08 janvier 2006

De la Fidélité, et autres niaiseries...

J’ai parfois des conversations un peu bizarres avec mes connaissances, conversations où j’ai le sentiment de n’être pas comprise évidemment, ou bien qu'ils sont complètement cons.(mais je suis pas toujours objective) Et je commence à m’habituer à être regardée comme une "bizarre gonzesse quand même." Alors,  la plupart du temps , je me tais. Mais dernièrement, après quelque conversation à bâtons  rompus  avec une certaine  dame, je me suis sentie hyper incomprise…et c’est pas grave du tout. Puisque Alléluia, j'en fais une note !

 - Je ne pourrai JAMAiS o grand jamais tromper mon mec, même en fantasme, tu vois...parce que je l'aime trop. , disait-elle, en substance.

Et moi, j'essayais d'expliquer que le fantasme nous échappe, que c'est un peu trop court, tout ça...Bref, à la fin de la conversation (didactique hein, didactique) elle a pensé que Mon moitié et moi on était échangistes, je suis sûre.

On n’est pas fidèle par amour. Essayons d’être objectif. On est fidèle par respect. De soi ou de l’autre ? Pfffft,  Même pas ! Fidèle par respect pour un contrat tacite, ou pas. Contrat qui prend en compte, AUSSI, qu’on le veuille ou non, le qu’en dira-t-on, une certaine pression sociale, certains préjugés de merde.
Personnellement, j’ai le cœur assez grand et le c.. assez chaud (bah on peut quand même rigoler non ?)   pour aimer PLEIN de gens à la fois, ou par épisodes. Et si la (bonne) sexualité  est souvent une conséquence de l’amour, elle peut être autre chose, aussi, une belle rencontre charnelle. Je ne suis pas d’accord (pas toujours) avec l’idée qu’on ne fait bien l’amour que lorsqu’on a des sentiments profonds. C’est le cas, mais c’est aussi possible que ce soit complètement le contraire.
Lorsque je vois certaines de mes amies se couper de toute relation de séduction parce qu’elles sont maquées, je trouve ça drôle et hyper surmoïque, quand même. On dirait qu’elles se défendent de vivre une émotion. Qu’il y a un genre de policier de la Brigade des moeurs  qui les menace de représailles terribles si elles sourient, si elles se sentent séduites… Un jour, elles tordent le cou au Flic et quitte foyer, mec, enfant pour pouvoir enfin tirer ce coup-là…(Et elles ont tué le surmoi, yes, mais elles ont aussi tué BIEN plus important.) Je sais que tout cela peut - être très mal interprété, mais je ne m’empêcherai  jamais de vivre de l’émotion , de la séduction, du désir, parce que je suis mariée avec un mec que j’aime. J’ai un corps et je pense qu’il n’est pas sain qu’il ne vibre que pour un.
C’est comme la musique. Sous prétexte que je fonds quand Fogerty se brise la voix en se demandant Who’ll stop the rain…ce n’est pas pour autant que par fidélité, je n’écrase pas une larme émue en écoutant les Ramones chanter la même chose !!!*  (Et je t’aime plus que tout, Fogerty, hein , tu le sais !)

Oui, mes chers amis, et je pense que mon cher moitié a le droit de flasher et de fantasmer aussi sur d’autres corps, d’autres voix, d’autres sympathiques nénettes, s’il a la décence de ne pas me prendre pour sa psychothérapeute, son oreille, son déversoir de culpabilité, ou pire …  son coach… !

(parce que le coup de "on se dit tout, mon tendre amour" c'est de la TOUTE PUISSANCE SADIQUE insupportable !)

 Est-ce pour cela que je suis une allumeuse, une femme libérée (HAHAHA), une dépravée, une partisane de l’échangisme, du coup de canif dans le contrat discretos ??? Du tout. Demandez à CopsRéèlle si vous me croyez pas !!! Je suis sage comme une image, fidèle comme une Pénélope, allumeuse ouais, ouais mais juste de réverbères, et de mon four à gaz.

Mais quand même, si je tombe amoureuse de quelqu'un d'autre ? Est - ce que, sous prétexte de fidélité, je devrais m'empêcher de le vivre , et si mon moitié tombe amoureux d'une autre, est-ce que je dois lui donner le spectacle de  mon désespoir pour qu'il reste ? C'est ridicule. j'essaie d'imaginer le truc, là. C'est ridicule. Je l'aime trop (humainement parlant, je veux dire : il n'est pas à moi, et je ne suis pas à lui...) pour l'empêcher d'être heureux, s'il doit l'être avec quelqu'un d'autre que moi.

Et si ce n'est qu'un coup de coeur (j'ai pas osé écrire coup de queue), est - ce que je suis condamnable , à répudier sur le champ ? Et si c'est la même chose pour lui, je dois lui mettre un coup de boule direct ou l'emasculer sans anesthésie ?

Je crois , et Dieu( = Lucifer des fois) sait qu'il faut vraiment se faire violence pour le dire, mais dans ce cas-là,   TU FERMES TA GUEULE, comme me le disait si justement mon psy.

Si tu le découvres, eh bien, que sera sera. (moi personnellement, quand ça m'est arrivé, j'ai demandé à être ramené directement à l'aéroport et j'ai  dit: Bye, CONNARD d'enfoiré !  comme quoi cette note est une réflexion (hahaha) pas un témoignage, hein ?)

Mais j’aime les gens.  Et certains beaucoup plus que d’autres,  et quand ils me séduisent, de leurs mots, de leurs voix ou de leurs PUTAINS de beaux yeux mortels, je ne me sens PAS coupable de lèse-majesté. Je vis ça avec un bonheur adolescent qui me serre un peu le cœur, l’estomac, le reste…hein. Et je trouve ça délicieux. Je précise quand même que ce n’est pas hyper fréquent, je ne m’embrase plus quand deux yeux s’illuminent non plus. J’ai appris à ne plus tomber amoureuse de qui m’aime, par manque…puisque je ne "manque"plus. (et ça n'a rien à voir avec l'amûûûr)

 Mais quand ça arrive, je me laisse vivre ça, parce que c’est délicieux.

 Et je suis curieuse de moi-même peut être davantage que de CELUI qui me séduit (parce que mégalo-narcissique, quand même, eh oui)  Je me regarde vibrer et je me demande d’où ça vient, comment, par quel côté, et  à quelle heure (parce que je suis quand même une belle enculeuse de mouches)

" Mais si, d'aventure cela devait un jour se terminer en "haute trahison"  QUAND MêME ?"  se demande le lecteur interloqué et secoué sur ses bases...(laissez moi rêver) 

Eh bien,

J'avoue que je pêche complètement. Je suis convaincue que nos culs n'ont pas une valeur sacrée, que le corps a des raisons que la raison ignore, que tout cela est surmontable, que la jalousie est un sentiment humain, oui,  mais à éduquer, que le sentiment d'être trahie ou abandonnée relève de bien plus complexe que du  simple cocufiage, qu' à certains moments, certains tournants, certaines étapes, ce peut même être sinon sain, au moins normal...(enfin, fréquent) mais voilà, si ça arrive et que je le sais,

JE LUI CREVE LES YEUX !!!!!!!!!    (hello, Oedipe, you purchase me...)

  Et si ça m'arrive à moi, je me sentirais vachement minuscule, vachement dégueulasse, vachement moche.

Mais je ne me crèverais pas les yeux parce que ce serait franchement con. 

 Je  ne verrais plus rien. 

 

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* Bonnye Tyler aussi elle chante Who’ll stop the rain, mais là, heu…non.
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PS: Demain je m'en VAIS pour du vrai !!!!!!!!!!!!

15 décembre 2005

MESS-AGE

Ne me demandez pas pourquoi, mais aujourd'hui il se trouve que j'ai mangé un repas de Noël au mess de la gendarmerie nationale. Du cerf.  Ne me demandez pas pourquoi, mais j'ai d'abord eu comme une réticence. Car, oui, à mon âge encore, il m'arrive d'écrire Nique la Police dans la marge de mes cahiers. Je me suis ensuite souvenue combien je trouvais cons les gens qui sont racistes parce qu'ils connaissent UN arabe assassin, ou ceux qui sont devenus antisémites parce que dans leur entourage, il y avait un (ou deux) juif radin. Ne me demandez pas pourquoi, mais oui, il y a un rapport.

A ce sujet, je voudrais dire qu'après m'avoir rencontrée, il est difficile de rester antisémite longtemps.(LAISSEZ MOI RêVER). C'était mon grand jeu à la fac. Aller draguer les mecs du Gud (orthographe incertaine ? ils ne m'ont pas marquée...) Ils disaient "Pouah les feujs", et ils étaient fortiches pour démontrer qu'on était à la fois les suppôts d'un capitalisme décadent et les agents de propagande du communisme. Franchement, je ne saisissais pas tout. Et quand ça devenait bien dur dans leur pantalon , là, je crachais le morceau. "Ma mère est pratiquement née en Israël, et Adonaï Elohenou, mon grand fou !" Je vous assure que CA restait dur dans le pantalon. 

Mais il y avait les autres, hein, pas les mecs du Gud. Les copains, les copines. Parce que de ma judéité, sinon, très sincèrement, je me fous. Donc je n'en parlais pas. On ne parlait pas de  religion, d'identité (enfin si, y avait les PRO- The Cure et les Anti- The Cure) On se la pétait agnostiques et de toutes façons, on était trop occupés à se regarder le nombril en fumant de l'herbe qui fait rire. Mais , quand d'aventure, certains découvraient par hasard, parce que ma soeur est née en Israêl, ou que mon frère a eu une période "je mets mon étoile de David , j'vous emmerde tous, tellement je sais même plus comment je m'appelle", y avait comme ce regard gêné, ce sourire , l'horrible "Ah bon mais ...t'as pas la tête ?!" ou pire "le nez !!!!", ou bien l'ineffable: "Ah tu pratiques pas, alors t'es pas juive" , qui,  va savoir pourquoi les rassurait un peu. Le trés crétin :"Mais t'es normale pourtant, enfin je veux dire ..comme tout le monde..."

Et il y avait moi, moi et cette terrible honte. Oh pas de mes racines , de mon judaïsme, de ce truc qui fait que si j'étais née en 39 à Berlin*, il se trouve juste que je n'aurais pas fait de vieux os. 

La honte pour eux. C'est terrible, la honte pour les gens que vous aimez.  C'est la pire.  Elle te glace. Parce que tu voudrais dire: "Mais qu'est ce que t'es con, mon pauvre ... " Tu voudrais haïr, mais tu ne peux pas. Tu les aimes quand même. C'est tes copains. Tu te tais, tu ravales. Tu sais que ça va dégénerer, qu'on va te prendre pour une sioniste, une haïsseuse de palestiniens, une barbue avec une kippa, une folle de Dieu, (alors que Dieu = Dieu, hein...). Alors que tout est tellement plus simple, tellement plus complexe. C'est tes copains. Tu les trouves intelligents, y en même que tu admires, profondément. Pour leur intelligence. Pour leur convictions politiques !!!alors que toi, tu vas pas voter les dimanches où t'as la gueule de bois.

Je me souviens que quand je m'allongeais sur le divan de Mr. P (sans déc, ce mec c'était Dieu, hein et le transfert c'est fini, je peux le dire tranquilos. Quel Homme merveilleux qui m'a sauvée la vie.,  rendue à la vie.), j'en parlais de ça(entre autre, parce que je crois que je l'ai saoûlée, le pauvre). Et c'était bon de dire un jour " Ca me fait chier d'être juive, je me sens obligée de les défendre." ou bien "Heureusement que je suis juive. Ca m'a rendu tolérante". VRAIMENT tolérante, hein, pas genre, parce que des "genre", des "zarma", y en a une pelletée, que c'est gravissime. C'est à dire que je sais aussi ce que je ne tolèrerai jamais.

Bref, tout ça pour dire qu'aujourd'hui, j'ai mangé au mess de la gendarmerie nationale. Il y avait en face de moi un gendarme aux yeux de biche. On a parlé. Ne me demandez pas de quoi. Mais c'était très agréable.

Sauf le cerf , hein. J'ai pas digéré.

 

Je "donne " cette note à YaëlZ, et à Parisian Smile (découverte grâce à YaêlZ) parce que sur leur blog, je me sens vraiment  à la maison.

Je la donne aussi Arsouille, et à Bono parce qu'elle comprendront.

Je la donne aussi à mon moitié. Parce que quand on s'est rencontré, et que je lui ai dit que, oui,  y avait une mezouzza sur la porte de chez mes parents. Il a dit "Me fais pas chier, là, roule moi une pelle" (C'est GRAND non ?)

Bon je la donne à tout le monde, comme d'hab.

Parce que là, avec ma conclusion, j'ai l'impression de ma la péter encore plus que d'habitude ! ou bien que je vais aller me suicider, ou que je suis aux Césars, et que  j'fais ma Sophie Marceau. (ça doit être le cerf)

 .

* Edit du lendemain: Y a personne qui a remarqué ?!...pas seulement à Berlin, hein, mais à Rome, Varsonie, Leningrad, j'en passe et des meilleures, et Té, Paris.