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Lieu dit

" Moi je peux faire ce que je veux dit elle au psychiatre en articulant bien tous les mots. Je le sais. Vous me demandez si je l’aime encore mais le problème est ailleurs, un peu comme la vérité du même nom, soit dit sans me vanter. Je ne vais pas vous apprendre votre métier.

Vous me parlez d’autonomie, mais que voulez vous que je fasse de ma liberté individuelle ? Que je me tape des hommes plus jeunes que moi ? Que je puisse m’étaler dans le lit ? Que je mange des raviolis à tous les repas ?
Oh oui. Ce serait grand. (retournez vous, O grand gourou, il faut que je rende)
 
Vous me parlez de responsabilités, mais  y a t-il tant d’importance à se sentir indispensable ?  Me sentirai je vivre parce que j’aurai accompli mon devoir ? Ou juste j’aurai payé mon dû ?
Me sentirai je si intelligente parce que j’aurai su construire une relation basée sur la réciprocité et la bonne entente, le respect de l’autre, et la concession, le sourire jovial devant les humeurs de l’autre( Oui oui je parle aussi des miennes...) puisque j'aurai atteint mon degré d'intégrité maximale - ho le joli score et dans une dernière foulée elle atteint le degré maximal de son intégrité personnelle d'elle même on applaudit bien fort ! -à savoir que je me suffirai à moi-même donc.  (hop demi tour, O grand Sondeur, j’ai encore envie de vomir, là, mais beaucoup) 

 

Oui , je souffre en ce moment et je dois bien le  reconnaître, c’est bon .

C'est bon aussi quand ça s'arrête. J’ai su que j’avais besoin d’anti dépresseur au moment même où la voix de mon anti virus m’a dit suavement que la nouvelle version de la base de données a été mise à jour. Je me suis mise à pleurer . La chance qu’elle avait , la base de données. 

Vous me parlez de mes désirs ; ha je  le savais, la question piège  qui est censée me tuer parce que je vais écarter les mains et dire « je sais pas as as as" en tressautant des épaules  et que donc ça voudra dire qu’il faut que je m’allonge  encore ? ? ? C’est NON.  Attendez je cherche..J'ai envie d'etre kidnappee comme Meryl Streep ne se fait pas kidnapper dans Sur la route de Madison .

Ha ça vous en bouche un coin , non ? Non. Evidemment.  

 

En fait ce qui m’arrive c’est que je sais trop ce qui m’arrive, voyez vous. Devant chaque  hypothèse, j’ai le scénario de fin. Très vite sans articuler vraiment de raisonnement, car  je suis nulle en script,  je vois le mot FIN . Et y a toujours quelqu’un qui meurt à la fin.  Ou qui pleure. Toujours. Alors j’attends. J’écris rien, je décide rien. Comme ça personne ne pleure. Non, non  les mouchoirs, là,  c’est pour me tamponner l’eczéma. 

 

Je sais que je peux faire ce que je veux, je le sais. Mais voyez vous, je voudrais bien vouloir ce que je fais.  "

Un Somme Nie, une somme niée, en somme.

En chien de fusil, je connais tous les recoins du pli de ce drap là. Tête bêche mais sans retour à l'envoyeur, maintenant, je sais toutes les fissures de ce plafond ci. Ventre à terre, dos au mur, fenêtre ouverte, et puis fermée. Ca fait du ressac dedans.   Le bras ballant, touche la tomette plus fraîche, poser les paumes de pied à terre , alors.. se souvenir que c'est comme ça qu'on se lève. Se lever.


Sur le parquet flottant, à même sa peau de bois,  on jouerait que je serais un navire , et toi un pas que beau. Je connais tous les souffles de cette chanson là, maintenant, le  couic léger de l'accord qu'on déplaque à la deuxième minute et vingt trois seconde si mes calculs sont exacts,  la ciselure de la mélodie, amère juste ce qu'il faut, fatalement optimiste,  suave comme il se doit quand on souffre- merde ! , la fêlure du timbre dans certains aigus. Comme une désinvolture, l'effraction virtuose.  Et la pluie légère du piano. Je la connais par coeur. Je peux t'en chanter tous les détours.  

Sur le ventre, les bras en croix, vas y que je te ferme les yeux le plus fort, le plus fort que tu puisses. Mais c'est la même tête de hibou paniqué que tu croises dans le tout petit reflet d'écran. Encore, et le son de légère cornemuse. Neuromielleuse optique.


Merde, carrément c'est l'Ecosse dans ton salon infini, il ne manque que le vent, et  un quelqu'un  pour te jurer des serments d'éternité, à jamais à jamais à jamais mais après manger quand même ok ?

Mais il faut que tu dormes, il le faut. C'est l'Italie, et encore un peu,  tu sens le sable rouler sous tes doigts... ta gueule ta gueule ta gueule je me dis à moi et à mes rêveries.

Et après je pleure, parce que je me suis engueulée.

Les yeux gonflés sans silly conne, j'espère.


De la voix, l'apparaître,

Sans issue, disparaître.

Faire des ronds avec les doigts, figurer le cercle comme une incantation.

  Les pieds au mur, même si d'habitude, c'était pour faire des bébés, c'est excellent pour la circulation des rationnalisations  qui te ravagent .

La  tentation est si brillante, si clairement intelligente.

Oui mais tu sais très bien ce qui t'arrive, alors ...dors. La tête dans l'oreiller, même si d'habitude ça t'étouffe,  ben au moins étouffée, tu dormiras.

Oui, mais. T'étouffes. Tu dors pas.  
Je sais exactement quand  le téléphone sonnera pour me dire que c'est l'heure. Je le sais depuis  2579 abordages.  2579 come up desenchantés. Je l'éteins à l'avance, je sais tout.

 

C'est ma  première nuit d'insomnie et, déjà,  je ne réponds plus de rien.

 

 

 

----
Bande son: alors là, vous pouvez vous gratter, j'me la garde ...pour la nuit prochaine.

J'enregistrerai tous les endroits où j'ai voulu crever.

C'est absolument prodigieux, je ne fais que sourire bêtement et ne rien rien rien manger. C'est être dieu qu'etre pauvre a ce point. Et aussi, j'écoute Gun's and Roses it's been fourteen years of sadmeeeess, it's been fourteen years of paiiiiiiiin.it's been fourteen years that have gone for ever and i'll never have again.

 

A mon âge, trouver ça aussi jouissif, c'est suspect.

 

 

 

Je suis allée a Leclerc et il y avait plein d'allemands. Un couple d'une cinquantaine d'années, voire plus. Super beau. Elle grande, mince, limite maigre -J'adore et j'm'en fous-, une robe de spectacle forain, hallucinante de couleurs , des lunettes en écailles classieuses,  un visage katemossien en plus blond. Une femme superbe. Et lui, gris de cheveux, juvénile de regard  bleu, ça se voyait qu'il avait tout le temps envie de rire, mais il n'avait rien de ravi aux amphétamines non plus hein. 

 

Bref, j'ai choisi leur caisse pour aller poser mon ananas, mon raisin, ma baguette, mon henne pour me faire des dessins maori le soir pour rigoler, - on s'amuse comme on peut- une paire de chaussons de jazz, je sais pas pourquoi, j'aime l'idée qu'il n'y ait PAS de semelle à mes shoes. Ca me fait penser au paletot, à l'idéal, à ce visage sexy de Rimbaud, au fait que moi aussi j'ai arrêté d'écrire à 20 ans, de peur qu'on m'ampute, tu vois.

 

Ils se regardaient tous les deux, holallala fallait voir ça. Ca me faisait des fluctuations irisées dans le bas ventre jusqu'à la vertébre droite. Un des symptômes de l'ovulation. Et de ses conséquences...Je vais pas faire un dessin.Il y avait derrière moi un jeune torse nu (putain j'en peux pluuuuuuuuuus) qui n'avait qu'un tube de colle , alors je lui ai dit : Mais passez devant , passez devant, QUE JE TE MATE LE ...Bref, le couple d'allemands qui parlait français  il a fait tout pareil que moi.  Ils l'ont laissé passer devant- le sens civique, je suppose- et du coup, le garçon il a expliqué ptin ta mère tu ouas je fais des travaux bordel juste il manque la colle putain les lebou dsa race..ouais bon arrête de parler que je continue de te mater le, et  on a tous commencé à se causer et à rire, même. Le jeune je lui ai dit qu'on le croyait pas, que la colle c'était pour se défoncer la tronche, hahaha à moi on la faisait pas. Il n'a pas ri. Mais je blaguais.   J'ai repensé à ce que me disait ma psy, sur le pouvoir castrateur de l'humour chez la femme. Le pouvoir ou la misère.

 

Et le couple, j'ai su que c'était une deuxième union, tout ça, récente.  Après 20 ans de mariage,  on ne peut pas se regarder comme ça à une caisse de supermarché. Evidemment. j'aurais du  m'en douter.

Et eux ils m'ont demandé si j'étais mariée et si je faisais du jazz dance. Ce à quoi j'ai repondu oui et non, dans le désordre, pour rire un peu.  Pour voir. Et ensuite, ils sont partis, la dame, elle m'a fait un coucou élégant de la main , et moi j'ai pas osé répondre, parce que j'ai la paume ulcérée d'eczéma.

 

Bref, en fait , on aurait tous du se taire.

 


podcast
 

En guise de fermeture

Chez moi, les placards sont toujours ouverts. Les tiroirs aussi.  La voiture sur le parking, le parasol dans le jardin, ouverts. Idem.  Ma trousse de toilette, la porte des waters quand je fais pipi. La porte d'entrée, mon sac a mains, mon portefeuilles, Mon blog, les commentaires....ma fermeture éclair aussi, merde.
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Je réalise ça aujourd'hui.
je veux dire j'ai fait une rencontre absolument fantastique.
Devant mon miroir ouvert.
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J'ai vu une dame un peu fatiguée, mais qui continue d'y croire. C'est très important.
Toute ouverte, le sourire toujours, l'oreille ouverte.
Complètement vaginique du cerveau  quand tu joues à la serpentine orale.
Manquer de manquer. Le corps est une mise en scène.  La pièce de théâtre c'est toi.
Il m'a fait mal, papa, il m'a fait mal à moi, ta fille, tu te rends compte ??? et puis tu as vu je dis ça calmement avec quelques  dignes larmes, et  donc, C'EST VRAI.
Bouche ouverte.
Si seulement je pouvais la fermer.
Attendant encore de faire connaissance avec l'homme qu'elle vénère ou qu'elle hait. A coeur ouvert.  Sincèrement, c'est tout le drame.
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Il faudra avaler, au lieu de bailler aux corneilles. Avaler et digérer. S'anal-yser. Un peu.
Et puis reprendre la route, un peu.
Essayer. Un peu.
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Avant que je devienne un cadavre.
Tout vert.

On jouerait que je serais enervée et "tendue" hahaha

 Lucian FREUD.          Note pour mes copines, surtout. Hein. Enfin Yaël, Alm, Hug, Cécile, Manou peut -être..mais aussi pour JM qui rigolera.[et aussi clique sur l'illustration musicale sans déconner c'est ...pile poil là. medium_h_et_f.2.jpg

 

Je voudrais que tu ailles droit au but, tu sais.  Ce n'est
 qu'après ,
  pendant que tu essaieras mon rythme, que tu pourras faire ma
  connaissance.
 Par pitié , épargne moi les yeux fermés, et la caresse
 effleurée. Que
  tout s'empoigne, que tout soit appuyé. Souligné. Accentué. Comme une puissante phrase , affirmative, mais qui n'a pas peur de l'interrogation.

La tendresse me  fait penser à la   maternité. Tu connais mes relations à la niaiserie. Des tue  l'orgasme.


  J'ai envie qu'on se mange, pas envie qu'on se "découvre". J'ai
 envie
  qu'on se prenne, pas qu'on se touche.  Et j'ai dit ON, je suis pour la parité , le faire ensemble, mais moi  vraiment.
J'ai  envie qu'on se marre. Aussi.

Mais ça c'est risqué. Enfin, ça dépend...

J'ai envie qu'on s'emboîte, parfaitement, comme des pièces de  puzzles, mais en mouvement. Du 3 D. Si c'est pour se souder du bas ventre en se regardant dans le blanc, et en écoutant Sade, je vais m'endormir. Ou rire, mais trop.

Oui je sais castratrice, et phallique. Ben il faudra s'y faire. Et je sais aussi que beaucoup disent "oh mais non mais non une telle femme c'est bien..." mais c'est pas vrai. C'est une belle théorie, une idée qu'on caresse comme on se caresse le chibre, à 12 ans et demi,  en regardant Glüt la suédoise fessue dans PlayBoy , mais ça ne tient pas la distance. Ca ne tient pas la durée. Ca ennuie prodigieusement l'homme, quand ça ne le retient pas, ne  l 'empêche  pas profondément.

Seulement, voilà. Il faut être distante mais là. Douce, mais indépendante.  Drôle, mais surtout pas plus que toi. 

Tu es tellement belle quand tu souris. Tellement fantastique quand tu fermes ta gueule.  Oui mais moi, quand je jouis, je fais la grimace, je sais pas vous, mais le rictus monalisien dans le feu de l'action...

Je sais que je ne suis pas la seule. CA suffit de penser que la femme est un vaisseau à aborder, la femme est un écrin à remplir, la femme est un creux, la femme est un espace ...mon cul, la femme.

 

La femme est un cul , comme toi tu es souvent , très souvent, une b... heu, la femme est un cul comme tout le monde

 

Je vais te dire un grand secret. Je crois que certaines, comme moi, COMME NOUS TOUTES peut être,  tirent même une fierté de cet état là, de cette différence, croient-elles, dans ce phallus qu'elle  possède. Moi je nous trouve tristes à crever, à l'attendre, ce maître sur lequel régner

 

Tout ça pour te dire que Je voudrais que tu ailles droit au but, et que tu y restes. Longtemps.

 

Enfin, jusqu'a ce qu'ensuite, je dorme. Parce qu'après, moi, tout comme toi -tout comme toi- surtout pas contre toi, je dors.

 

Et peut être même que je ronfle.

Un autre point de vue

Je ne sais pas quoi vous dire, vraiment. Voyez vous cette femme, je la trouvais plus qu'émouvante. Souvent.  Elle perdait ses lunettes régulièrement, et  j'adorais la voir passer le balai, avec ses lunettes noires. Steevie WOnder de la balayette...

Je ne sais pas quoi dire pour ma défense, mais je dois dire que j'en étais tellement bardé, elephantiasis défendisis.  Elle me disait "je fais un régime au céleri", et elle était incapable d'en reconnaître dans les étals du supermarché. Ca me faisait rire. Cela m'enchantait. 

- Ce sont des roses ou des belles de jour ?

- Des pâquerettes, mon amour.

 - A quelle heure c'est la marée ?

- Pff aucune idée. 

- Je te quitte.  

Je trouvais qu'elle se prenait un peu pour Béatrice Dalle en moins charnue de la bouche, mais je pense que c'était pas tellement joué.

 Et puis, elle était gaie, tout le temps, à chanter, à dire des bêtises , pas sucrées, toujours salées. Ca tombait bien, je suis hypoglycémique. Et cette façon de me regarder, par en dessous, du style "nous nous comprenons bien". Souvent, je n'avais rien compris, mais comme elle me regardait par en dessous comme ça, eh bien , je faisais semblant de comprendre. A mes risques et périls.

 

L'amour , si on veut que ça dure, désolé. Faudra bien faire semblant, un jour ou l'autre.

 

Elle se réveillait la nuit, avec ses t shirts improbables, des marcel qui arrivaient aux genoux, venait me chercher sur le canapé où je m'étais endormi. "Oh réveille-toi, j'te signale qu'on a été cambriolé" 

- Non, c'est pas vrai, débloque de ta prise de karaté de débile,  c'était une blague.

 

Incapable de faire cuire un rôti, capable de me faire douter de  moi, incapable de parler plus de 25 minutes sans faire "Mais là, je sais même plus le début de la conversation", capable de lire 24 heures sans s'arrêter...

Sa façon de calculer sur ses doigts dix fois de suite pour savoir si elle aurait ses règles ce week end là. "Je suis désolée hein, mais on va pas faire genre que c'est pas grave; ça l'est. "

Et aussi, les nuits terrifiantes, où elle s'accrochait à moi en me demandant si j'étais bien moi, les tétanies devant la route, les paniques vomitives devant les autres, les hurlements quand je ne comprenais pas. Les médicaments dont il fallait parler des heures, des heures, alors que je n'y comprenais rien.

Les jours tristes à mourir, où elle ne disait rien, assise. "Je m'emmerde, je m'emmerde, je m'emmerde"

- Mais bouge, bouge..

- Mais j'adore m'emmerder.

 

 Ses demandes trop nettes, pas mûries, sans tact, sans fioritures, sans parfum ni fards pour faire de moi un homme un vrai un tatoué...

Son narcissisme qui prenaient des chemins trop tortueux; "Je vais mourir d'un cancer de la colonne vertébrale, ça fera comme  un poème de Boris Vian"

"J'ai mal à mon père"

"Ne viens pas vers moi si t'as pas envie, ne te force jamais; Mais putain tu comprends rien, viens quand même" 

 

 J'aurais préféré qu'elle me trompe, j'aurais préféré qu'elle soit dépensière, j'aurais préféré qu'elle me trompe, j'aurais souhaité qu'elle veuille un yacht aux caraïbes. Je me serais demerdé, j'en suis sûre, pour trouver des solutions. Moi, je suis fort en solutions. J'en trouve douze par jour de solutions. File moi une montre, un calepin, un crayon, une calculette, je te trouve 200 solutions à l'heure.

Mais quelle solution quand il n'y a pas de problèmes, juste comme des kilomètres qui défilent, comme projetés en arrière, loin l'un de l'autre, comme dans un manga japonais... Quand chaque mot devient comme une arme, chaque phrase une bombe atomique, une guerre des tronchés.

 

Moi, j'ai trouvé ça idiot, très vite.  Je me suis dit "la guerre, c'est mal C'est un peu comme les OGM."

Alors , monsieur le juge, j'ai préféré la tuer.  


podcast
 

Marc Dorsal (haha)*

 Mon dos faisait des noeuds depuis si longemps. J'avais dit la tension, j'avais dit le plein le cul, j'avais dit le cul vissé devant le pc. Il y avait eu les piqures, qui m'avaient transportée vers un monde que j'avais oublié. Celui, si ouaté, où plus rien ne fait mal dans la tête, de la défonce.

Mais bon, j'avais toujours mal dans mon dos. Et ma docteur gentille toute bronzée , elle m'a dit : Radiographions.

Car elle sait qu'il n'y a qu'un pas dans ma tête jamais plus ouatée, où tout me fait vachement trop mal, jusqu'à la “J'ai des métastases qui me bouffent la colonne. Voilà, c'est bon. Arrêtons tout. Je vais crever.”

Et puis, j'ai rêvé que mon père regardait des radios, les miennes. Il avait cet air de quelqu'un de convoqué, parlant vite, pressé de repartir, laisse-moi, maintenant, ...Et il me montrait un noeud rouge en bas de mon dos, sur la radio. Une sorte de pique. Sang. Il me disait “C'est là, en bas de la chaîne alimentaire”


Donc, là, j'étais convaincue que mon père était venue me voir pour me signifier ma mort prochaine. Heureusement, que des fois, j'ai des amies pas cons qui m'expliquent.


Laisse-moi, maintenant, digère-moi.


Alors, pendant la pause déjeuner, j'ai pris rendez vous “chez le laboratoire”.

C'est un monsieur jeune, super canon, doux, qui m'a reçue.


Il m'a dit Bonjour, enlevez votre “haut” , gardez votre soutien gorge pour la première série de rachis cervical.


...

....

....

Putain, j'avais pas de soutif.


Je me suis retrouvée les bras en croix, agrippée à des chambranles pour être bien droite, tu vois on aurait dit Vanessa Paradis dans le film où on lui balance des couteaux dans la gueule. Mais bon, là, il me disait à droite, de profil, rentrez le ventre (CONNARD), ne respirez plus (Oh je suis déjà morte, d'façons....de honte)


Et puis, je croyais que c'était fini.

Nan, nan, tu parles, il s'approchait pour me dire d'ouvrir la mâchoire, et puis aussi de mettre l'épaule droite en avant, puis la gauche. J'avais envie de pleurer, à moitié à poil sur la sellette, dos au mur. Vraiment.


Et puis je croyais que c'était fini.


Mais il m'a dit: Enlevez votre pantalon, qu'on fasse le rachis dorsal.


...

...

...


J'avais une culotte, mais je le soupçonne d'en avoir douté.


Et c'est reparti. A ce moment, j'ai choisi de me téléporter dans un monde de télétubbies rose et jaune, de m'autodéfoncer de m'autoouater le crâne. Evidemment, je savais plus où étaient ma droite, ma gauche, j'étais empotée. Il fallait refaire les clichés; il était jeune, beau, doux et moi j'étais vieille, sans soutif, en tanga ridicule, agrippée à des poignées de métal, le dos bien droit , comme dans un film porno amateur. Et la roue ne tournait même pas !!!!!



Ensuite, il fallait que j'attende. Et moi attendre, je sais pas. J'ai peur. D'autant que le Docteur, grand, vieux et sympathique qui s'appelait comme un vendredi soir juif, est venu me demander des trucs sur ma vie, mon oeuvre, mon travail, mes positions sexuelles préférées.


Et puis, il m'a dit: je fais le CR pour le médecin et c'est bon.


Mais il m'a rappelé.

Et j'avais peur, très. Il m'a dit Ho ben ça alors ça alors, madame, ça...vous avez des lésions dégénératives segmentaires cervicales C5C6 relativement marquées ainsi qu'une discrète anomalie de la statique lombo sacré avec dosarthrose débutante en D5D6 et arthrose interpophysaire postérieure au niveau de la charnière lombo sacrée NOM DE DIEU DOCTEUR, JE VAIS MOURIR ?


Nanan , ça veut juste dire que vous êtes vieille, usée, et que vous êtes trop cambrée. Et que vous allez avoir beaucoup mal.


Et là, j'ai eu droit encore à « Mais c'est normal, vous êtes une grande sportive ... »


Sans déconner, je pense que jai super bien fait de jamais en faire du sport, hein. OU EN SERAIS JE SINON JE VOUS LE DEMANDE !!!!

Ensuite, le beau jeune homme de la radio est venu me rapporter mon collier de perles orange vif de jeunes bab à la con que j'avais oublié dans la salle de radio. Je pense qu'il a cru que c'était exprès, et j'ai failli faire « Ha mais c'est pas à moi » mais je l'aime ma breloque, alors jui ai arraché des mains à ce connard de jeune.


Et puis j'ai attendu une heure qu'une secrétaire tape le rapport de ma vieillesse de dos crochu, et une demi heure que le docteur la signe. Du coup, j'ai rien mangé.


-J 'ai de l'arthrose, j'ai dit à mon père en sortant du laboratoire,

Manquait plus que ça, hein ? Et on a un peu rigolé.


Dans ma tête.

 

 

 

 

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*Marc Dorcel, donc c'est rigolo.

Jeu d'impatience


podcast 

 
Au milieu des vagues immobiles vertes comme un massif
Allumant des bougies avec des herbes sèches
Ils s'installèrent face à face et se regardèrent
--
Longtemps.
--
En se demandant ce que l'autre voyait.
--
Au milieu de la nuit et des hautes bruyères
Allumant des briquets avec frénésie
Ils se regardèrent face à face, et se parlèrent
--
Longtemps.
--
En se demandant ce que l'autre entendait.
--
Au milieu des champs de vigne
Allumant des torches avec leur cigarettes
Ils se parlèrent face à face, et se touchèrent
--
Longtemps
Now don't you worry
I won't put you down
I'm in no hurry
To see you go to ground

--
--
En ne se demandant rien.
--
Au milieu d'une église, d'un temple , d'une mosquée, ou d'une mairie blanche
Entourés de feux de détresse
Ils s'installèrent côte à côte et se marièrent
Pour faire des petits enfants.
Because it's true what they say
You know it's true what they say
You're only king for a day
I guess you're happy that way

--
 Elle  reste éveillée toute la nuit, à se demander où elle, il, on , tu, eux a merdé.
Difficile de dormir a deux quand on est seul.
--
 Elle reste éveillée toute la nuit, face à face avec son côté cassé.
--
Il tourne un peu le dos.
Parce que les face à face ...
You're so sorry inside you've got something to shout about
--
et puis paf c'est la fin
-- 
 merde.

LA CHAINE

Ca fait un bout que Bière m'a filée une chaine et que moi, tuberculosée que j'étais, j'ai rien fait.
Alors puisqu'il est de bon ton de travailler plus pour gagner , au moins , votre estime, je m'y attelle et réponds à
"Tu voulais faire quoi quand t'étais petite ?"
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Eh bien petite, déjà, j'adorais ne rien foutre. Et je trouvais drôlement suspect les gens qui bossaient tout le temps, avec des attachés case, et des airs préoccupés par le budget et les charges sociales. Je les voyais comme des lapins d'Alice, pressés, suffisants et tellement inutiles.
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Ce doit être d'avoir vu mon père bosser, bosser, sans jamais se plaindre, parce qu'il faut bien "nourrir sa famille". Sans préoccupation d'épanouissement de sa personne. Je t'avoue que j'ai l'esprit limité en la matière. J'ai toujours envie de rire quand j'entends parler un écrivain qui a accouché dans la douleur de son dernier roman, j'ai envie de lui coller des forceps pour qu'il la comprenne, la douleur de l'accouchement.
Ou du travail infiniment dangereux pour son image mentale de telle actrice anorexique qui devait jouer une obèse; ET QUI A DU PENDRE 5  KILOS MON DIEU LA PAUVRE .... J'ai envie de lui dire que moi je les prends pareil dans la douleur et qu'on me file pas 258 000 dollars pour ça...De même, le chef de projet de com qui se bat pour gagner le budget parce que putain sinon tu te rends pas compte, c'est l'autre boite qui l'aura ...je sais c'est extremement étriqué comme vision du monde du travail , mais je m'en fous, étant donné que j'ai jamais eu la prétention de détenir la vérité suprême, et qui plus est, je ne crois pas avoir un style péremptoire de blog citoyen qui ferait genre que moi j'ai tout compris mais que vous , moyen...
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Bref, petite, déjà, le travail qui épanouit, j'y croyais pas. Je pensais par contre, qu'épanoui, on travaillait sans doute mieux.
et je le crois toujours.
Par contre j'ai très vite compris que pour moi, femme en devenir, y avait intérêt à ce que je bosse. On me l'a dit.  Répété. Ne sois JAMAIS dépendante d'un homme financièrement.  C'est con, parce que j'ai longtemps fantasmé sur l'idée d'être un genre de princesse ou de pute de luxe, adulée entretenue qui fout rien de la journée rien qu'à se faire les ongles et à lire TOUS les livres du monde et écouter tous les groupes de rock de la planète, et que le prince charmant super beau et super sympa il rentrerait le soir me dire que j'étais belle et que tiens voila je t'ai acheté un cd des Stooges sur le retour. Maintenant faisons l'amour ta peau contre ma peau, ton coeur contre mon coeur...et endormons nous en cuiller jusqu'a demain midi.
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Mais bon j'avais douze ans.
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Après j'ai voulu faire pédopsychiatre , comme Françoise Dolto. Parce que je le savais pas à l'époque mais j'avais déjà envie de soigner ma putain d'enfance.
Ensuite, j'ai compris qu'il faudrait faire médecine, et que ça signifiait des sous pour faire des études. Des sous que mes parents n'avaient pas.
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Après j'ai voulu faire morte. Je trouvais qu'y en avait marre.
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Puis, sous l'impulsion des hormones et de très mauvaises fréquentations j'ai voulu faire droguée amoureuse . Mais un formidable susaut de vie et un merveilleux regard de mon père a brisé net  mon ambition.
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Après comme ma prof de français  disait que j'avais une belle plume et mon prof d'arts plastiques un bon coup de crayon, je suis allée à la fac dans une filière qui prétendait nous rendre écrivain ou artiste. J'ai beaucoup travaillé picolé. J'ai voulu faire rock star. Mais j'étais phobique.  Alors j'ai fait étudiante en linguistique.
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J'ai ensuite voulu faire Friends alors que la série n'existait pas; On vivait en communauté et on faisait que rire.  Et dire des conneries. J'ai pas eu l'idée de filmer.
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Après j'ai fait sans bien m'en rendre compte Françoise Dolto au rabais, mais j'ai compris que rien ne se répare. Tout se démonte, et j'ai pas de diplômes de mécano. Et puis parfois les enfants ont juste besoin de bouffer. Des pâtes et de l'amour.
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A dire vrai, j'aurais aimé être une artiste. Mais j'ai pas les moyens de mes ambitions. Je n'ai ni la perséverance ni la foi. Ni même le talent. J'aime l'idée de travailler pour "nourrir ma famille" et me sentir un peu utile, parfois. Entre les gouttes. Sans motivation ébahie et acharnement thérapeutique, qui me semblent , toujours, infiniment suspects.
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Et puis je me lasse vite. C'est parce que je suis pas finie.
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Ma vie, Mon "oeuvre" je voudrais que ce soit autre chose que mon travail. Si tu vois ce que je veux dire.
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Et puis, sinon Bière me demande aussi si mes parents avaient une voiture . Oui.
Une Ami8, bordeaux.
Ca sentait la gauloise de mon père et y avait souvent des outils dedans. Des copeaux, du Brel et du Brassens dans le poste.
C'était drôlement bien. Dans cette voiture qui représentait sans doute 24 mois de salaire de mon père, nous sommes partis en vacances pour la première fois en Corse,  la voiture en bateau, dans un village de vacances de la SBTT (orth incertaine)...caisse de retraite des ouvriers du batiment, si riche si riche si riche.....puisque tant  d'ouvriers meurent si vite  si vite si vite des copeaux des sciures de l'amiante du tabac ,si vite,  de s'épanouir tellement à fond dans leur travail...
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J'avais prévenu, j'ai une vision étriquée. C'est aussi pour ça que j'ai un blog.

O le Joli Mois de Mai

Quelque chose couvait. Toutes nos casseroles sur le feu, sans doute, mon tendre amour. J'ignorais à quel point les tiennes bouillaient. Je pensais que nous savions rire, et gueuler.
Ca me semblait suffisant pour faire la peau au feu.
Mais le temps et le deuil. Ne t'attendris pas. Ebiselé, ton coeur. Et attendre toujours , sans savoir que tu attends, que l'autre réalise à quel point, et combien, et pourtant.
Il parait qu'il ne faut rien attendre. Toi peut être tu savais faire ça. Ne rien attendre. Et ça t'a rendu sec.
Ha non, il parait que c'est moi.
Hier cela faisait un an. J'ai mis la veste de mon père. Il pleuvait. Mon amour.
Toutes les photos me faisaient étouffer. J'avais peur de la mort, la mienne, celle des autres. La tienne aussi. Mon amour.
Ce n'est pas bien.
Ca use.
ca sèche.
ca tue.
Assise sur mon escalier tout neuf, toi dans le canapé trop mou. Ca fait bien mille deux cent kilomètres de distance. Et quelques poussières. C'est pour ça que je pleure. Les poussières.
Tu m'a jetées les casseroles à la gueule. Paraitrait même que, dedans, il n'y avait que moi.
Tu vas bien.
 Tu n'as pas de problèmes.
Ho je te rassure, lecteur qui doit te sentir tellement mal, et je suis desolée, mais merde. Je me suis super bien défendue.   Ca fusait. Wolala comment je lui ai mis le nez dedans, comment j'ai trop bien dit etc etc... Il était d'accord. Oui, oui, et plus encore. Ce qui ne sert strictement à rien.  L'amour n'a rien de dialectique.
La communication dans le couple, c'est comme la métastase dans le cerveau. Le début de la fin.
 Mais combien tu étais sec, combien tu n'avais rien vu de mon chemin.
Je me croyais grandie, je me croyais guérie. A tes yeux, toujours une lacune, dans ton coeur comme un poids à porter.
C'est comme ça que tu vis. Moi la cause, et toi, en conséquence. Merveilleuse responsabilité. Lâcheté jai envie de dire. mais je veux toujours rester digne. Même quand jai besoin de te cracher dans les yeux, toi et tes soucis , toi et tes horaires
J'ai les mains en point d'interrogation ? Que faut il faire ?   Eh bien rien.
Nous ne marcherons plus ensemble. De toutes façons, j'ai mal aux pieds. hein ?
Et si oui, ce sera aux dépens de celui qu'on aimait.
Ce n'est pas bien.
Tes épaules faiblissent.
Les miennes me brûlent.
Rien n'est léger. Rien ne s'arrange. Je suis la dérangée.
Je te sais seul, c'est comme ça que tu vis. Mon amour.
Ne pleure pas, tu t'attendris. S'attendrir, c'est s'apitoyer.  S'apitoyer, c'est s'entendre avec soi. Et c'est avec un autre toi que j'aurais aimé vivre. Un toi qui n'est pas toi.
Ils diront c'est le sevrage de tabac, c'est les travaux, c'est le travail, c'est le deuil, c'est la quarantaine, c'est l'absence de communication.
Je leur dirai ta gueule
et toi tu ne diras rien. Comme d'habitude.
On les laissera dire, de concert.
Notre dernière musicale complicité.

 

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