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Resident Mockery
De ce jour où sa date de naissance a caracolé trop vite, si peu d'écart avec la date des funérailles, il ne me reste rien.
Si, ses gants.
J'ai beau y glisser mes mains, je ne me rappelle plus la chaleur des siennes.
Je garde les regrets, je garde la honte du soulagement, je garde les soi disant c'était mieux ainsi. Je garde les "il aurait aimé que..." qui ne réconfortent que ceux qui me les disent.
Je garde le sourire du deuil réussi, la grimace.
Le simulacre permanent.
Vite, le noter
Vite, le noter, ici. Parce que. Je n'ai pas de vraies raisons. Des légitimes, des justifiées, des réfléchies, tu me connais.
Mais cette nuit, quand même, après tant d'attentes pointues, tu es venu dans mon rêve.
Et c'était bien toi.
Qui gravissait une pente qui menait je ne sais où, tout ce que je sais, c'est que moi, je la descendais. Et que je te croisais, un peu essoufflé, mais en pleine forme, et tu fumais cette cigarette avec un plaisir qui m'a fait trembler dans mon sommeil, presque réveillée. Et tu me regardais , et tu me disais: "Je vais mourir, je vais mourir, ma chérie, je vais mourir....
de rire."
Et on riait ensemble.
Et juste
juste, merci.
Prendre un enfant par la main...
C'était des moments qu'elle attendait avec une impatience mal contrôlée, les vacances scolaires de son fils. Elle lui préparait des agendas de ministre avec visites de musée préhistorique, goûter d'enfants avec des haribos et des balllons en forme de chat obèse, parc aquatique et manège de grande surface. Il y avait aussi ces fabuleuses journées tartes aux pommes, les jours de pluie, où face à face dans la cuisine , ils pelaient les fruits en lamelles très fines en se racontant leurs rêves.
"J'ai rêvé que nous volions en montgolfière au dessus du pays du caramel mou, mon ange..."
"J'ai rêvé que papa te lattait la tête à grands coup de batte de base ball dans l'abdomen, maman chérie"
Puis, elle notait tout ça dans le grand album bleu avec les noeuds pourpres, celui avec le cordon ombilical desséché, la mèche de (trois) cheveux, le premier sourire, la première dent, le premier bobo, la première gastro…
"Rêve du 12/10:Oedipe flagrant. Edgar a bien du mal à se détacher de ma présence rassurante et contenante..où allons-nous, je vous le demande..."
Elle se levait à l'aube, lui préparait un plateau Nuggets/Kiri, Lui faisait couler un bain, et le portait nu dans la salle de bains où une télévision haute définition trônait sur les cabèches, et là, elle le regardait regarder des mangas, en le prenant régulièrement en photo.
« Manga du 15/10 : Edgar a fait holala oh cong quand la princesse a filé un coup de pied dans les parties très intimes de l’ogre catapulteur. Je pense qu’il serait bon que nous redéfinissions ensemble les mots interdits. »
Puis, le soir, le Père rentrait ; Elle se précipitait sur lui pour lui raconter les prouesses mentales, les progrès étonnants, les joies simples et fraîches, les frayeurs épouvantables et les directions à venir, ce à quoi le Père répondait invariablement :
« Ouais ouais ouais, mais j’en ai un peu rien à foutre… »
« Réaction du Père du 18/10 ; jalousie terrible de mon époux envers cette formidable complicité mère/enfant ; Pourtant, je n’oublie pas que je suis une femme, je mets ma crème anti capitons : »
Un jour d’automne iroquois (ouais j’aime bien , ça change de l’été indien), elle et Edgar jouaient dans un sous bois à Lapin Vole, Cochon qui s’en Dédit, Je te tiens lâche moi et autres joyeusetés en poussant de grands cris joyeux, etelle eut soudain une lumineuse idée.
- Viens par ici mon ange-chéri-amour-mon soleil-ma raison-tu es-le seul qui m’aille-je te le dis –sans faille , que je te cause.
- Oh maman sussurra Edgar avec un sourire de faux cul, je suis trop grand pour que tu utilises mon diminutif, non ?
- Sans doute, sans doute, mais le cœur d’une mère est toujours en enfance et il n’est pas si facile de te nommer égal, peu de gens peuvent comprendre , à part patrick Bruel et encore…
- Or donc, maman ?
- Je me disais et si nous jouiions à Cache toi que je trouve ? Tu sais , tu te cacherais derrière cet arbre, là bas, et je te chercherais et on dirait que je te trouverais pas..mais tout à coup, je t’aurais trouvé et on rigolerait trop beaucoup, je suppose.
- Ouais, ça le fait, d’accord, je veux bien, mais ça te coûtera 12 nuggets.
Et Edgar sautilla en pas chassé jusqu’à l’arbre au tronc épais, pendant qu’elle chantonnait Un Deux trois…Dix..J’ariiiiiiiiiiiive.
Il se trouve que derrière cet arbre logeait Yvon Dutreil, un elfe psychopathe , qui voyant Edgar ne s’en tint plus de joie. « Donne moi ta main, et prends la mienne… » dit il, et zou, en un temps trois mouvements, Edgar disparut emporté par l’elfe voleur d’enfants.
- Edgar ..Youhouhouuuuuuuu, je suis lààààààà, chantait-elle.
Et elle chanta longtemps
« Cache cache du 21/10 : Edgar ne saisit pas bien la différence entre le jeu et la réalité, il ne lâche pas bien prise, il a du mal à tolérer la frustration,, c’est embêtant… »
....hop.

Bloggueuse un peu down, achète bon prix, notes du temps passé, et tous renseignements sur les super belles neiges d'antan, le clair de lune assoiffé de désir brûlant, l'idée folle d'avoir un jour inventé la colle, et des photos de paysages mordorés avec des silhouettes d'anorexiques amoureux, histoire d'amorcer un genre de virage...
Thanks d'avance.
La vie c'est simple comme un coup de fil
C'était la pause, et je buvais un café avec elle. Elle me disait des choses d'une importance capitale dont je ne me rappelle plus, et puis elle a dit un truc comme ça dont je me souviendrai toujours.
- Tu m'excuses deux secondes? Il faut que j'appelle ma mère, parceque j'ai rendez vous chez le gynéco lundi.
Il faut que je l'appelle. Il le faut. Bien sûr, elle n'appelle pas, mais lui,il aurait voulu que j'appelle.
- Salut, m'man, ouiiiiiii ouiiiiiii, je vais bien, alors écoute j'ai rdv chez le gynéco lundi...
- Salut, c'est moi. Non, ab6, non j'ai pas de nouvelles de P. Non,tu vas pas bien ? Ha.
- Alors tu gardes les petits, PAS plus d'une heure, mais non pas tout le week end ! Tu les as eus avec toi la semaine dernière, hahaha !
- Oui, alors, j'ai un rendez vous et je n'ai personne pour garder le petit... ton petit fils..Oui tu es fatiguée et c'est bien compréhensible , et tu te sens seule et..oui, toi aussi tu devrais prendre rdv chez le gyn...mais si tu pouvais le garder une heure, oui, une heure le temps de me garer...ha ben oui une heure à tout casser je suppose.
- Ouais, on mange ensemble, tu nous fais ta blanquette ? Mais non va pas t'embêter à les emmener au cinéma, y en a pas pour longtemps... Bon bon si tu veux, c'est gentil. Ok comme ça j'en profite pour faire un peu de shopping, mais si je te dis que c'est gentil !
- Donc...ça me rendrait bien service...eh bien tu te disais si seule, oui moi aussi, il me manque. Ha ok, ok, non mais si t'avais oublié, c'est normal. J'vais me démerder . Ciao.
- Non ? C'est vrai ? HAhaha, bon allez j'te laisse, j'suis en réunion. A lundi.
Je buvais mon café avec elle, qui a raccroché en soufflant :"Elle est chiante holala", on est complices me disait son sourire..., alors j'ai failli m'étrangler avec mon nescafé, et je me suis scotchée un sourire complice aussi sur ma face jalouse et estomaquée, et ça me faisait vaciller que ça existe. C'est comme ça un sourire complice, je me disais, je suis crédible ?
Et puis on a repris nos choses essentielles et j'ai bu un autre café, et puis c'était fini. J'ai mis de la musique bien fort dans la voiture, et j'ai senti le manque, là. Le récent, même si définitif. j'ai compris ce qu'essaient de me dire les autres depuis longtemps,"la présence intérieure", la chaleur pour toujours...
Et ensuite, le gouffre, l'abîme, l'autre manque, la vacuole, comme une amputation, une amputation de naissance.
Et le glacé permanent.
J'ai téléphoné à mon gynéco pour décommander mon rendez vous.
Queen of the Aïl , ouais.
Il a suffi que je pense à la chanson, tu vois.
On ne se rappellera jamais les mêmes souvenirs. Nous donnons un sens différent aux maux. A nous deux, images réunies, l'histoire aurait peut être été plus longue ? Même si je n'ai jamais cherché la perennité.
Je me souviens, et je feuillette mes mélodies mentales dans mon album cérébral.
C'était une époque où j'avais tellement peur, tellement. Je ne voulais rien voir à travers, je me concentrais sur le tic tac métallique de la cuiller dans le café, par exemple...que ça fasse toujours le même bruit, dieu faîtes, parce que sinon mon crâne va exploser, je vais perdre le contrôle, je vais m'oublier, me perdre encore, je le sais.
Alors l'amour, hein.
- T'as un joli foulard. Tu te mets des faux ongles ? Mais qu'est ce que vous avez dans cette famille, hein ? Mais oui tu viens à cette fête, tu viens je te dis...Bon ok, on n'y va pas, on se boit un café ?
Je t'ai rencontré dans un café, assis à côté de ma soeur. Tu souriais quand tu parlais aux gens. Et cette voix, cette voix.
Les yeux couleur café qui rigole. Et moi, le bruit de la cuiller dedans.
On était plus que mal barrés.
- Mais attends, c'est une chanson pour toi, ça, je te dis. Attends j'te la rechante. Mais qué princesse de merde ? Mais qu'est ce que tu fous avec ta cuillère ?
Je voulais rien dire, j'avais peur que tu m'aimes plus. Tellement j'étais sûre que si tu savais, la vérité, le dedans véritable, tu chanterais plus. Tellement j'étais sûre que ce dedans-là, les cuillers, le bazar, la cuisine intérieure en chantier, c'était moi.
Alors le on, hein...
Il a suffi que je repense à la chanson, juste cinq minutes, parce qu'une amie m'a parlé des Doors.
J'étais au dessus de l'évier, tu vois, un truc de ouf : je faisais la vaisselle.
Je rinçais des cuillers, et je m'en fous maintenant du bruit qu'elles font.
Et même je peux te dire, je vais tellement mieux.
Je me demande juste, juste, quelle musique tu écoutes. S'il y a des On dans ta vie.
Comme j'aimerais , narcissique je sais, écouter les mélodies que tu gardes de nous.
Un petit dernier regard, avant d'aller voir ailleurs,
si j'y suis.
Cadeau de Freefounette (j'adore ce pseudo, vive la foune libre)
1)Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne:
L'existence dans le milieu interstellaire de molécules complexes ayant toutes le carbone comme constituant de base...(Méthodes de l'astrophysique, je sais pas d'où il vient celui-là..)
2)Sans vérifier, quelle heure est-il?
13h33
3)Vérifiez:
13h33 (j'ai triché,ouais)
4)Que portez-vous?
une combinaison en cuir avec des pataugass.
quoi ?
5)Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Le blog de freefounette pour recopier les questions. Ma vie est passionnante, je te l'accorde.
6)Quel bruit entendez-vous à part celui de l'ordinateur ?
Le silence de mon fils, et je trouve ça non seulement inhabituel mais aussi inquiétant.
7)Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu'avez-vous fait ?
Sortie dehors ? j'ai accompagné le gnome à son Ecole du cirque.
Sortie genre on s'éclate on est des citadins cultivés, je me rappelle même plus...Le concert de thiéfaine ça compte ?
8)Avez-vous rêvé cette nuit ?
Yes, j'ai rêvé que j'avais le corps couvert de taches bizarres , et les gens me regardaient et ne disaient rien, mais ils détournaient le regard. Et j'étais bouleversée; et je les trouvais dégueulasses. Dans mes synapses toutes les nuits, c'est Paramount
9)Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Tout à l'heure, en regardant le Blog de 20/20
10)Qu'y a t'il sur les murs de la pièce où vous êtes?
Des trous (travaux de merde), une bibliothèque. Point barre.
11)Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une maison sans trous.
12)Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
Au cinéma ? (j'y vais pas au cinéma, on peut pas s'allonger sur les fauteuils, et se lever pour faire pipi. A la télé..Lost, je regarde la télé qu'en août , quand y a Lost. Voilà.
13)Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
J'ai vu un monsieur black de toute beauté m'apporter mon colis des trois Suisses, à l'heure.
14)Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Ca m'occupe les nerfs.
15)Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
Je suis super en colère, très souvent. Voire plus.
16)Quel serait le prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Cunégonde ou Jennifer, j'hésite.
17)Quel serait le prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Si j'en ai un autre, Stanislas, ou Philibert. (personne n'a dit qu'on n'avait pas le droit d'écrire des conneries)
18)Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Ouais, plein de fois...super hein ? Avouez que ça vous en bouche un coin.
19)Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Ton père est là. Il t'attend.
20)Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Les maladies, je les ferai TOUTES guérissables. Et j'en ai rien à braire de la loi universelle.
21)Aimez-vous danser ?
Je déteste ça.
Voilààààà...
22)Georges Bush ?
Gnagna pas beau vilain mais quand même, ho, ho, et tout ça, et le terrorisme, et anti américanisme primaire..mais j'aime pas trop, et encore des fois que... et on s'en fout.
23)Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
LOST putain !
24)Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Tortilla, ClarkGabeul, CarmenCru et Titeuf.
Demain, je fais une note sur l'astrophysique, il est trop bien, ce bouquin.
"Je" est une autre
Il y a quelques temps déjà, je faisais appel aux milliers de lectrices de ce blog pour des conseils de relookation (ici normalement je devrais faire le lien avec la note sus(rha)citée, mais tres franchement, qu'est ce qu'on s'en fout)
Sachez que, suite à vos conseils éclairés, oui, j'ai tenté le virage total look, la sublimation de ma sublimissime féminitude, le changement fringues radical.
J'ai testé pour vous le pantalon classieux fluide avec de fines rayures dans les gris (c'est HAïPER tendance le gris), et le cache pas grand chose coeur casual viscose mohair de chez Somewhere trop beau.
Il aurait fallu, je le sais, les stilettos de la mort, pointus au bout. J'adore j'adore, mais je peux pas, putain je peux pas...ça fait trop mal. Alors bon on s'en fout, hein qui c'est qui va regarder tes pieds d'abord? Alors j'ai mis mes bottes Punk rock noir et blanches avec un talon bobine, que le pantalon il casse/dégouline sur la shoe et par terre que c'est magnifique,
mais quand il pleut moins.
Je te jure sur la baïbeul, le coran, ne prenons pas de risques inutiles Cosmopolitan que je ne me suis pas reconnue.
Je te jure que ça change tout.
Oui, ça te change non seulement le regard de toi même de ton image mentale sur ton égo (il parait que c'est excellent contre la déprime hivernale, un peu comme les Oméga trois , mais plus cher), mais AUSSI le regard des autres. C'est un fait.
Laisse moi te narrer.
1-Je suis arrivée au boulot et là tout le monde m'a dit : WOUAAAAAAAAAAAAAAAAH COMMENT CA t'CHANGE, COMMENT t'ES TROP BELLE, Comment tu tl'a pètes, sans déconner, hahahahha des botte de Punk avec du Somewhere c'est nul" Et même le plus vil de tous les nuls d'abrutis que je croise tous les jours et il me déteste, (note à venir) et je le lui rends bien, a fait :"m" (Il ne lui manque que la parole.)
2- Le petit là, qui d'habitude quand je viens le chercher, hurle et sanglote, et se roule par terre, et même une fois il a vomi, là, il s'est levé et a dit: Bonjour madame. Je me suis retournée pour voir s'il y avait quelqu'un derrière moi.
Personne.
Ce ne pouvait pas être une coïncidence.
3- Vers 11h45, je courais à un rendez vous de wonder woman pressée active débordée que bon sang nom d'une Dunhill mentholée, mais c'est trop dur de jongler entre esthet, job, nounou, week end à Porquerolles chez ma psychiatre, et comme il pleuvait, j'avais mis mon trench sur ma tête (un super trench, hein, note à venir), parce que je n'ai pas de parapluie (note à venir)
Et là, là....
Parenthèse pour comprendre: D'habitude moi, tu vois, je me fais brancher par des djeuns en scooter, qui me disent Wouah trop bonne la meuf (enfin des fois hein..) et ils mesurent 1m68 A TOUT CASSER , ils ont des logos nike au laser incrustés dans les tifs, des T shirts avec des noms de groupes que je connais même pas et ils me disent : « tiniques ? »
Et bien, là, là...figure toi que je courais donc, et qu'un MONSIEUR trop canon d'environ 40 balais, un peu grisonnant mais pas trop, hyper la classe, mallette en cuir, portable vissé à l'oreille, sûrement une Audi ou une Touareg au garage… ben là, le monsieur , il m’a fait un grand sourire à la Richar Gere qui pesait 2581 $ et il m’a lancé :
« Vous êtes pressée, je vous emmène ? »
J’ai freiné, des bottines, et je me suis retournée. Y avait personne.
J’ai répondu :
« Tiniques ? »
Cerise sur le gâteau (ouais je raconte mon intimité , lo, j’t’emmerdeeeeeuuuu), sachez que d’habitude, eh bien, d’habitude, entre mon moitié et moi-même, il y a de GROS conflits.
(LONG SILENCE LOURD DE SENS….)
Ab6 quittera –t-elle son moitié pour un grand et célèbre bloggueur parisien dont le flux RSS dépasse les 30 000 volts ? Le suspense reste entier…)
Ouais donc mon moitié souvent, il me regarde comme ça genre tu t’énerves trop, regarde MOI comme je suis calme…
Je supporte pas, je supporte pas, j’ai envie de lui enfoncer des aiguilles à tricoter chauffées à blanc dans les narines pour lui prouver, que non, je m’énerve pas trop.
Alors, je le regarde comme ça et je lui dis :
ARRETE DE ME REGARDER COMME CA, COMME SI J’ETAIS TAREE, OU SINON JE DIVORCE POUR FAUTE EN RACONTANT PARTOUT QUE TU ME BATS , JE RUINERAI TA REPUTATION ET TU NE SERAS PLUS JAMAIS CONSEILLER MUNICIPAL !
Et lui, il me regarde, comme ça ( on se regarde beaucoup , nous deux, j’veux dire, c’est parce qu’on s’aime lol :) :), :) etc etc...) et il me dit :
« Mais je n’ai aucune envie d’être conseiller municipal, tu as un peu un sale caractère quand même… »
Tu vois, le mec qui s’énerve trop.
Ben, ce soir, avec mon pantalon, j’ai trouvé qu’il s’énervait pas.
Il m’a regardé comme ça, et il m’a dit :
« Tu as vraiment du caractère. »
Ca change tout., je vous dis…
Après l’habit ne fait pas le moine,
Le pantalon Construit le Moi.
Pain *

Elle y mettait du coeur, beaucoup de volonté, elle y mettait du sel aussi, juste une pincée.
La pâte,
la bonne pâte à étirer, qui gonflait dans le four, et selon la cuisson, croustillant ou bien cuit.
La mie.
Elle ne faisait pas de pain pour elle, mais pour tous. Ils venaient s'installer, chercher leur pain quotidien, tu sais. Assis en face d'elle. Ils parlaient en mangeant son pain.
Celle-là , son besoin d'être rassurée, stimulée, lui et son intarissable besoin d'amour, le grand silencieux qui ne demandait rien mais se servait beaucoup, la drôle qui goûtait et voulait toujours plus. Celui qui se faisait aimer , et avait peur d'aimer, celui qui aimait avoir peur, celui qui avait peur de craindre d'aimer, celui qui craignait d'avoir peur...
"Il est bon votre pain", disaient-ils en partant, le panier plein. Elle regardait autour, encore nourrie par ceux qu'elles nourrissaient, le souvenir comme un rêve; mais le souvenir des rêves est impalpable...Alors,
Alos, elle pétrissait, encore et encore, de peur de manquer, de peur de manquer au devoir, de peur de devoir manquer. La farine et l'eau,
la bonne pâte
qui gonflait.
Le croustillant savant. Faire la mie.
Ils venaient plus nombreux s'asseoir en face d'elle, de bouche à oreille.
Ouvrir les écoutilles , un peu emerveillée, tendre le pain,
ramasser toutes leurs miettes.
Pendant qu'elle écoutait les uns, elle pétrissait déjà pour les autres.
Elle les trouvait de plus en plus forts, et vraiment bien portants. Le pain nourrissait bien.
Ils pleuraient, elle tendait.
Elle pétrissait si bien, tellement, que la farine se mit à rester collée aux doigts, ne partant plus sous l'eau de la douche, que les ongles cassèrent, et puis le sel collé sous ses yeux,
à entendre les deuils et les chavirements, à écouter les peines et les balbutiements, à encaisser les plaintes et les questionnements. (ptin ça fait des alexandrins qui riment ,strolaclasse)
Elle pétrissait nuit et jour, tu vois.
Elle se mit à avoir faim, elle aussi.
Elle se mit à s'en vouloir d'en vouloir garder un peu pour elle.
Elle se mit à leur en vouloir de ne pas la serrer, de ne pas dire merci, parce que chaque fois qu'elle ouvrait la bouche pour dire Je, le Je que personne n'écoute, on la regardait bizarrement, et elle se sentait coupable, et fautive, et elle étouffait de cette faim-là, du vide dedans, le vide qui rappelait l'archaïque, le premier.
Alors...
Alors elle refaisait du pain.
Et les doigts sans ongles maintenant, les chairs à vif, le sel séché, le sang mêlé pétrissaient pétrissaient encore, pain malaxée par ses mains, pétri, pain perdu...et elle donnait le pain, et elle écoutait , et elle hurlait dedans qu'on ne l'aimait pas.
Et puis le premier n'est plus revenu chercher sa baguette; Il est mort, on lui a dit.
Et l'autre non plus n'est plus revenu. Elle est morte, on lui a dit.
Et l'autre, puis l'autre encore...Elle regardait ses mains qui reprenaient forme humaine peu à peu au fil des carnivores absents.
- Ils sont morts, ils ne reviendront plus.
On les a retrouvés morts. Comme du fiel dans le sang. Une sorte de poison, qu'ils auraient ingéré.
Elle a pensé :
- Bien fait.
---
*souffrance en ineuglich
The little Dinosaur
J'aimerais parvenir à te regarder grandir, sans malsaine pulsion, sans désir mal caché que ça m'élève aussi.
J'aimerais réussir à te laisser pousser dans la direction que tu veux.
Bien formaté, fan de mac Do, si ça te chante.
Grand macho con si ça te sied,
Sauvage rebelle aventurier sans une thune devant l'Eternel si ça te botte
Fan de rap techno si ...c'est ton destin. (et même si ça fait putain de mal à nos coeurs de rockers)
J'aimerais ne pas avoir le pouvoir de te tailler les feuilles là où ça me ferait du bien à l'égo.
Je ne peux rien promettre. Je sais.
Je souhaiterais juste pouvoir te regarder partir, sans que ça me castre l'idéal inconscient.
Parce que forcément, tant de grands angles nous échappent, trop occupés que nous sommes à émousser les arêtes, dans la peur de reproduire les plaies...
Forcément, mes influences, il te faudra les piétiner, aussi, pour te construire les tiennes.
Mes valeurs à la con, évidemement connes, tu les trouveras.
Et cette liberté que j'ai choisie pour toi, forcément en réaction aux prisons qui m'ont bercée, il se peut bien que me la recraches à la gueule, une bible dans la main, en choisissant des chemins enchaînés qui pallieront tes manques.
Il y a même de grandes chances que tu choisisses l'exil, parce que me bannir sera ton seul salut.
J'espère juste que je ne t'en voudrai pas, que que je saurai en rire, que je ne t'empêcherai rien en jouant les traumatisées du cordon.
Que je t'aimerai encore quand ce sera le temps que tu ne m'aimes plus.
Au delà, et même, contrairement à ce qu'on nous dit, ce n'est pas l'amour qui compte, parce que rien ne se compte dans cet amour-là, que les retours et les gratifications ne s'espèrent même pas. Et que c'est une lutte.
Et que c'est de bonne guerre.
L'important c'est que tu ne te poses même pas ces questions-là, la question de mon amour et de celui que tu me devrais, que tu t'en tamponnes allégrement le coquillard, mon dragon, que ce qui compte ce soit ton chemin, ton avenir et surtout pas le mien.
Et cette chanson que j'attends depuis des lustres, parce que c'est tout toi, (merci encore Ambre, oh oui), ça nous fait encore un peu ensemble, c'est pour toi, Eliott.

