'on  n'entend pas.  Je les ai detestés longtemps. Alors j'en cherchais d'autres et d'autres encore, j'étais prête à apprendre toutes les langues du monde jusqu'à oublier la mienne pour être entendue...J'apprends à me dire que ce qui ne s'entend pas est tout simplement inaudible pour l'autrui qui reçoit.

Et que c'est tant pis pour  ma gueule.

On a les haussements d'épaules qu'on peut.

But the film is a saddening bore cause I wrote it ten times before

J'ai le combiné coincé entre la clavicule et le menton. Je fais celle qui écoute. Et je n'entends rien.
Maintenant je suis fière de moi. Dans la cabine d'essayage, le téléphone a sonné. Depuis longtemps, je déteste le téléphone, j'ai peur de lui.
Depuis qu'elle m'a dit qu'il était décédé je suis désolée, alors qu'elle s'en foutait , j'ai encore plus peur. Mais je décroche toujours. Savoir, savoir. Je dois savoir. Ca me perdra. "cet amour de la vérité",   cette impatience de connaître, cette urgence de poser , ne pas rester dans le vide , en équilibre sur le on verra bien, laissant le temps au temps. Je ne peux pas. Et encore pire depuis le coup de téléphone de la désolée, là. Besoin que l'autre me dise même si ça fait mal, et excuse moi mais j'ai besoin de savoir. ...Ca me perdra. Je suis paumée, d'ailleurs.

Je connais quelqu'un qui a grandi dans un jardin. Elle sait attendre que les tomates mûrissent. Moi pas. Je ne mange mes fruits que verts.  Ma viande que quasi crue. Ca fait de moi quelqu'un de diablement vivant. De loin.

Dans la cabine d'essayage , le téléphone a sonné, j'ai décroché, le jean aux chevilles. Coincé entre la clavicule et le menton, le mobile. C'etait l'autre et son accent du bout du monde avec un nom de derrière les fagots du Loiret, qui me disait mais qui paye la facture et êtes vous intéressés par le forfait 250 heures  mais seulement le week end de Pâques. Alors je suis fière si tu savais....Fière de dire mais de quel droit, toute gonflée de mon importance,  dire, mais vous croyez que c'est le moment ?   J'essaie un jean le temps des cerises à 139 euros la jambe droite vous croyez que j'ai que ça à foutre, attendez dîtes moi vous savez à qui vous parlez là ? ....

Tout le monde me dit mais ça va aller mais ça va s'arranger mais enfin voyons...ça me terrorise. Je voudrais, je sais pas, je voudrais qu'on me croie un peu. Je voudrais qu'on  ne m'encourage pas, qu'on ne me pousse pas si vite vers le positif. Je voudrais qu'on cesse  de dédramatiser ce que je vis comme un drame, merde. La fin.

Je m'y connais en fin.  Mieux que personne. Non mais...De quel droit ? hein ? Vous savez à qui vous parlez ? Ou quoi ?

Oui, mais remonte ton jean, ma grande. On t'écoutera mieux.

 Qu'on n'arrête de me doubler juste avant le feu.  Aussi, j'aimerais bien. Ca sert à rien. Faudra bien s'arrêter, c'est dans cinq secondes. Mais non, il est content, il est  premier au feu rouge, tout gonflé de son importance et de son moteur à injections. Tout fier ... Ensuite, j'achète rien, je m'en fous. Je m'en fous des marques,  je m'en fous du Mac, je m'en fous de ta satisfaction devant mon silence, je m'en tamponne hahaha. Je ne suis pas bassement matérialiste, moi, monsieur, je ne regarde pas les prospectus du centre gauche vachement à la derecha. Je m'en fous, izquierdiste for ever and ever and ever for ever you'll be

the left pour solde de tout compte.

 

Jai le combiné coincé. Coincé dans la gorge. Dans mes splendidifiques cordes vocales label rouge, un tigre.

Pas un chat, un chat c'est pelé , c'est moche, ça griffe, j'avais un chat et je l'ai donné c'est te dire. J'arrive même pas à te répondre quoi que ce soit , tellement j'en ai marre de ne plus te parler, tellement j'en ai marre que tu n'aies rien à dire. Tellement j'en ai assez.

 


Ensuite, il y a la douceur du cou de lait mais j'ai du mal du mal à être la réconfortante, j'ai du mal à être la contenante. Ca me fait peur, ça. Plus qu'un coup de fil qui dirait il est décédé je suis désolée alors qu'elle s'en foutait.
C'est moi la désolée. La désolée qui écrit beaucoup. Beaucoup trop.  Mais je m'en fous, je m'en tamponne, tu ne sais pas à qui tu parles , je te le dis moi, même le jean aux chevilles, je ne perds pas mon brio, je festoie de toutes mes mains, je harangue à qui mieux mieux. 

J'ai plus de combines, plus envie, marre de savoir le comment du pourquoi de l'impossibilté de savoir pourquoi ni comment.

 Juste Lever un peu le voile...et m'échapper, pas trop belle

 

Ma vessie contre ta lanterne.

De l'Imparfait de condition au Présent du subjugué.


podcast


 

Me reviennent des fragilités de mon enfance,  à peine dites, capillaires.
A l'hôpital où mon petit frère vidait ses poumons remplis d'eau sale, je saignais du nez dans la salle d'attente. Les bonnes soeurs me donnaient du coton.


J'ai dans la narine gauche comme un coeur qui aurait explosé.


Me reviennent les mains trop serrées, et les fissures de paume.
Dans  ce bar enfumé où j'ai appris que ma mère avait été une enfant.

 

J'ai dans les mains comme des plaies. Des ulcères mal  fermés.

 

Me reviennent les montées de larmes adolescentes devant les étapes à franchir.

Sur le petit balcon, je me rappelle, j'avais vingt ans. Il s'en allait et je savais que je ne le reverrai pas. C'est sans aucun doute pour cette raison là que je pensais que c'était le seul qui comptait. On n'aime que ce qu'on ne peut pas avoir, à vingt ans ..(Et après ?)
Pour s'habituer aux bousculades, aux piétinements de toutes les braises, à manquer de tout, pour se construire le sentiment de nostalgie, parce que des fois c'est joli.  Il avait un accent étranger, des boots, des cheveux blonds.  Je me rappelle encore son nom en entier. (hypermnésique) Il y avait Van dedans.  Je pleurais je pleurais,  je ne pouvais plus m'arrêter. Et lui disait Don't cry , hey. J'aimais bien le hey.

 

J'ai dans le coeur des attentes pointues et effilées.

 

Me remontent les acidités.
Les fêtes des pères, les bougies allumées, les mélopées, les gurilandes allumées, la citroën rouge, l'odeur du tabac froid, les pas impossibles, les paroles que je n'ai pas dites. La voix trop faible, la main trop sèche, le besoin impossible d'accepter l'impensable. Le redressement trop digne pour être honnête.

 

J'ai dans le crâne comme des flashes back de LSD, des tangages un peu  défaits.

 

Me submergent des envies acérées, des besoins tout simples d'être aimée, des trucs que j'avais oublié dans un cynisme  que je trouvais élégant, au dessus de la mélée. Par mimétisme. Parce que je croyais que moi, je ne pouvais que me tromper.

 C'est ça qui me fait tenir, l'envie d'agripper.

 

=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=
Je suis comme l' arbre coupé . 

Absolument séparée.

Dans les dessins du bois, tous les âges qui confluent. Un tourbillon de cernes, duramen et aubier. 

La moelle au centre


Trop Visible.
Trop tendre au milieu.


mais encore bien enracinée.

Hey. 

Reste à ta place.

Elle a dix huit ans, une frange,  des cheveux trop longs. Elle s'habille un peu chinois, et elle ignore  pourquoi. C'est quand elle regardera mieux les cheveux de sa mère qu'elle comprendra. Elle rentre à l'université. Elle aurait préféré ne pas s'en sortir. Mais elle entre dans l'amphi 84, le plus grand. Elle va suivre son premier cours. Elle vient d'avoir son bac, et une mention. Elle a un walkman dans son sac. Un paquet de gauloises blondes aussi. Fumez français. Pas de briquet. Elle s'assoit à côté de la fille brune qui lui ressemble un peu, en plus fine, en plus saine. Comme un double qui lui fera du bien. Elles ont un fou rire au bout de trois minutes de conférence et elles prendront un appartement ensemble quelques mois plus tard. Quelques années plus tard, la brune très fine, très saine aura une capsulite aigüe qui l'empêchera de lever le bras pendant des mois. Son frère, un jeune garçon très sain, très fin, très beau sera emporté par une maladie mortelle qui ne lui aura épargné ni la souffrance ni l'espoir. Il n'a pas trente ans.  A cause d'avion, de pilotage, de vie de merde pas bien vécue, de tchernobyl on a dit encore.   Elle continuera de vivre, d'avancer cahin cahan, parviendra à relever le bras. Pas à étreindre. Celle à frange tiendra un peu la main.

 

Elle s'assoit à côté du garçon avec des cheveux courts; il est seul. Il fait son armée en même temps que ses études. il est emmerdé. Qui lui prendra les cours ?  Elle se propose, elle écrit vite et pas trop mal. Pour la remercier, il lui propose un petit boulot dans une station de ski.  Dans la station, il y a Patrice. Il est moniteur. Ils se plaisent. ils se fiancent, ils se marient. Ils ont deux enfants. Ils divorcent quand l'ainé  a douze ans. Et Parce que Patrice dit chaque année à la fin de la saison dit comme s'il ne l'avait jamais dit: "Il neige moins chaque année, c'est sans doute le réchauffement climatique". Elle reprend ses études.

 

Elle s'assoit en face du prof. Elle le trouve tellement intelligent. Un oedipe pas bien réglé lui fait miroiter des années de bonheur et de groupisme eberlué à ses côtés. Il n'est pas insensible à l'admiration qu'il suscite, mais il est marié.  Fidèle par principe. Elle le harcèle. Lui écrit des lettres. Il ne cède pas. Elle devient érotomane, ou plutôt, se révèle enfin. Elle téléphone à sa femme. Elle crée le scandale, le renvoi.  Elle couche avec un  militaire pour se venger. il lui file une MST. Et un enfant qui sera avorté. 

 

Elle s'assoit à côté du mur parce qu'elle a la gueule de bois. Le cours lui prend la tête, elle trouve les gens laids. Elle va à la cafétéria.  Elle se dit que la fac, ce n'est pas son truc. Qu'elle va partir sauver les bonobos en Afrique. (ou en Asie ?)Mais elle a peur des gestes brusques des animaux. Alors elle sauvera des chiens. Elle devient bénévole à la SPA.

 

Elle s'assoit à côté d'un garçon aves des cheveux blonds et un teint de brun. Il est bouddhiste. Le bouddhisme l'a sauvé de la toxicomanie. Il lui dit qu'il va l'initier. Ca doit être à cause de son habit chinois. Elle dit d'accord, parce qu'il fait rocker repenti. En réalité, elle détestera le bouddhisme, adorera son sens esthetique qui lui construra un peu le sien. Ils se séparent bons amis. L'expression est drôle, parce que ça veut juste dire se quitter, plus se voir sans s'engueuler.  Seuls les amis s'engueulent. Maintenant , elle adore les Ramones, mais le  zen , non. Si elle avait prononcé namhyohorenguekyo avec davantage de conviction,  elle serait peut être être moinesse. Elle s'écrase sous un  bus douze ans plus tard.  En traversant. C'est un Car du Tibet.

 


Elle s'assoit à côté de cette fille aux cheveux longs, air absent. Névropathe. Surdouée insupportable. Belle comme le sont les enfants des couples mixtes. Malheureuse comme le sont les mêmes enfants arrachés par l'un, harcelé par l'autre. Elle lui dit tout ce qu'elle devrait faire, lui ordonne tout ce qu'elle devrait aimer. Elle lui dit que les autres sont méchants. On dirait sa mère.  Elle s'enfuit au bout de quelques années. Et ensuite, elle fait une énième dépression quand elle apprend que la belle névropathe est enfermée dans un HP, à vie.  


Elle ne s'assoit pas, elle ne rentre même pas dans l'amphi 84; Il y a encore une grève. Les étudiants bloquent les cours. Il faut voter la suspension le retrait du projet, Devaquet au piquet , ou alors envahir la salle du conseil, non mais ho ! Un exalté magnifique avec un badge de l'UNEF, le cheveu rebelle et l'accent gavroche. Un humour ravageur.  Il lui dit Debout sur mes paupières et ses cheveux sont dans les miens. Ca lui fout tellement la trouille qu'elle s'enfile une troisième bouteille de vodka avant d'aller vomir  dans le jardin. Il se marie avec une italienne blonde qui fait de la moto. Elle, devient communiste.

 

Elle s'assoit sur les marches parce que l'amphi est bondé. Une imbécile gothique qui s'appelle comme un fruit lui marche sur la jupe. Elle la foudroie du regard. La pommée  joue les méprisantes parce qu'elle est plus grande et  chaussée de pointu.  La petite la colle contre la porte d'une seule main et avec beaucoup de rage.  Le prof la fait sortir. Elle est renvoyée. Elle devient catcheuse.

 

Elle s'assoit en bout d'amphi. Elle écoute le prof. Elle prend des notes. Attend la pause pour fumer.Elle obtient sa maîtrise avec mention très bien. Elle devient professeur de lettres. Elle porte des lunettes parce qu'elle lit trop. Elle se marie mais il ne peut pas avoir d'enfant. ils adoptent un vietnamien dans le besoin. Ils voyagent tbeaucoup et  lisent beaucoup de livres, écoutent de la grande musique, donnent des sous à Medecins sans frontières.  Ils ont une gouvernante, et reçoivent des amis le lundi soir. Chacun a un ordinateur portable et une connexion sans fil. Un jour, son portable tombe en panne, elle emprunte celui de son époux. La dernière page affichée est un site sadomasochiste. Cuir et clous, sexe pas joyeux, photos d'énormités. Dont celle de son époux. Elle crie. Elle se taille un peu les veines pour marquer le coup. Ils divorcent.  

 

Ad libidum.  

Eaux, rage.

Je crois que j'ai trop de mots en suspens, trop de suspens dans les maux à venir.
Aujoud'hui, il fait noir, il pleut énormément, on dirait l'avenir. Je clique pour la énième fois vers une musique que je ne peux pas entendre, mais je m'en fous pas mal. Je l'entends quand même.
C'est comme tous ces mots que je ne dis pas. Tant pis pour ceux qui ne  comprennent rien. Qui ne savent pas lire entre les lignes, qui ne lisent même pas.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, j'ai envie de légereté, de robes, de mojito peut être. Je me fous que ce soit la fuite en avant.
A prendre du recul, on s'écroule sans gloire.
J'ai vu chez elle çà et j'ai dit que d'accord.  J'ai dit "elle sait mieux que moi"
Enfant, on  me disait toujours qu'une telle avait "copié" . Et j'étais stupéfaite. Je regardais la copieuse du problème, du tatouage au stylo, de la robe de ma princesse. Je me disais, avec les pas bons mots,   comment sait elle qui je suis ? Je ne le sais pas moi-même.
Ce qui se manifestait par une claque dans la gueule, (je n'avais pas les mots) ou bien la promesse d'un raid commun dans la cour des grands.
Une telle, il fallait l'abattre d'avoir découvert avant moi, ou bien il fallait l'aimer pour qu'elle me  délivre, enfin. Une telle est une con. Juste avant " l'enfer, c'est les autres." ou c'est dans les autres qu'on se voit telle qu'on est.
Puis, ma vérité m'a drôlement moins interessée. Quand j'ai découvert que ma mère ma mère ma mère.
Bref, je pense à une histoire, comme une mise en abyme:  Selon où tu t'assieds, tu jouis d'un spectacle différent, tu souffres d'un cauchemar récurrent, tu te tais sur beaucoup d'instants.
J'aime écrire les dates en entier Trois mai deux mille six, comme Paul Eluard "Nous ne vieillirons pas ensemble"
Trois mai deux mille six, j'ai perdu mon re-père.
Quatorze juin deux mille sept, je perds  mon porte vues, le vert. Misère.
Vingt trois juin deux mille sept, je vais  prendre un avion. Pour voir mon petit frère. Je vais lui offrir un dictionnaire.
Il y a des fois, je trouve que l'enfantine poèsie a tout compris. Tu sais...le trip Sujet Verbe Complément. Il a mis son chapeau sur la tête.
Paf.
J'aimerais dire que j'aurais aimé écrire aussi juste aussi épuré
mais c'est faux.
A l"heure qu'il est,  je préfère écrire, 
Il a mis son chapeau sur la tête. Alors qu'il n'avait rien (ni chapeau ni tête.)
Il a mis son chapeau sur la tête. La mienne, il l'a arrachée.
Il a mis son chapeau sur la tête parce qu'il était super pressé, qu'il avait peur de se mouiller.
OU  plus justement encore
Il a mis son chapeau sur la tête, l'enculé.

Dernière, la volonté.

Raconte moi des histoires n'importe lesquelles, celle de Pierre chez les trolls, celle de la princesse au petit pois dans la tronche, celle où ils trinquent en mangeant du poulet braisé, celle où rien ne meurt à la fin.
Raconte moi des histoires, mais si possible en fermant la bouche. J'ai pas tellement envie de séparer le vrai du faux , le symbole et l'offrande, le mariole et l'aimant, dans tout ce que tu pourras me dire. Pas tellement envie d'entendre ta voix. C'est la dernière fois que je te demanderai l'impossible. Promis. Juré. Caché.
Mais raconte moi.
Caresse moi la tête, de la nuque aux sourcils, mais n'adopte aucun rythme. Ne fais rien machinal. Juste le geste là.
Caresse moi les tifs,   de derrière les oreilles avec tous tes doigts , jusqu'à ce que je dorme. Mais si possible ne me réveille  pas. Pas tellement envie d'y croire encore une fois.  Pas tellement envie d'être en éveil.  C'est la dernière fois que je te le demande. Car je vais les couper. Me désamsoniser.  Ratiboisé la tronche. Hop, emballé c'est pesé. Juré. Baisé. Scié.
Mais car...heu, non rien.
Donne-moi la force de m'aimer un peu,  en me rappelant qu'on s'aime un peu , quand même. Pour que j'aille me faire avoir ailleurs, me faire mettre toute seule,  me dire des mots d'amour en me regardant dans la glace.  Comme à douze ans. Quand je m'entrainais à les recevoir parce que  que ça me terrorisait.  Que tout ça se prépare, je pensais. Qu'on n'improvise rien. Cachée. Grondée. Tarée.
Mais ne me fais pas la morale.  Ne me dis pas comment j'aurais du être et avoir été pour que toi tu sois autre,   ne me dis pas que c'est le vrac et le chaos, et que le recul le recul le recul car comment veux tu...
 Je capitule.
L'amour redevient la grande histoire de ma vie, dans un jour, dans un mois,  dans vingt ans.  Je m'en fous. Même pas mal.
Je reprends ma libido en main.  Je fais du désir le moteur, je ne tomberai plus en panne.  Je cueille les roses, je hume les pétales,  et le toutim,  même pas je me fous de ma gueule. Et je ne m'ulcère plus les doigts.
Tralala

Retour aux sources.

 

Ils visitaient une maison, et c'était l'homme qui leur avait dit. C'est dans l'arrière pays, ça me fait loin. La clef est sous la porte. Vous trouverez facilement.

Les habitants se sont enfuis. Ils se sont séparés. C'était devenu la maison des divorcés, de St Truc dans Les Alpes. Un grand terrain qui a du être beau. Les pièces étaient vides, quelques cartons. On n'avait rien fini. Pas le temps. Une maison inhabitable avec des échos de vide un peu stupides dans la chambre d'enfant jamais tapissée. Ils visitaient ça vaguement mal à l'aise, l'air un peu hautain des pas concernés, avec leur amour tout neuf et leur envie d'essayer les sols et les murs pour voir si on se sentait bien ici. J'ai peur que ça nous porte malheur, disait-elle. Moi je ne crois pas à tout ça, disait -il, en testant la tenue des robinets.


Ils n'avaient pas acheté cette maison là, parce que c'était toujours elle qui gagnait. C'est trop loin, c'est trop vide, autant d'arguments tout à fait convaincants pour celui qui ne mettait jamais ses victoires dans ce genre de bataille. C'est trop triste, ça , il n'avait pas pu l'entendre. Parce que responsable de tes actes, toujous tu seras . Jamais ne te laissera illusionner par de l'émotion non tangible. Soyons lucides, je t'en prie.


Ensuite c'était des années plus tard, et ils avaient acheté une autre maison, fait l'amour dedans, tapissé des chambres d'enfants. Et personne qui ne gagnait personne, juste des batailles un peu plus extérieures pour lui. Des victoires d'intérieur pour elle.


Et un jour, elle se retrouve invités à St Truc dans les Alpes, on boit du champagne, on a construit une piscine sur le grand terrain. Elle casse sa bretelle de robe en se penchant pour toucher l'eau. Et quelques souvenirs qui n'ont pas eu lieu. Le couple qui la reçoit est lié soudé depuis des années, ils se touchent les mains comme s'ils allaient se perdre. Un autre couple, plus loin. L'homme a l'air blasé , celui qui connait la vie, celui qui boit trop, celui qui comprend que celle avec la bretelle cassée qui feint d'en rire, elle est venue seule et ce n'est pas seulement à cause du travail harassant, des batailles extérieures. Il la regarde tout le temps, il s'occupe de son fils à la place de l'absent. Sa femme ne voir rien, ou feint de ne rien voir. La glauquitude de la situation n'échappera à personne. Et surtout pas à la fille à la bretelle cassée, qui se demandera si la vie , ce sera ça désormais. Tellement loin d'un poème d'Eluard.


Coincée dans un truc pas fini à St Truc dans les Alpes.

 

Mieux vaut lire de la poèsie.

Re-Chute

Dis toi bien que les silences n'ont que l'importance que tu veux leur donner. 
Que tous les mots que toi, tu mets dedans, sont comme des cristaux projetés, kaléidoscope à ta seule aune. Un peu desarticulé.
Des bris de verre, un cristal cassé toujours, la même cassure. Et bla.
Mais quand on connait la ligne de rupture, on  se blesse moins les doigts. Et  bla.
Même, certains voient la lumière dans les éclats.
Tu n'en es pas à porter des lunettes parasol, mais va savoir.
Tout peut arriver.
Dis toi bien que toi seule ne sais pas vivre l'absence autrement que comme une perte, un crime que tu aurais commis, un mal que tu aurais donné, en douce, et sans le vouloir.
Dis toi bien que d'autres savent intérioriser, sucer la substantifique merde, tourner le dos sans se questionner, tirer des traits sans aucune règle.
Dis toi que d'autres savent se taire. Et s'en portent très bien.
Dis toi bien que seule, c'est mieux qu'un bancal deux, c'est toujours mieux que le faux semblant, c'est toujours bon à prendre, même si ça se prend tout seul, ton pied.
Dis toi bien que les illusions pas nettes, toi aussi, tu t'en es rempli, sans aucun doute, pour anéantir le vide, en vain.
Dis toi encore que l'espace, tu as su toujours l'occuper de musique, que l'on peut y vivre, on peut,  scande le , un peu comme tu secouais ta tête dans des concerts plein de chaos, on peut - on peut, du moins un temps.
Penche toi un peu de l'autre côté de toi-même. Ne va pas te briser les os.
Apprends.
Dis toi le bien,
Dis toi le vite,
sinon tu vas  morfler.

Toutes les notes