26 janvier 2009

il n'y a pas d'humour heureux

Il n'y a de libre que la bête. Creuse cet espace-là. Il faut tendre l'oreille au frisson de l'aurore (ça veut dire qu'il faut écouter mais seulement au début). Admettre toutes les fissures que te grave l'exil, le cul posé dans l'herbe. Et savoir la rareté du feu. Prendre de l'iroquois la liberté de se taire, pas les plumes. Ne pas baigner trop longuement dans le jus de la colère. Tu n'as rien à prouver, rien à dire, même si la douleur rend précis.

Un policier froid de type aryen était à l'encoignure de mon rétro. Il a montré l'absence de ma ceinture du doigt, en dressant un procès verbal. Et puis, il s'est mis à vérifier les plaques, toujours ce masque de cire, un peu poupin, on aurait dit Karl Dorf dans Holocauste. Il fallait que je me cache. Je ne voulais pas payer.
J'ai raconté des choses, des choses sur ma vie, sur les garages et sur les délais légaux. Il m'a emmenée plus loin, il y avait d'autres agents. Ils étaient tous aussi désincarnés que lui. J'ai compris que c'était un piège, que je n'aurais pas du le suivre, pas du contester l'amende. Ils étaient nombreux et ça allait barder. Ce n'étaient pas des agents de la Police Nationale censés faire régner l'ordre et la civilité. C'était des imposteurs. Je me suis réveillée. Ne compose pas avec le surmoi ma poulette. Paye l'amende tout de suite et passe à autre chose.

J'ai relu Aragon. "Je vais te dire un grand secret j'ai peur de toi je vais te dire un grand secret ferme les portes il est plus facile de mourir que d'aimer c'est pourquoi je me donne le mal de vivre mon amour. "Je vais te dire un grand secret il est plus facile de partir que rester c'est pourquoi je me casse mon amour. Je vais te dire un grand secret ferme ta gueule c'est pourquoi je te donne deux heures pour décamper.

J'ai besoin de briser ce qui me fait pleurer.

Et alors ?

 

 

 

 

(Jason Molina- Honey Watch your ass ...à venir, là j'ai la flemme)