31 octobre 2009

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Ecrire n'est pas une ambition que j'aie, c'est ma manière à moi d'être seule. Tu vois, je fais ma Pessoa, parce que là, j'ai besoin de transformer le vertige en une expression corporelle, et écrite de l’angoisse de ne pas trouver l’objet au rendez-vous et de chuter alors dans le vide. J'ai besoin d'élaborer pour plus me perdre. J'ai trouvé que ça. Je fais des rêves tellement freudiens que si j'avais pas la mâchoire tétanisée par cette imminence du pire, je me moquerais de moi. Y a du flou devant mes yeux et je fixe devant tout droit pour pas plonger. Y a rien de grave, rien du tout. Ca n'a jamais été aussi bien, aussi tranquille et ça m'exaspère que ma part malade ait encore ce pouvoir de tout me gâcher. J'ai pas d'ailes pour m'envoler. J'ai jamais rien eu d'un ange.  J'ai pas tant de défenses, même dans ma putain de forteresse. J'ai ce visage amical et neutre qui fait illusion. Je pense tout le temps et comme je parle peu, même moi j'ai fini par croire que je réfléchissais jamais. Je voudrais me zapper quand je panique comme ça. J'ai quelques mois tu vois , à ce moment -là, je suis qu'une petite créature toute archaïque, aphasique, qui tête dans l'air pour trouver des contours, c'est tellement primaire, tellement froid,  sans même un barreau pour se retenir, c'est tellement le vide blanc que je m'échappe dans une réalité parallèle et pas franchement jouissive - quand bien même il paraîtrait que oui- où je ne reconnais personne à force d'être perdue dans moi-même. Je devrais faire sans les bras, sans les épaules, sans les mains. Il y a ces immenses magasins où j'étouffe, ces cages d'ascenceur où je me noie, ce vacillement du corps, tout le temps. Je crispe mes synapses pour me rappeler pour qui pour quoi à qui à quoi, pourquoi. J'ai toutes les réponses, toutes et rien ne comble la béance. J'attends, sans pleurer, mon visage reste lisse, tu sais amical et bienveillant, je crois même, malgré tout ce que tu continue à dire, que je suis aimable. Et que je parviens à continuer d'être aimante. J'attends que ça passe. Ca passe toujours.  J'ai comme à mon habitude, vérifié l'intérieur,   des ovaires qui créent, des seins qui nourrissent, des reins qui éliminent,  comme d'autres vérifient cent fois le gaz, la porte fermée, font des listes. Ils sont dejà dehors, ils sont dans le monde et moi je suis à l'intérieur de moi, une glaise, une boue que personne  n'a façonné pour tenir. J'ai vérifié. Y a rien. Et l'angoisse contenue, circonscrite dans un espace socialement acceptable se répand maintenant, les digues éclatées, du vertige à l'abandon, de la terreur à l'anéantissement. Merde. Je veux rien faire sans penser tout le temps à la mort Je veux t'aimer sans avoir peur Je veux courir sans tomber Je veux sortir le noeud de là-dedans(oui oui)  je veux le regarder bien en face et lui cracher à la face avant de le jeter à mes pieds pour lui fracasser le crâne d'un joyeux coup de botte. Amicale et bienveillante mon cul.

 


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