22 mai 2008
Petite Conversation Entre Amies

- Tu sais hier, j'étais désesperée, j'avais la douleur fulgurante et la terreur sans nom, je me sentais happée par bien plus vaste que moi, à l'intérieur même de mes contours. Bon, j'avais mes règles quoi...et j'ai eu envie de mourir, tu sais, mais vraiment hein. Pas juste de fermer les yeux en écoutant Menomena. Je te parle d'une mort radicale, que les suicidés au lexomil ne peuvent pas connaître, une mort mais de gauche, une révolution de la vie, un peu. Une rebellion de la vitalité. La mort, tu sais, comme une révolte contre la canicule, ou le retour des 54 heures payées 35.
- Ouais mais en tant qu'hystéro, moi, j'aimerais une mort qui fasse signe tu sais, avec double face, tu vois ce que je veux dire ? Non un truc super cool, ce serait un cancer de l' utérus pour signifier quand serre l'utérus, pourquoi mon sexe comme un fardeau ? un masque ? une tromperie ? un pot aux roses ?...ou mieux, qu'en sert l'utérus, ? Mourir d'une question, je trouve que c'est super classe, lacanien en diable.
- Ouais mais le chiant, c'est que c'est mortel quand même. Moi, je trouve qu'avec une cystite, tu en dis aussi long au final.
- C'est vrai. T'es vraiment trop géniale, comme fille. Je t'ai dit que j'avais fait à manger y a deux semaines ?
- Naaaan ? t'es guérie t'es guérie !?!
- Je sais pas, je veux pas vendre la peau de l'ours avant d'avoir couché avec, mais bon, j'ai fait cuire des choses et après on les a mangées. Personne n'est mort. Mon coeur battait tu sais, comme juste avant un orgasme, quand tu te concentres sur la sensation du pelvis, et qu'il ne faut surtout pas penser à "l'effet que tu fais" mais à celui que tu ressens; et j'ai eu un sentiment de fierté, très vite remplacé par un terrible sentiment de culpabilité et une grande terreur. T'imagines, si j'étais satisfaite de mon sort ?
- Haaaaaaaaaan, ce serait terrible. Non mais c'est bon, t'as vomi après ? tétanie ? grossesse nerveuse ?
- Non non, j'ai juste fait une crise d'hypoglycémie. La petite routine. Mon psy dit que je progresse.
- Ha oui, y a symptôme, mais moins rude, moins mise en scène. C'est vrai. Tu avances.
- Oui, après neuf ans, tu vois, je commence à sentir que ça va un peu mieux. Hier, mon compagnon m'a dit "Ca va ? bonne journée ?" et j'ai pas pensé que notre amour était mort, tiède, à chier, et qu'on allait s'enterrer dans une routine qui sentirait le yaourt à l'oméga 3 ni que la vie ne valait rien. En fait, oui, bien sûr, je l'ai pensé. Mais j'ai rien dit, j'ai baissé les bras dans ma tête. J'ai répondu : "Ouais, et toi ?"
Et ensuite il m'a chanté Si tu crois un jour que tu m'aimes , ne le considère pas comme un problème, viens me retrouver, si le dégoût de la Viiiie vient en toââââ. J'ai failli dire "Prends du Primpéran" en me tapant sur les cuisses, mais je l'ai pas fait, j'ai fait Ho c'est joli,si joli, je suis touchée, je... ...j'ai pas les mots...je ... ET J'AI PAS RIGOLE !
- Putain putain mais c'est géant ! Et tu sais, moi, j'ai mis un soutif hier et je l'ai pas enlevé aux toilettes du taf, je l'ai gardé douze heures. Et j'ai pas pleuré. Et après j'ai fait les magasins et j'ai failli acheter une robe à volants. Bon je l'ai pas achetée, parce qu'il y avait pas ma taille. Mais sinon, franchement, je veux pas trop m'avancer, mais je crois que je l'aurais fait.
- Non moi les robes, ça va. Mais j'ai du mal à me séparer de mon ballochon Monoprix comme sac à mains. mais j'ai confiance, ça va venir.
- Tu sais que hier j'ai vu un mec beau dans la rue, qui m'a matée, et que je l'ai même pas regardé et que j'ai même pas voulu qu'il m'emporte pour toujours dans un lieu inconnu de tous où il me séquestrerait sans rien me dire et que de temps en temps je le taperai fort en criant laissez moi laissez moi et qu'après je le regarderai et que je sentirai qu'il y a en lui une blessure secrète qu'il ne peut dire à personne -même pas a son psy- mais que moi j'aurais su voir tu sais, et que sentant la faille, j'aurais senti du même coup un fol élan trop fou, enfin bref, je vais pas te faire un dessin. Eh ben je l'ai même pas regardé.
- Mais comment tu sais qu'il était beau alors ?
- Non mais là c'etait juste pour voir si tu suivais. Parfois j'ai le sentiment que tu m'écoutes pas, que tu me dis oui oui comme ça, mais sans entendre, vraiment, MA parole, je me demande si tu repères à la fois l'étendue de la substance de mes paroles en même temps que celle des matières. Tu vois ? Mais c'est moi, hein, c'est pas toi, c'est moi qui ai un problème, je le sais. C'est à cause de tu-sais-qui-qu'on -doit-pas-prononcer-son-nom
- ...ta mère ?
- HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA on avait dit de pas le dire !
- Oui, mais en même temps, nommer c'est circonscrire, et la chose n'est pas le nom. Moi je trouve que tu devrais vider la corbeille de ta rancoeur, exulter ta peur, t'acheter un vibro-masseur, hahahahahaaahha, non mais faire le deuil du matern-elle, ça te ferait du bien.
- Ecoute, là, je peux pas, je peux pas m'occuper de tout à la fois. J'ai enlevé la photo de mon père de mon portefeuille. Je te dis pas l'acte posé. J'en ai le vertige de la catharsis.
- Tu l'as mise où ?
- Sous mon oreiller.
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(Joyeux anniversaire à Sygne.)
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10 mai 2008
BLOG NORMAL
8h30 : Parce que la mort c'est pas marrant, parce que la mort c'est dégoûtant, parce que la mort ça te prend tout, ça te laisse con comme un manche, eh ben moi, je me casse, je vais prendre une douche.
(photo prise un jour où j'étais noire et blanche, un peu comme l'âme d'un bloggeur .... Ou pas.)

9h12: Ho, Mon zhommoitiépititcopain amoureuxcompagnonfiancétrodlaballe vient m'embêter sous la douche. Il fait semblant de piquer mon shampoing Brillante Brunette. Trop chou. Je lui jette de l'eau, il me dit "Je suis mouillé". Son regard brûlant comme le feu qui brûle d'un incendie en Provence au mois d'août- c'est trop affreux,à ce sujet, sauvez les arbres !!- me laisse à penser que ça va mal finir. Lol.;-)))))--> clin d'oeil entendu. Nous faisons l'amour pendant exactement 21 minutes dans l'eau savonneuse, je le sais car il y a une horloge de bois blanc veiné de blanc dans ma salle de bains, et après il me dit que c'est trop fun la vie avec moi, parce que tout est si imprévu, toujours ! pendant que je passe la serpillière sur le sol dévasté comme mon coeur ce fameux jour de septembre où tu m'as dit: "La chatte est mite en carré...ou cantaré (?)" Je ne sais plus. Quelle importance? Le résultat est le même.
(photo ou c'est pas moi, et où c'est Jim Morrisson qui se sert de l'épaule de sa meuf pour faire genre il est pas bourré.)

9h 51: J'ai mal. Je regrette. Les regrets c'est comme des tulipes, c'est pas ce que je cherche à Amsterdam. J'ai comme un noeud de sel dans mes yeux qui suffoquent de l'arme acide du fiel du 2.0. Oui je suis un peu sybilline, mais pardonnez moi, j'ai une pudeur, aussi. ..mais après tout, je crois qu'il faut que je l'avoue. A quoi bon davantage le cacher ?
Ai je bien fait d'enchérir sur un sac Chloé Paddington à 478 euros sur E Bay ? Alors que je suis à découvert ? Non bien sûr, bien sûr que j'ai mal fait. Comme si je le savais pas. Mais j'en ai rien à foutre. Je m'en fous , tu vois, moi je marche seule, et j'ai la rebellion plantée dans moi comme un dard, ce dard qui empoisonne ma vie, et qui me fait souvent me coucher si tard alors que la pluie bat sur les carreaux comme un coeur trop fou- ou un pénis,( j'hésite). Déjà, ado, je m'échappais des Réveillons en famille pour aller sniffer de la cocaïne, tellement j'étais mal dans ma tête. Ha ce n'est pas fini. Et j'ai encore besoin d'apprendre à me connaître...Point final qui fait mal.
(Photo de merde, on peut bien le dire) 
10h25 : J'essaie tant bien que mal de remonter la pente. L'escarpe est raide, mais j'ai le pied agile, et le souffle tangible comme un bol de nescafé. Haureusement, j'ai mon Ibanez qui est toujours là pour me réconforter, ma réponse aux tourments, tu ouas, c'est la musique, Mi- Fa#-Mi- Do#-La. C'est comme un graal. Un talmud. La musique me donne des pistes, m'envoie comme une fumée qui me montrerait le good way. Et je suis pas la dernière des mohiconnes.
(photo de quand je déprime parce que je sais pas jouer)

11h24: Ha le sort s'acharne. Je crois que je fais une allergie à mon mascara; je suis comme maudite, moi.
(photo avec une option de ComicLife du mac qui fait genre c'est un painting. C'est affreux.)
12h00: Penchée devant ma fenêtre dans la fantastique lumière d'un jour de mai qui ressemble à s'y méprendre à l'été, je me demande si je dois sauter. Ou pas. Et vous ? Parce que je trouve trop dur la vie et j'ai peur de l'avenir, et en plus j'ai même pas voté Sarkozy, je crois qu'ensemble tout devient super chiant. J'ai vraiment des fois, tu sais, c'est trop bizarre, dans mon coeur, tu sais, j'ai envie ...d'...d'en...de ..j'ai envie que tout ça, ça... j'aimerais tant.
(Podcast avec des voix qui se meurent, et des guitares qui pleurent: un violon discret nous rappelle que je souffre-->

Mais pourquoi ? Mais là, je vais manger. Je vous embrasse. merci d'être là. Je suis touchée, vraiment. VRAIMENT. V.R.A.I.M.E.N.T.
(Photo de quand j'avais un projet avec Sophie sur un roman photo mais on a arrêté, parce que rentrer dans la peau d'une autre, ça fait trop mal ...Déjà que dans la mienne...(baissage de zyeux) ha bah jetons un voile pudique et passons.)
Que mangera-t-elle ?
Que se passera-t-il pendant l'après midi ?
C'est quoi cet appareil photo en bois ?
Est ce que tout va si mal, est ce que rien ne va bien ?
Me feras- tu un bébé pour Noël ?
Vous le saurez dans BLOG NORMAL SAISON TWO.
11:45 Publié dans SelfSephFoutage de gueule | Lien permanent | Envoyer cette note


