10 décembre 2009

trouble de l'humour

C'est dur de dormir, ma petite, c'est vrai. Quand la peur colle au pyjama et que le cauchemar fait transpirer ton oreiller. Y a des cheveux agités sur les draps, y a des mains qui tâtonnent pour saisir du familier. J'ai refermé la couverture douce comme une peau. Ces gens disaient qu'il avait changé leur vie, (et c'était pas Jean Jacques Goldman.) J'ai écrit son nom comme celui de quelqu'un qu'on connaît au recto d'une enveloppe, et j'ai pu mesurer l'étendue d'un soupçon sur ce qu'il avait voulu me dire. Il y avait de l'esprit, de la chair, et beaucoup de curiosité, celle que j'aime, claire et silencieuse, sans obscurs détours. Je n'ai pas tant cherché à comprendre que ça. Ce n'était pas si important. C'est comme lorsqu'on pense à quelqu'un qui nous a surpris, hier, par ses paroles, mais on ne va pas plus loin que son étonnement, parce qu'après tout, on le connaît, il ne va pas nous la faire. Il peut même nous décevoir, il nous a tant déjà donné. Moi c'est le temps, le rien qui ont ebiselé mon coeur, j'ai le coeur hooligan et je n'y peux plus rien. A part toi, j'aime personne. Et on me le rend bien.  C'est dur de dormir, ma petite. Y a des gens que le malheur rend niais. Y a des gens qui se défendent tout le temps de vouloir être aimés. Moi, je crois que ça m'aurait bottée.

 


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24 novembre 2009

A quelques ombres

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21 novembre 2009

things not to be done on the sabbath

J'attendais patiemment mon tour à la station service. Moteur arrêté, et puis c'était mon tour donc. J'ai essayé de démarrer pour avancer jusqu'à la jauge. Et l'enfer a commencé. Je veux dire, c'est comme si Ira Levin et WP Blatty avaient imaginé le scénario.  Ca faisait pouf pouf et ça démarrait jamais. Il était 11 h30. L'Infant était "au sport". Je devais aller le chercher avant midi, sinon, ils appellent la gendarmerie pour nous apprendre à respecter l'heure au lieu d'aller chez le coiffeur. Je gênais tout le monde. Les hommes ont essayé de démarrer ma bagnole à ma place,  ils tournent super mieux la clef, c'est bien connu, Après ils disaient "C'est le démarreur", comme je venais de leur dire, mais bon là, ils  étaient bien sûrs tu vois. Ce jour-là, (un sale coup de Satan) j'ai eu envie de mettre une jupe et des bottes, tu sais comme à peu près 98 % de la poulation féminine en ce moment. J'ai dit à la dame de la station service "Je vais devoir laisser ma voiture là, mon fils m'attend tel un roumain abandonné sur un terrain vague à deux kilomètres d'ici, je vous en conjure, aidez moi". Elle a dit , scandalisée "Mais vous avez réglé l''essence ???" . Le chargé de la sécurité a poussé ma voiture sur le bas côté en disant que c'était super lourd et je sentais bien qu'il me haïssait et je me suis mise à courir vers ma demeure car là, je pouvais téléphoner à un sauveur potentiel qui aurait retourné le temps, tué la guerre, sauvé willy, porté ma voiture d'une main, en volant super vite, et on aurait récupéré l'Infant qui avait froid et faim et plus aucune confiance dans le monde, avec l'autre main, et ensuite j'aurais dit merci et il aurait dit " You're Welcome, Honey" mais là je courais, et ensuite j'ai montré aux automobilistes qu'une menace pesait sur le monde, et qu'il fallait porter secours aux désoeuvrés en levant les mains très haut. Deux femmes sont passées , méprisantes, parce que j'ai des super plus belles bottes qu'elles, et il y avait un bouchon de mecs qui voulaient me sauver et il y en a un qui s'est arrêté et m'a dit "La galanterie se perd et où va le monde c'est terrible vous avez couru ho vous avez couru vous avez pas l'habitude de courir on dirait  j'aime beaucoup les femmes en jupe vous êtes sûre c'est le démarreur ?" Et ensuite, j'ai sauté de la voiture, j'ai dit merci merci et je suis rentrée chez moi pour retrouver le numéro du Sauveur Heroïque, mais j'ai cru que j'avais perdu ma carte bleue à la station, et puis mes clefs et puis je  trouvais que je méritais pas tout ça. Et j'ai pleuré un peu. Le Sauveur m'a dit qu'il arrivait et il m'a dit qu'il s'occupait de tout et il a dit c'est la batterie à mon avis, je vais chercher Rémi Sans Famille, oui oui. Puis quand j'ai pu serrer l'Infant qui avait échappé à B. Hortefeux, dans mes bras, en lui disant que tout allait bien désormais et que la guerre était finie, qu'on pouvait rentrer chez nous, on est allé voir ma voiture, et Superman a dit Ha ben oui c'est le démarreur. On est rentré, j'ai voulu dormir, mais je devais aller chercher ma guitare qui a eu une clef cassée la semaine dernière ce qui a provoqué chez moi une maniaco-dépression ainsi qu'une rhinopharyngite, et donc j'y suis allée avec V. qui est toujours là, et qui me comprend. Le monsieur du magasin m'a dit "l'Ibanez ? mais on l'a déjà rendue..." et là, j'ai dit que je voulais mourir; mais c'était une super blague de musicoss, tu ouas. Et ensuite il a accordé ma guitare toute guérie et a joué un truc tellement beau que je voulais la laisser là, dans ses bras, parce qu'elle doit vraiment s'ennuyer avec moi. Elle sent bien toute ma bonne volonté, mon désir de bien faire, mais je crois qu'il lui faut un homme un vrai qui sache la faire vibrer et tout mais bon finalement j'ai dit bon je vous dois combien et je suis partie avec mes super bottes et ma guitare parce que.

21 octobre 2009

Je suis une artiste

Pour casser définitivement le mythe:MyPicture.jpg

 

-Oui, je fais des collages: celui-ci est censé représenter le poids de la féminité. La féminité c'est super chiant, je veux dire, parce qu' il faut faire pousser des fleurs et trouver merveilleux d'améliorer sa daube, ne pas conduire de grosses voitures, et faire oh oui c'est trop bon d'être ta chose continue continue.. quand on a envie de dormir. C'est très chiant, parce que tu peux pas dire que t'as envie de baiser avec plein de monde  SAUF si tu portes un porte jarretelles qui gratte,  et que tu ne dois jamais faire rire plus que ton mec. Sinon, il bande plus.

(J'ai eu une note honorable, mais je pense que c'est parce que je paie ma formation. Ou que la correctrice est fan de B.Groult.)

 

 

 

 

-Oui, la musique m'est un cri qui vient du Ministère de l'Intérieur : et  "je chante du soir au matin pour oublier les maux du monde parce que merde, c'est trop dur, les maux dans le monde" (op cit. F. Pagny.)


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J'aimerais pouvoir dire que c'est pas moi qui joue de la guitare (six mois d'entraînement), mais c'est moi. Et c'est drôle que pour ceux qui comprennent l'anglais. (Mes voisins ne comprennent pas l'anglais)

 

- Oui je suis une poète, ceci est mon premier poème (j'avais douze ans)

"J'ai le mal de vivre,

j'ai le mal de vivre

mais ce qui me fait vraiment flipper

C'est le mal que j'aurai

quand il faudra crever."

 

 

Voilà, désormais vous savez toute la vérité: Le blog, c'est pas la vérité.

(On vous ment, pauvres crédules.)

 

 

28 août 2009

éééé

Tu t'emmerdais, je suis passée. Je voulais combler. On s'est emmelés. Les névroses bien adaptées. Et puis, Je me suis emmerdée, je t'ai quitté.  Bon bon, bon. Il va falloir s'y soumettre, je crois que j'ai plus rien à écrire.  A dire, ça fait longtemps que je le sais. Tu savais que l'oklahoma est un mot du langage choctaw signifiant terre rouge ? Il y a une histoire dégueulasse de pétrole la-dessous. J'ai appris ça il y a peu. J'ai dit "ho, c'est vrai ?".  Ce qui me manque le plus, canicule oblige, c'est de ne plus conduire. Il y a toujours un moyen lorsque tu conduis, conduire moins vite, rouler à donf. Une illusion de contôle, un peu. Il y a ce moyen-ersatz de te soulever au dessus du poids de la vie, de te confondre avec le vent que tu brasses des roues, te dire que tu n'es pas attaché à ce monde, que tu migres vers le prochain. Mais bon, la liberté de rebelle genre yahou je vole, sans fumée sans alcool , dans un cocon automobile dépend quand même  de la station essence, et d'un garagiste arnaqueur, en bleu noir, et ça casse le délire, ta lucidité. Je m'emmerdais, la roue tournait, c'est là qu'on aurait pu avancer. Mais si tu savais comme ça m'ennuie les gens qui parlent de tracer des chemins, de poursuivre leur route, si tu savais comme je m'en fous de bien ou mal continuer. Je sais bien que c'est tendance cette façon de rien attendre et de jamais se faire surprendre, être blasée; mais avant que ce soit "in", j'étais déjà une lassée. J'aimerais bien m'émerveiller, espérer, être très fière de ce que j'ai "gagné". Mais j'y suis jamais arrivée. Ecoute, en même temps, je pourrais boire, hein. Pour oublier. Mais je le sais bien qu'on boit jamais que pour pouvoir se supporter, et qu'au final, c'est les autres qui peuvent plus vous blairer. A midi pile, le téléphone a sonné. Je ne sais pas qui tu es, je le saurai jamais, je décroche plus désormais. Rien ne s'affiche, t'es rien qu'un numéro masqué. Ca a le mérite d'une grande clarté.  Depuis que j'ai vu la photo,  j'ai envie de me noyer.

05 août 2009

Testis

C' était l 'heure grise où l 'on est censé faire le bilan, le solde de tout compte, comme si on allait décider quelque chose. Le problème avec les questions, c'est qu'elles amènent forcèment des réponses.  Sans cesser d' observer les passants qui déambulaient en grignotant des fèves trempées d' huile d 'olive, il considéra la chose d 'un oeil vide:  Il n y avait rien à dire, alors se il parla de tout et de rien, des fragments de pensée, des filaments de syntaxe, des scenari attendus - un mouchoir dans le poing, des poings dans les murs, des cris, le silence etc etc-  à moins que ce ne soit qu' une formule. Il y a une grande différence entre le tragique et le désespéré.  Le premier décortique tout et sodomise les mouches. Il se trouve très beau, malheureux. Parfois, il publie un livre. Le plus souvent, il écrit des notes pleines de rage et de métaphores enlevées, sur l'internet, avec une ponctuation impeccable.  Le second repeint les marches de son escalier qui allait très bien, merci, mais bon. Il écrit des trucs qu'il ne montre jamais à personne, car il a oublié où c'est, ou bien, il se gratte le sourcil.
Il se souvint du jour où...la gueuse, la maudite. Il savait désormais qu' il la haïssait, comme on est sur de l 'amour dans  l'oeil de son chien quand on lui tend un biscuit un dimanche matin pluvieux de merde. Il se demanda cinq minutes si le chemin serait encore très long pour arriver simplement à la détester. Se distancier, Prendre du champ. Il y avait cette thanatopracteuse aux cheveux courts et à la voix cassée, qui lui disait parfois au téléphone, simplement :"Je te rappelle. Là, j'embaume." Et elle rappelait tranquillement, habituée à la mort, baguenaudant parmi les cadavres, parlant de ses escaliers, se grattant le sourcil, une vraie désespérée. Une ré-humaniste. Il l'aimait bien, et elle l'impressionnait un peu. Mais il était devenu incapable de manifester la moindre affection à quiconque. A moins qu'il n'ait jamais su.

01 juillet 2009

Et...

La foudre a frappé juste à côté, explosant le boîtier rempli des fils de la communication & Cie. Je n’étais pas là pour voir. Ça devait être quelque chose. J’étais dans la salle d’attente d’un cabinet d’ORL, et ça n’a pas vraiment d’importance mais il faut situer dans les narrations. J’avais, comme d’habitude, ce sentiment bizarre d’éparpillement et de manque, ce sentiment d’imminence d’un danger. Il paraît que ça a à voir avec le manque qui vient à manquer, au danger non pas d’une perte, mais de la perte d’une perte. Ha. C’est à la page 307 du séminaire où est dessiné un malhabile shofar. Je comprends un peu, mais je me demande si tout ça n’est pas strictement hormonal. J’ai du mal avec l’idée d’une angoisse existentielle avec laquelle il faudrait composer, voire vivre. Je préfère l’idée d’une ménopause salvatrice. C’est mon côté messianique. La foudre a frappé brisant tout, les free box, les téléphones, les câbles. Je pensais que cela me manquerait, la virtualité. Eh bien, non. Vraiment, il faut le dire, ce sont ceux qui n’ont pas de blogs qui sont accros à ce que disent les bloggueurs. Nous, nous n’ignorons pas notre peu d’intérêt. Enfin, moi, je ne l’ignore jamais. Ensuite, il ne saignait plus du nez, et la maison était éteinte. Une corne, une corne dans laquelle on souffle Queren ha yobel pour appeler je ne sais qui pour faire ou être, je ne sais quoi. J’ai pensé à ça, à faire sonner trois fois le shofar pour avertir de mon entrée dans le médiéval, sans contact possible avec le monde. Ou bien, dans ma robe écaillée et fragile, mocassins, becs de macareux pendus à mes jambières, Hi yey tehee, et laisser échapper les volutes de fumée pour lancer un SOS. J’aurais tant aimé être Cherokee. Mais il pleuvait, de une, et va trouver une corne de bélier à Leclerc, de deux. L’opérateur d’un pays en voie de développement m’a demandé d’opérer une grande quantité de tests destinés à prouver que j’étais bien prête à payer une fortune un autre modem, que je ne faisais pas exprès de dire que tout avait pété. Nous avons fini par sympathiser. C’était la seule personne avec qui je communiquais depuis trois jours. Ça crée des liens. Il m’a dit que lui et toute l’équipe me souhaitaient une très belle journée et j’ai dit que c’était super sympa. lol. Les techniciens de France Telecom viennent régulièrement, observent les boîtiers grillés sur mes fils électriques, font mmh et hoo et repartent dans leurs jolis camions lego. Ils disent qu’ils reviendront. Je bois des cafés dans le jardin sous la tonnelle, il y a Echenoz, Roth et Cosmopolitan avec moi. Et, c’est ridiculement tendance, je parle avec mes voisins (c’est bien connu, Internet tue les relations de proximité) –Bonjour alors ça va ? – Bonjour, comment allez vous ?– Il fait lourd, hein, i va y avoir de l’orage. – On dirait le mois d’août – Dis donc qu’est ce qu’il a grandi. – C’est toi qui joues de la guitare ? hahaha... J’aime bien qu’Internet tue tout ça, moi. Il y a des assassins qui ne tuent pas pour rien. Qui ont des mobiles louables. Le shofar révèle la fonction de sustentation qui lie le désir à l’angoisse dans ce qui est son nœud dernier. Par trois fois, répétés. J’écris sur Word, comme les bloggueurs qui font des brouillons et conservent précieusement leurs notes, tsais. J’aimerais bien savoir ce que ça fait, parfois- mais pas longtemps- de me donner de l’importance. Avoir des projets pour moi et mon épanouissement personnel, considérer ma fonction comme une mission autre qu’alimentaire, être ailleurs que dans le plaisir de faire et d’être, me sentir utile et importante, par exemple, et me mettre en colère sans culpabiliser, dire ha mais ça suffit, je vous congédie, vous êtes un incapable, je vous avais demandé de me rendre ce rapport à 12h48 ! Ou bien mais comment…Que…Comment as-tu pu me faire ça …Je…Tu as couché avec elle alors que je t’aiiiiime ??? salaud ! Voir ce que ça fait de se donner de l’importance, penser que l’autre souffre à cause de moi, par exemple, et pas à cause de l’importance qu’il se donne. J’ai réalisé dernièrement que ce que je supportais le plus mal, et qui m’éloigne à jamais,_ et dieu- et quelques hommes-, savent que je suis une vraie fidèle,_ c’était qu’on me demande l’exclusivité. Je ne supporte pas qu’on me demande de considérer comme réelle et acquise, l’importance que les autres s’attribuent, voire qu’on me demande de m’accepter comme importante. Ça ne me réjouit en rien, et même ça me dégoûte. Je ne sais pas, il y a sûrement une terreur cachée là-dessous, peut-être est ce juste qu’étant mère, je sais la dévoration, l’inquiétude, l’horreur et le délice d’une exclusivité éternelle, mais aussi, toujours, et surtout, la certitude que ce n’est pas moi, l’importante. (En même temps, à l’heure où je me parle, un nouveau camion France Tel arrive. Un ouvrier torse nu, bronzé, un peu sec, démarche de cake du sud, porte sa main à son oreille, en articulant « C’est pour le té-lé-pho-ne’", au cas où je ne saurais pas lire. Il a quelque chose, un charme brut et un bronzage de caramel chaud. Ce doit être un silencieux. J’ai envie qu’il me ne dise rien pendant environ 42 minutes.) Enfin, voilà, pas importante, et ça ne veut pas dire que je me hais, ou que je suis une souffrante, loin de là. Je ne me fais aucune illusion, sur personne, et je n’ai jamais cru quiconque me disant qu’il ne supporterait pas de me perdre et que ho comme tu es importante ! Je ne crois pas pour autant qu’il mentait à quelqu’un d’autre qu’à lui-même. Mais peut-être est-on heureux comme ça ? Ça doit être quelque chose. Peut-être entend -on moins sonner le shofar, lorsqu’on se croit le favori, le chouchou, l’Elu, l’Aimé, le Préféré, ou lorsqu’on croit favoriser, élire, chouchouter, préférer, aimer… Va savoir….

01 juin 2009

Kinishao & I

 

Pour ceux qui suivent ma carrière...

Avec Kinishao

(j'adore sa voix de Bee gees et son sens trop fou de la mélodie)

 

on a fait ça (mais de loin: je suis trop une chanteuse de studio)

 

C'est une version plus du tout jazz, un peu bontempi, désincarnée,  de ça,

et moi je l'adore.

 

(et comme les commentaires sont fermés, vous aussi, vous l'adorez, c'est ça, la magie du 2.0-)


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02 février 2009

won't you take me to funky town (de mieux en mieux)

Quand j'étais petite, j'avais un maître au Cm2, un maître qui ressemblait à Francis Cabrel. Il avait le même jean , les mêmes clarks, les mêmes frisottis sur les tempes, et la même moustache de bab du Gers.  C'était mon maître des après-midi, parce que le matin j'avais le directeur comme maître, et lui il ressemblait à rien, enfin je veux dire il était vieux et un peu chauve et sans surprise. Le maître de l'après midi débutait et il aimait bien les élèves, il aimait bien enseigner si ça se trouve. Des fois, il jouait de la guitare, des chansons de vieux. Personne n'osait demander "je l'aime à mourir", on était de respectables enfants, on levait le doigt pour demander des trucs comme aller faire pipi, ou effacer le tableau. Une fois quand même Carole C s'est piqué un fou rire parce que le maître de l'aprés midi avec sa guitare classique chantait "O gué vive la rose" et là, il s'est un peu enervé, tout freinetique qu'il soit, Francis, il a dit que claude françois c'était de la daube et qu'elle irait pas bien loin dans ses études, avec des goûts pareils. Enfin, moi j'étais du côté du maître vu que je détestais claude françois et que je préférais déjà  Led Zeppelin, à cause de ma frangine qui était une grande du collège qui fumait des cigarettes. J'étais une très bonne élève blabla super forte en rédaction et un peu nulle en géométrie (je n'aime pas l'espace). Il m'aimait beaucoup et je le faisais rigoler. C'était sa première année d'enseignement et je crois qu'il était vraiment curieux de ses élèves. Je suis passée en sixième,(je l'aimais pas au point de redoubler) et on s'écrivait des lettres . J'étais très fière, il répondait à mes lettres par de vraies longus phrases avec une écriture très différente de celle du tableau, une écriture d'adulte. Un mercredi après midi , il est venu prendre le thé à la maison. Ma mère l'avait invité. Je ne me souviens plus trop ce qu'ils se sont dit. Je me souviens que j'étais mal à l'aise, je ne savais pas trop quoi dire non plus "oui j'aime bien le français" "non je ne mange pas à la cantine"
Je crois qu'il m'aimait vraiment bien. J'étais le genre élève intéressante : niveau socio culturel assez bas, fille d'ouvrier, ça devait ravir un instit un peu bab qui a envie que l'école de la république réduise les inégalités sociales, je crois. Ensuite, en cinquième, j'ai découvert le sexe et la drogue,(en gros) alors je ne lui ai plus écrit.

Une bonne dizaine d'années plus tard, par un hasard inouï qui n'a aucune importance, une femme m'a parlé de moi. Elle avait entendu parler de moi par lui. Il se souvenait de moi. Je l'ai eu au téléphone, alors.  On s'est dit que ça serait marrant de se revoir, il aimait toujours drôlement son boulot. Moi moins.  Mais j'ai pas donné suite, j'ai toujours été mal à l'aise avec les gens qui m'aiment bien, j'ai l'impression qu'il ya quelque chose de pas net, là-dedans. Qu'ils vont découvrir le pot aux roses. Alors je me casse pour qu'ils continuent de m'aimer bien, en fait. Bref,  il y a peu, je l'ai revu.  Il manifestait. Il m'a reconnue tout de suite. Je lui ai demandé s'il aimait toujours bien les élèves, s'il était toujours aussi curieux...Il a souri, il ressemble un peu à Christophe maintenant. Plus trop à Francis Cabrel. Il a dit que c'était pas ça. Qu'il était juste convaincu que je ferais de grandes choses à cause de mes rédactions, de ma rapidité, de ma vivacité. Enfin, moi, à part être Patti Smith, j'ai jamais eu beaucoup d'ambition. J'aime l'idée d'avoir un vieux visage d'iroquois et une voix fatiguée douce qui rend un tube pourri de Nirvana super sex. Ou alors dissidente soviétique, j'aurais bien aimé.  Alors...J'ai dit ho. J'ai même rougi.  J'ai vu un moment qu'il était déçu parce que je lui avais raconté ma vie, un peu.(comme quoi je fais  bien de me casser, hein, pour qu'on m'aime encore. Abs est hystérique, comme Dieu, elle fucke tout de suite, et après elle fuit emportant le soyeux de ses cheveux etc...(poème qu'on m' a fait cadeau, la classe). Je lui ai raconté les grandes lignes, quoi, mais les grandes lignes, elles disent tout.  J'ai pas osé dire que j'avais un blog. (personne ne sait que j'ai un blog! strolahonte) Ensuite, il m'a demandé si je continuais par là où si je rentrais de suite. J'ai dit je rentre de suite, j'ai de la route. Il m'a dit au revoir. O gué vive la rose, j'ai pensé.

 

 


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22 janvier 2009

Note 478956213

Je ne fais strictement rien, du coup j'ai des tas de choses à dire. "Ecrire, c'est s'emmerder." Mon dieu (= Jason Molina), qu'il est bon d'être délivré de l'attente et de la quête ! et pardonnez nous nos offenses, c'est juste parce qu'on se faisait chier.
Je perds un peu la mémoire. C'est bon signe. Une vigilance qui s'éteint.  La vigilance, c'est le début de la culpabilité. Je n'ai plus peur de t'oublier.
Je commence à mentir...Moi et mon bel amour de la vérité ! Je continue de l'aimer, en secret, en cachette, et surtout en silence, parce que ma vérité, elle n'intéresse personne, ma cocotte. La preuve: moi, la vérité des autres, très honnêtement, je m'en fous.


Je ne suis pas allée chez le réducteur de crâne ce matin. Mais alors, j'avais pas envie....j'en ai marre de me complexifier l'archaïque, de m'analyser le basique. Je souffre quand quelque chose de bien se termine, l'autre il souffrait pendant qu'il le vivait.
Et c'est moi qui vais chez le psy ...
Et puis 60 euros pour toujours rien comprendre à Lacan, c'est bien trop cher payé. Alors j'ai laissé un message gentil léger tout va bien (ça allait bien d'ailleurs). "Je me suis pas réveillée, haha à lundi".  Une heure après, il me laisse un message, (les lacaniens, ils appellent, ils t'invitent à des séminaires, ils te filent des listes de lectures,  tu as le sentiment que le transfert, ils en ont besoin. Mon freudien, il était cool, il me foutait une paix ROYALE- et bien sûr je transférais comme une locomotive.) "Je peux vous recevoir dans une heure" me dit-il.
(1). J'ai tout de suite pensé que mon cas était désespéré, que sûrement j'étais en grand danger de psychose puerpérale  (des fois ça arrive sept ans après).
Ensuite j'ai pensé (2) "Il m'aime...il peut pas se passer de moi, le pauvre, il faut que je le répare tout de suite...il faut que je lui donne ce qu'il ne sait pas qu'il attend...et ainsi je serai enfin complète et comblée ...au moins jusqu'à la semaine prochaine ".
Et après ,(3) j'ai surtout  pensé que j'avais pas envie d'y aller et j'ai mangé du couscous nature, sur le ventre, allongée, en regardant la petite maison dans la prairie.  (Almanzo est handicapé, il se sent impotent, Laura souffre de le voir si peu combattif. Demain sera-t-il un autre jour ? Demain, même heure, je saurai)

Je crois que tout ceci illustre à merveille l'histoire de la névrose sur canapé (1-Phobie  & narcissisme) (2-  hystérisation ) ( 3- pensage à sa gueule et  sublimation,  oui , on a les sublimations qu'on veut...)

...voilà, et là j'écoute une fille qui a une très jolie voix qui chante, et je pense qu'elle est pas trop trafiquée et ça me plait quand y a pas de trafic, le trafic , le compliqué ça me soûle.

Et je vais me faire un café, car je le mérite.


Il faut absolument que j'y aille lundi pour lui dire  que j'y vais plus.

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