17 juillet 2008
17h30, 17h30, 17h30...etc
Jeudi: 17h30
Aujourd'hui, le Réducteur de crâne me disait tout le temps quand je me taisais : "Et là ? qu'est-ce qui vient, là ?"
Je ne savais pas quoi dire. Rien ne venait, pas d'images, rien, juste des sons. La pensée désincarnée.
-Qu'est-ce qui vient, là ?
-Beast de Okay.
-Pardon ?
-L 'intro de I'm not an exception de Leiv.
-...Qu'est-ce qui vient, là ??
Il disait ça tout le temps, alors j'ai fini par dire " Mais pourquoi mon silence vous gêne tant ? mmmh ?"
On a bien rigolé.
Enfin, surtout moi.
(Ma vie n'est que joie, cascades de rires, luminescence, tu vois)
Flash back:
Depuis que je suis née, depuis que je suis née, j'ai mal partout. C'est pas le mal d'amour, c'est le mal d'aimer. J'ai mal dans tout le corps et même -ne lésinons pas- dans le corps des autres, et quand je n'ai plus mal, j'attends la prochaine douleur tellement je reconnais rien dans le bien.
Depuis que je ne suis plus angoissée, je suis en colère, une fureur, tout le temps. Je suis en colère contre tout ce qui me fait peur, ceux qui m'ont trahie, comme des agents doubles, les chiens. Elle qui a dit qu'elle ne voulait plus me voir, et qui aujourd'hui me dit que je refuse de la voir. La double contrainte qui m'a accompagnée toute ma vie qui fait que tous mes contours sont si flous et toutes mes amours si foutues. Lui qui est parti pour toujours. Je suis en colère contre tous ceux qui me disent que j'ai de l'importance, en se reluquant le nombril,(Et je pèse mes mots). En colère contre ceux qui me donnent la main pour me couper le bras, qui mentent comme ça, pour se trouver plus beau et qui y croient (Et je baise les mots) et moi je ne suis bien que dans la vérité, je ne respecte que cette règle, je règle l'heure à la vérité du Sujet, hahaha.. même si ça m'ulcère. Même si c'est ridicule de croire à ça, hein ? J'ai tellement de colère en moi que ça hurle dans ma tête tout le temps...(solo de Van Halen) et que je ne dis rien.
Depuis que je ne suis plus en colère, je pleure, je pleure en me levant, en marchant, je pleure dans le cimetière du Ponant, je pleure quand il me dit viens, je pleure quand il me dit pars, je pleure quand je reste, je pleure quand il faut s'en aller. J'ai envie de partir quand je devrais rester, j'ai envie de rester quand il faudrait partir . Je suis en avance tout le temps, je suis en retard de douze mille sentiments. Je cherche de l'air et je trouve que du vent. Je me règle pas à l'heure du sujet.
Je pleure quand toutes les folles de la terre viennent me raconter leur vie, leur coeur, leur névrose, leur douleur (moi, toujours une fois de plus que toi et tralala) et je ne veux rien savoir, moi. Je pleure en lisant Dagerman, Eluard, je pleure en écoutant Marty, je pleure en écoutant Leiv R, je pleure en lisant Biba, soyons fous, je pleure en lisant ce blog, là. Je pleure comme je respire. Ha non ha non, ça ne va pas fort, j'étouffe là. Une pilule comme ça ? Celle-là non, non, je la connais pas. C'est bien ? Je veux dire ça aplatit l'émotion comme le Sero, ça dynamise comme l'Effexor ? ou ça fait des guiliguili dans les artères comme le Solian ?
Depuis que je ne pleure plus, depuis que tout glisse, j'ai le coeur sec comme un crouton rassis, et j'avance dans du vide sur la pointe de mes pieds glacés, et je suis transparente, et les excuses volées, et les baisers tendus, et les mains aplaties, je les vois plus, je les sens plus. J'entends rien ( enfin... si: We won't need legs to stand S. Stevens) Je m'en fous.
J'ai ouvert le robinet pour faire la vaisselle à 12h41, et le soir, je me suis retrouvée là, devant l'évier. De l'eau avait coulé, du temps était passé à travers moi, du temps avait passé, sûrement ? Mais pas moi.
Disparaître dans le siphon comme l'eau sale ! Voilà ! Voilà !
- Et qu'est-ce qui vient, là ?
un jour ? 17h30
Depuis que je suis morte, Docteur, depuis que je suis morte,
je me sens bien, je crois...
Je me sens toujours mieux là où je n'y suis pas.
15 mai 2008
Mother and Son.
La maternité est une folie, véritable enfermement, et ce n'est pas seulement la culpabilité qui nous fait adorer cette prison. Ou que je sois, quoiqu'il m'arrive, je suis toujours désormais, dans une autre dimension, et je parle à quelqu'un d'autre dans ma tête. Dans l'effervescence d'un travail à fournir, dans l'horreur de perdre mon père, dans les conflits passionnés, à défaut d'être passionants qui ponctuent ma vie, je suis encore et toujours ailleurs. Une schizophrène qui parle à un absent, sauf que celui ci est vivant, sauf que cette présence qui ne me lâche pas, c'est mon fils. Reliée à un ailleurs, un cordon invisible. Je devrais dire, plus honnêtement, le souci que j'ai de mon fils. Son appétit, son sommeil, sa toux, le pantalon que je dois coudre (je vis une tragédie) pour son spectacle, ses cartes, sa dictée, son équilibre, ses amitiés bruyantes, définitives, ses amours timides et fatalistes, la peur que je dois taire toujours quand il nage, quand il dévale à vélo une pente de skate, quand il réagit à un vaccin, quand il me demande où est sa grand mère, son oncle, son papi mais aussi le vert d'ambre de ses yeux, ses petits biceps blancs, son humour ravageur, sa dureté implacable quand je l'engueule, il ne supporte pas, ses questions incessantes que je ne comprends pas. Un coin de ma tête reservé- une forteresse imprenable.
On s'étonne toujours quand je le retrouve, que je ne sois pas folle, dans la joie éperdue des retrouvailles. Mais il ne m'a pas manqué, il est avec moi, toujours et c'est souvent un drame- pour ceux qui m'accompagnent-, même si je le cache bien. Le plus inquiétant, peut-être, c'est que c'est pour lui identique, il lève à peine les yeux. Tout recommence comme à la minute où nous nous sommes quittés. Ce n'était qu'une suspension. Nous sommes certains de nous retrouver. Pas de serments, pas de stratégies, pas de feinte indifférence, pas de calculs - aucun. Je sais toute ma chance. Je sais que sans lui, j'aurais déjà choisi d'en finir. Sans tambours ni trompettes, c'est juste que je m'ennuie infiniment de la vie et que je me sens comme un fantôme, une imposture, une vanité et tout le toutim. Mais j'enragerais trop de ne pas savoir ce qu'il devient, et personne ne sait la dose exacte de collyre, et comment la mettre dans son oeil rougi par le pollen. Je dois rester pour cette goutte-là. Sans doute. En tous cas c'est à ça que je pense, et ça me parait une excellente raison de rester. Et je suis heureuse de ça; ça n'a rien de sacrificiel ni de tragique. Je mesure toute ma chance de ne pas avoir à chercher un "but" dans la vie, une utilité quelconque pour mes contemporains, une direction, quelque chose pour rester là. Je ne pourrais pas y croire longtemps.
Je crois que c'est pour ça que je me pose tant de questions à soixante euros sur un canapé, sur mon sexe, et de qu'est ce qu'être une femme- et le désir, et l'Autre avec un a ou un A, et toutes ces conneries-là. Essentielles pourtant.
Pour éviter la folie de n'être qu'une mère. Faire l'amour et être aimée par un homme, c'est un espace de liberté - je ne peux pas convoquer mon fils-là. Aimer un homme, c'est sortir de ce dialogue intérieur et délirant entre lui et moi. Disons pour traduire mieux que c'est un apaisement pour mon cerveau et pour ma descendance, quand je m'occupe de mes fesses.
C'est aussi, certainement la liberté que je lui laisse pour qu'il me sache heureuse -ou malheureuse- et qu'il n'y soit pour rien.
09 avril 2008
L'hiver de mes dix sept ans.
Nous avions pris d'assaut un train. Nous étions mille, au moins, cinquante selon la police. Je n'avais même pas dit à mes parents où j'allais. Nous avions nos draps déchirés, nos chansons en réserve, de bonnes chaussures, nos Assouline en tête, nos slogans A Nice on n'a pas de pavés, mais on a des galets...
Je tenais un journal du mouvement, j'y collais nos affichettes, des vieilles images dont mon père m'avait parlé; j'aurais voulu un hiver international comme ce Printemps qui avait envie de vivre autrement.
Dans les journaux, on nous traitait de sidéens mentaux. Il me semblait important d'être critiqué si méchamment. Cela nous apportait le crédit nécessaire, d'être craint. Parce que j'étais jeune, si jeune, devant tous ces leaders de 23 ans, je n'osais pas dire que je nous trouvais si polis, si civilisés, si frileux. Nous ne voulions pas changer la société, nous voulions seulement qu'on ne nous empêche pas d'y trouver notre place.
A mes yeux, ce n'était pas suffisant. Tout le monde refusait d'être récupéré. Moi, je voulais que tout devienne enfin politique.
A Tolbiac, cette nuit là, pendant qu'à Jussieu, on cassait quelques vitrines, ça sentait la pisse et le mauvais vin. Des étudiants nous ont accueilli, épuisés par toutes ces fêtes. On écoutait la radio dans un amphi aux allures de cathédrale, si différent de ma salle 105 où nous avions voté grève générale jusqu'au retrait total, en hurlant, grisés parce qu'il se passait enfin quelque chose, un élan commun.
Devaquet au piquet ! chantonnaient mes camarades. J'aurais voulu que tout prenne feu comme une guitare à Woodstock, je ne voulais pas de ces slogans scolaires. Je voulais toujours aller plus loin que le bout de notre nez, mes yeux plus gros que le ventre.
Et puis cette nuit-là, Malik est mort, un autre a perdu un oeil. Le projet a été retiré. Plus personne n'a chanté. Des files marchaient silencieusement partout en France sous la pluie, derrière un cercueil d'enfant. Maintenant, les sidéens du cerveau étaient dignes et respectueux. Abasourdis et assagis, presque fautifs.
L'Université Coca Cola, ce serait juste pour un peu plus tard.
Sous mes galets, la rage. Il me semblait, moi, que c'est là que tout aurait du commencer.
14 mars 2008
C.V, profession de foi, et autres tralalas
Je ne crois en rien de ce que je construis ou que je possède, même à crédits. Je ne crois pas en l'entreprise, ni au succés, ni aux effets consolateurs de la réussite sociale.
Je crois au bleu froid des couloirs du Centre L. où mon père est mort dans le service du professeur X, un trou au dessus du coeur.
Cette foi ne tient pas à un acte volontaire, ce n'est pas une pensée mûrie, une fine analyse synthétisant des lectures variées; ce n'est pas même un ressenti profond. C'est comme ça. Père, tu es l'absolu avec lequel j'ai couru toute ma vie, contre lequel il me fallait lutter. Après tes funérailles, il me semble lutter plus fort, courir encore.
Je me promène gentiment, et plutôt optimiste, quand tout à coup (hahaha) habilement planqué dans le décor, le découragement surgit.
Je l'ai longtemps confondu avec mon surmoi. C'est dire combien je me sentais coupable...mais comme le dit quelqu'un que j'aime, "La culpabilité, ça me fait rire, hop hop je me sens coupable, hop hop, je m'auto-absous, allons-y gaîment"
Eh bien non, c'est juste le découragement qui surgit. L'enfoiré avec son croc en jambe.
Un sentiment traîne dans ma tête comme un papier gras. Un chant monte à la surface de ce qui constitue donc ton héritage, papa, pour crever comme une bulle, sans bruit fracassant, sans orchestre symphonique. Ca crève pourtant. Je cours sur place en brassant de l'air et croyant échapper à ce qui me poursuit.
Je continue, sans courage et sans lâcheté exceptionnelles. Je continue. C'est tout.
Je peux déchirer mon coeur pour t'en donner, si tu en manques, je peux tout déchirer pour quelqu'un qui ose me sortir du tapis, pour quelqu'un qui ne demande pas à ce que je reste dans mon périmètre. Pour quelqu'un qui se branle de la distance de proxémie.
Ce qui contredit complètement ce que je dis plus haut, certes, certes,( je m'enfonce moi-même le nez dans mes contradictions, souvent. C'est un bénéfice secondaire de la névrose, tes préoccupations te donnent l'illusion que tu es occupé.) Mais en fait, ça ne contredit rien.
Je fais tout ça.
Mais en vieille, quoi. C'est à dire que je le fais en sachant que je ne le demande qu'à moi-même, que je le fais pour la beauté du geste, que je le fais en connaissance de cause toujours, que je le fais juste,
parce que sinon, sans faire semblant d'y croire, c'est emmerdant.
17 janvier 2008
"La bêtise, c'est d'être surpris."
Chaque moi, Copsréèelle et moi, on se retrouve dans des réunions qui sentent l'ennui, l'enculage de mouches, et les conventions socio professionnelles. Pendant que Copsréelle devise, reconnaît tout le monde, en faisant Non, c'est pas vrai ? et prend des notes, moi je me contente d'être catastrophée et de dire "ha oui ha oui" quand on me parle, en regardant mes pieds.
A chacune de ces réunions, nous rencontrons un monsieur d'importance, avec lequel nous sommes amenés à bosser. Il est, en plus d'être du nord, assez sympathique. (Comme quoi tout est possible) mais ça ne loupe point. Chaque fois que nous arrivons, Cops réelle et moi, il hurle en apercevant CopsReelle: HAAAAAAAA LA PLUS BELLE !
Et, m'apercevant en train d'essayer de feinter pour me barrer: HAAAAAAAA LA PLUS INTELLIGENTE , Genre Copsréelle et moi on serait un genre de duo de films à la con, elle les guiboles, moi le neurone. A elle les lumières et les érections, à moi l'ombre et les livres de chevet ( et les frustrations. )
J'ai souvent eu grand envie de lui retorquer : "Ta gueule" mais , non, hein. Dans le piège ne tomberai point. J'ai mes neurones pour moi. Et il le dit lui-même, j'en ai dans le citron. Ce serait lui faire croire que je préfère l'esthetique au cérébral, et toutes ces considérations manicchéennes qui ont cessé de m'interesser vers l'âge de 21 ans quand j'ai lu Barthes. (Oui, je suis INTELLIGENTE) ce serait donner raison à tout ce que je suis censée combattre, à savoir le diktat de la beauté, de la minceur, et tout ce qui ferait de moi une féministe combattive et éclairée. Or, je dois vous dire que je ne mets pas ma vie dans ce combat. (ou le contraire) Le féminisme sauce cosmo, hein...ça me parle pas. Revendiquer mon droit à ce qu'on m'ouvre la portière parce que je bosse 57 heures par semaine comme n'importe quelle homme, à porter des jupes culottes, et à faire pipi debout parce que je le vaux bien, à cause de mes cheveux, très peu pour moi. ON NE M'AURA PAS ! A l'heure où le monde crève et les acquis sociaux avec, à l'heure où des fictions comme le couperet n'ont plus rien de fictifs, où la presse est vendue, vendue VENDUE, où être un "intellectuel" ne sert plus qu'à être récupéré, où on crève de faim à dix pas de chez moi, où on dit que Bruni est une auteure de talent, où on préfère médicaliser les difficultés scolaires des mômes au lieu de ...
ok j'arrête...
j'arrête.
..c'est un blog intimiste. Je dois juste dire que je souffre, je sais bien.
De son côté, Copsreelle m'a avoué qu'elle avait souvent envie de lui rétorquer d'aller se faire mettre. Mais qu'elle n'a pas osé. Car elle est BELLE et INTELLIGENTE.
Bien sûr, étant donné qu'en plus d'être du nord, il est puisamment bobique*, (ça se voit à son agenda, avec stylo incorporé, à ses futs repassés, ses pulls blancs à col roulé(!!) à ses ongles carrés, et autres indices DSM IV que je vous épargnerai), je pourrais me renarcissiser le corporel et l'image de moi- enfin de mon semblant d'être, ici- en me disant qu'il me parle de mon intelligence parce qu'il en peut plus de ma beauté (classique réaction bobique). Il a donc besoin de m'agresser (qu'il croit) puisque ça le gêne tellement, qu'il en perd le contrôle, et que le voilà à me rejeter par là où je le fais bander pêcher, (mais pour le Bob c'est des synonymes). C'est l'homme du désir impossible en raison de sa culpabilité. En effet pour pouvoir désirer, cet abruti attend la mort de l'autre, en l'occurence moi. Eh ben tu peux courir, hein, je mourrai pas. Plutôt crever. Avec son désir aux couleurs d'une moralité de balai figé je te dis même pas où, il m'agresse, impolitesse et lâchage déplacé, cet enfoiré. Et tout le toutim, que c'est épuisant à force. Perso, j'en peux plus.
Donc, je me dis rien.
Son sex appeal me faisant à peu près le même effet qu'un album de François Feldmann (--> fuite éperdue), je m'en fous complètement, car moi je me soigne de ma folie de croire que je suis aimée, vivante, légitime, valide, parce qu'on me désirerait. (et d'ailleurs, c'est la merde de guérir, si vous saviez, c'est la "débandade" si je puis dire. La mienne, sisisisi...J'ai remplacé la libido par la "lipido", une attirance folle pour les corps...gras avec du fromage dessus) et donc, je suis super fière d'être vue comme un pur esprit, par lui. Je dois même dire que ça m'arrange un max.
Mais n'empêche, quel con.
*copyright Sygne. Synonyme: Obsessionnel
et un coucou à copsreelle qui va rigoler.
05 décembre 2007
Lettre de rupture et de renoncement.
Je crois que je mérite mieux, un amour plus épaulé, charnel, bienveillant. Je préfère qu'on en reste là, moi et moi.
Je renonce, je te laisse, toi, tes oripeaux, ta peau, tes trop longs cheveux, ton ventre qui attend, qui veut plus, et puis qui veut plus rien; je te laisse, toi, ta mue dans ce coin de couloir. Celui où tu t'accroupis des fois. Entre les trois étages. Une main là, un polichinelle et quelques secrets inutiles dans le placard ici, un cadavre dans le tiroir, tout le temps. Et ces week end avec ton sac à la main.
Je suis venue me dire que je m'aime plus. Que je dois me quitter. Je suis venue me dire ce que je voulais pas trop entendre. Mais des fois hein, il faut s'écouter.
(Bon, voila, on y est. je relis, je me prends pour Jacques Salomé, là. Ou c'est moi ?)
Tu vois tu n'es pas mal comme nana, à la fac on t'avait élue parmi les populaires, et tu n'en revenais pas. Mais tu fais chier, quoi. T'es tout le temps là, avec ton silence a deux francs, ton orgueil de pacotille, ton sens de la répartie, qui fait même plus but, qui fait chou blanc. T'es tout le temps là, à te croiser dans la psyché du troisième étage, tu fais semblant de te recoiffer, tu regardes jamais plus bas. T'es tout le temps là. Casse-toi.
Hier, nous étions près de cent, et lui derrière. Ca me faisait chaud dedans. J'ai pensé que la chose que je fais le mieux diu monde c'est rire. Alors j'ai dit allez, tentons. Et puis finalement non. Elle a attrapé mes cheveux non mais je veux dire c'est incroyable ça. Oui c'est ma seule beauté, me disait ma mère. Et elle de rajouter oh moi aussi moi aussi moi aussi mais pire. Mais merde à la fin, c'est moi qui souffre le plus. Point.
Après j'ai écrit un tautogramme avec S, et sarkozy et sauter dedans. Un calligramme avec un vers d'Eluard. Mon préféré. J'ai dit: "C'est pas tout ça, mais l'intention poétique, ça ne s'apprend pas."
Tout le monde a fait ha ?
Tu vois, je suis venue me dire que tu dois t'en aller. Ou rigoler, quoi.

Everything I try to do, nothing seems to turn out right. The Decemberists
07 octobre 2007
De la poésie, de l'analyse, de la fripe, une bouteille pas dans la mer, et beaucoup de culture.
L'égo regonflé à défaut du coeur, et je reste polie, je sortais de chez lui. Après la terreur, et l'erreur de toujours se taire, je laissais habiter cette phrase chez moi "je ne pourrai plus jamais me taire".
"Et vous l'écririez comment, le pourrai ?" , j'ai dit "Au futur, je refuse désormais toutes les conditions".
Comme je me la pète, je vous le dis, c'en est pathétique des fois.
Il m'a dit, après avoir demandé un chèque du montant à peu près égal à un pantagruélique banquet dans ce restau que j'adore, ou une bouteille de Dom Perignon:
"Vous qui êtes cultivée, savez vous qui a écrit...(au cas où il gougueulise, je dis pas)"
...
Evidemment, je ne le savais pas, qui avait écrit ça,alors j'ai fait "Ha heu... ça me revient pas" , mais je marchais autrement du coup, dans la petite rue, au retour. Je marchais comme une fille cultivée, tu vois, pas pressée, pas agitée, tranquille, l'air pénétré comme marchent les doctes.
Je me disais "Tu te trouves moche, con, inutile, et surtout tu te trouves complètement paumée, tu crèves de solitude, tu baiserais avec ton panier à linge, soit. Mais arrête de te plaindre, hooo, hein: tu es cultivée. "
Il y avait une friperie tendance vintage, et un manteau Max Mara, légèrement ajusté, gris clair dans la vitrine. J'ai dit "Je vais l'acheter, je m'en fous, les nourritures spitrituelles, ça va un temps (trois minutes douze) ". J'ai franchi le seuil de la petite boutique. J'ai entendu un sifflement prolongé, à ce moment là, un sifflement admiratif qui ne s'adressait pas à ma culture, moi je te le dis. Je me suis pâmée deux secondes. Cultivée et sexy !!! LE TOP. Le duo gagnant ! Tout n'est n'est pas perdu, je me suis dit.
Et je l'avoue: du fond de mon cerveau très érudit de la culture, ça m'a fait quelque chose. J'ai reculé un peu, pour voir si c'était un gamin en scooter, mon voisin qui se foutait de ma gueule, ou Daniel Day Lewis.
C'était personne, juste la sonnerie automatique de la boutique annonçant la venue de quelqu'un tu sais...parfois c'est le bruit idiot d'une sonnette banale, ou bien l'imitation débile d'un perroquet Bonjourrrr coooooco. Ou un dingdong electro qui fait peur. Eh ben là non, c'est un sifflement admiratif de mec transi.
Cool, hein ?
J'aurais été bien dégoutée si ce n'est le formidable fou rire qui m'a secouée pendant douze minutes. J'ai beau avoir l'esprit qui vole dans des sphères de culture que tu n'imagines même pas, j'adore me foutre de ma propre gueule. Je m'en lasse pas. (MAIS Y A QUE MOI que j'ai le droit)
J'ai acheté le manteau. Et aussi, plus loin, deux paires de bottes, et dans la foulée je suis allée chez le coiffeur le plus cher de la ville, et je me suis fait masser le cuir chevelu (j'ai cru mourir de bonheur, tellement je m'ai pâmée, c'est trop trop bon d'être cultivée.) et couper les tifs: je suis tellement splendidifique qu' on dirait ...ben on dirait bien que j'ai les cheveux plus courts.
Je me sentais légère, légère, et surtout si eclairée.
Je me suis dit, comme ça, en m'écroulant sur mon canap, en shorty et en enfilant mes bottes (j'aime bien comme ça être super cultivée) que c'était vraiment bon d'être savante des pieds, et j'ai écouté White And Nirdy. Ce morceau me fait un truc dans le bas ventre, cervelet, c'est dingue.
Après, je dansais j'avoue j'avoue, ouais, dans les escaliers tellement mes bottes sont très belles et que la musique est un cri qui vient du Ministère de l'Intérieur, en levant les bras et en chantant très fort, mes cheveux trolaclasse effilés, secoués, parce que c'est l'érudition qui veut ça.
J'ai fait mes comptes, et j'ai pleuré. Parce que la culture n'empêche pas l'émotivité.
J'ai allumé mon mac, en faisant poupidouhoua avec les lèvres en coeur comme l'autre qui n'était pas du tout lettrée celle là, hein, hahhahaha, la honte. Et je me suis dit qu'il fallait que je me la pète désormais, sainement, de surcroît, sans mines affectées, puisque je suis une fine connaisseuse, que je devais tracer un poème éternel, qui fixerait le moment, qui dirait ça et encore ça. Le cerveau. Le panier à linge. Le reste. le Vent de tout ça. Dont on se passe pas, quelques soient les claques et les lucidités qu'on se croit. Enfin surtout le panier à linge.
Et j'ai écrit le grand poème de l'hystérique en voie de guérison. Et je suis super fière de moi. (..Quoi ?):
(à dire allongée, avec une mandarine pourrie sur la tête, comme métaphore de la bataille perdue... comprenne qui pourra: faut être cultivée, on se refait pas)
J'ai besoin que tu me fasses l'amour.
C'est une urgence.
La forme quasi passive n'est pas innocente, j'ai besoin d'un parfait subjectif.
J'ai besoin que tu me fasses l'amour,
que tu remettes le phallus à sa place.
A grands coup de reins.
J'ai plus envie qu'on m'efface l'amour
à grands coups de rien.
Fais moi l'amour, c'est un impératif
Je veux rendre le phallus, vomir tout ça.
Tu vois, c'est bien trop gros pour moi.
ca te flatte ?
Tant mieux.
Ce sont les malentendus qui créent les plus grands orgasmes:
Tous les maux qu'on ne se dit pas
Le mal, ça n'attend pas.
Une ivresse vaut mille tristesses, tu verras.
Abscisse de La Desordonnery.(Les carnets de la Folie souffrante, de la Souffrance folle, et du Pâté de la Foi.) 2007. SexyCruelle Editions.
J'ai mis ça dans une bouteille, et je suis allée au bord de la méditerranée qui est un peu mon Océan pacifique à moi (C'est que j'ai une sacrée culture, au cas où tu suivrais pas) Et arrivée là, eh ben,
j'ai rien fait. J'ai pas trouvé où me garer.
Des fois, c'est chiant d'être civilisée.
Sea Song... (la plus belle chanson du monde) eh oui, ça parle de la même chose.

13 septembre 2007
Ex&Co
Enchaînée par une " Bien Hommée".(copyright Ugarte)
Il s'agit de raconter en images en musique en mots les Ex de sa vie, en évitant soigneusement les gros clichés bien communs, tels que sa mère et son psy hahahha, moi les contraintes j'en fais fi.
MUSIQUE TROP TROP DE CIRCONSTANCE en tir groupé
Le premier amour, c'est la mère. Celui qui fait le lit, en même temps que la lie de toutes les autres.(rions) Mon premier amour fut donc un fiasco, une déchirure, une longue passion sans retour, une idylle desesperée. Elle était belle, froide, et ne m'a jamais aimée. Elle me disait Va t'en puis Pourquoi tu me laisses? ; elle me disait Tu n'es rien et aussitôt après Tu m'as tout pris. Légérement dissociée, un peu en dehors de moi-même à force de toutes ces contraintes doublées: le Ton est donné.
C'est elle qui m'a quittée.
Il y a eu mon père pour un peu réparer.
C'est lui qui m'a quitté.
Il y a eu Malik. J'avais cinq ans, un tablier rose, une frange jusqu'au nez. J'aimais son visage de bandit, j'aimais le café de ses yeux. J'aimais surtout le pareil au même qu'il était, puisqu'il est bien connu qu'on n'aime que soi-même , aussi sous estimé que l'on soit: j'aimais son regard d'etranger mal intégré. Ca me faisait comme un miroir, et je ne le savais pas. Il me préférait un genre de scandinave avec un nom italien. Moi, j'avais Pascal qui me courait après. Le massif fils du plombier. Il voulait me tirer les cheveux. Les dés sont jetés.
Son père est enterré à côté de mon père. Des hasards à tomber.
Il y a eu celui qui a volé mes disques, vendu mes fringues, et puis il est parti sans même rompre. Je l'aimais à en crever et c'est lui qui est mort. Il m'a fallu beaucoup de temps pour admettre, qu'au fond, j'étais soulagée.
C'est lui qui m'a quitté.
Il y en a eu des petits et des grands, des étrangers beaucoup, évidemment, un danseur germanique, un hollandais absolument magnifique, un chanteur explosé du matin au soir, un fan de Thiéfaine avec ...une décapotable, un batteur associal, un bouddhiste fou de photo, un coco de l'UNEF, on avait fait un journal "le camarade déchaîné" (trop rebelles on était), un basketteur PROFESSIONNEL presque noir (j'étais folle), des bruns des blonds et pas de roux. Le point commun était une propension à se faire beaucoup de mal. J'avais une certaine propension à la répétition. Mais, ils n'avaient rien à m'envier. Les contraires s'attirent mais s'emmêlent rarement. Les similaires se percutent, même si c'est à reculons, on naît endogames, par définition, et on se croit exonéré, libéré, parce qu'on refuse les bénédictions.(rions)
Et puis, magnifique banalité, terrifiant cliché , il y a eu le prédateur de cervelet. Il m'a étendue, dénudé les synapses, et je l'ai adulé. J'ai voulu, tour à tour, être sa chose, sa préférée, sa brillante, sa créature, son enfant, sa soeur, son égale, sa perle et sa douleur, sa femme, sa languide. J'ai été sa patiente pendant plusieurs années. La balle est lancée.
Lui aussi, il est mort.
Et donc, comme il se doit, il y a eu l'Amant, le vrai. Super fier de me réveler, et moi super fière d'y arriver. Pathétisme de la
jeunesse. Ce malentendu tacite nous permit de croire qu'on s' aimait. (rions) Il aimait la BD, moi la musique. il aimait marcher, moi la musique. Il aimait le cinéma, moi la musique. On est allé au Printemps de Bourges. J'aimais bien "gagner". Il m'a trompée.
Je l'ai quitté. Il parait que c'est comme ça qu'on fait. La coupe est renversée.
Je l'ai complètement oublié.
Il y a eu ceux qui m'aimaient et il s'est rien passé: Un poète chanteur qui me faisait peur, un dealer qui me faisait même pas peur, le vendeur du Spar (j'en ai déjà parlé, je sais je sais, mais c'est pas tous les jours hein, j'ai le droit de me vanter), et un bloggueur ultra secret que j'ai pas le droit de dire son nom (coucou mon amant secret que tout le monde connait)
Il y a eu ceux que j'aimais, enfin que je voulais réparer, ou pire, que je voulais voir me reconstruire, et qui m'ont même pas calculée, savent pas ce qu'ils ont perdu, les enfoirés.
Il y a eu le goût du fruit qu'on n'a pas eu. Ceux avec qui on n'a pas marché dedans ! (ça porte bonheur, pourtant) Et on sait , après coup, qu'on y aurait gagné en vitamines. Moi je suis du genre à toujours regretter. J'ai la nostalgie bien vissée; l'hypermnésie en héritage.
Il y a, il y a eu, en ce moment j'EXulte à donf, et y a ça
Il y a mon fils, l'amour perenne, le seul amour fluide, pas rancunier, qui calcule pas, qui dit à l'autre de s'en aller et qui reste total dans l'absence, qui cherche à faire grandir et te grandit un peu, le seul amour qui sourit dedans, le seul amour que je sache un peu donner sans pourtant y avoir jamais goûté. On y gagne l'amour de soi quand il est bien pratiqué. Ce truc , là, l'amour de soi, tu sais, cet étranger que tu ne connais pas. Mon fils, L'ex à venir, le programmé, finalement, le réussi. Le souhaitable et le permis. Mais bon, rentrons nos mouchoirs, hein... cet amour-là ne suffit pas.
La boucle est bouclée.
J'enchaîne My Heart, et j'embarque dans la galère Une importante .
(si elles veulent bien)
08 septembre 2007
Tu en reprendras bien une tranche ?
Couchée !

Oui, la salade c'est sexuel. (mais ça on le savait hein)
18 juillet 2007
La médecine, moi, l'avenir, considérations caniculaires.
Hier c'était le jour où, le jour de, encore, encore, une fois, j'ai du mal.
Mais de mieux en mieux. Je grandis, je m'élève, je contrôle , enfin ça non, je contrôlerai jamais rien, c'est tant mieux, disons que je mets ailleurs, que mon désir, je sais le mettre avant mon angoisse, même si.
Tout ceci est bien sybillin, mais n'empêche que je n'ai pas paniqué, je n'ai pas eu peur, je n'ai pas adhéré à mon père, je me suis identifiée à personne, j'ai même lu Télérama dans la salle d'attente. J'ai un peu guéri de mes beautiful maladies (op.cit Tom Waits)
J'ai même pensé que j'étais une fille femme plutôt chanceuse, au final, que ça suffisait la complaisance dans les eaux de la fantasmagorie de la juiverie souffreteuse, ou autre religion, hein, je suis pas raciste.
Et j'ai accepté les palpations, et j'ai même eu envie de rire à l'idée de plaquer le jeune homme contre le mur(ILS M'ONT ENCORE MIS LE JEUNE HOMME A LA RADIO POUR CEUX QUI SUIVENT) que oh non mais oh ça va pas bien de me toucher comme ça et de me dire de me cambrer en arrière ? Tu sais à qui tu parles ?
J'ai attendu, gentiment et raisonnablement le retour du grand ponte en récitant dans ma tête O combien de marins O combien de capitaines, et j'ai même réussi à le faire rire en lui disant ça fait des bruits de jeu vidéo quand vous prenez les clichés. Il m'a expliqué que c'était pareil, le truc des ultra sons. Il n'a rien compris. Je m'en foutais de savoir l'ultra son. Je voulais juste qu'on rigole. Au cas où j'aurais eu des raisons de pleurer.
Ensuite, c'est celui des dents. Lui, j'ai du mal. Et il commence à le comprendre. Il fait EXPRES de me savoir dans l'incapacité totale de répondre. Ca me fait touit drôle , je ne suis pas /plus dans la répartie, dans la réponse, je dois avaler ce qu'on me dit, l'ecouter, l'entendre...cela devrait m'élever, me grandir, , m'enseigner..Eh bien ça me donne juste envie de le taper. Ou de le mordre.
Et il me parle , selon l'humeur, de combien le libéralisme c'est beau, et comme quand même travailler ce serait le salut, et aussi quand même ILS exagèrent hein, ou alors du bienfait de l'amalgame quatre couleurs avant la couronne a huit mille dollars.
Et après, il y a celle de la tête, celle qui me sourit de plus en plus à mesure qu'elle sait que je ne viendrais bientôt plus. Je préfère rire avec la psychanalyse maintenant. Faire des contes avec, plutôt que régler mes comptes avec. Je trouve que ça en dit bien plus long. Mieux que les vertiges que je ne comprends pas, cette ouverture que j'assume mieux, mais qu'EUX n'assumeront pas. Alors, hein, mieux vaut satyriser, moi je dis. Et ça coûte moins cher. Je serais toujours celle qui a besoin d'être toi, celle qui a besoin dêtre à toi, même si c'est pour du faux, même si je le sais l'illusionnisme, je m'en fous. Je le sais qu'on fera plus de neuf avec tout ce vieux. Mais s'il te plaît, viens, on joue...
Avec des forces en haillons, j'étais, avant, et je suppliais avec mes airs de téméraire, je quémandais avec mes allures de rebelle a deux francs. Un peu d'esthétisme, de silence partagé, de joie, de fantaisie bordel.
J'ai des forces en cashmere maintenant mais j'ai toujours envie que ça soit beau.

