21 octobre 2009

Je suis une artiste

Pour casser définitivement le mythe:MyPicture.jpg

 

-Oui, je fais des collages: celui-ci est censé représenter le poids de la féminité. La féminité c'est super chiant, je veux dire, parce qu' il faut faire pousser des fleurs et trouver merveilleux d'améliorer sa daube, ne pas conduire de grosses voitures, et faire oh oui c'est trop bon d'être ta chose continue continue.. quand on a envie de dormir. C'est très chiant, parce que tu peux pas dire que t'as envie de baiser avec plein de monde  SAUF si tu portes un porte jarretelles qui gratte,  et que tu ne dois jamais faire rire plus que ton mec. Sinon, il bande plus.

(J'ai eu une note honorable, mais je pense que c'est parce que je paie ma formation. Ou que la correctrice est fan de B.Groult.)

 

 

 

 

-Oui, la musique m'est un cri qui vient du Ministère de l'Intérieur : et  "je chante du soir au matin pour oublier les maux du monde parce que merde, c'est trop dur, les maux dans le monde" (op cit. F. Pagny.)


podcast

J'aimerais pouvoir dire que c'est pas moi qui joue de la guitare (six mois d'entraînement), mais c'est moi. Et c'est drôle que pour ceux qui comprennent l'anglais. (Mes voisins ne comprennent pas l'anglais)

 

- Oui je suis une poète, ceci est mon premier poème (j'avais douze ans)

"J'ai le mal de vivre,

j'ai le mal de vivre

mais ce qui me fait vraiment flipper

C'est le mal que j'aurai

quand il faudra crever."

 

 

Voilà, désormais vous savez toute la vérité: Le blog, c'est pas la vérité.

(On vous ment, pauvres crédules.)

 

 

28 août 2009

éééé

Tu t'emmerdais, je suis passée. Je voulais combler. On s'est emmelés. Les névroses bien adaptées. Et puis, Je me suis emmerdée, je t'ai quitté.  Bon bon, bon. Il va falloir s'y soumettre, je crois que j'ai plus rien à écrire.  A dire, ça fait longtemps que je le sais. Tu savais que l'oklahoma est un mot du langage choctaw signifiant terre rouge ? Il y a une histoire dégueulasse de pétrole la-dessous. J'ai appris ça il y a peu. J'ai dit "ho, c'est vrai ?".  Ce qui me manque le plus, canicule oblige, c'est de ne plus conduire. Il y a toujours un moyen lorsque tu conduis, conduire moins vite, rouler à donf. Une illusion de contôle, un peu. Il y a ce moyen-ersatz de te soulever au dessus du poids de la vie, de te confondre avec le vent que tu brasses des roues, te dire que tu n'es pas attaché à ce monde, que tu migres vers le prochain. Mais bon, la liberté de rebelle genre yahou je vole, sans fumée sans alcool , dans un cocon automobile dépend quand même  de la station essence, et d'un garagiste arnaqueur, en bleu noir, et ça casse le délire, ta lucidité. Je m'emmerdais, la roue tournait, c'est là qu'on aurait pu avancer. Mais si tu savais comme ça m'ennuie les gens qui parlent de tracer des chemins, de poursuivre leur route, si tu savais comme je m'en fous de bien ou mal continuer. Je sais bien que c'est tendance cette façon de rien attendre et de jamais se faire surprendre, être blasée; mais avant que ce soit "in", j'étais déjà une lassée. J'aimerais bien m'émerveiller, espérer, être très fière de ce que j'ai "gagné". Mais j'y suis jamais arrivée. Ecoute, en même temps, je pourrais boire, hein. Pour oublier. Mais je le sais bien qu'on boit jamais que pour pouvoir se supporter, et qu'au final, c'est les autres qui peuvent plus vous blairer. A midi pile, le téléphone a sonné. Je ne sais pas qui tu es, je le saurai jamais, je décroche plus désormais. Rien ne s'affiche, t'es rien qu'un numéro masqué. Ca a le mérite d'une grande clarté.  Depuis que j'ai vu la photo,  j'ai envie de me noyer.

05 août 2009

Testis

C' était l 'heure grise où l 'on est censé faire le bilan, le solde de tout compte, comme si on allait décider quelque chose. Le problème avec les questions, c'est qu'elles amènent forcèment des réponses.  Sans cesser d' observer les passants qui déambulaient en grignotant des fèves trempées d' huile d 'olive, il considéra la chose d 'un oeil vide:  Il n y avait rien à dire, alors se il parla de tout et de rien, des fragments de pensée, des filaments de syntaxe, des scenari attendus - un mouchoir dans le poing, des poings dans les murs, des cris, le silence etc etc-  à moins que ce ne soit qu' une formule. Il y a une grande différence entre le tragique et le désespéré.  Le premier décortique tout et sodomise les mouches. Il se trouve très beau, malheureux. Parfois, il publie un livre. Le plus souvent, il écrit des notes pleines de rage et de métaphores enlevées, sur l'internet, avec une ponctuation impeccable.  Le second repeint les marches de son escalier qui allait très bien, merci, mais bon. Il écrit des trucs qu'il ne montre jamais à personne, car il a oublié où c'est, ou bien, il se gratte le sourcil.
Il se souvint du jour où...la gueuse, la maudite. Il savait désormais qu' il la haïssait, comme on est sur de l 'amour dans  l'oeil de son chien quand on lui tend un biscuit un dimanche matin pluvieux de merde. Il se demanda cinq minutes si le chemin serait encore très long pour arriver simplement à la détester. Se distancier, Prendre du champ. Il y avait cette thanatopracteuse aux cheveux courts et à la voix cassée, qui lui disait parfois au téléphone, simplement :"Je te rappelle. Là, j'embaume." Et elle rappelait tranquillement, habituée à la mort, baguenaudant parmi les cadavres, parlant de ses escaliers, se grattant le sourcil, une vraie désespérée. Une ré-humaniste. Il l'aimait bien, et elle l'impressionnait un peu. Mais il était devenu incapable de manifester la moindre affection à quiconque. A moins qu'il n'ait jamais su.

01 juillet 2009

Et...

La foudre a frappé juste à côté, explosant le boîtier rempli des fils de la communication & Cie. Je n’étais pas là pour voir. Ça devait être quelque chose. J’étais dans la salle d’attente d’un cabinet d’ORL, et ça n’a pas vraiment d’importance mais il faut situer dans les narrations. J’avais, comme d’habitude, ce sentiment bizarre d’éparpillement et de manque, ce sentiment d’imminence d’un danger. Il paraît que ça a à voir avec le manque qui vient à manquer, au danger non pas d’une perte, mais de la perte d’une perte. Ha. C’est à la page 307 du séminaire où est dessiné un malhabile shofar. Je comprends un peu, mais je me demande si tout ça n’est pas strictement hormonal. J’ai du mal avec l’idée d’une angoisse existentielle avec laquelle il faudrait composer, voire vivre. Je préfère l’idée d’une ménopause salvatrice. C’est mon côté messianique. La foudre a frappé brisant tout, les free box, les téléphones, les câbles. Je pensais que cela me manquerait, la virtualité. Eh bien, non. Vraiment, il faut le dire, ce sont ceux qui n’ont pas de blogs qui sont accros à ce que disent les bloggueurs. Nous, nous n’ignorons pas notre peu d’intérêt. Enfin, moi, je ne l’ignore jamais. Ensuite, il ne saignait plus du nez, et la maison était éteinte. Une corne, une corne dans laquelle on souffle Queren ha yobel pour appeler je ne sais qui pour faire ou être, je ne sais quoi. J’ai pensé à ça, à faire sonner trois fois le shofar pour avertir de mon entrée dans le médiéval, sans contact possible avec le monde. Ou bien, dans ma robe écaillée et fragile, mocassins, becs de macareux pendus à mes jambières, Hi yey tehee, et laisser échapper les volutes de fumée pour lancer un SOS. J’aurais tant aimé être Cherokee. Mais il pleuvait, de une, et va trouver une corne de bélier à Leclerc, de deux. L’opérateur d’un pays en voie de développement m’a demandé d’opérer une grande quantité de tests destinés à prouver que j’étais bien prête à payer une fortune un autre modem, que je ne faisais pas exprès de dire que tout avait pété. Nous avons fini par sympathiser. C’était la seule personne avec qui je communiquais depuis trois jours. Ça crée des liens. Il m’a dit que lui et toute l’équipe me souhaitaient une très belle journée et j’ai dit que c’était super sympa. lol. Les techniciens de France Telecom viennent régulièrement, observent les boîtiers grillés sur mes fils électriques, font mmh et hoo et repartent dans leurs jolis camions lego. Ils disent qu’ils reviendront. Je bois des cafés dans le jardin sous la tonnelle, il y a Echenoz, Roth et Cosmopolitan avec moi. Et, c’est ridiculement tendance, je parle avec mes voisins (c’est bien connu, Internet tue les relations de proximité) –Bonjour alors ça va ? – Bonjour, comment allez vous ?– Il fait lourd, hein, i va y avoir de l’orage. – On dirait le mois d’août – Dis donc qu’est ce qu’il a grandi. – C’est toi qui joues de la guitare ? hahaha... J’aime bien qu’Internet tue tout ça, moi. Il y a des assassins qui ne tuent pas pour rien. Qui ont des mobiles louables. Le shofar révèle la fonction de sustentation qui lie le désir à l’angoisse dans ce qui est son nœud dernier. Par trois fois, répétés. J’écris sur Word, comme les bloggueurs qui font des brouillons et conservent précieusement leurs notes, tsais. J’aimerais bien savoir ce que ça fait, parfois- mais pas longtemps- de me donner de l’importance. Avoir des projets pour moi et mon épanouissement personnel, considérer ma fonction comme une mission autre qu’alimentaire, être ailleurs que dans le plaisir de faire et d’être, me sentir utile et importante, par exemple, et me mettre en colère sans culpabiliser, dire ha mais ça suffit, je vous congédie, vous êtes un incapable, je vous avais demandé de me rendre ce rapport à 12h48 ! Ou bien mais comment…Que…Comment as-tu pu me faire ça …Je…Tu as couché avec elle alors que je t’aiiiiime ??? salaud ! Voir ce que ça fait de se donner de l’importance, penser que l’autre souffre à cause de moi, par exemple, et pas à cause de l’importance qu’il se donne. J’ai réalisé dernièrement que ce que je supportais le plus mal, et qui m’éloigne à jamais,_ et dieu- et quelques hommes-, savent que je suis une vraie fidèle,_ c’était qu’on me demande l’exclusivité. Je ne supporte pas qu’on me demande de considérer comme réelle et acquise, l’importance que les autres s’attribuent, voire qu’on me demande de m’accepter comme importante. Ça ne me réjouit en rien, et même ça me dégoûte. Je ne sais pas, il y a sûrement une terreur cachée là-dessous, peut-être est ce juste qu’étant mère, je sais la dévoration, l’inquiétude, l’horreur et le délice d’une exclusivité éternelle, mais aussi, toujours, et surtout, la certitude que ce n’est pas moi, l’importante. (En même temps, à l’heure où je me parle, un nouveau camion France Tel arrive. Un ouvrier torse nu, bronzé, un peu sec, démarche de cake du sud, porte sa main à son oreille, en articulant « C’est pour le té-lé-pho-ne’", au cas où je ne saurais pas lire. Il a quelque chose, un charme brut et un bronzage de caramel chaud. Ce doit être un silencieux. J’ai envie qu’il me ne dise rien pendant environ 42 minutes.) Enfin, voilà, pas importante, et ça ne veut pas dire que je me hais, ou que je suis une souffrante, loin de là. Je ne me fais aucune illusion, sur personne, et je n’ai jamais cru quiconque me disant qu’il ne supporterait pas de me perdre et que ho comme tu es importante ! Je ne crois pas pour autant qu’il mentait à quelqu’un d’autre qu’à lui-même. Mais peut-être est-on heureux comme ça ? Ça doit être quelque chose. Peut-être entend -on moins sonner le shofar, lorsqu’on se croit le favori, le chouchou, l’Elu, l’Aimé, le Préféré, ou lorsqu’on croit favoriser, élire, chouchouter, préférer, aimer… Va savoir….

01 juin 2009

Kinishao & I

 

Pour ceux qui suivent ma carrière...

Avec Kinishao

(j'adore sa voix de Bee gees et son sens trop fou de la mélodie)

 

on a fait ça (mais de loin: je suis trop une chanteuse de studio)

 

C'est une version plus du tout jazz, un peu bontempi, désincarnée,  de ça,

et moi je l'adore.

 

(et comme les commentaires sont fermés, vous aussi, vous l'adorez, c'est ça, la magie du 2.0-)


podcast

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02 février 2009

won't you take me to funky town (de mieux en mieux)

Quand j'étais petite, j'avais un maître au Cm2, un maître qui ressemblait à Francis Cabrel. Il avait le même jean , les mêmes clarks, les mêmes frisottis sur les tempes, et la même moustache de bab du Gers.  C'était mon maître des après-midi, parce que le matin j'avais le directeur comme maître, et lui il ressemblait à rien, enfin je veux dire il était vieux et un peu chauve et sans surprise. Le maître de l'après midi débutait et il aimait bien les élèves, il aimait bien enseigner si ça se trouve. Des fois, il jouait de la guitare, des chansons de vieux. Personne n'osait demander "je l'aime à mourir", on était de respectables enfants, on levait le doigt pour demander des trucs comme aller faire pipi, ou effacer le tableau. Une fois quand même Carole C s'est piqué un fou rire parce que le maître de l'aprés midi avec sa guitare classique chantait "O gué vive la rose" et là, il s'est un peu enervé, tout freinetique qu'il soit, Francis, il a dit que claude françois c'était de la daube et qu'elle irait pas bien loin dans ses études, avec des goûts pareils. Enfin, moi j'étais du côté du maître vu que je détestais claude françois et que je préférais déjà  Led Zeppelin, à cause de ma frangine qui était une grande du collège qui fumait des cigarettes. J'étais une très bonne élève blabla super forte en rédaction et un peu nulle en géométrie (je n'aime pas l'espace). Il m'aimait beaucoup et je le faisais rigoler. C'était sa première année d'enseignement et je crois qu'il était vraiment curieux de ses élèves. Je suis passée en sixième,(je l'aimais pas au point de redoubler) et on s'écrivait des lettres . J'étais très fière, il répondait à mes lettres par de vraies longus phrases avec une écriture très différente de celle du tableau, une écriture d'adulte. Un mercredi après midi , il est venu prendre le thé à la maison. Ma mère l'avait invité. Je ne me souviens plus trop ce qu'ils se sont dit. Je me souviens que j'étais mal à l'aise, je ne savais pas trop quoi dire non plus "oui j'aime bien le français" "non je ne mange pas à la cantine"
Je crois qu'il m'aimait vraiment bien. J'étais le genre élève intéressante : niveau socio culturel assez bas, fille d'ouvrier, ça devait ravir un instit un peu bab qui a envie que l'école de la république réduise les inégalités sociales, je crois. Ensuite, en cinquième, j'ai découvert le sexe et la drogue,(en gros) alors je ne lui ai plus écrit.

Une bonne dizaine d'années plus tard, par un hasard inouï qui n'a aucune importance, une femme m'a parlé de moi. Elle avait entendu parler de moi par lui. Il se souvenait de moi. Je l'ai eu au téléphone, alors.  On s'est dit que ça serait marrant de se revoir, il aimait toujours drôlement son boulot. Moi moins.  Mais j'ai pas donné suite, j'ai toujours été mal à l'aise avec les gens qui m'aiment bien, j'ai l'impression qu'il ya quelque chose de pas net, là-dedans. Qu'ils vont découvrir le pot aux roses. Alors je me casse pour qu'ils continuent de m'aimer bien, en fait. Bref,  il y a peu, je l'ai revu.  Il manifestait. Il m'a reconnue tout de suite. Je lui ai demandé s'il aimait toujours bien les élèves, s'il était toujours aussi curieux...Il a souri, il ressemble un peu à Christophe maintenant. Plus trop à Francis Cabrel. Il a dit que c'était pas ça. Qu'il était juste convaincu que je ferais de grandes choses à cause de mes rédactions, de ma rapidité, de ma vivacité. Enfin, moi, à part être Patti Smith, j'ai jamais eu beaucoup d'ambition. J'aime l'idée d'avoir un vieux visage d'iroquois et une voix fatiguée douce qui rend un tube pourri de Nirvana super sex. Ou alors dissidente soviétique, j'aurais bien aimé.  Alors...J'ai dit ho. J'ai même rougi.  J'ai vu un moment qu'il était déçu parce que je lui avais raconté ma vie, un peu.(comme quoi je fais  bien de me casser, hein, pour qu'on m'aime encore. Abs est hystérique, comme Dieu, elle fucke tout de suite, et après elle fuit emportant le soyeux de ses cheveux etc...(poème qu'on m' a fait cadeau, la classe). Je lui ai raconté les grandes lignes, quoi, mais les grandes lignes, elles disent tout.  J'ai pas osé dire que j'avais un blog. (personne ne sait que j'ai un blog! strolahonte) Ensuite, il m'a demandé si je continuais par là où si je rentrais de suite. J'ai dit je rentre de suite, j'ai de la route. Il m'a dit au revoir. O gué vive la rose, j'ai pensé.

 

 


podcast

22 janvier 2009

Note 478956213

Je ne fais strictement rien, du coup j'ai des tas de choses à dire. "Ecrire, c'est s'emmerder." Mon dieu (= Jason Molina), qu'il est bon d'être délivré de l'attente et de la quête ! et pardonnez nous nos offenses, c'est juste parce qu'on se faisait chier.
Je perds un peu la mémoire. C'est bon signe. Une vigilance qui s'éteint.  La vigilance, c'est le début de la culpabilité. Je n'ai plus peur de t'oublier.
Je commence à mentir...Moi et mon bel amour de la vérité ! Je continue de l'aimer, en secret, en cachette, et surtout en silence, parce que ma vérité, elle n'intéresse personne, ma cocotte. La preuve: moi, la vérité des autres, très honnêtement, je m'en fous.


Je ne suis pas allée chez le réducteur de crâne ce matin. Mais alors, j'avais pas envie....j'en ai marre de me complexifier l'archaïque, de m'analyser le basique. Je souffre quand quelque chose de bien se termine, l'autre il souffrait pendant qu'il le vivait.
Et c'est moi qui vais chez le psy ...
Et puis 60 euros pour toujours rien comprendre à Lacan, c'est bien trop cher payé. Alors j'ai laissé un message gentil léger tout va bien (ça allait bien d'ailleurs). "Je me suis pas réveillée, haha à lundi".  Une heure après, il me laisse un message, (les lacaniens, ils appellent, ils t'invitent à des séminaires, ils te filent des listes de lectures,  tu as le sentiment que le transfert, ils en ont besoin. Mon freudien, il était cool, il me foutait une paix ROYALE- et bien sûr je transférais comme une locomotive.) "Je peux vous recevoir dans une heure" me dit-il.
(1). J'ai tout de suite pensé que mon cas était désespéré, que sûrement j'étais en grand danger de psychose puerpérale  (des fois ça arrive sept ans après).
Ensuite j'ai pensé (2) "Il m'aime...il peut pas se passer de moi, le pauvre, il faut que je le répare tout de suite...il faut que je lui donne ce qu'il ne sait pas qu'il attend...et ainsi je serai enfin complète et comblée ...au moins jusqu'à la semaine prochaine ".
Et après ,(3) j'ai surtout  pensé que j'avais pas envie d'y aller et j'ai mangé du couscous nature, sur le ventre, allongée, en regardant la petite maison dans la prairie.  (Almanzo est handicapé, il se sent impotent, Laura souffre de le voir si peu combattif. Demain sera-t-il un autre jour ? Demain, même heure, je saurai)

Je crois que tout ceci illustre à merveille l'histoire de la névrose sur canapé (1-Phobie  & narcissisme) (2-  hystérisation ) ( 3- pensage à sa gueule et  sublimation,  oui , on a les sublimations qu'on veut...)

...voilà, et là j'écoute une fille qui a une très jolie voix qui chante, et je pense qu'elle est pas trop trafiquée et ça me plait quand y a pas de trafic, le trafic , le compliqué ça me soûle.

Et je vais me faire un café, car je le mérite.


Il faut absolument que j'y aille lundi pour lui dire  que j'y vais plus.

17 septembre 2008

Un autre jour

    Je suis la première arrivée. Je suis toujours en avance, tellement la peur d'être en retard, tellement l'envie que ça soit déjà fini.

    Ils arrivent tous un par un, ou bien par petits groupes. Les souriants, les faux-blasés, les traqueux, les enthousiastes, les qui cherchent la machine à café, les qui cherchent la feuille de présence, les qui veulent se faire oublier, lui qui cherche à se faire pardonner, qui se donne tellement d'importance.  Le désir des hommes est toujours tellement sérieux. C'est pour ça que je le trouve souvent si niais. Je n'ai plus trop la force de jouer les cyniques, pour ma part. J'ai plus tellement de jeu entre la tête et la poitrine, voire plus bas.  Mon désir est devenu tellement  miteux. C'est pour ça que je le trouve si laid. Il y a une femme un peu plus loin. Elle est assise, et elle fait des petits gribouillis dans sa marge. Elle a le teint bistre, je crois que c'est comme ça qu'on dit. Elle a l'air calme. Elle mordille son long collier. Elle a de jolies dents, bien rangées. Si j'étais un homme, je l'emmenerais en Italie sur mon scooter, ou en train. J'étais allée en Toscane en train. J'étais très jeune. On avait rencontré des italiens de Rome. Des Romains. Ils m'avaient, moitié par jeu, moitié scabreux, enfermée dans une cabine avec eux; mes copines dehors. Malgré le malaise, j'avais, évidemment, fait ma bravache. "Haaa encoraaa encoraaa più !", j'avais crié en rigolant,  avant même qu'ils ne m'aient touchée.  Ils avaient ri, réouvert la porte. Mes jambes tremblaient.  Cette fille-assise, si j'étais un homme, je la ferais rire, je la ferais danser, on serait un peu ivres, je lui dirais Allez viens on va s'faire Fellini, tout habillés dans la fontaine. On mangerait des pizzas, dans un restaurant avec les couverts payants, je lui dévorerais la bouche, je lui enlacerais les mains, je lui rendrais tous ses sourires. Je la rendrais joyeuse, un week-end. Elle me le rendrait bien, et quand je m'en irais, ce ne serait pas pour lui faire de la peine. Je ne me donnerais pas tant d'importance. Je m'en irais parce que je sais qu'elle sait, aussi, que l'éphémère, c'est le salut; que les films d'amour s'arrêtent toujours quand en fait, tout commence; sinon, personne ne les regarderait. Quel intérêt ? Je m'en irais pour nous rendre service. Et  si je ne m'étais pas réveillé si tôt, je sais qu'elle serait partie la première.

    Elle me regarde en plissant les yeux, elle doit être drôlement myope. Comme James Dean. Ca fait des regards de détresse, la myopie, tellement ça ne distingue rien. Si j'étais un homme, je trouverais ça émouvant, un moment.

En Italie, je l'emmenerais,

ou à l'hôtel derrière le Musée.

Bon, bon bon...

    Je m'ennuie à en crever. Mon coeur, c'est un raisin sec. Mes gestes ne sont que de raison sèche. (pfff) Dans la rue, je feins d'être pressée mais plus rien ne m'accélère. L'écriture hystérise. L'histrion est effervescent dans le silence. L'amour est soluble dans la dépression nerveuse. L'inverse, ça marche pas.

La réunion commence.

Faire semblant d'écouter.

Arrêter de gribouiller, arrêter de mordiller mon collier.

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Le désespoir n'est qu'un manque d'imagination.

26 avril 2008

Des choses que j'ai vues.


 
podcast

 

Chaque image me raconte une histoire, tranquillement tragique, calmement déchirée.  Le flou, des femmes comme noyées aux portraits de marbre fêlé comme de paisibles chaos en écho,

le desespoir d'un matelas foulé, le froissé intelligible d'un drap posé, l'eau de ton regard lourde comme un secret, 

l'algue verte sur un visage fatigué,

des sièges desertiques, des pays vides habités, et vice et versa, aux arbres en ombre rapportées, le fané d'une rose poudrée, et les ombres. L'arête, et la tête d'un animal mort, le quotidien fendu sous la loupe de ton viseur. Un mur de silence où défilent des aimés, j'y vois toujours des absents, enveloppés dans le pourpre, presqu'effacés, le velours d'une joue d'enfant, ta latéralité mal-assise, é-coeurée. Des passants de pluie en coulée de couleur cendrée, la clarté de l'incertitude, voilà ce qui lacère, des plis de pages cornées abîmées, des larmes d'orage, les mains tordues dans des prières païennes pour s'échapper,  la mélancolie d'une laverie, l'écorchure d'un pavé, les félures d'un bitume, et les ombres,

 Toutes tes images me parlent de moi.

17 mars 2008

J'ai pas de titre

Je savais que je venais d'ailleurs, dans une histoire à part coupée aux ciseaux. Je choisis les plus rouillés, les pièces métalliques soudées à ma robe. Il y a cette fille derrière avec un mince filet de voix, elle est plutôt de bois. Il m'a fallu un bon moment avant de parler avec ces deux voix. il m'a fallu un bon moment pour savoir marcher sur deux pieds chacun allant en sens contraire.

Je sais à peu près ce qu'il faut voir pour avoir l'air d'y être. J'enfile chaque jour mon manteau de côtes, ma clavicule, je colle mon oreille sur le côté de ma tête. Ma gorge s'enfle de colère. Un goître, un oedème, rien que ça. Mon coeur en ce moment, c'est comme un trou de la taille d'un sesterce. Je ne sais pas pourquoi j'écris sesterce. Sans doute parce que ça a un prix.

Je rencontre des difficultés avec le langage parlé. Je n'ai jamais tant écrit.  J'ai des accrocs dans ma langue maternelle. Je me surprends à penser en anglais ces derniers temps. Autant dire que j'élabore pas bien loin. Je n'ai jamais tant écouté d'instrumentaux. Parler, ça me dit vraiment plus rien.  Les mots sont emballés-serrés là dedans. Je n'aime plus les savoir dehors. J'accorde tant de pouvoir aux mots. C'est sans doute la raison pour laquelle il me semble si dur en même temps que si vain  de porter mes paroles.

 

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