03 mai 2009
My friend Goo
Bon, j'ai le coeur regonflé à défaut de l'égo, et je reste polie. J'ai l'idée d'une correspondance où on fera bien semblant de parler d'autre chose que de nous. Ce sera mieux que des nourritures spirituelles, ou des lasagnes. Plus nourrissants. Je compte sur toi pour la mécanique quantique et la relativité du relatif, d'accord ? Je hocherai la tête parce que je comprends vite, mais pas longtemps. C'est comme d'emporter un peu de terre de son pays, quand on se sent appartenir à un endroit, quand on n'est pas un errant sémite, c'est comme toucher la racine (touch me la racine, brot'er), de rencontrer son grand frère, ou quelque chose comme ça, un cousin éloigné qu'on n'a jamais vu et qui , bingo, a le même pif que toi, le même sourire, la même connexion de synapses, ça me fait comme ça de te parler, c'est être juif, ou bossu, ensemble sans se prendre la tête avec Dieu, c'est rire de soi sans que l'autre nous soupçonne de nous sous-estimer. J'ai toujours cherché un ami, avec qui ne pas parler, qui écouterait vraiment mes chansons. J'ai toujours le mal du pays, mais je ne sais jamais lequel.
(Là-bas nous saurons bien nous cacher, disparaître,
Engloutis dans le vide liséré de la lune,
Ressentant que cela qui fait notre substance
En d'autres temps était musique)
(tadam)
J'ai toujours cherché quelqu'un qui me donne envie de le connaître aussi. Je t'avoue que je ne suis pas curieuse des gens, leurs secrets, leurs habitudes, je m'en fous. Quand ils se congratulent sur leurs blogs, ou se donnent des nouvelles de leurs hémorroïdes, ou se disent bravo, ho non toi +, non, non toiiii, moi pareil....! j'ai envie de leur crier "Envoyez vous des mails ! "Mais toi, j'aime bien ta vie, je suis curieuse de tes objets, de tes guitares, de ta boulangerie, de ce que tu penses de Soan dans nouvelle star. Ca me donne des idées pour bien vivre, ça me donne des idées pour m'appuyer, ou bien, le plus souvent, ça me donne aucune idée mais ça me fait bien plaisir.
-Alors aujourd'hui pour ton père (et aussi pour le mien), je vais réciter un kaddish....
-ça sert à rien. Moi, je suis juive que parce qu'on me le rappelle, en fait. Juif, c'est pas croire en dieu, de toutes façons. Pour tout te dire, juive, j'ai envie d'arrêter.
-ça ne sert à rien, c'est pour ça que je vais le faire...
(...pour le kaddish, normalement il faut être dix hommes, on va dire que j'en vaux dix.)"
-...
-voilà, c'est fait, même si je suis pas sûr que la version que j'ai lue soit la bonne, elle m'a semblé étrangement courte par rapport à mes souvenirs..
je me suis mis face à la porte fenêtre et j'ai lu en prononciation phonétique..
j'ai pleuré aussi, parce que je pensais à ce que ressent un enfant pour son père et aussi parce je pensais à ce que je ressens aussi un père (genre moi) pour son fils....
..
et puis j'ai reculé d'un pas pour laisser passer l'oxygène frais qui séche les larmes et parce que pleurer, ça va un temps...
maintenant, je souris à la vie..
hop...
- ok, moi pareil mais +.
- Je te le dis, on finira dans un kibboutz.
Je touche là où je touche, non là où je pense.
Je ne peux m’asseoir que là où je suis.
Et cela me fait rire comme toutes les vérités absolument véritables,
Mais ce qui fait rire pour de bon c’est que nous autres nous pensons toujours à autre chose
Et sommes en vadrouille loin d’un corps.
(tadam)

