04 septembre 2006
Amok
C'est tentant, une bonne fureur malaisienne, une crise de rage vengeresse illimitée. Parce que je sature souvent de ce faux self obligatoire, de ces projets constructifs tellement nécessaires, oui, mais tellement ardus pour l' asthénique congénitale que je suis...Et qui de toutes façons, foirent, alors...
Faux hasard, vrai bazar, mon pseudo titre de blog, c'était pour rire, mais c'est pas rigolo.
Avec bien sûr, des petites obsessions rituelles, pour compenser l'oralité bordélique:
- me laver les tifs un jour sur deux, même s'il n'y a plus d'eau chaude, même s'il n'y a plus de shampoing , même s'il n'y a PLUS d'eau...
- se désaper sitôt rentrée à la casba, qui est bien partie pour rester une casba, en vérité je vous le dis parce que les travauxmoncul.
- une sorte de précipitation angoissée irraisonnable et irraisonnée sur l'heure de coucher et de bouffer du gnome.
Mais POUR LE RESTE, c'est n'importe quoi.
On ne s'habitue pas, on joue les volontaires acharnées de la belle résolution de rentrée, de l'objectif splendidifique du nouvel an, avec le régime Cosmo à gauche et le patch à droite...Et j'ai déjà oublié d'arrêter de fumer, déjà cessé ma parodie de j'me prends en main, je mange sain, je m'active le flan des fesses.
RIEN A FAIRE.
Nouvelle cause de procrastination: j'ai plongé dans des vieux bouquins de cave retrouvés, des vieux Comtesse de Ségur qui sentent l'humide. Minotte, je trouvais que tous les livres qui parlaient de déportation, de camp de la mort , avaient la même odeur, quelque soit l'endroit où je les trouvais. Il m'a fallu longtemps pour déterminer le ppdm, longtemps pour comprendre que c'était mon odeur que je sentais; une bonne petite suée d'angoisse acide. Même odeur redécouverte quand j'ai lu Bergeret, et que je voyais bien que c'était de moi qu'il parlait.
Bref, je disais donc...LA Rostopchine au lieu du vélo d'appartement et des lamelles de courgettes au fromage blanc.
Comment j'ai pu me faire l'intégrale de cette nénette à 7 ans ??? (ouais je savais lire à 4 ans et demi, ça en jette hein ? faut dire aussi que j'avais que ça à foutre...) C'est des bouquins de sado maso facho raciste. Haha le BON Rame, serviteur noir d'"Après la Pluie le beau temps" qui parle le petit nègre après 35 ans en Normandie, et qui se sacrifie pour tout le monde "Mon bon moussu Jacques, ma pitite maîtresse", en bon sauvage énervant...Je relis et je me dis "Mais quand c'est qu'il l'encule la tache, là???"
Je me disais pareil, à sept ans, en bonne petite perverse polymorve ?
C'est le propos des mails que j'échange avec ma soeur du Viet nam...Ca nous fait rire. Le reste, ayéééééé, j'm'en fous déjà.
MAIS POURQUOI ?
Parce que je ne sais pas faire ? Parce que j'ai le blues de la mère de famille débordée (avec UN môme et un mari qui s'est pas (encore) barré et qui assure plutôt ? Parce que l'insatisfaction chronique etc ?
Je déteste être ça. Entendons-nous bien. Je lisais dans TV hebdo de NICE MATIN (OUAIS OUAIS j'en suis là !) une interview de Charlottte Gainsbourg qui interrogée sur son rêve de bonheur , répondait: " Vivre, enfin, dans l'instant, les joies ou les peines, mais au bon moment."
Comme le dépressif qui se couche avec plein de yaka dans la tête parce que la sérotonine merdeuse le lâche un peu à cette heure -là, et qui se réveille, déjà l'angoisse au bide, et épuisé, et qui ne comprend pas, puisqu'il n'y avait qu'à...
Point positif: j'arrive à en rire désormais. Tout à l'heure quand le moitié m'a dit qu'on était vraiment dans la daube niveau banque, j'ai ri, aussi. Je m'amuse beaucoup, je me fous bien de ma gueule. Il me suffit de penser à mon fils, ou à mon père et ça marche super bien pour me détourner le regard du nombril.
Je continue de me trouver moche, mais dans la joie et l'hilarité.
C'est un pas.
Bon, eh bien c'était un amok light,
finalement.
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