21 février 2009

insomnie 547

Chez toi, l'insomnie c'est juivo tragique (pléonasme). C'est pas je dors pas merde, c'est pas profitons en pour faire une oeuvre d'art nocturne incomprise, non, ça prend illico des allures archaïques, des odeurs de préhistoire, des terreurs de gosse,
et chaque fois que quelque chose te fait penser à une peur d'enfant, regarde -toi, tu penses à la folie. Interroge -toi dès que tu auras cinq minutes.  Ta tête frôle l'oreiller et la nuque pèse comme du plomb, c'est la douleur de la perte, ou un déguisement, cette tête trop lourde comme une mappemonde sur une tige, qui tangue , ma tête trop lourde sur ma colonne vertébrale pourrie.
Je t'écris de ma nuit de merde toute coincée tu sais j'ai envie d'écouter against fascim quand ca fait it's the song i hate it's the song i hate genre comptine déchirée. Et après on the strip la voix qui joue à rien, Purr pour sautiller partout; tomber. Je sais pas pourquoi je reviens toujours à cet album, il parait que c'est pas celui là le bien, le top mais moi c'est celui-là qui me pénètre le mieux et le plus fort, la bonne cadence exactement.  C'est à cause des médicaments je crois, ça me rappelle ce besoin de distorsion dans l'écoute, tu sais ces concerts ...nom de dieu, j'étais très jeune, très jolie, très malheureuse, complètement perdue, égarée, désaffectée, camée jusqu'aux sourcils.  Sonic youth chimiquement modifiée, tu peux même pas savoir, c'est juste une jouissance incroyable. Je peux pas. J'ai peur de la défonce maintenant. J'ai d'excellentes raisons d'avoir peur. Je t'écris d'une nuit , dans cette hypervigilance coincée et affolée qui ne cède pas au lexomil au diantalvic aux myorelaxants, qui ne cède à rien. Je cède jamais. Voilà c'est plus joli comme ça, genre la cheguevarra du sommeil, la révolution en marche sur ma couette, le sommier de la Résistance,  c'est plus littéraire, si je fais de la métaphore.  J'ai peur de mourir peut être tout simplement, c'est juste ça. Cherche pas l'alambic de la synecdoque, cherche pas les masques de la névrose, les apparats, toute basique tu es.  Tu as juste peur de crever. Après c'est  de la littérature, enfin, c'est du blog quoi.