20 juin 2006

Ma tête est une pierre qui roule et qui n'amasse rien.

J'ai besoin  de parler à des gens que je ne connais pas.

Alors, je me parle à moi-même.

 Quand le vide me remplit, je m'enfle d'inquiètude.

 Des angoisses que j'ai déjà parcourues,  quasi familières désormais. De vieilles  voisines un peu chiantes dont tu connais tous les contours, mais que tu ne sais pas encore foutre dehors d'un coup d'un seul. Tu peux pas t'empêcher d'écouter leurs ragots.

 Derrière chaque terreur, il y a un désir caché.

Derrière chaque écroulement, il y a une colère.

 Je tâtonne sous le lit, à la recherche de cette envie-là; je cherche dans les vieux placards, la nouvelle haine.

Mais comme un vieux réflexe  , une sale habitude, un automatisme de thérapeutisée, de réduite du crâne, d'"analysée".

C'est curieux, je sais depuis toujours que les réponses ne sont pas forcément les remèdes. A dire vrai, elles ne le sont jamais.

Je sais que ma phobie du crabe, c'est pour masquer le torrent du manque.

Je sais que ma neurasthénie, c'est pour cesser, enfin, de lui en vouloir. Une joyeuse gifle en miroir.

Mais bon, hein...Qu'est-ce que je m'en branle.

 Mais alors, c'est fou.

Et puis, dans le miel tout péguant qui me colle les synapses, les torsions du ventre, les malaises devant l'avenir, les vertiges face au passé,  l'appétit qui part en couilles, en tout ou rien, en bonne basique, je réalise mon véritable âge affectif: deux ans et demi. Je trouve que je fais vieille pour mon âge.

Je croise ma tronche dans le miroir et il me suffit de me souvenir qu'il fut un temps ou je ne me reconnaissais pas; tétanisée devant l'inquiétante etrangeté de moi-même, au bord du goufre psychotique, en le sachant,  pour que ça revienne. Pas pour de vrai. Mais ça fait peur.

Et puis, je ne sais pas si c'est l'âge, la maturité , la maternité, le courage qu'il m'a donné, je me rappelle de mes poèmes  asthéniques dans ces périodes là.

Un, curieusement, me remonte le moral. A la coup d'pied au cul sépharade way of life.

J'ai le mal de vivre, j'ai le mal de vivre

mais ce qui me fait vraiment flipper

c'est le mal que j'aurai

quand il faudra crever.

Ca calme.