25 mars 2008
Ca ressemble à une comptine.
Le cercle de famille rétréci à grands cris, rétréci à ma seule descendance. C'est peu pour faire une ronde, et moi je tourne en rond.
Il me faudrait admettre pourtant, la chance encore ...? le ridicule d'une si vieille orpheline, le banal d'une encore jeune séparée, le quelconque d'une utérine avortée, le falot de l'éloignement amical, stupéfaite portant d'être vidée de tout ce qui doit faire substance.
Les pas autour du marbre ne me rappellent rien.
Mon sommeil plus léger qu'une idiote hypothèse,
des certitudes collantes aux doigts, secoués, dont on ne se débarrasse pas,
des espoirs à chaque fin de cauchemar, en coda.
Chaque fois que je me surprends à vouloir, je me constate un haussement d'épaule, comme un gosse qu'on sort du jeu, qui joue à ça n'a pas d'importance, je m'en fous, rompue au rebattu de mon absence sur tant de photos,
même celles où je pose.
Il ne reste pas grand-chose quand il ne reste que la fierté.
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23 janvier 2008
Mots de tête
Et ce morceau , avant même de l'entendre, avant même, je savais qu'il me tuerait.
-§-
Réveillée pour rien. Je n'ai pas soif, ni mal nulle part, eh non, je ne vais pas mourir.
Réveillée pour rien, par personne, ni pour l'amour ni pour lire.
Ce réveil précoce comme l'angoisse, un même nom. Plus je cherche le sommeil, plus il se détache de moi, la coïncidence suinte comme un souffle entre mes doigts.
J'ai peur d'être épuisée demain alors que je ne suis que dans la fatigue de me vivre. Jamais je n'ai connu ça dans le deuil, l'épreuve, ou même les débuts enflammés d'un amour. Des nuits trop courtes, des nuits blanches mais pas ces nuits qui me découpent, s'imposent comme cette "entre vie" où je n'habite même plus dans ma propre existence. J'ai beau n'aller pas si mal, je ne me déprends pas de ce souci de moi, on dirait.
L'insomnie me rappelle ma solitude, comme un sarcasme. L'insomnie se rappelle de toi. Et d'autres qui ne sont plus là.
Quand je dis "ça va passer", ce n'est pas seulement pour me rassurer. Cette fois, je le sais.
-§-
Je me serre contre moi, je devais être comme ça, foetale, enfin, tu te doutes que je ne me rappelle pas, hein. Je fais ce vide qu'on dit essentiel pour le lâcher prise tout ça, tout ça. Et je me rends compte que ce n'est plus besoin. Je suis vide. Ce n'est même plus toi qui me manques, tu sais.
J'arrive à sourire des concertations, des stratégies de résolution de problèmes, communications pour le pire quand le meilleur s'en va: et ces discours tant entendus autour ce qu 'il faudrait faire, (moins vite, mieux, moins, ne pas faire, laisse-moi faire, faire avec, faire ensemble, ne pas se laisser faire) Ce désir de moi, agissante remuante pour le plaisir de toi. Et mes silences outragés, mes "désirs", que je croyais... mes "Mais je t'aime est sans nuances, je ne veux pas nous négocier" desespérés.
Agir, avancer, décider, contrôler, maîtriser, informer... tout ça ne m'a jamais parlé. Je me contente d'évoquer. Je n'ai jamais vraiment parlé. Le reste, désolée, ça ne m'a jamais donné le sentiment de mieux vivre. "Tout acte est un symbole dont le poids m'écrase."
On croit avoir le choix, tu sais, mais les choix, c'est toujours après. Pour avoir l'illusion de poser un acte, il faut d'abord morfler.
Quand je dis "ça va passer", ce n'est pas seulement pour me rassurer. Cette fois, je le sais.
-§-
J'arrive à sourire de ça. Je me moque de nous; je me trouve super détachée, un peu au-dessus de moi, de la jouissance de souffrir tout ça, d'être habitée par plus vaste que moi, je me trouve super "élevée " comme nana...Alors c'est pour ça, c'est pour ça, je ne comprends pas. Est-ce trop de mémoire, pas assez de certitudes ? Le mystère demeure entier, et les mystères, j'ai passé l'âge de m'y intéresser, enfin je veux dire ...je ne veux plus m'y accrocher.
Je me réveille, alors que je n'ai rien demandé, je te jure, je demande plus rien à personne, voilà, on y est, hein, ça y est, j'y suis arrivée. A ne rien attendre, à ne plus demander. A garder mon désir pour moi comme on a "un jardin secret", à garder mon désir fermé puisque si je le dis, je deviens un danger.
Et je me sens comme une condamnée à n'aimer que moi-même, à m'adapter aux saisons.
C'est l'insomnie qui me dit non.
-§-
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16 décembre 2007
(m)
La vie est un état d'esprit, paraît-il. Je t'avoue que je crois que la mort, c'est pareil. Toutefois, à l'heure où je t'écris cette missive, encore toute gueulée de bois d'un vin à 15,5 °, mon cerveau droit a choisi de survivre, c'est comme si j'escaladais un muret de pierre tu sais, prendre appui des deux mains, lever le popotin, balancer une jambe, se tenir assise un moment, plier l'autre jambe, c'est parti.
Souvenirs d'un week end où je n'étais pas vraiment là...
Tu avais des rires en pagaille, juste tu ne le savais pas...j'avais le front posé contre le froid de la vitre, très consciente de l'image qu'on avait de moi, je t'avoue quelques fulgurances de narcissisme, oui. Moi un petit plus haute que moi, me regardant comme ça, de biais. Les flocons qui volaient, et la buée projetée contre la paroi. Cette tentation toujours, reminiscence d'une pré adolescence très nevrosée, d'ecraser ma bouche contre le verre en galot de voyou, comme quand on s'entraînait, d'écraser mes lèvres contre la glace et d'éclater le pyrex avec les dents. Aussi.
Il était minuit et demi, l'heure du wisky. Il fallait chanter maintenant. Sister golden hair version metal. I've been too to hard to find, recroquevillée comme un Robert Plant tout esquitché. Il y avait une photo, une vraie d'Iggy Pop mal scotchée torse nu, pour pas changer. Iggy, tu dois te peler, j'ai pensé.
Il était deux heures vingt deux, l'heure du spiritueux, Il fallait parler maintenant. J'ai raconté une toute autre vie que la mienne à un fille aux cheveux courts, et j'ai dit un semblant de vérité à un type aux cheveux dreadlockés, qui faisait ha ouais ha ouais d'un air pénétré.
Je me gelais, les mains au dessus d'un poèle, je me balançais sur The pageant Of the bizarre, va savoir pourquoi va savoir comment, je voyais des pavés, et moi qui les arpentais, je me voyais marcher, et ça tournait ça tournait ça tournait.
J'ai regardé le nombre fou furieux de livres, beaucoup de japonais, le nombre maniaco-dépressif de CD, beaucoup de Lo-fi, d'ambient trance, les classiques que j'ai toujours aimés, quelques français qui m'ont épatée. J'ai tracé quelques lignes sur mon chéquier, parce que je n'avais que ça comme papier. Tu veux un post it, on m'a proposé, et j'ai ri pendant environ trente minutes sans m'arrêter, parce que c'était drôle.
Une fille disait combien c'était difficile de rendre à l'heure le travail demandé, la pression insupportable, et les téléphones qui sonnaient, une autre a dit que krups valait cent fois senseo, le grand ne disait pas grand chose mais il jouait divinement du clavier. Le couple mixte ne trouvait pas à se loger, et j'étais révoltée. J'ai pas osé raconter le nombre incalculables d'enfants qui perdent leur père en ce moment, je ne sais pas si c'est moi qui ne vois que ça, alors que c'est comme d'habitude, mais je n'ai pas osé le dire. J'ai juste chanté avec Bran Van 3000 Whenever you need me, i'll be there, so i'll be around...je me la pétais funky tu sais, épaules serrées, bras pliés, quand tu ne danses que du haut du corps, yeux fermés, et que le son te parait si merveilleusement adapté à l'instant...
Il était trois heures moins le quart l'heure du pétard. Assise dans un coin de la pièce les jambres repliés comme si j' avais encore l'âge d'être une ado qui souffre dans son coin, à part, pour bien me faire remarquer, la tête dans les genoux. Patti Smith reprenant Smell like teen spirit, si tu vois ce que je veux dire. N'empêche c'est exactement comme ça que je me sentais, je me disais que je voulais rentrer, rentrer, mais que ça ne voulait plus rien dire rentrer. Et ça me désolait. Home j'ai chanté. Je rajoutais un m dans ma tête et je souriais, toute contente de ma trouvaille.
Après j'ai dit au revoir au revoir et puis merci, et je le pensais, parce que j'avais pas ri et senti la simplicité des gens comme ça depuis assez longtemps. Et j'a dormi d'une traite, un sommeil lourd sans rêves, abruti et vide, la main posée sur le ventre de cops reelle qui m'a dit Héhohého faut pas déconner.
Il y a eu la route, longue, longue comme un jour sans rien, la main parfois sur le volant, parfois sur la cuisse, we are men of station we are troubled men just the same but we're not as hell as you. Ca roulait bien, je suis bien rentrée, j'ai sorti mon chèquier pour recopier sur un cahier tous les disques que je dois acheter. Sur l'immense table de la cuisine, il y avait des blousons des k way, des cartes, un colis eventré, des radiographies, des résultats d'analyse, un quignon de pain.
Dans la pièce du bas, celle au parquet blond, au rideaux rouges, aux lampes de cuir, un bordel innommable régnait. J'ai tout ramassé, et je souriais,
Take me somewhere we can be alone, make me somewhere i can call a home
Il y avait des traces de pneu, sur le chemin, les VTT, j'entendais des rires, j'entendais maman est rentrée.
On a collé nos fronts l'un contre l'autre, comme sur des vitres glacées. Ca n'a fait aucune buée. Personne n'a mordu personne.
Personne ne s'est embrassé.
La vie est un état d'esprit, paraît-il. Je t'avoue que je crois que la mort, c'est pareil. Toutefois, à l'heure où je t'écris cette missive, encore toute gueulée de bois d'un vin à 15,5 °, mon cerveau droit a choisi de survivre, c'est comme si j'escaladais un muret de pierre tu sais, prendre appui des deux mains, lever le popotin, balancer une jambe, se tenir assise un moment, plier l'autre jambe, c'est parti.
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31 octobre 2007
«Laissez-moi seul(e) juger de ce qui m'aide à vivre."
Pour chaque chose, chaque mot, chaque claque, chaque palier gravi, chaque chute, chaque poing planté contre le mur jusqu'au sang dans les jointures, chaque crise d'angoisse qui me fait dérealiser, chaque rage qui me tord, chaque pas que je fais vers la fin de ce que je croyais eternel, chaque petite désillusion devant la lâcheté, chaque non surprise devant ma lâcheté, chaque chèque de 60 euros signé pour me donner un semblant d'existence, chaque souvenir de moi roulée en rien sur le lit, en me disant quand donc cela se terminera, chaque espoir qui me fait me relever sans hésiter une minute, et chaque fois où je baisse les bras, pour chaque conversation un peu drôle qui me fait me sentir vivante à côté d'un autre qui m'entend, pour chaque matin, et les mollets nus de mon fils ensommeillé dans l'escalier à cause du pyjama relevé, chaque bonheur immense que je n'ai toujours pas compris de rouler longtemps avec la musique pour toute compagnie, un jour de grosse pluie, pour chaque fou rire à propos de pas grand chose ici ou ailleurs, parce que ça vaut nique la peine, de rire, tout le temps. Chaque sanglot que je ne retiens plus quand je suis envahie par la tête de mon père, un peu partout. Pour mon père qui est mort, je ne le verrai plus. Pour elle, bien vivante, qui ne me verra plus. Pour chaque chose que j'ai dite et que je ne regrette pas, pour chaque chose que je n'ai pas dite et je ne regrette rien, pour les regrets quand même, parce que les mots, je m'en fous, pour les remords à trois sous, pour la 4l, et nous deux dedans, quand tu ne regardais plus la route, pour les croquis, pour les photos que tu prenais de moi, et je ne voulais pas; pour tout ce que je t'écrivais et que tu ne lisais pas. Pour toutes les amours que tu m'as fait, pour toutes celles qu'on ne fera pas. Pour chaque coup de téléphone où mon coeur a battu trop vite, pour chaque nuit d'insomnie, les pieds au mur, pour chaque visite sordide chez un avocat, pour chaque sourire encore quand à moi tu ne la fais pas, pour chaque déception toujours, parce que tu vois, je m'en lasse pas. Pour chaque chose, tu vois, comme un cliché auditif,
je continue de coller une mélodie, ça m'occupe et ça file, sinon un sens, au moins un son à ma vie.
21 mars, 1er novembre, et là

«Nous avons inventé autrui
Comme autrui nous a inventé
Nous avions besoin l'un de l'autre."
(P. Eluard.)
Et c'est déjà pas mal.
(Montage Pha(R)sme)
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20 octobre 2007
'
Tu sais, c'est comme quand tu te réveilles, ça peut être très douloureux d'être en éveil tout le temps.
Faire complètement corps avec la fin d'un temps; regarder l'autre ne rien comprendre à ce que tu es devenue, ne plus être tentée par les machines arrière, jusqu'à la jouissance de se perdre, jusqu'à l'illusion de le sauver de lui-même.
Ne plus attendre rien. Et te surprendre quand même dans ce grand trou creusé par le manque de rien, à ressentir plus que jamais le mal ou bien, le bon.
Réaliser que c'est chaque fois que tu t'échappes que l'autre te retient, réaliser que les stratégies de séduction ne marchent que lorsqu'on n'est pas amoureux, réaliser que toute les déclarations d'amour ressemblent à des déclarations de guerre, que toutes les déclarations de guerre se font par amour, se dire qu'on aimerait bien choisir la paix.
(je relis ma note là, et j'ai l'impression d'être devenue Florent Pagny)
Avoir la lucidité de reconnaître que c'est de la souffrance de ton père dont tu ne peux te décrocher, pas de sa mort. Celle-ci t'habitera toujours. Tu peux toujours, par économie psychique te dire que c'est ton père. C'est poétique. Il faut bien nommer les parties perdues.
Grandir, enfin je veux dire avancer, enfin, survivre.... c'est perdre, et selon la musique que tu écoutes au moment où tu ressens l'amputation, cela te paraît grand
ou à te tordre de rire.
Je pars à la recherche de témoignages en terre etrangère, et cette terre c'est moi.
Modest Mouse "talking shit about a pretty sunset"
I’ve changed my mind so much I cant even trust it
My mind changed me so much I cant even trust myself
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02 septembre 2007
Déboires, mon corps s'est arrêté.
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08 août 2007
Une petite noyade avant de réapprendre à surnager
Tu veux que je te dise, ce que j'aime avec moi , si tant est que j'aime un peu ma compagnie, c'est que quand ça se casse la gueule , ça se la casse franco de sale porc.
Je devrais exiger des égards, de la politesse, quelques révérences, au lieu de penser que , bon, on va pas perdre de temps en circonvolutions. Je vais te dire, désormais j'exigerai qu'on se circonvolutionne, qu'on se contorsionnne, même.
Je vais m'aimer comme on ne m'a jamais aimé. Enfin, je vais tenter.
Quand mon égo aura atteint le poids et le volume d'un baleineau de belle facture, je dirai hein, mais qui êtes vous ? aux amis qui m'invitent aux barbecues pour que je refasse ma vie, mais en mieux, au lieu de me choper une angine. tellment leur "en mieux" m'empire les nerfs.
Je dirai à ceux qui se plaignent d'être déconsidérés, que chez moi, je sais pas s'ils ont remarqué, y a toujours à boire, à coucher, à manger; sans le venin de la culpabilité là, qui me brûle le sang. Je le dirai.
J'irai seule au cimetière, papa, je te dirai à toi, combien je me sens conne parfois.
Je te dirai à toi, allongé tout en bas, et je te vois même pas, que là, là, oh putain ça va pas.
Aux autres, j'arrive pas.
Je le sais maintenant qu'il avait raison le docteur en plasse, que la phobie sociale hahaha rions, c'est qu'un masque pour dire combien j'y crois pas, à moi, dans le monde, combien le monde aussi, je peux pas. Ca me fait rire, dans le meilleur des cas, et la plupart du temps, me tordre les jambes sur des quais de gare. J'attends des trains qui viennent pas.
C'est normal , aussi, je réserve pas.
Je te jure , je le sais que je donne bien le change avec mon sourire ultra brite, et mes vannes a deux francs, mais j'en ai marre, mais marre de tout ce vent. Dehors, dedans.
Je viendrai encore te raconter , avec des balbutiements qui seront presque drôles mes positions sexuelles préférées, pendant que d'autres se débattent avec les névroses qui les empêchent d'être aimés. Pour les névrosés qu'ils sont et moi je les aime. Comme ça.
Sans félures, tu m'intéresses pas.
Et je me sentirai encore, et encore plus a contretemps qu'une mesure de free jazz.
Je te dirai
tout ce que j'attendais, avec des battements de mains de gosse, et que je n'espère plus. Même pas en rêve.
Bien sûr, ça se diagnostique, on coche des croix dans des petits carrés et maintenant tu sais, qu'après le grand désir, celui qui te fait serrer les jambes, regretter les pantalons slims, les soleils boursouflés, vient le temps de la torpeur, de l'atonie, de cette misère qui me scie, de cette aboulie qui m'asphyxie.
J'écouterai encore tous ceux qui se racontent et me font croire qu'ils m'entendent un peu. Tu veux que je te dise, vraiment ?
C'est toujours toujours la même histoire, trêve de confiseries frelatées, je tends l'oreille pour ne pas que tu te pendes, et à la fin je me retrouve plantée, avec ta corde autour de mon cou.
Et je me dis mais pourquoi ? Pourquoi j'accepte ça ? Regarde toi, merde, le caissier du Spar est raide dingue de toi, et pourtant t'y vas pas maquillée, au Spar; la gynéco t'a dit qu'elle avait rarement vu périnée plus tonique, à ton âge, ton fils commence à se ronger les ongles comme tout enfant normalement constitué dont les parents n'ont plus rien à aimer, certes, mais il sait lire pratiquement, sans avoir jamais suivi de cp, et toi, toi, tu te plains ?
Ho mais t'as pas fini ? je me dis et je me secoue comme un prunier, je m'autoflagelle à coups de pieds au cul, autodonnés, je trouve que Cali pige Que dalle ça ferait un super pseudo , ça m'occupe.
Alors là, je me casse la gueule, mais comme d'habitude avec le sourire, the show must go on, et tout et tout, mais je sens bien que je m'effondre, que je m'exhale comme une putréfaction de marécage, que je sombre comme un navire pas très mâté.
Pourtant, je te jure, j'ai tellement l'habitude qu'on me dise "ca passera", tellement l'habitude que , même si pas très passé, au moins toujours fort bien avalé,
que même pas moi, je me crois.
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19 juillet 2007
Des Odes Données (à cause du jeu de mot avec Désordonnée, ouais ouais)
Ne fais pas celle qui ne sais pas, qui se cache. Il y avait des choses que je savais, comme le goût qu'on a , ou le dégoût qu'on entretient. Mais en te parlant, j'ai découvert les maux qui sous tendaient ces aversions là, ces attirances . J'ai ouvert un peu de confiance, à la mesure de celle que tu m'as donnée.
Il y avait des choses , je pensais que je m'en moquais: le mot pour le dire, la finesse, la féminité au lieu d'un féminisme de façade lézardée. Je le sais que je cherche une mère et que j'ai toujours peur que certaines filles ne m'aiment plus, du coup, et je sais que je hais beaucoup d'autres, avec un fiel qui vous étonnerait, évidemment. Maintenant, je peux le dire et désormais, je ne m'anéantirai plus pour conserver le regard des premières , je ne regarderai plus les secondes. Je ne me désagrègerai plus en avalant ces pygmalions.
Je pourrais te les dire, mes tartines, et choisir le mot juste pour te dire l'importance que tu as su me donner, et celle que tu prends. Je pourrai les exprimer les fous rires, les télépathies hallucinantes, les phrases que tu finis quand je les commence, celles que je commence et tu me dis je te l'avais dit.
J'aurais pu te dire qu'il est sans doute rare d'être foudroyée par une telle évidence: quelqu'un vous connait parfois bien mieux que vous. Sait les mots pour te dire.
J'aimerais parler de ton charme, de tes fragilités, de ta force qui a des vêtements de sensibilité, de ta rayonnance fulgurante aussi tant qu'on y est, mais ho y a des limites et faut pas déconner.
Acte deux, et le rire au goût de dessert 
Tu te rappelles ? J'étais si timide et tu m'impressionnais, je lisais et ça me donnait le courage d'écrire ce que j'étais, de faire mon coming out d'identité. Je riais et je reconnaissais, le regard sefarade, l'ironie , comme une politesse, l'auto dérision comme un rempart pour ne pas s'effondrer. La panique et le regard de l'autre comme des leit motiv scandés, des questions , et tu tremblais des réponses, et ce clan que tu m'as présenté; la famille que j'aurais bien aimé. Avec les moqueries du vendredi soir quand mes shabbats de petite étaient tellement glacés, les private joke jamais excluantes (parce que l'exil, on le connaît) et regarder couler, et mieux aimer le sang un peu lourd à porter.
Cette lucidité, les moqueries, avec la peur avouée. Et ta bouille aiguisée, ta voix affutée. La sémite complicté. (même si on n'est pas des nanties sémites comme Byby)
Acte trois comme une philosophie amoureuse
Alors toi tu m'excuseras, mais tu arrêtes de me donner l'impression d'avoir tant d'années de moins que toi, (quand c'est tout le contaire) et de me sentir tellement petite devant ton regard sur certaines choses, ce droit que tu nous donnes d'être dépressifs, cette liberté de danser et de transformer la foldinguerie en défonce avisée. La franchise exceptionnelle sans concession pour toi -même et tu crois que ça éloignera , et moi je te dis que ça te rapproche de l'essentiel, même si...Et cet humour qui fait autant de ravages que sans doute ton minois.
Acte Quatre Comme Quatre coins de cadre.
O toi, tu fus la première, et on s'est quasi pacsées, quelque chose de tellement franc et pudique entre nous , hein. Concis, direct. Sans circonvolution, jamais, ce qui n'empêche ni la politesse, ni la délicatesse. Ca doit être génial d'être homo, je me dis des fois. (smiley débile) En fait, c'est juste génial, cette communication là.
Je n'oublie ni ta voix (parce que c'est toujours ce que j'enregistre en premier, parce que j'y vois que dalle peut être, l'oreille s'aiguise en compensation du handicap visuel), une voix feutrée, pondérée, et je m'incline devant ton oeil.
J'avais écrit Négatif une fois.
Ma chère folie, ma belle privée ,
j'ai touché, si je puis dire, la magie d'un peu plus près. Après des mois si épatée, devant une syntaxe pour le plaisir du sens, exquisement torturée, des signifiants à plat couchés, et des douleurs bien signifiées, je dois dire que ce dont je me souviens le mieux, dans la réalité, c'est des formidables fou rires que l'on a partagés. Ce qui m'inquiète, c'est que maintenant quand je t'ecris, je peux pas m'empêcher de slammer. (Et Sygne a dit bien mieux que moi)
Huguette,
toi tu te grattes, même pas tu viens , même pas tu bloggues, genre moi j'ai une vie ho la j'ai pas que ça à foutre.. madame gnagna, alors je le dirai pas que je pense que tu es la plume des hôtes de ces bois, et que de nature envieuse uniquement pour les nanas plus grandes que moi et avec des gros seins (ce qui fait un gros paquet quand même) je t'avoue humblement que si je devais choisir un style à copier, c'est le tien que j'irais voler. (ou celui de Dis_ngaged)...mais je vais me gratter ouais ouais je sais..
Madame la vivante ,
madame la peaufineuse, madame qui regardes le monde, poétiquement, toujours joyeusement, mais avec de si belles félures. "je voudrais te connaître jusqu'à l'enfance" madame qui connais le noms latin des fleurs , et qui réusssis à m'y intéresser (que moi les fleurs, habituellement, très honnêtement, si ça se fume, mange pas, à quoi bon ? ) Madame infiniment cultivée, délicate et si finement emportée, si perspicace, si efficace, si joliment emballés les livres envoyés, si élégante et je le sais. Madame qui je ne sais par quel mystère est la seule "devant" qui je sais pleurer.
Il y a toi aussi madame O, et combien tu sais lire. (et que je sais pas imaginer)
Et Cécile , le PAIN, le TRAIN.... (qui sont comme tes portraits)
Je ne pouvais pas conclure sans parler de toi, Copsréèlle, tellement réèlle , tellement là. Même si on te t'y lit pas.
Bon, tout ça pour dire que je m'en vais samedi, et ce sera sans connexion, hein, mais comme je suis hystéro -exagérateuse comme fille, qu'il faut toujouuurs que je me fasse remarquer, que chez moi, l'amour prend des proportions boulimiques, que j'idéalise fortement, et que par dessus le marché, ça me plaît, j'ai fait des odes au lieu de faire désordre. Ou pause là, t'sais Blog en vacances, blog en pause, blog qui s'repose...avec le noir et tout hahahha moi je fais pas ça, je sors de l'ordi-nerf si tu vois ce que je veux dire...
Je voulais écrire aussi une ode à un monsieur, mais j'avais peur que ça soit trop sexuel.
Bon....donc... signé

Ab6
eh ben.....??
QUOI...?
bon bon, j'deconnais...
Ab6
A très vite, je vous aime.
'musique illustrative à gauche...
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29 juin 2007
"Souvenir, présence invisible"
Tu peux appeler ça Absence en devenir.
Ou Présence en souvenir.
Tu lis de bas en haut de haut en bas, tu déshabilles un peu du mystère de ce regard trop à gauche, trop à gauche...
Tout est histoire de mise au point de point de vue de vue de l'esprit.
Just remember :
Ton absence ne te donne pas tort.
Mais
Si j'admets l'absence en futur, les conjugaisons immatures, les rendez vous ratés, les observations refléchies de ta langue, en bouche à oreille désenchanté, en bouche à bouche bien agrippé, les griffures irraisonnées des non dits, l'esperanto desespéré des musiques balancées,
j'ai bien du mal à avaler que nos mains ne se soient pas touchées , nos yeux un peu plus rencontrés,`
et nos maux un peu mieux pansés.
Mais.
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