25 février 2009

Juste comme ça.

...Ma lettre se transforme peu à peu en confession. J'écris pour soulager mon symptôme de graphomane. j'opère une thérapie épistolaire avec vous, un sevrage de ma boulimie de correspondance. Vous vous en doutiez peut être: on écrit toujours pour soi ( "on parle toujours de soi, le reste du temps, on fait   semblant d'écouter"). Si je rhétorise le phénomène des lettres, je m'en libère. Depuis ma plus tendre enfance, (qui n'était vraiment pas tendre, l'enfance à l'odeur de lait, l'odeur de miel, non non. L'enfance ça sent le sel et la transpiration, ça sent la trouille et l'attente, tendre enfance, c'est couillon cette expression), j'ai une propension abusive à écrire (le meilleur moyen de se taire, tu sais, c'est écrire). De partout et en tous points, j'en envoie; ce sont parfois de simples billets mais, le plus fréquemment, mes pages s'emplissent, (ça déborde). Au fil des années, les destinataires se sont diversifiés: des proches aux individus les plus éloignés ( jusqu'à n'écrire à personne)

jusqu'à n'écrire à plus personne.

J'ai jamais eu envie ni besoin de parler.

C'est pas grave.

(d'après un roman de S. Buyse)