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Y aura-t-il une fin ?

Jusqu'à ce que je rencontre mon futur-moitié, j'ai entendu: "Et quand est-ce qu'elle va se poser, hein ?"

Jusqu'à ce que je marie, j'ai entendu: "Et quand est-ce qu'elle va se marier, hein...?"

Jusqu'à ce que  j'ai un  gnome,  j'ai entendu "Et quand est-ce que vous allez faire un enfant ?... hein?"

Je me croyais enfin libre des deux oreilles, mais c'était sans compter sur un entourage quelque peu intrusif et normatif, pour ne pas dire sans surprise...

Depuis  un an àpiprès, c'est-à -dire depuis que mon gnome nous laisse à peu près dormir, a sa petite vie sociale, ses programmes télé, qu'on peut l'emmener au restaurant sans qu'il se mette des frites jusque dans les oreilles, qu'on respire un peu, enfin...Une nouvelle chanson a envahi l'espace , tu prends les mêms paroles, tu changes un ou deux mots, du quasi-Goldmann...

" Et quand est-ce qu'il vont nous faire le deuxième, hein ...?"

Et devant mes yeux froids, mon sourire entendu:

"Non, mais c'est qu'il lui faut une petite soeur, à ce bambin, hein...il doit s'ennuyer."

Et ta soeur ?

Elle est partie, cette imbécile, parce que là-bas, fuir...elle en rêvait.

Notre entité se désagrège et il paraît que c'est la vie.

Le cordon qu'on s'était tricoté, un peu maladroitement,  pour remplacer l'ombilical récalcitrant, tombe en poussière, et il paraît qu'il le fallait. Et il le faut. Et ça m'emmerde.

J'ai beau savoir qu'elle n'est pas ma mère, même si j'ai tout fait pour. (Comprenez bien que je n'avais guère le choix.)

Les départs, moi, ça me terrifie. C'est m'arracher un bras. C'est boîter, à coup sûr.  Et encore, j'ai grandi.

J'ai honte de ma mélancolie, de ma torpeur de ma femme enceinte mi-délivrée, mi-incomplète, de ce vide blanc,  puisqu'elle n'est ni malade ni morte, oui mais elle n'est pas là.

Si c'était moi, l'Expatriée, l'Aimable, la Guérie, l'Aînée, je détesterais qu'elle écrive qu'elle a peur de mon bonheur.

Parce que je ne suis pas l'Aimable,

Parce que je suis la tourmentée,

Je m'autorise cet écart.  Ce n'est pas le premier.

On m'a déjà servi les liens pathologisés, les transferts incroyables, les rôles renversés, les places à respecter, les dépendances regrettables...oui. Mais je dis, moi, qu' on a eu une chance utérine formidable, de naître sous la même étoile.

On a eu  une chance inouïe d'aimer les mêmes livres, de savoir se parler sans vocables.

On a le même sang lourd à porter, les mêmes héritages, les mêmes angoisses, miroirs réciproques un peu désenchantés.

On s'est tenu la main pour supporter l'insupportable. A s'en  broyer les phalanges.

Entre nous, jamais, jamais de disputes de soeurs, de cheveux tirés, de  "je vais le dire à maman !" C'est dire comme on avait  autre chose à penser !

Oui, pour tout dire,  on était plus soeurs Halliwell à se battre contre les  mauvais sorts et les monstres verdâtres, que soeurs Brönté ou soeurs Marsh. On  s'est hissé un peu, on a bien fait semblant. A deux, c'est plus facile. Je te pousse ? tu me pousses? L'une de nous deux finira bien par y arriver.

On a cette malchance que des milliers et des milliers de kilomètres nous séparent et ton absence habite en moi comme un cancer.

Tu vois, c'était vraiment mal parti,

mais tu m'as fait croire aux liens du sang.

 

Désolée, c'est dimanche. Fallait que je me la pète.

Bilan

- être première de la classe    ok

- envoyer un coup de pied au cul à Pascal L. qui me poursuivait "pour se marier avec moi" et m'a fait cauchemarder des mois. (je me souviens encore de son nom et de sa tête..., j'avais 5 ans !) ok

- être dernière de la classe    ok

- avoir mon bac   ok

- ne plus vivre chez mes parents   ok

- avoir mon permis et une voiture    ok

- partir en Amérique latine, voyager en Europe...ok

- écouter plein de  musique   ok

- vivre une grande plénitude sexuelle   ok  (...bah!)

- lire un maximum de livres    ok

- conduire une moto    ok   (mais je ne  le ferai plus)

- réussir mon deug    ok

- réussir ma licence   ok

- chanter dans un groupe de rock, sans trop trembler  ok

- rompre avec cet imbécile que j'adorais.    ok

- réussir ma maîtrise   ok

- ne pas m'emporter pour rien    ok sauf durant mon SPM

- ne plus me ronger les ongles    ok

- avoir un enfant.     ok

- avoir une jolie maison avec un jardin     ok

- ouvrir un blog   ok

- ne pas mourir trop con  ok

- faire disparaître mon eczéma en disant merde ou fuck, ou pute vierge.   ok

- pardonner à ceux qui m'ont offensée  en cours

- finir mon DESS   j'abandonne ?

- faire un métier créatif pour lequel ce ne soit jamais un problème de se lever. bloggueuse c'est pas un métier

- apprendre à jouer aux échecs ( pas OK du tout, pas grave, les joueurs d'échec ne rigolent jamais quand ils enseignent.)

- coucher avec Daniel Day Lewis (je ne renoncerai jamais.)

Il me reste top chrono 8 mois pour  atteindre les objectifs que je m'étais fixée avant d'atteindre mes 38 ans...

La princesse et le petit poil

Il était une fois une princesse à la beauté altière et très belle en plus. En plus de ça, c'était une vraie bombe. Cette princesse magnifique avait une fâcheuse tendance à l'introspection, au doute, à la méfiance envers les autres et surtout envers elle-même. En d'autres termes, elle enculait les mouches avec bien du talent. Sa naissance dans un milieu juif névrosé* (j'aime les pléonasmes) expliquait ce phénomène, mais pas seulement. En effet, à l 'âge approximatif d'environ  19 ans et 2 semaines, elle fut saisie d'un mal étrange et déroutant pour tous, mais surtout pour elle-même. En effet, cette  princesse ne put plus mettre un pied dehors, plus parler avec les gens,  elle avait une sorte de pieuvre-là , dans le bide et aussi dans la tête, la pieuvre à terreur  qu'elle se mit à l'appeler, car elle aimait bien donner des noms à ces animaux de compagnie, si terrifiants soient-ils. Plusieurs grands manitous spécialistes se penchèrent sur son cas et les diagnostics fusèrent tels des missiles intergalactiques dans un épisode manga  de Télétoon. Au bout d'un moment,  la princesse un peu lasse, les fit disposer.

Mais le pire, pour cette princesse magnifique et un peu chiante, c'était ses histoires d'amour. S'il est attendu par principe qu'elles finissent mal, en général, là - c'était quand même un peu apocalyptique comme aventures.

Elle avait pourtant une chance inouïe au départ, parce qu'avec sa tête de dame au camélias, elle n'attirait que des poètes fantasques et purs, ou bien des genre de psychanalystes étudiants, ou alors des névrosés qui sont quand même assez courants et plutôt drôles dans l'ensemble.

"Je t'aime comme une sinécure, comme un remède aux cauchemars, comme l'asthmatique part en cure, je viens à toi, les yeux hagards" lui dit l'un.

- M'aimes-tu ou bien aimes-tu le besoin que tu as de moi ? rétorqua-t-elle,(Elle avait lu Freud)

Et le jeune homme s'envola.

"Je t'aime comme une odalisque, savais -tu que la liberté existe dans les chaines de tes bras qui me sereent ? Depuis toi, je ne connais plus la prière" lui dit l'autre.

- M'aimes-tu ou bien aimes-tu le désir que tu as de moi ? s'exclama-t-elle (Elle avait lu Barthes)

Et le jeune homme lui tourna le dos. Mais ça n'était pas grave, car il  avait un peu une sale gueule, lui.

"Je t'aime en rimes et en mots, je ne sais ni comment ni pourquoi, je voudrais être ta musique, ou bien une larme pour  naître dans tes yeux, vivre sur ta joue, et mourir sur tes lèvres ..." dit  le troisième.

- M'aimes-tu ou bien aimes-tu l'inspiration qui vient de moi ? répondit-elle (elle avait lu Polnareff)

Et le poète conjonctiviteux s'éloigna à grands pas.

Mais un jour, sonnez hautbois résonnez musettes, arriva sur un cheval  de trait un fier  châtillonais qui n'avait pas lu Brahms ni jamais écouté  Piero della Francesca. Il reluqua la princesse. A ce moment-là, celle-ci se demandait s' il valait mieux vivre selon les principes d'un hédonisme pur, ou bien lire Goethe, si la névrose de sa mère était corrélée au dysfonctionnement oedipien de son père, et si des tourteaux , ça se servait en entrée... Il  descendit de son cheval et lui demanda:

- S'cusez Votre Honneur, savions point où se trouve le SuperDiscount ?

 Pour la princesse, ce fut comme d'être arrachée à une long sommeil ponctué de cauchemars, un extirpement (ou une extirpation) d'une vie fade, monotone et compliquée. Les deux pieds sur terre, enfin, elle jeta ses Prozac on the other side (elle avait lu Lou reed), secoua sa crinière pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas, et quelques mois plus tard, comme on s'en doute bien,  elle épousa le cheval.

 

 * Si t'as pas de grand-père banquier, veux tu me dire à quoi ça sert d'être juif ? (M. Audiard.)

IDENTITE ou la connerie identificatoire et la fierté mal placée originelle.

Je ne suis pas fière de mes appartenances: jamais je ne dessinerai un blason d'ancêtres que je n'ai pas connus.   (je ne dessine que des fourchettes)

J'ignore les hérédités : les arbres généalogiques n'éveillent en moi aucun instinct de botaniste.

Je sais combien de jardiniers curieux, qui se penchaient trop sur les racines, ont fini par rêver d'une fleur si "pure" qu'elle n'aurait pas vécu une heure.

J'ai toujours préféré les pissenlits aux énormes dahlias derrière les vitrines de fleuristes. S'ils tiennent, malgré la tempête, c'est parce que des milliers de pistilles qui n'étaient pas cousins, ont un jour frôlé leurs pétales.

Et je préfèrerai toujours le regard d'un bâtard de bouledogue, sans collier, aux yeux trop clairs et fous des Doberman , dressés par les hommes.

 

A ce sujet, et ça  a  à voir, un truc m'épate, c'est "l'Identité sexuelle". Qu'est ce qu'il ne faut pas inventer pour justifier avec qui on folâtre...!!!

Un jour où je me la pèterai bien, je ferai une note là-dessus.  Soyez patients, dimanche  vient à qui sait attendre...

 

Images: Tardi / et un site de jardinage (OUAIS !)

TIR groupé (en guise de réponse à la note précédente)

L'abcisse curviligne c'est la longueur  que  l'on  parcourt, rien à voir  - donc - avec l'abcisse du repère cartésien.

La preuve:

X#° sin [y - |.4

_______________    = 0 $

8`[{f-t{'h-1}]

C'est comme ça. Je suis double (deubeul en anglais).  Pas schizo, mais presque. Disons que je suis hypermnésique: je me souviens trop bien des pas beaux avants.

Des fois, ça aide à profiter du diem à carper. Parfois, ça fait douter de tout. Désormais, ça vous fera chier le dimanche. Oui j'ai décidé de me la péter uniquement le dimanche.

Demain, dès l'aube, je remets mon gros nez rouge. Moi aussi je me préfère comme ça.

Mais quand même vous exagérâtes un peu. Je  m'aLIENe beaucoup ces derniers temps ( Même mon fils croit que j'ai changé de métier, que je suis devenue informatichienne-), et des pages lyriques, il y en a plein, des pires et beaucoup de meilleures, mais j'ai quand même le droit  aussi de me la péter !

D'façons, vous comprenez rien à la lis tes ratures.

Nota Bene  ou Edit d'un peu plus tard ou Edit de Nantes:

Cette note aussi , c'est pour rire. des fois je me sens obligée de repréciser. C'est parce que je suis redondante en plus d'être ballonnée.

Ben oui . Des fois je me la pète.

Tu vis aux aguets de toi-même. Tu te penches aux bords de tes limites, jusqu'au vertige, jusqu'à la douleur de se perdre.

Il y a la vieille morsure archaïque. C'est la connerie qui tente une sortie. Tellement habituée à te pelotonner dans tes contours, tu laisses ce qui ne trompe pas t'envahir jusqu'à toujours plus loin.

Même étendue, tu te verses, et tu voudrais te répandre dans un réceptacle, mais humain.

Les questions, les vieilles questions, leit motiv désincarnées, vestiges fantomatiques plaqués:

Ta mère ne te tendra jamais les bras - si ce n'est pour  t'engloutir; ton père ne te poussera jamais sur un chemin- si ce n'est pour que tu le suives. Alors serre le corps juste avant l'implosion.

Je viens chercher ce qui me manque chez celui qui ne se montre pas.

J'appelle au secours quelqu'un que je connaîtrai jamais.

Ma plus belle histoire d'amour  est dûment réglée, chronométrée, facturée.

Nous sommes toi et moi uniquement moi-même, et ton  reflet se tord quand je me reconnais.

Et juste après, je regrette. parce que ça se fait pas,sur un blog, de péter.

Une tranche de mer(e)de famille

J'adore le samedi matin.

Le samedi matin, j'emmène le gnome à l'Ecole du Cirque (on amorce le  virage bobo chez les Désordonnés...Un jour même, peut- être, on ira à  Courchevel). C'est assez loin de notre home sweet home ce trou du cul du monde où ma moitié d'orange a voulu que nous vivassions (coucou Legweak). Alors pendant que la chair de ma chair trapèze, virevolte, rampe, emmerde les animatrices en disant qu'il veut faire le salto arrière, à 4 ans), j'ai une heure.

Il y en a qui ont un passe-temps, un loisir, une marotte, un hobby, un vibro-masseur, l'amour en héritage....Moi j'ai une heure.

J'adore le samedi matin.

Non, je ne vais pas chez le coiffeur. Non, je n'en profite pas pour briquer la salle de bains à fond parce qu'avec deux hommes à la maison y a du pipi sur la cuvette ohlala. Non, je ne papote pas sur mon portable avec Lola pour lui raconter combien les hommes sont égoïstes et ma mère névrosée. Non, je ne vole pas vers l'amant obligatoire pour mon épanouissement sexuel  après 7 ans de mariage. Non, je ne vais pas chez mon psy (ça, c'est le jeudi entre midi et une heure). Non, je ne vais pas à Intermarché faire mes courses seule (quoique j'avoue que la solitude Intermarchoriale  a quelque chose de jubilatoire).

J'ai MON heure de pure régression.

Pendant que les autres mères  courent vers de fabuleuses aventures, je m'installe dans la voiture, sur le parking désert. Je fais tout ce qui est interdit: je bouffe des Haribo, je fume des clopes sous la pluie parce que dans la voiture, c'est mal. Je me vautre sur la banquette arrière, les yeux grands ouverts, les bottes sur le siège avant (oui, je sais, je suis une vraie rebelle) et je ne fous strictement RIEN.

J'adore le samedi matin.

J'épile mon blog

Suite au défilé Printemps Eté qui sévit depuis peu dans le blogomonde

Mon blog aussi va devenir tendance

Demain dès l'aube, Je lui fais les jambes à la cire tiède, et, s'il est sage, le maillot.

La Honte ou comment j'occupe mon temps dans les réunions (très)chiantes

Guy Degrennes, si tu me lis...

Moi aussi, je souffre.

 

 

 

 

Alors si t'as besoin de quelqu'un pour dessiner des fourchettes ...??

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