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Note juste pour me faire plaisir, et j'ai le droit.

Il était une fois un avocat qui avait du talent et qui avait les couilles d'abandonner le prestige et la thune pour la musique avant toute chose. En plus, il était rigolo.

Il était une autre fois, une jeune femme à l'intelligence aigüe et au charisme incendiaire. En plus,elle était blonde.

Une seconde fois, ailleurs, plus loin,  une autre jeune femme qui  avait quelque chose de profondément touchant, drôle, sensible et qui, en même temps était bien plus forte qu'elle ne croyait. En plus, elle avait des gros seins.

Et puis y avait moi et mon micro pourri d'sa race...

On ne s'était jamais vu pour de vrai mais j'en arrive à penser qu'on se connaît vraiment très bien, et qu'en tous cas, on s'aime plutôt pas mal. Enfin, mes relations avec eux sont plus enrichissantes qu'avec mes collègues ou mes voisins. Mais il paraît que c'est parce que c'est virtuel, pas réel pour de la vraie réalité et que donc, forcément, c'est pas tangible et plutôt malsain.  Bref, c'est mal. Parce que le blog c'est pour les ados pas finis et les apprentis journalistes politiques. C'est écrit dans Le Figaro.

 On a chanté chacune de notre côté . Les enfants d'Isalmertika ont dit Non Non non hahahahaha. Le musicien a fait un putain de boulot de l'autre monde et voilà le résultat.

 C'est pas du Sonic  Youth, mais moi, ça me fait vachement plaisir. Et si j'étais une vraie rockstar, eh ben, je ferais une teuf sur mon yacht amarré à Cannes, et on boirait de la tequila en fumant des clopes longues et fines, et tous les journaleux voleraient ce formidable moment d'intimité, et on serait hyper enervés parce qu'on a droit à une vie privée, merde.

 Finalement, c'est bon d'être une anonyme parce que vous pouvez même vous foutre de notre gueule que ça  m'ôtera pas le pain de la bouche, ni même m'empêchera de dormir...

La voix douce c'est Yaël,

La voix étouffée par ce putain de micro pourrave c'est mézigue.

La voix quasi parlée un peu rauque (étonnant d'ailleurs parce qu'en vrai sa voix est hyper claire et petite) c'est Isabelle.

Le travail époustouflifiant d'arrangement autour, c'est Kinishao.


podcastPour entendre il faut telecharger d'abord parce que sinon, eh ben, on dirait un trio de  défoncés à l'herbe du mexique avec Amanda lear  en lead vocal...va savoir pourquoi....

Pour télécharger on appuie sur le petit rond noir. On va faire pipi, ou on compte jusqu'a 45 et normalement c'est bon.

 

Bord d'heure

J'ai vu ta silhouette partout. Le noeud du mal-être dans le plexus, la fatigue nauséeuse de l'angoissée. Quand la volonté ne contre rien, quand le désir se déconjugue et s'effiloche, malgré mes deux mains accrochées en force au bord du précipice, et mon sourire en grimace de winneuse.

J'hypothèse, comme à mon habitude, sur ma culpabilité au laisser-aller. Je m'en veux beaucoup. Je m'engueule fort.

Je m'emmerde, toujours.

Je me sens au croisement hyper tétanisant, celui du ça passe ou ça casse. Ou pire: ça continue.

Au bord de la ligne de rupture, avec cette langueur-là, où chaque automatisme du quotidien me coûte, où chaque conversation m'effraie, utile ou futile, peu importe. La peur n'a pas d'odeur.

J'ai peur, évidemement, parce que tout ça m'échappe, et que si je connais bien tous les détours, les recoins, les portes, je ne sais toujours pas prendre d'autres chemins.

Il m'arrive de préférer que tout ceci soit une question  chimique, qu'il suffise d'injecter les molécules manquantes, ou de tordre les coups à celles qui sont de trop. Il m'arrive de me penser tout simplement très conne; d'être de celles qui ne savent pas vivre. Avec ma cérébralité de rat.

J'ai longuement fait l'amour à ma petite personne tellement importante. Parce que si j'ai la confiance en moi d'un thon, ça n'empêche pas le narcissisme. J'ai longtemps détesté tout ce que j'étais. Entre les deux, mon cul balance. Et remplit plus ou moins bien mon jean. Parce qu'écoeurée, je suis. Sans coeur et sans courage.

J'ai vu ta silhouette partout. Parce que cette fois, je ne raconterai pas les bois que j'ai rencontrés dans le Périgord; alors, je t'ai halluciné parmi les arbres. Et bien sûr, ça a marché. Tu avançais, un peu voûté. Tu avançais... et tu passais à travers nous.

C'est cette mélancolie pas jolie pour un sou, qui ne me fait pas le regard lointain et le mèche sauvage, juste les yeux de peur, et la tension sans objet. 

Le soir, toujours le répit (ou l'épuisement?). La colère aussi. Et je sombrais dans un sommeil enxanaxé, sans rêves, qui me faisait le réveil irritable et la journée amère.

L'envie de fugue aux talons. De toutes façons mes semelles sont depuis longtemps à l'envers; le monde trop lourd dans la tête à contre-courant; les émotions cataclysmiques dans mon ventre trop menu pour tout encaisser. Enfin,là , c'est une putain de métaphore (cf. post-it)  Parce que j'enfle. J'enfle pour mieux m'arrimer à un quotidien que j'ai choisi de préférer malgré tout.

Et puis, c'est passé.

Maintenant, c'est passé.

Cécile


podcast

Bon anniversaire ma copspasréèllemaisvachementvraiequandmême.

 PS: ça va ça va, je sais que t'aimes pas forcément la musique entre Watoo Watoo et guitare saturée, mais je n'ai que ça comme musique douce !!!.[smiley genre je suis un peu fâchée et interloquée, avec les mains sur les côtés qui se demandent... mais pas trop quand même, mais bon faut pas déconner]

Comment vous dire tchô ?


podcast

Mode et rateau, quand ta bile est...

 

Un conseil: Ne lisez jamais Duras. 

- Il ne pouvait pas

- il dort, probablement ?

- il dort, oui.

- ah oui...

On rit. Quelque part, autour d'une table, une femme.

etc etc...

 

Au bout d'un moment, vivre fatigue de toutes façons, alors c'est pas la peine d'anticiper.

 

See you. Take care. And à plus bientôt.

Titre absolument phénoménal qui tue

Pour une note absolument nulle qui ne tuera même pas le temps.

 .

Bientôt, grâce aux merveilleux congés payés, je vais passer de merveilleuses vacances dans un endroit absolument merveilleux en compagnie de ma merveilleuse petite famille, lol, kikoo et autres débilités interpouetiques,   je devrais  mettre Les Ramones We're A Happy family comme illustration musicale, on aurait ri , un peu, en se faisant des grands clins d'oeil genre on se comprend trop bien, c'est magnifique. Mais je la retrouve pas c'est trop affrominable. Je pense vraiment que ça va manquer.

 Et je vous épargne toutes les conneries que j'ai mises dans ma valise, parce que même moi, ça m'intéresse pas vraiment. Et les clichés de la brousse périgourdine dont tout le monde se branle, moi la première.

 

Mais quand même une immense question demeure.  Je me la pose avec unaffolement catatonique qui n'a d'égal que ma stupéfaction hypermaniaque: Quel temps fera-t-il , Hein  ? Je vous le demande, parce que la pluie, le vent, et le soleil, et aussi quand même un peu les nuages. Mais pas trop.

Et aussi, il faut quand même le dire: QU'est ce qu'on va bouffer ?

Mais principalement, est-ce que je parviendrai à ne pas fracasser le crâne de mon moitié sur la route, quand immanquablement, il va se planter de route, et s'enerver. Et que ça, je peux pas, je peux pas. Je supporte pas. J'ai soudain le sentiment que j'ai épousé un gros beauf, et j'ai envie de descendre de la bagnole en marche, genre Thelma ou Louise je sais jamais laquelle des deux. Tu me diras quelle importance, à la fin, elles crèvent toutes les deux. Je ne peux pas voir un homo sapiens sapiens  fulminer dans la tuture sans avoir envie de l'étrangler, parce que j'ai une super haute opinion de nous; ça me permet d'avancer, d'y croire.  C'est très con , je te l'accorde. On a la foi qu'on peut.

 Et de toutes façons, si tu réfléchis bien, tu t'en fous complètement, alors on va pas chipoter.

Voilà. Et je tiens à préciser que ce n'est pas parce que je dis que mon moitié me gonfle, que grelon24, ou autre, doit se sentir autorisé à me proposer la botte. Surtout s'il a 60 balais et qu'il fait une faute tous les trois mots.

Je suis lourde, mesquine et vulgaire ?

OUI !

Et ne fais pas ton étonné, ça n'a rien de scoopal.

Sinon, eh ben, rien.

    

Nothing ever happens.

En bout de table, on m'a mise, c'est une bien mauvaise idée.

On me dit: Mais je croyais que tu t'étais fait couper les cheveux ? Je les ai coupés, je réponds.

 Le ton, je le crois ferme... ce n'est que de la rebellion acnéique, un vieux relent de RienABattreDeLaLUtteDesClassesTousLesSystèmesSontDégueulasses. D'ailleurs ce qui sort de ma bouche ressemble davantage à un couinement de Florent Pagny qu'à une affirmation rebelle et fière comme un Guevarra.

- Elle me fait penser à valérie, ma nièce à moi. 

Oui, je te fais penser à celle dont on ne m'a jamais parlé, tellement elle a du marquer les esprits, tellement elle a dû être indigne, tellement tout le monde s'en contrefout, même.

Mon gnome me grimpe sur les genoux. Je m'en sers, un peu, j'ai honte, comme un paravent, un laisser moi tranquille, j'ai ma vie d'adulte, là. Pathétique. Mais c'est sans compter tout ce qui s'est dit, déjà, derrière moi. Je ne suis plus paranoïaque, alors, c'est pas de l'idée persécutoire.

Les regards, ceux que je trouvais si bons, si tellement semblables à celui de mon père, ont déjà changé.

- Il ne te ressemble pas, du tout, mais alors pas du tout. C'est le portrait craché de son père.

- Il est beau, renchérit la cousine.

La conclusion s'impose d'elle même. C'est une belle leçon pour une narcissique qui se mire dans le miroir en se touchant les seins et en sussurrant Trop belle, trop bonne je suis...Si seulement tu pouvais sortir , o reflet merveilleux de moi-même, que je te fasse l'amour toute la nuit...

Seulement voilà, ça me donne juste envie de vomir, un peu, de balancer mes tifs un peu plus avant sur ma gueule, tellement, tu te doutes bien, c'est tout à fait moi que de m'aimer follement le corps.

Les regards ont changé; on me demande QUAND je pars en vacances alors. On souligne que c'est pile poil quand mon utérine rentre au Viet-Nam.  Et on appuie la coïncidence en jetant des regards sur celle par qui tout , encore une fois, une énième fois, arrive: la transformation de l'histoire, le révisionnisme outrancier  des faits pourtant si criants d'évidences.

C'est comme ça et je savais que ce serait ainsi. Je savais tout ça, bien avant que ça arrive tellement je connais le mécanisme, les rouages, les surenchères, les coups de fil, les sanglots longs des violons, et sa race comme elle est forte à ce jeu-là. Se victimiser et me faire devenir coupable. Etc etc...ça n'a aucun intérêt, finalement.

Juste que j'avais le sentiment d'avoir trouvé un petit endroit où je pouvais continuer de vivre, un peu , avec  lui.

 Dans les gestes, les rires, l'humour sepharade bien lourd dans lequel je retrouvais des reflets de paternité.

Et que donc, finalement,  non.

 Je suis la fille- indigne- qui- ne- s'occupe- pas- de- sa -pauvre- mère- si -seule.  

En dehors de ma colère, qui passera, de ma déception, qui va pas me durer longtemps, vu que j'ai pas eu le temps de m'habituer on va dire, il reste juste que je trouve ça vraiment beau quand même. Magnifique. Tellement étranger.

Ils sont tellement dans l'amour , eux. La famille, recevoir les petits enfants, bouffer tous ensemble, s'entr'aider, se montrer fort,  supporter les cris des enfants (Je me rappelle de la tête de mon père quand j'osais me plaindre du tapage du gnome; "Fais comme si c'était un gosse !...")

Evidemement, ils ne peuvent même pas imaginer que c'est elle qui ne m'aime pas. Que c'est elle qui ne veut pas de moi. Une mère, ça aime. Et c'est comme ça. Tu peux faire une thèse de 300 pages en grec ancien pour essayer de trouver le pourquoi du comment et le fait culturel qui dépasse la nature de l'intrinsèque, c'est comme ça. Moi j'aime mon fils comme ça. Alors, je suis bien placée pour en parler. Ils ne peuvent même pas imaginer la Verité. Ca leur bouleverserait toutes les certitudes,  ça les ferait boîter, ça les rendrait tout sceptiques, un peu genre la Croix Rouge qui visite Teresziendstat... Qui préfère voir les terrasses des cafés et les oeuvres d'artistes juifs que les cadavres  dans les fours crématoires.  Ca dérange moins les croyances, ça continue la ligne droite. C'est confortable. Rassurant. Chaud. Comme eux.

Alors, je ne dirai rien. J'ai pitié de leurs synapses.

Mais en rentrant, j'ai réalisé que j'ai paumé mon patch dans leurs chiottes quand je suis allée faire pipi. (oui, des fois, je pisse)

Et maintenant, à l'heure qu'il est... 

Je suis la -fille -indigne- qui -ne -s'occupe- pas- de -sa -mère -seule -et -qui- fume -encore- tu -te rends- compte -après- ce -qui -est -arrivé -à- son- père.

Ma déclaration (à la con.)


podcast

J'étais là, sous le soleil exactement, j'étendais  le linge, les culottes, les draps, les T shirts, ton... Jean Rica Lewis, mon amour,  j'en ai marre de ces journées de merde où  je fais que faire la lessive, si tu savais...C'est pas lolant pour un sou.

 Et j'ai reminiscé.

Oui, moi, je  suis comme ça, tu sais, quand la réminiscence me prend, j'hésite pas, je me laisse aller. Et j'arrête d'étendre le linge, comme ça. D'un coup d'un seul. Parce que je suis une femme libre, tu m'entends ?  LIBRE ...

et t'auras qu'à étendre ton jean de beauf tout seul, j'en ai rien à péter.

 T'en souvient-il ? La première fois que je t'ai vu, ébaubie je suis restée, parce que tu portais le jean Levi's just like I like, avec le petit trait de la base du cul qui rentre un peu dans les fesses, mais pas trop, et que ça baille juste comme il faut. Et je disais à cops réèlle je crois que ce mec doit avoir une vraie conversation, tu sais, le genre qui sait écouter la femme, sans tabou, ni arrière pensées. Le genre à  te traiter comme une vraie égale de l'homme, partager les tâches ménagères,  se lever la nuit quand le bébé pleure, un mec, un vrai.  Pas un salaud qui te largue dès que tu as un pet de travers, pas un connard qui supporte pas que t'aies lu plus de livres que lui, pas un immondice qui se la pète en décapotable comme ce ver de terre de F, tu te rappelles, ce pourri, ce salaud, ce CANON qui n'a rien compris à mes failles, mes brisures,  ma sensibilité de femme ...

 - Et comment tu sais ça, toi ? elle a répondu copsréèlle

- Je le vois à sa ligne du cul.

 

 

Et miracle parmi les miracles, c'est vers moi que tu t'approchas, de cette démarche châtillonaise qui n'appartient qu'à toi, portant dans ta cadence tout l'héritage de la terre, la vraie, la plate, la brute.

  Après quelques légers verres légers légers, nous devisions comme des tarés  qui se connaissent depuis toujours en nous roulant des pelles absolument démentielles, et tu me dis: Epouse-moi.

Net.

- Mais pourquoi, comment, maizenfin , protestai-je avec toute la grâce aérienne qui me caractérise.

- Ben c'est juste qu'on est  à un mariage hicquetas-tu, tu connais pas les satistiques ? Il paraît que....

Et tu te tus, soudain, plongé dans un abîme de perplexité...

Et tu te dirigeas vers le bar, soudain  "happé" par la réalisation du fait que nos verres étaient vides.

 

- QUOI QUOI IL PARAIT QUE QUOI  ? DIS LE TOUT DE SUITE SI T'ES UN HOMME sussurré-je, de ma voix  légère et pondérée, tellement j'avais peur que tu amnésises, parce que j'en avais trouvé un qui voulait m'épouser, j'allais pas le lâcher comme ça.

- Don't panick honey, rigolas-tu, en imitant  James Bond qui se faufile entre deux buildings comme qui rigole. Je disais juste que, selon les statistiques, les gens se rencontrent le plus souvent au boulot ou dans un mariage. Alors je me disais comme ça, que sans doute, nous deux, y a une chance sur deux qu'on se marie. Puisqu'on bosse pas ensemble.CQFD. Les statistiques, c'est vrai, hein, c'est pas comme des sondages, c'est sérieux.

- Ma réponse est OUI OUI OUI, C'est TOI qui l'as dit c'est toi qui l'es !..cochon qui s'en dédie,  hésitai-je longtemps. Mais laisse moi réfléchir je te prie.

Le reste se perd dans une brume éthérée et vaporeuse..

Tes bras qui m'enserrent,

au dessus du lavabo, 

Tes yeux qui se ferment.

Parce que le champagne ça rend ivre/gai mais ça tue.

Ma main qui cherche la tienne dans le noir...

Putain je te dis que ma voiture était là, j'ai pas rêvé je te dis qu'elle était là !!! mais là, c'est la piscine ce me semble.

N'empêche, n'empêche...

On s'est mariés, j'ai déjà tout raconté dans mon blog, parce que ma pudeur n'a d'égale que mon ennui, ma vacuité vacanciale, qu'y a un vent à décorner les boeufs, qu'est ce que tu veux qu'on fasse ?

Et je te dédie cette chanson parce que je sais que TU HAIS PETER FRAMPTON. (Grand rire de gorge  profonde et saccadé, plein d'innocence érotique.)

Et va t'acheter un Levi's .

 Avec le cul que t'as, c'est un crime que de le Ricalewiser.

 

Prends du Champagne aussi.

Le Petit prince (suite et Fin)

Le petit prince s'est éveillé dans le coeur si frais de la rose, a lavé son visage avec une pluie d'étoiles, a peigné sa chevelure et de la poussière d'or en est tombée. Ou bien c'était des pellicules. Il a récité le secret du renard, a enfourché sa 500 XT, a roulé sur les larges routes de L.A.

A appelé en CB, K comme camionneur. Il s'est arrêté dans un bar, a bu un verre puis deux puis ne les a plus comptés. Sur le cadran de sa vieille montre, les aiguilles faisaient exprès de le piquer et de couvrir de buée les chiffres engourdis par le gin.

Il a levé une fille qui l'a laissé tomber une heure après, juste quand il s'est mis à pleurer parce qu'il a repensé au mouton dans son carton.

Il a dormi de son sommeil habituel agité, a rencontré des types louches qui ressemblaient énormément à des allumeurs de reverbère. Si tu vois c'que je veux dire.

Ils ont traîné ensemble tout le jour, de bars en motels sordides, buvant beaucoup, se droguant un peu.

Puis le serpent est venu mordre sa cheville, comme d'habitude. Il a repris sa moto, est retourné sur sa planète, a écrit à Antoine qui depuis longtemps ne répond plus. On a beau dire, le temps ça détruit tout.

La semaine dernière, il était à Paris, celle d'avant à Singapour. Ca ressemble à Paris. Il cherche sur la mappemonde un endroit non marqué. Il n'y en a plus.

De toutes façons, la tournée des villes l'a depuis longtemps fatigué. Mais que faire quand on est condamné à l'errance à perpétuité ?

A qui parler sur sa planète ? La rose est devenue muette; les baobabs sont trop sauvages pour se laisser apprivoiser, et puis la vue de son coeur baisse avec l'alcool et les années.

Il a pris du ventre, le petit prince. Son manteau à boutons dorés est tout usé et il est interdit de séjour à tous les couchers de soleil niais.

Aujourd'hui, le petit prince s'ennuie, le petit prince s'ennuie, le petit prince s'ennuie.

J'écris pas de note parce qu' y a Lost...


podcast
medium_photo2.2.JPGphoto: Arsouille

 

 

 

 

En même temps, morceau top / photo top. (pas de moi aussi...)

 

Mon gnome chez le pédopsy

Tu sais, c'est pas que j'ai trop lu Marie Claire et sa rubrique psychodecomptoir,  c'est juste que lorsque tu t'es allongée très longtemps pour autre chose que la gaudriole ou le repos de Xanax la guerrière, les perspectives sont un peu différentes.

Non pas que je me sente supérieure du haut des 52 874 euros que j'ai gracieusement offerts à ce monsieur freudien (God bless him)en échange d'un transfert qui m'a mise au monde une deuxième fois, un peu mieux armée, juste que la vision des choses est un peu denarcissisée.

Note bien que je suis parfaitement consciente que d'aucuns y arrivent très bien sans s'allonger ni casquer. Mais bon depuis, je suis passionnée par la psychopathologie, l'analyse, l'enculage de mouches à l'heure de l'apéro, ce qui rend ma compagnie fort agréable pour ma voisine

 - Mais tu dis que ton gosse T'a fait une otite, à toi il t'a rien fait...

- faut qu'j'me dépêche mon mari va rentrer j'ai pas préparé à manger et les gosses sont pas lavés

N'empêche , n'empêche, j'ai occulté dans un mouvement refoulatoire archaïque du à une idéalisation dont mon narcissisme hystéro de première classe est friand, que depuis la vague du Dolto mal compris, tout psychote à tout va, que les instits t'engagent à consulter au plus vite si ton gnome dessine un bonhomme tétard à trop gros kiki, que les parents bobos racontent à leur môme ébaubi l'orgasme fantastique du à la position de la tringle à rideaux croate lors de sa conception...

Bref, j'ai oublié qu'avant de rencontrer le monsieur très très bien qui m'a accompagnée un très long bout de chemin, j'en ai rencontré qui me conseillaient gentiment l'hospitalisation, le yoga tantrique, la pensée positive, le PNL de la pensée en stage de quatre jours pour se réconcilier avec son clown intérieur, les omega trois, la communication (HA AU SECOURS !), le Solian à vie, et autre joyeusetés sympathiques.

J'ai eu tort d'oublier ça.

Depuis quelques temps, et le plus assidu de mes lecteurs (laissez moi rêver, laissez moi...) comprendra parfaitement à quel moment, mon gnome me réclame à bouffer environ toutes les quatre minutes et demi. Chaque fois qu'une nouvelle chose se prépare, aussi banale que d'arrêter Telétoon pour aller prendre le bain, "j'peux manger quelque chose ?"

Au départ, mère lambda que je suis, c'était des "Ben c'est pas l'heure de manger...t'as encore faim là ? "

Et assez rapidement, j'me la suis pétée sans doute, mais je me suis dit:" Ca c'est un symptôme ma poulette, il te parle d'ennui, il te parle de vide, il te parle d'angoisse "

D'autant qu'il me demandait assez régulièrement si son papi était un squelette, si je l'aimerai toujours et quand est ce que moi, j'allais mourir, et aussi si je pouvais lui acheter la panoplie de Batman. Ce dernier point venant corroborer ma thèse de l'angoisse de la mort parce que Batman, ça craint comme image identificatoire.

 Je me tâtais quand même, les pires interprétations face aux angoisses des enfants sont sans aucun doute celles des parents.

Je te passe les interrogations tortueuses qui me rongeaient l'esprit, parce que l'angoisse de l'enfant comme une angoisse isolée purement endogène, hahaha. Ces défenses hystériques ne répondaient elles pas à la structure obsessionnelle du géniteur ? (Oui, les mecs bios ne sont que des obsessionnels qui subliment dans le goût de l'acharnement  pour un  légume pur, j'en suis intimement convaincue)

Ne fallait -il pas considérer le jeu dialectique qui se jouait dans la famille pour réduire, négocier l'angoisse ?

Et l'angoisse complémentaire dans tout ça ?

Bref, j'ai téléphoné à une  pédopsychiatre; quelque chose qui ne m'angoisse pas du tout, dans la mesure où quand mon gosse a de la fièvre, je n'hésite pas à appeler le pédiatre. Et que, je me suis souvent dit que si j'avais consulté gamine, moi, j'aurais évité bien des identifications morbides.

La dame, elle ne voulait voir l'enfant dans son cabinet parce qu'il allait toucher à son ordinateur.

La dame , elle m'a dit d'accord pour mercredi.

La dame , elle avait 30 minutes de retard, mais bon le gamin d'avant, il a tellement hurlé que mon gnome il pensait qu'on allait l'OPERER DES DENTS.

La dame elle a filé de la pâte à modeler au gnome qui a dit : Elle est trop dure, non merci, est ce que je peux jouer avec ton ordinateur ?

La dame elle a tout bien écouté ce que je disais. 

A-t-il pu dire symboliquement au revoir à son grand père ? (hahahahha, la question Marie Claire)

Lui avez-vous caché sa maladie ? (Est ce que j'ai une tronche à cacher quelque chose ?)

Et ...son papa ?  Air compassé. Au cas-z-où je serais une pauuuuuuuuuuvre mère célibataire dont l'enfant va devenir crâmeur de bagnoles faute d'imago paternel qui conduit une peugeot.

Et je crois que le top du top de la cerise sur le deuxième topique, ce fut quand elle interrogea le gnome sur son rapport à la bouffe.

- Ah mais tu aimes manger , Tu es un estomac sur pattes ! Tu adores le chocolat je parie !  Holalalala, tu as toujours faim alors...

Il n'a pas l'air d'aimer parler de lui....

ben dis donc, à l'adolescence il faudra faire des réserves hein, parceque vous pourrez pas l'empêcher de manger...haha"

 J'ai pas pu m'empêcher.

" On n'est pas venu régler un symptôme madame, on est venus parce que ça nous inquiète un peu ce que ça pourrait vouloir dire de bouffer sans arrêt et de pleurer si c'est pas possible...ça va au delà de l'apprentissage de la frustration, non ? Il me semble que son histoire de nourrisson à l'hôpital pourrait expliquer pas mal de choses, parce que voyez vous ces connards, ils ne lui filaient à bouffer que toutes les six heures, "pour l'habituer", pour pas "en faire un capricieux" , et que moi, en pleine dépression post partum, et surtout complètement paumée en tant que mère, je comprenais rien...et puis son grand père lui manque, il aimait son grand père, et lui dire au revoir en allumant une bougie en dansant sur Nino Ferrer, ça va pas lui enlever sa peine, son effroi devant cette putain d'expérience dramatique à tout âge de la perte de quelqu'un qu'on aimait,  et puis je me disais juste que voir quelqu'un d'autre que sa mère pour parler de tout ça, avec des jeux, tout ça, ce serait bien parce que moi je suis hyper impliquée, on va dire, et que pas étrangement du tout, moi aussi, je bouffe du pain et du fromage A TOUTE HEURE quand je me sens vide et sèche comme une outre pourrie..."

 

J'y peux rien. 

J'aime pas les déterministes.

 

Après la dame elle m'a dit de laisser passer les vacances, tranquille. Et de la rappeler à la rentrée, si....

- Oui, si il me réveille la  nuit pour  se kuker un magnum caramel, je m'inquiète donc ? 

On est rentré. J'étais un peu énervée.

Mon fils a retrouvé un appétit sain. Son chouette coup de fourchette, et basta.

Plus de demandes dès qu'un truc le stressait et le plongeait dans un fantasme prégénital de dévoration et d'incorporation. (Ouais ouais, je rigole, je sais que ça veut rien dire.)

 

 Stupéfiant, la rapidité de  l'efficacité de l'analyse chez les gnomes.

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