30 mai 2009

Le parjure et la désenchantée

Tout à l'heure, tu m'as parlé des obligations, des devoirs et de la conscience. Tu dis que la douleur est une posture et que ça sert à rien de rechercher le temps perdu: Il est perdu. Tu dis qu'il faut avancer, pas regretter...Tous ces mots d'emprunteur, tous ces mots d'élévation , tous ces mots de réflexion...Tu es froid et dieu devrait te punir. Tes yeux ressemblent à des poissons, tu te la coules trop douce, je trouve. Et pourtant, je le reconnais, tu es un indifférent heureux. Je ne veux pas de sentiments trop nobles, je veux transpirer d'épouvante, je veux la dyspnée émotionnelle, je veux la tragique dérision, et la joie épouvantable, sinon je veux rien, je t'ai répondu.

Tu dis que je me la pète, que j'ai trop lu, qu'il me faut le complément pas assez circonstanciel, et trop d'attributs dans le sujet.
Tu es con et dieu devrait vraiment faire quelque chose. Je te signale que toutes nos apparences seront bientôt sous terre avec ce sourire idiot et éternel des squelettes, qu'on est tous là pour attendre, en quelque sorte, que ça finisse. Tu dis que j'ai l'imagination morbide et ça m'amuse toujours ceux qui ont tellement peur de la vérité qu'ils me déclarent morbide pour se débarrasser de leur pétoche, monsieur le juge, parce que je la regarde en face.

Tu es beau et dieu n'en a rien à foutre. Mais je rigole pas, je ne ricane pas parce que je t'aime, un peu, à la folie, et pas du tout, beau, froid et con. Tu me dis que je suis excessive et je suis scandalisée. Tu aimais bien que je traque l'absurde et que je rie plus fort que les autres, avec mes cheveux abusifs, qui volaient, pléthoriques, et ma grande bouche infinie pleine de dents outrancières ; tu aimais bien que je dise oui à n'importe quelle heure, n'importe où, même brisée de fatigue, même quand je voulais pas. Tu les aimais bien mes dépassements de mesure, quand ils te tuméfiaient l'ego...

Tu es traître et ça ne m'étonne pas vraiment de dieu.