19 novembre 2006

Fais comme l'Arctique

 Des messages, des images , des grandes claques qui m'ôtent la méfiance génétique, l'incrédulité archaïque. Un peu  le réflexe  de faire mon iceberg, comme je fais très bien, un peu envie de ne pas voir, de m'isoler dans le glacier, sans ours, bien profond dans le silence...mais, je n'ai pas envie.

1- Celle-là , c'est une des lettres que je n'enverrai pas. Elle finira déchirée, abandonnée dans mon bazar, obsolète quand je la relirai. J'emprunterai peut être quelques phrases, à peine un mot, que je mettrai dans une autre page envoyée, celle-là.

Je regarde  ton fil, et j'ai peur de te perdre.

 Je la lirai peut-être pour me rappeler ce que j'imagine. Le parcours de mes mots de ma main à la tienne. Pour me rappeler ce que j'imagine: rien. Je n'ai rien à dire. Ce serait pour ma propre défense, et j'en ai déjà trop.   Et un rêve où tu te retournes en rigolant, et où tu dis De toutes façons j'essaierai toujours...

  Nothing in this world , nothing, could make her stay ?

 

2-Pour toi , j'aurais voulu une autre enfance, tu vois. Quelque chose qui sente la pomme,  le sucre et la légereté, quelque chose qui porte l'adulte que tu serais devenue. Un truc avec Charles Ingalls qui joue du violon, un truc bien mièvre et bien niais, ouais, mais on s'en fout, avec des balançoires, et des respirations qui ne t'étouffent plus.

Spread your wings and fly away, fly away far away...

 

3- C'est tout alambiqué de parenthèses pour l'autodérision, mais je sens les cicatrices des morsures, les pelotonnages dans tes contours. Tu te verses et tu voudrais te répandre dans des réceptacles humains.   Tu croyais te cacher et tu te révèles.  Tu croyais me faire  rire et tu me fais me taire.

  Had no luck at all, nothing came easy...

 

4- Le besoin de parler à des gens que l'on ne connaît pas, de crier sans être entendu. Pour rien. Tout seul. La certitude que tout est juste, convaincue de la persistance du sourire après le clic de fin.

Knew it was time he made up his mind. "This could be my last chance."

Quand beaucoup du reste est entre parenthèse, sans saveur, sans teneur, sans chaleur, cent à l'heure...et ta soeur ? Un entre guillemets, sans préoccupation de capital, mais d'une importance capitale, sans vainqueur, sans tiédeur, sans "à l'heure."

Il faut se réhabituer à aimer des gens. Quand on a choisi la sphère du clan, de la sécurité, de l'isolement poli, avec les limites socialement acceptables.

 Mais je perds un peu le fil, l'équilibre de la syntaxe, parce qu'on est tous là, les nerfs au bout des mots, et le geste empêché, 

 obligé.

  Do you know who you are ?


podcast
(vous avez de la chance, il est trop tôt pour que je chante, là.)

 

 

 

22 septembre 2006

Ca recommence

Envie d'anéantir la note qui précède, comme on croit qu'on efface une ride avec le correcteur anti-âge.
Sauf que même le plus décérébré sait que l'anti-ride, ça colmate
ça n'efface pas.

Parfois il me semble que trancher le noeud gordien est l'unique voie de recours.
Il y a des gens qui vous couvrent de mots d'amour, juste , juste parce qu'ils en manquent.
Ils attendent la monnaie.
Ils croient aux synergies, à l'effet rebond.

Parlez leur d'eux, ils vous répondent, plein de sirop, péguants de sollicitude.
Parlez leur de vous, ou bien de tout autre chose, de la lenteur des transports à telle heure, de la dificulté à trouver du temps pour lire, de la gentillesse du buraliste du centre ville.
Adieu Berthe, vous êtes si banals, tellement convenus, voire chiants comme la pluie.

Faites l'expérience. Rebondissez savamment sur un "Tu as l'air d'être quelqu'un de ..." et là, n'importe quel adjectif qui finit par...if. genre "toi t'es un subversif agressif rétif, cômême..."
Et zou, vous voilà redevenus hyper interessante analyste, parce que justement...blablatruc...


Je me garderais bien de juger en enfilant mon habit de morale. Juste j'observe, j'expérimente et je me dis
"bah... c'est humain"

pendant exactement 2 secondes et trois dizièmes.

Après ça me niffle sérieusement le mou.
Parce que malgré ma tronche de ravie de la crèche, et mes goualantes quasi quotidiennes, ma troisième oreille, non non ce n'est pas une légende.
L'égoïsme, l'envie, la suffisance, l'hyppocrisie, la mal intention mal déguisée, je te la renifle a deux bornes.
J'ai pas un immense mérite, mais j'ai grandi la dedans, tu saisis ? j'ai roulé avec.
C'est comme qui dirait un genre de langue maternelle que je ne pratiquerais plus, mais que je comprendrais par coeur.

Je suis maître es linguistique en plus.
Si si.

Je peux trouver toute les bonnes raisons, les meilleures excuses, ça ne me donne pas moins envie de filer des grosses beignes, ou de fermer définitivement la porte.

Selon les fluctuations hormonales. (Et l'idée de ma grandeur.)

Envie néammoins de couper court à ces envolées lyriques qui ne servent que celui qui les chante, de zapper les salamalecs à la grâce de marcassin.

blablitruc etc...

19 juin 2006

Hollydayyyyyyyys

Strictement rien à dire.

Les bras se dénudent, brunissent au mieux, crâment mélanomiquement au pire.

Ca sent les vacances, le monoï, le laisser-faire, le pas d'horaires, le rien à foutre, la liberté.

Et ça, ça, ça...je ne sais pas bien faire, encore.

En bonne orale insatisfaite refoulée du phallus absent.

Je hais la mer. Y a trop de monde. Me retrouver le nez coincé entre un pied d'anglais et les nibards d'une allemande, ça me motive petitement.

Je hais la canicule. Ca réactive en moi l'angoisse étoufationnelle utérine.

Je hais les crudités, en plus. (c'est dingue quand même comme je souffre, hein). Quand j'ai faim, il me faut du pain, du brie, du yaourt. Ma névrose lactifère.

Je pourrais me sauver, partir au frais, sauter dans l'Atlantique gelé, blanchir sur les plages aérées de Bretagne, manger de la purée...

Oui, j'y ai pensé. Mais il se trouve que je suis dans une dèche incroyable. L'enterrement nous a tous plombés. C'est terrible quand on y pense ce que ça coûte. Indécent.

Mon compte en banque crie famine, j'ai l'habitude mais bon.

Et puis tout le monde débarque dans mon 130 m2 cet été. La soeur, le neveu, le frère. J'suis contente hein, n'allez pas croire que je suis une rénégate à ce point. Mais mes 130 m2, ils sont en ruine et les travaux commencent CET ETE ! ces travaux que j'attends/espère depuis 6 ans, sans jamais m'y être vraiment "mise". Je suis la reine de la procrastination.

Les petits ouvriers en marcel gris vont venir nous réveiller dès l'aube à l'heure où on crève déjà de chaud de toutes façons,  avec leurs burins qui font du bruit, leur plâtre qui fait de la poussière, et d'après les témoignages d'amis, voisins sans doute bien intentionnés, en tous cas experimentés. "faut qu'tu sois là, sinon I foutent rien"

De toutes façons, si tu as bien suivi , je serai là.

Un été wonderfulique en perspective. promiscuité, manque d'intimité, moiteur caniculaire, coinçage, enfants surexcités, moitié plus taciturne que jamais, mon sauvage. Tensions, non-dits. c'est ça la ma famille. C'est celle que j'ai et j'y tiens. Mais on apprend à peine à "être heureux, profiter, tirer le bon, séparer le bon grain de l'ivraie, stopper la complainte..." On apprend.

Tout apprentissage implique régression, erreurs, remise en question,abandons, énervements, et je ne suis pas convaincue que regrouper les élèves en difficultés dans le même  ghetto soit le meilleur moyen pour eux de progresser.

05 juin 2006

15ans après !!!

Journal d’Ab6- Juin 1992

 

 

Aujourd’hui, j’ai vu P qui m’a demandé si j’étais open pour aller chez R  ce soir. J’ai dit ouais ouais,. Mais je le soupçonne de quelque concupiscence à mon endroit.

Ce soir, je bouffe au restau U parce que j’espère bien croiser T. Je me soupçonne de quelque concupiscence à son endroit.

Je suis allée faire les mags avec S, on s’est trop éclatés.

On a bu un coup dans le Vieux Nice, et on a rencontré Q et Chmise, et on est allés se baigner. Trop froide l’eau hin hin.

Hier, j’ai croisé J qui m’a dit que depuis que je l’avais trompé avec F, il sortait avec H. J’étais dég. Sans déconner, ce mec, je pensais qu’il était hyper honnête, tu vois. Je suis hyper déçue. Faut pas se fier aux apparences, je te dis. J’aurais du me douter, en fait.

Y m’a demandé si j’avais couché avec L mais j’ai nié. C’est une trop grande curieuse, elle. Rien à cirer si elle sort avec L depuis 21 mois et 12 jours. En quoi ça la regarde, hein ?

J’ai été voir D, R, et les Stincky  Monkeys en concert sur le parvis de la cité U. Sans déc, c’était too much good.  R s’est assis à côté de moi à la fin, et a bu dans ma bouteille de Leffe (rhââââ) je ne crois pas qu’au hasard.

 

 

Je trouve que la vie quand même c’est nul parce que quand je sortais avec M, j’m’emmerdais moins.

 

 

 

 

Journal d’Ab6- Juin 2006

 

 

 J’ai emmené mon gnome au Mac Do, parce que je n’avais pas envie de faire la cuisine.

Il y avait une queue de 2105 mètres. Je déteste faire la queue, ça ne me va pas au teint, à la phobie sociale tout ça. Mais mon gnome a été intraitable.

En fait, avant d’avoir un enfant, je n’allais jamais au Mc Do, et je pensais que les parents qui emmenaient leurs gamins au Mc Do étaient des dégénérés.

Mais va trouver un restau où les gamins ont le droit de bouffer avec leurs doigts, et où il y a des jeux, donc où tu as 2 minutes de tranquillité pour finir ta salade ?

 

 

Devant moi, il y avait un jeune couple ( ?) La nénette avait quoi…17/18 ans ? Je suis incapable de dire.  Elle était blonde, mais pas vraie. Enfin, je n’en sais rien, mais ça existe un blond méché tous les deux centimètres EXACTEMENT, naturel ? Elle avait 17/18 ans, mais elle avait déjà, je pense, les lèvres refaites ; Ou alors ça existe les bouches ourlées, pulpeuses énooormes naturelles ?

Elle avait un très beau grain de peau, ce genre que tu ne trouves pas à tous les coins de rue, la fraîcheur du brugnon, la clarté de la jeunesse vraiment jeune, tu vois. Ou alors il existe des fonds de teint vraiment efficaces... et on ne m’a rien dit ?

 

 

Le mec  avait sensiblement le même âge, il était tout maigre, et en TOTALE admiration devant la nénette. Pourtant, la conversation c’était..pfff. « Alors moi je l’ai regardé et je lui ai dit non je te filerai pas de clope, d’abord tu fumes pas, tu crapotes, moi je fume pour de bon, j’te jure j’étais sciée, j’te jure, tu te rends compte ? »

Le mec il se rendait compte, et plutôt deux fois qu’une.

 

 

 

 

La nénette, elle avait l’air à la fois de vouloir vachement qu’il l’embrasse, et en même temps de le mépriser un peu pour cette admiration sans bornes qu’elle lisait dans ses yeux. Elle ne devait pas s’aimer beaucoup, ou alors, elle était énervée. Je  sais pas.

J’aurais bien voulu savoir la suite,  mais mon gnome ayant disparu dans le Mc Do, et moi ayant été obligée de partir à sa recherche, paniquée, j’ai lâché mon bout de queue. Je me disais comme ça : « Bon s’il a été kidnappé, le mec va me le ramener c’est sûr, il va pas tenir 5 minutes… » j’essayais de me faire rire. Je fais toujours ça quand j’ai les foies.

 

 

Il était assis à une table avec deux messieurs qui avaient l’air de bien se marrer. Et il bouffait leurs frites. Sans rire, cet enfant est HYPER sociable par compensation. Il avait trouvé que c’était vraiment trop long la queue, alors il était allé se servir chez les autres.

J’ai fait la mère souriante et tendre , un peu estomaquée quand même. En fait, je n’étais pas étonnée du tout.

 

 

On a du refaire toute la queue.

 

 

Ensuite, on est allé acheter de quoi faire un gâteau.

-         Bon, hein, tu me rappelles ce qu’il faut pour le gâteau ?

-          Des œufs,  de la farine, du chocolat, du sucre.

-          C’est très bien (genre c’était un test d’instit tu vois) mais tu as oublié la levure chimique.

-         Oui et le beurre aussi.

-        

 

 

J’ai acheté une panoplie samouraï aussi.

 

 

Puis, bon an mal an, ouais j’aime bien cette expression, on a croisé une bagnole dans le parking du supermarché,  avec un chien dedans super mignon. La vitre était un peu baissée alors on lui faisait des risettes.

-         Regarde, j’ai dit au gnome, on dirait le chien de notre voisine.

-          Ouiiii un labrador, (Comment sait-il ?) qu’il me répond, mais c’est lui c’est GIEAÏEJO  ! Je le reconnais !

-         Il y a peu de chances quand même ! Il y a plein de labradors…

-          Je le reconnais à mon flair infaillible !

 

 

 

 

Et là, qui voit –on débarquer, La voisine !

-         Oh ben ça alors, ! quel-heu-hasard ! Il vous a reconnu mon DGIAÏEJO !!!!

-         Non c’est moi que je l’ai reconnu grâce à mon flair infaillible.

 

 

 

 

Ensuite, on est rentré et il a fait le gâteau, et moi j’ai essayé d’allumer le four. Finalement, on a décidé de bouffer le chocolat fondu, et de garder les œufs pour une omelette ce soir.

 

 

Ensuite, il a disparu encore, pendant que je bossais blogguais  sur mon ordi.

 

 

J’ai cherché partout, je me disais que s’il était chez la voisine, il y avait de fortes chances qu’elle me le ramène très rapidement et que donc si elle ne  me le ramenait pas, c’était qu’il avait bel et bien disparu putain je suis une mère indigne ça va pas, où il est où il est, son père va me dénoncer à la Dass je suis une merde. Je me faisais bien mal comme je sais faire quand je m’en veux de quelque chose.

 

 

Il était dans le jardin et il écrasait des escargots.

-         Mais pourquoi tu fais ça ??? Pourquoi ???

-         Parce que je veux savoir comment c’est quand on est mort.

-         Mais tu me demandes je t’explique, enfin tu demandes à ton papa, tu tues pas des escargots !!!

-         Mais y en a pleiiiiiin des escargots, y en a plein !!!

-         Mais ce n’est pas une raison ! Tu ne voulais pas qu’on tue tes poux, et là, je te vois en train de faire du mal à des bestioles qui ne t’ont strictement rien fait…

-         C’est pas pareil.

 

 

On a eu une super discut’, tu vois.

 Sur le semblable, l’utile, le vain, la mort, la vie, Batman, jus de raisin en petite bouteille ou en bricks.

Et après il m’a dit : «  Ouais quand on est mort, ça sert à rien d’aller à l’hôpital, on peut plus rien faire et papi on le verra plus jamais»

-         Voilà.

-         Mais quand même, je pensais qu’au cimetière on verrait un peu des animaux moi.

 

 

Et puis, il a dessiné sur une encyclopédie à 2000 dollars, et je n’ai rien vu.

 

 Puis, Mon Moitié est rentré à la maison. On s’est battu pour savoir qui donnerait le bain à l’Infant d’Espagne, et j’ai gagné. Donc, c’est lui qui s’y est collé, et j’ai jubilé d’une sorte de joie malsaine quand j’ai constaté qu’il avait autant de mal que moi à se faire obéir.

 

 

Nous avons dîné, entrecôte salade, p’tin j’ai encore faim. Puis j’ai couché le Gnome Au Flair Infaillible. Il m’a demandé de lui lire Dora, et j’ai dit : Plutôt crever.

 

 

Mon moitié m’a demandé si je portais une culotte et de fil en aiguille on en est arrivés à se dire que y a plus de saisons, c’est déjà la canicule.

 

 

Moi, je trouve que ma vie , c’est  une putain d’aventure.