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Chaîne à L'Anis
Chaîne: Les 7 péchés capitaux d'AB6
qui répond à Anisée
Puisque l'on ne t’a jamais donné de chaîne, (j’ai connu ces affres-là, oh oui) alors je te réponds !Les 7 Péchés capitaux
L'avarice
¤ Citez les 7 objets dont vous auriez du mal de vous séparer:
- Mon moitié.
- Mon Gnome
- Ma Copsréèlle. J’aime pas trop les choses, moi, je préfère les gens mais bon…
- La musique.
- Mon paquet de clopes (et j’espère VRAIMENT qu’un jour ça changera.)
- Mon lait pour le corps Logona, NaturoKosmetic. (sauge/abricot)
- Mes livres.
La luxure
¤ Citez 7 choses qui vous émoustillent :
On s’éclate chez les Désordonnés.
- Certains regards.
- Certaines musiques (ben oui)
- Certains mots.
- Ma période ovulatoire.
- Quand on me caresse les cheveux. Mais ça peut aussi m’endormir.
L'envie
¤ Citez les 7 célébrités dont vous avez envie:
- Un peu Matt Dillon
La colère
¤ Citez 7 choses qui ont le don de
- Ma mère
- C’est à peu près tout, mais Je gueule très très fort, hein…
L'orgueil
¤ Citez ce qui vous semblent être vos 7 plus grandes qualités physiques ou non:
- heu, mes tifs…
- La longueur de sa bite le matin au réveil (Ooh je sais c’est con)
- Mon intuition (je m’épate des fois)
- Ma surprenante mémoire. (proprement hallucinante, parfois) mais je ne suis pas sûre que ce soit une qualité. par contre, je n'ai pas du tout la mémoire des visages, mais bon, c'est parce que je suis myope.
Ben c’est tout….
La gourmandise
¤ Citez les 7 choses qui font le ravissement de vos papilles gustatives :
J’adore manger, mais je ne suis pas grourmette pour un euro.
- le fromage
- les pâtes
- la cuisine de Sensonic
- le pain et le fromage
- Le sexe
- Surtout, surtout, La musique, OUI, ça a très bon goût.
La paresse
Citez vos 7 ingrédients pour glander dans les règles de l'art :
- à poil quand il fait chaud
- ou des vieux 20 ans(ceux où Diastème écrivait…)
- le silence
- Mon moitié et mon gnome en vadrouille
- Rouler en voiture des heures durant, sans savoir ou je vais. (Total orgasme)
- Dormir. Parce qu’en fait j’ai du mal à glander moi.
Et enfin : Citez 7 bloggueurs à qui vous faites circulez cette chaîne :
Il faut passer le relais ?
DONC --> Byalpel, Tant-Bourrin ? Martin Lothar ? Crooke, Tippie, Kinishao, Jipes, Florence (allez, hein !) COPSREELLEd'ARS qui peut poster ici si elle veut, et COPS REELLE, Oui Madame !!!!!!!!!!!!…et qui veut..peut !
Qui vole un noeud vole un peu.
Je m’en souviens comme si c’était hier, et pourtant c’était il y a exactement 11 ans et quelques jours, cet amant-là.
Comme la plupart de mes « amours », il vivait loin de chez moi. Non, ce n’est ni un hasard, ni une malédiction. Un choix plutôt. J’ai du mal avec le quotidien et la distance proximale de sécurité….Mon coté rock-star.Je lui écrivais des lettres « dix par jour », des lettres d’amour très sincères et très péteuses. Mon côté blogspirit.
Des lettres pleine de mots qui me faisaient beaucoup de bien. Mon côté narcissique.
Bref, tout cela n’a aucun rapport, mais il est bon que tu saches que j’avais profondément confiance en lui. Mon côté ravie de la crèche.J’imaginais le parcours de ma main à la sienne, ses yeux qui reconnaissaient l’écriture ses doigts autour de l’enveloppe mesurant l’épaisseur. J’aimais cette idée qu’il me voie alors que je n’étais pas là.
Il me répondait méthodiquement. Problèmes de boulot (dont je n’avais rien à cirer), Problèmes d’argent (qui m’échappaient complètement) Projets de vacances prochaines à Bourges ou dans le cœur de Paris (OUAIS !)
Un jour, j’ai découvert ses tromperies, son cocufiage on va dire, hein. N’ayons pas peur des mots ! Un petit carnet pathétique où il inscrivait le nom et l’âge de ses conquêtes. (j’en ai déjà parlé ici…mon côté Ara qui rit) et surtout, surtout, un brouillon de lettre envoyée à une de ses dulcinées.
Une très belle lettre d’amour.
Avec tous mes mots dedans.
Il m’avait lue et donnée à une autre. Ou plutôt, il n’avait rien gardé.
C’est là que j’ai senti la trahison, la vraie.
Cette note n’a pas pour but que vous pleuriez avec moi sur la méchanceté du mâle. J’ai fait pire. Mon côté femelle hystéro.
Aujourd’hui, ça me fait rire plutôt ma tête de bova outragée, brandissant LES PREUVES avec quelques derniers lambeaux de dignité devant le bellâtre. (Il ressemblait un peu à Garou, le chanteur, hein, pas le monstre ) « Ramène–moi tout de suite à l’aéroport, espèce de …espèce de … »
Je me suis surtout sentie volée, dépossédée de la seule chose à laquelle je tenais un peu à l’époque, qui me donnait un peu de valeur : mes mots, mes lettres, mes histoires…
Ils servaient à une autre.
C’était elle qui recevait mes serments, mes maladroits haikus, mes phrases bancales pleines d’interrogations , de mots-valises (oui, je me la pétais encore plus que maintenant….Oui. C’est possible). Nous jouiions à la chaîne blogosphérique avant l’heure. Mon côté Nostra-damus. Mais moi, je n’étais pas au courant.
Elle recevait mes mots, des mots rackettés, téléchargés illicitement. Plagiat jusqu’à l’arrière gorge. (J’aurais du faire un copyright.)
Garou était un pauvre nain de voleur, et elle aussi, elle était trompée.
C’était ça qui m’avait fait le plus de mal à l’époque.
Aujourd’hui, ce vol me fait plutôt rire, et juste un peu pitié.
Mon côté grande dame ?Du parler franc
- Non je veux pas embrasser mamie.
- J'aime pas les légumes. J'en mange pas.
- C'est de la musique pourrie, Colargol, je préfère les Biteuls
- Non, j'aime pas ma maîtresse.
- Papa, il dit toujours d'accord pour jouer au Zoo. Toi, t'es toujours au téléphone.
- J'ai pas envie de prendre mon bain. Je m'en fous de sentir bon.
- Mais non j'ai pas sommeil. C'est toi qui es fatiguée.
- Je te dis que mon ventre il me dit qu'il peut manger des chips.
- C'est quoi une maladie plus grave que la gastro-entérite ?
- Pourquoi je dois dire bonjour ?
- Quelle heure on va partir en vacances au Viet-nam ? (oui, la structuration du temps, c'est pas ça, encore. Avec sa mère, normal.)
- D'accord, on joue aux devinettes, mais tu dois pas dire quand tu trouves. Tu fais semblant de pas trouver.
A quel moment, on arrête de parler comme ça ? ça me manquera, quand tu arrêteras mon bonhomme.
- Bonjour ! ça va , connasse ?
- J'aime pas aller à Leclerc. Mais bon, j'y vais hein...
- Quelle charmante musique ! D'habitude je n'écoute pas du tout lara fabian, mais hein...quel coffre ! Faut que je me casse.
- Tu dois écouter ta maîtresse, même si tu n'es pas d'accord. Même si c'est une imbécile irrécupérable.
- Ton papa est d'accord pour jouer au zoo, mais moi je dois téléphoner. Ca me casse tout mon travail sur ton autonomie, et le fait que tu doives apprendre à t'ennuyer aussi et ton père me casse les c..
- J'ai envie de prendre un bain de 2 h 30. Et que tu me lâches les basques pendant ce temps. Tu ne veux pas regarder le roi Lion version longue ?
- Je suis morte, j'vais pas bosser.
- Je te dis que ton ventre il me dit qu'il peut pas manger tant de chips. Bouffe-les, va...
- C'est quoi une maladie moins grave que le cancer ?
- Pourquoi faut-il se dire adieu ?
A quel âge j'ai commencé à parler comme ça ?
Pourquoi ?
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Rien à voir, c'est pour Tant Bourrin. Et martin Lothar !
Désincarnée
Tout le mois, j’ai traîné un mal être intense, sans véritable angoisse si ce n’est celle qu’on dit existentielle, et encore peut être que déjà je romance un peu. J’étais complètement à côté de moi-même. C’est ce que j’ai fini par appeler le syndrome « j’ai perdu mon sac » Tout le monde, les femmes du moins, connaissent ça. On marche et soudain on a le sentiment d’avoir perdu, oublié quelque chose, son sac. On est comme bousculée, projetée hors de soi, et la seconde d’après, on sent la lanière du sac sur son épaule. On reste chavirée, tanguant encore un peu et c’est fini.
Eh bien là, ça dure, ça dure.
On finit par trouver tout étrangement irréel, comme si rien n’était plus familier.
« Inquiétante étrangeté » disait Freud. Dépersonnalisation/réalisation, disent les psychiatres,
Moi, j’ai essayé « je retrouve ma véritable identité » dans un moment de positivisme absolu, genre "je mue pour me trouver". A mon âge, il serait temps. Mais ce qui me paraît le plus juste, le plus vrai, le plus authentique, c’est « j’ai perdu mon sac » ou plutôt "je n'en en ai jamais eu".
Pourquoi cette oppression continuelle, cette angoisse sourde, comme un vieux souvenir, parce que je la vis tellement mieux ( comme si elle revenait pour me dire : non, non, ne change rien…) Pourquoi ce sentiment d’urgence quasi - continuel, ces colères soudaines, cette impression de n’être jamais tranquille, seule, et quand je le suis c’est pareil finalement, le vide….?
Je crois que contrairement à ce que je pense parfois – un état d’être borderline, une vacuole qui ne se remplira jamais – c’est sans doute l’émergence toute névrotique (et peut être trop banale ?) D’un conflit – une aspiration que je ne reconnais pas encore dans sa totalité et des résistances très fortes qui créent angoisse et cortège d’humeurs dépressives, énervées….
Répondre à ça me soulagera peut-être un temps ou m’inquiètera…Mais si par deux fois des médecins de l'âme me prennent en thérapie, ne me prescrivent pas outre mesure des médocs, et ne m’engagent pas sur l’heure à me faire interner, c’est bien qu’il y ait un espoir d’aller mieux durablement ?
Je culpabilise plus que je ne veux bien le croire. Le pire , c'est peut être que si je me faisais vraiment plaisir, je culpabiliserais encore plus. Il doit y avoir au fond de moi une hystéro encore pire que celle que je connais, capable de tout oublier, dans une amnésie totale pour fuir à jamais.
Lorsque mon gnome est né une ère nouvelle a commencé, une ère de confiance en moi, de relativisation des choses, un Idéal du moi réactivé (il était temps), plus de terreur, plus de peur sans objet…Mon phallus quoi…parait-il.
Ce rôle de mère, je l’ai confondu avec une identité (ce qui me manque si cruellement) J’ai fait de ce rôle une identité, je me roulais dans les horaires de tétées, de siestes, d’activités d’éveil pour lui, remplir ses journées, et m’oublier…Et j’étais ravie, faire les courses avec lui, l’emmener au parc et lui préparer une purée et je me sentais si forte, si réelle, si « existante », et puis je ne sais pas, le départ de certains "piliers", (qui réactiva d’une manière atroce mon angoisse abominable de l’abandon), le fait que mon gnome devienne un « grand garçon » qui s’oppose, trouve de nouveaux repères a l’école, ailleurs,(et c'est bien !) mon travail qui changeait un peu, dans lequel je devais à nouveau faire mes preuves dans un monde nouveau où je ne pouvais plus « façader » ma belle identité de maman (meilleure que la mienne, pour sûr !) Beaucoup de choses ont réapparu, et à nouveau le mal être…. Quelque chose reste à régler- Ma vie, à moi, tout simplement. Quels sont TES désirs , quels moyens es -tu capable de TE donner ?
Dans mes phases de dépersonnalisation, l’angoissant n’est pas tant d’être « différente » mais d’être tellement encore moi-même, comme quoi changer ne doit pas être une évidence, toujours pas.
L’angoisse ne protége personne. Ma mère « jouait » à s’angoisser pour nous, alors qu’elle s’angoissait sans doute pour tout autre chose et pour cela, nous avons refusé, dans un déni fantastique de la remettre en question une seule minute. Même lorsque nous pestions contre elle, ses intrusions, ses indifférences, son égoïsme, nous refusions de construire ailleurs et autrement, collés à cette angoisse que nous pensions protectrice, maternelle, aimante.
Fuir, nous l’avons fait. Mais fuir ce n’est pas partir « en toute connaissance de cause »
Elle nous a dit qu’elle se sacrifiait pour nous, pour notre bonheur, nous lui en voulions en silence sachant qu’une « bonne » mère ne dit pas ça, et que c’était parfois faux. Mais nous en avons fait une vérité de fond, (Tu respecteras Ton père et ta mère blabla) et donc…. elle était une bonne mère puisqu'elle le disait. Et chaque fois que la vie nous montrait notre handicap – incapacité à la rencontre de l'autre, incapacité à être bien ou que ce soit, incapacité à vivre- c’était de notre faute, de la faute du cancer ou de l’anévrisme pour Lui, des kilos de trop pour Elle peut être, de la Maladie mentale, pour moi…Jamais de la sienne.
Jamais nous ne nous sommes permis de la remettre en cause. Encore aujourd’hui je dis : « Avec sa vie, avec ce qu’elle a vécu… » ce qui est vrai. Mais aujourd’hui moi je suis maman et avec « ce que j’ai vécu » qui n’est pas franchement réjouissant, je ne ...fais pas ce qu'elle a fait.
Je hurle, je peste, je gueule, j’en ai marre mais je ne ...fais pas ce qu'elle a fait. Je continue de désirer pour lui le meilleur (et me défends de ressentir-à mon insu- ce meilleur comme quelque chose qui ne serait valorisant que pour moi) et qu’il soit heureux dans ses pompes, et confiant, et « désirant », et en colère. Oui mets-toi en colère, quand tu veux. Et Hais-moi, autant qu'il est nécessaire.
Désincarnée, c’est ne plus incarner ces rôles, ces « faux selfs », retrouver l ’essentiel, et soi dans la foulée, si c’est possible. Un soi se construit porté par une mère, soutenu par un père…Et c'est tout.
Alors, voilà, pour moi, c'est juste un tout petit peu plus difficile.
(Dés)incarnée c’est aussi un ongle pourri, empêché, coincé, qui ne peut plus pousser.
NB d'une importance capitale: Je ne compte pas me suicider. Je vais bien. J'ai juste plein de mots qui débordent. That's all, Folks.
Et oui, Nie, j'vais faire du sport ha ha !
BLOG ! (ha j'adore mon titre)
Biscotte je dois me faire pardonner ma chanson absolument tragique de la note en dessous, porqué je n'ai que ça à foutre, parce que je m'en fous, c'est mon blog et je pense pas qu'il sera publié dans la Pléiade avant l'année 21478, je fais une autre note pour recopier une merde que j'ai écrite quand j'avais ..15, 16 ans ?
On m'a soufflé à l'intérieur du corps.
Un vent sec de désert qui a tout détruit.
Après les soubresauts et la révolte
Et quelques derniers combats,
je me suis installée devant ma fenêtre
avec derrière moi les bruits affolants de la télévision.
j'ai regardé passer les femmes enceintes et les chiens
Et j'ai contemplé l'abîme à l'intérieur de moi
les crevasses de mon corps sec.
Je reste enfermée. Je n'aime pas le soleil. Mon corps ne supporte plus l'oxygène.
Il m'agresse comme des milliards de gens.
Les amis nous aiment comme des propriétés privées.
S'ils ne nous jettent pas,
c'est parce qu'ils ont peur que quelqu'un d'autre nous ramasse.
----------
Mon père a gardé ce poème.
Avec ma première rédaction."je fais de la planche à voile" (j'en ai jamais fait..)
Et mon bulletin trimestriel de première où mon prof de maths avait écrit:
"Eleve intéressante mais pas intéressée."
Ma prof de français " Excellente élève à l'écrit comme à l'oral" (je l'aime!)
Ma prof de physique: " N'aime vraiment pas les sciences physiques !"
Ma prof d'EPS: " je n'ai pas vu AB6 de tout le trimestre !!!!"
Enfin bref...
.
Mon père a gardé ce " poème."
Desesperate HouseWife's Blues (haha)
On n'est pas heureux par hasard ou par erreur.
On n'est pas heureux.
On n'est pas amoureux pas à pas ou pas à l'heure.
On n'est pas amoureux.
On n'est pas,
On erre,
Naguère n'est plus guère qu'un air amer...
On n'est pas; on perd.
On n'est pas vainqueur par amour ou pas toujours.
On n'est pas vainqueur.
On nait pas solitaire pas solidaire,
Locataire amer, les larmes au goût d'hier.
On n'est pas,
on erre.
des voiles, des lumières sur la lune loufoque,
des images pas sages sur écran, des images en toc.
Naguère n'est plus guère qu'une défense arrière.
Et je pers l'équilibre, le fil, et la tête
Quand je sais qu'on est là, les nerfs au bout des mots
Finalement, là
Pour se taire
On n'est pas on n'est pas on n'est pas.
On essaie d'être là.
On n'est pas on n'est pas on n'est pas
d'ici-bas
mais bon...
Toi et moi, on essaie
D'être au-delà de tout ça.
---
Francis Cabrel, JJ Goldmann, C. Jérôme .(si vous passez par LA, ..c'te merde abyssale, je vous l'offre.
Rumeur intérieure*
Pas assez de bruit sous mes pas, trop d'idées parasites...Je marche, mon manteau sous le bras, mon sac sous le menton, des blocs de livres pèsent sur mes avant-bras. Intensément, je baîlle.
C'est le froid, la fatigue, le stress. C'est le vide ou bien c'est le trop-plein.
Un automobiliste grisonnant et barbu me fait signe, de sa main plaquée sur sa bouche de décérébré (j'm'en fous, c'est un con) qu'il faut mettre sa main devant sa bouche, quand on baîlle. je m'ébroue, mes mains pleines de tout cet inutile que je trimballe, ce bât indispensable, ce rien obligatoire pour se nourrir/se loger/payer ses dettes et ses vacances...Et j'ai cru que c'était vivre, moi.
Je lui souris, au mollusque acéphale donneur de leçons, quand même. Parce que moi aussi je suis con, hein.
Je parle avec des gens qui m'offrent un café, et regardent le bas de mon jean un peu trop usé, mes cheveux un peu trop longs. Je réponds. Je fonctionne encore. Personne ne se doute. Je redoute ces journées d'automate où je tiens si bien debout, parce qu'il le faut. Parce qu'il y a quelque chose d'autre à faire dans cinq minutes. J'en fais un but, une victoire. Pitoyable guérilla.
Je sens que mes paumes sont moites. Je redoute. Personne ne se doute du rock suicidal tendancies qui se joue sous mon capot; Kurt Cobain dit Fuck Off avant de se tirer une balle dans la gorge. Intensément, je comprends.
Je suis polie. Je sirote mon café en faisant mmmh mmmh, et ensuite j'irai rincer ma tasse I Love US (haha) parce que ça se fait dans ce show-là.
J'attends que ça passe. Ca passe.
Je m'avance, irrémédiablement vers la quarantaine. Ce mot-là me fait peur. Pas les rides, pas l'affaissement des chairs. Je parle de l'isolement quand on est contagieux, ce huit clos du middle âge, où les bilans s'imposent d'eux-mêmes. Parce que je le sais que le cancer, la dépression, l'accident de la route, l'amertume, ça n'arrive pas qu'aux autres. Je le sais d'expérience. Ce n'est plus ce leit-motiv désincarné. C'est du vécu.
Voilà. Te voilà sage et expérimentée. Ca veut dire que tu connais des gens qui sont morts. Et toi tu les croyais invulnérables.
Je marche dans le sens opposé de là où j'aimerais aller. J'ai mis mon manteau sur le dos, et mon sac à l'épaule. Je peux baîller poliment.
Me voilà mûre, dirait-on. J'ai su faire quelques deuils, me filer plein de coups de pied au cul, me "forcer à", me "faire du bien", du Coelho sauce Cosmo, toutes ces choses qui me faisaient tellement rire, tellement bondir, et surtout, surtout, tellement chier.
Me voilà raisonnable parce que non, je ne quitterai pas mon boulot, même si je n'y éprouve aucun plaisir désormais, que je m'y sens de moins en moins sincère, voire incapable.
Me voilà pondérée. Oui, je vais faire faire des travaux dans ma grande maison de paille, mon grand grenier désordonné. Et il y aura certainement des rideaux aux fenêtres, un canapé...peut-être un chien.
Me voilà enfin (!) satisfaite, maintenant. Coué au cul, Yaka sur le front.
J'ai deux rides entre les sourcils.
Deux cheveux blancs.
Deux oreilles, deux guiboles, deux ventricules, deux couilles (bah, voilà, quoi, j'ai pas pu m'empêcher)
Je voulais une vie à la mesure de mes rêves. Sans doute, j'étais gonflée d'orgueil, d'importance, d'illusions et de bien de la naïveté.
Mais voilà. Pssssccccchiiiiiiit.
Je dégonfle, complètement.
C'est peut-être ça, le relâchement de la peau: les rêves qui s'échappent. Dans un grand pet foireux.
J'ai parfois l'impression d'avancer, à cloche-pied.
De respirer, à contre temps
De vivre à bas régime.
La psy m'a rassurée; Ca s'appelle "grandir".
Moi, j'aurais dit "crever".
---
* Ce titre, je l'ai déjà lu quelque part, où ? sur un blog ? C'est donc peut-être du plagiat, involontaire. Mais j'en ai rien à foutre. Chateaubriand aussi il m'a anté-plagié page 148 quand il écrit:
- Bonjour, dit-t-elle.
Lettre
J'aurais voulu une enfance à l'odeur de pomme;
au toucher de joue ambrée, lisse et fraîche d'avoir couru,
une enfance au goût de pignons de pin, sucrée-à peine!-, et douce,
au bruit de canif dans la terre, découvertes d'explorateurs silencieux.
Une enfance aux cris de joie,
aux genoux écorchés, aux branches de bois mort -qui sont de vrais sceptres royaux
aux bouquets de pissenlits fanés - qui sont de vraies couronnes de topaze,
aux débris de verre polis par la méditerranée - qui sont de vrais trésors de pirate.
J'aurais voulu une enfance qui porte l'adulte que je suis devenue,
une enfance qui fait vouloir porter l'enfance.
cette enfance- balançoire aux vertiges, poussée qui donne tous les élans, il te la faut pour que jamais tu ne sois heureux en croyant que tu imites un autre,
un autre qui ne serait pas vraiment toi.
...en vrac
Pendant que vous parlez, que vous racontez vos battements de coeur, vos souvenirs, vos qualités, pendant que vous jouez à vous séduire, à vous rendre indispensables, je ne dis rien.
Parfois, j'écoute.
Souvent parce que je crains ma solitude, j'essaie à tout prix de jouer avec vous, de comprendre les règles. pardonnez-moi, je ne me sens ni supérieure, ni inférieure mais c'est juste que je ne me sens pas égale.
Vos mots pour vous raconter, il me faudrait des heures de marche pour les entendre. Des kilomètres nous séparent. Je ne suis pas plus loin. Je suis ailleurs.
J'arriverais peut-être à vous atteindre si je savais être partout à la fois.
J'ai appris les noeuds marins sans pouvoir partir pour autant. je faisais au-revoir avec mon mouchoir sale au capitaine de la barque qui coulait juste à côté de moi.
Enfant, j'avais peur des lézards qui apparaissent et disparaissent en un éclair. Un garçon leur coupait la queue avec un petit canif et venait la brandir sous mon nez, encore vivante, souple, mouvante. Le même garçon appuyait sa langue contre les troncs d'arbre pour en faire un tapis de chair. Et il ouvrait les yeux en avalant les fourmis qui dégringolaient dans sa bouche.
Et puis je suis devenue grande. J'ai commencé à aimer les ports. Je regardais partir les bateaux et je ne connaissais même pas Jonasz. Je choisissais mes voyageurs: les pêcheurs dont les visages ne disaient rien. Ils m'ont appris les noeuds marins. Et je ne les ai jamais suivis. Pourtant ce n'était pas bien loin qu'ils partaient. Je me contentais d'agiter mon mouchoir, parce que je savais déjà que je serais incapable de m'en aller.
Je reviens du port. Il n'y a que des bateaux de croisière. J'ai vu un petit garçon appuyé contre un arbre. Il déroulait sa langue contre le tronc, les yeux grand ouverts. Applaudissez ! Applaudissez !
J'ai été élevée dans l'odeur du bois, au bord de braises. l'hiver favorisait mon sort: j'aime la pluie.
Le héros que j'avais inventé me souriait. Déjà, les gens que j'aimais me faisaient peur, et je les fuyais d'avoir tant de pouvoir sur moi.
Je chantais sur le siège arrière de la voiture, jusqu'à me faire pleurer.
Je ne parle jamais de l'avenir, quand le présent pèse si lourd sur mes projets. Je n'ai pas tant de buts. Finalement.
Il est des illusions d'ersatz qu'il faut briser comme un cristal.
Les terrasses ensoleillées où on parle de cinéma / un désert où les hommes sont muets, la bouche agonique.
Les jambes dorées sur le sable blond des plages / Des squelettes poussiéreux, heureux , malheureux dans les mêmes tombeaux.
Les frissons d'avant les bonheurs / les tremblements anxieux quand je surprends des âmes.
D'ailleurs, je tiens ma volonté. C'est sans doute. elle tient si mal aux autres.
Si je savais mettre ma volonté ICI. C'est sans doute. Je pourrais m'approcher, si près des autres.leur lumière mesurée dans une échelle correspondante à ma réalité.
C'est sûr. Elle pourrait me brûler.
Les années-lumière n'existent pas seulement dans les super-amas.
Elles peuvent se mesurer dans une échelle correspondante à ma sociabilité.
Elles n'expliquent pas toutes les solitudes.
Nous voilà dans la pénombre, Ne souffle pas, ne t'agite pas. Nous perdrions du temps.
Nous sommes habituées. Tu sais bien, les planètes jumelles, les collisions sans issue.
..jusqu'au prochain naufrage.
C'est de la putain d'écriture automatique , ça, les mecs ! trop bon.(enfin pour moi je veux dire)
Vestiges Passéiques (?)
C'est un spectre indissoluble et transparent. Il erre fantômatique, grimaçant... tâte tous les recoins, toutes les entournures, en prenant tout son temps.
C'est une immonde nausée, celle qui te fait se tordre, dans un ulcère du cerveau.
C'est une paralysie de glace , qui te rend plus roide qu'un cadavre, et dedans c'est le chaos brûlant, le film en accéléré, brutal...la chute irrémédiable.
Toi, tu offres le spectacle d'une inerte, d'une absente. C'est sûr, mais c'est que tu es en deçà de toi, en chute à pic, dans l'acmé du vertige, attendant de te fracasser.
Tu te regardes aussi, mais de plus bas que terre.
Jamais elle ne se raisonne, la morsure archaïque, venue des limbes, des cauchemars géants.
Béances abyssales hier.
Coulisses en minuscules après-demain.
Un aujourd'hui en pis-aller.
C'est le venin glacial. Et tu te rassembles pour ne pas imploser.
Tous les yeux te dévorent, je veux dire...ils te mangent, ils te mâchent, et tu le sais, tu le sais que ta voix va mourir, que tout va exploser, que demain dès l'aube, à l'heure où blanchit Ste Marie, tu seras dans le no man's land, vois-tu, je sais que tu m'attends...dans une fugue en hystérie majeure où tu ne te rappelleras même pas ton nom.
Rien de symphonique là-dedans. Rien de douloureusement beau, pas de psychédélique révélation. Rien qui ne t'élève. Rien. Un rien qui n'a rien de vide, plein de monstres : tes semblables. Les tiens.
Rien de douloureusement beau: la nausée, les membres plus loin que toi, ton visage que tu ne reconnais plus, incapable de te rattraper.
L'angoisse, moi.
Co-détenues.
L'angoisse, ma maladie de peau.
Un aujourd'hui, un autre. Un autre...
L'angoisse circumterrestre a trouvé dans mon ventre le point de non-retour.
Y aura-t-il des lendemains sonates ? des jours justes, juste des jours ?
EDIT de 2006: La réponse est OUI.


