03 mars 2008

Expansion de la sphère du combat (j'fais ma Houellebecq)

J'ai accepté l'invitation parce que je ne refuse plus rien qui m'échappe de moi-même. C'est une fête, tu sais. Enfin, ils disent ça, parce qu'ils ont mis de la musique, ils n'ont pas l'habitude, et ils s'agitent du bas ventre, croyant réinventer la danse; ils n'osent ça qu'après douze verres, bien evidemment. Et moi ? même après douze bouteilles, je ne danserai pas.
Ils sont presque tous cadres et ils s'en plaignent tous, en n'oubliant pas de dire que quand même, ils savent bien que les chômeurs et que les immigrés, c'est pire. Je les soupçonne de se mentir, mais c'est normal.  Je soupçonne tous les gens qui mangent à leur faim de se mentir. Chaque fois que je me regarde dans une glace, chaque fois que je me relis dans mes souffrances à deux francs, je sais que quelque part, et même de partout, je me mens à moi-même. Cqfd. 


Il y a celle qui ne tient pas l'alcool, et qui se frotte à toutes les queues. Beaucoup la regardent, dépassés, outrés et honteux. Moi, je la félicite. Sans elle, je me ferais terriblement chier. J'aime les spectacles où je n'agis pas.
Il y a celui qui m'évite soigneusement depuis notre conversation dans la cuisine."Tu m'aides à casser les glaçons ?" "Haha ben non".  Et je le comprends. Je n'ai strictement rien à dire à part "Haha ben non". Il y  a celle qui me demande pourquoi je la rappelle jamais. J'ouvre des yeux comme des soucoupes et je dis "Mais j'ai rien reçu" et même moi, je finis par me croire.

On joue à un jeu littéraire, c'est qu'il y a des gens cultivés...faisons notre autoportrait ! Je contribue, tu penses bien.

 

J'ai l'âme brune et longue, le cheveu tourmenté. Mes yeux sont tristes et mon humeur le plus souvent foncée.
J'ai l'esprit en poire, assez petit; la parole cambrée.  Et les seins ouverts, le cul aiguisé. J'ai le tact mat, et la peau absente. 
Je me sens extrémement  à l'aise dans un lit, et très mal en société. Entre les deux, je m'emmerde beaucoup.
La musique est ma météo intérieure, je chante dans ma tête tout le temps, je pleure de moins en moins mais suis de nature inconsolable. Je ris de tout le monde et surtout de moi; je me trouve un sujet particulièrement drôle. Les gens qui ne parlent que d'eux me font honte.
Mais j'avoue un narcissisme malade et un besoin violent d'être aimée, pathologique. J'en ai une conscience aigüe, ça change un peu la donne même si ça n'excuse rien. Quand j'aime c'est pour toujours, quand on me rejette, je n'oublie jamais. Jusqu'à demain.
Je me considère un peu comme une ado fraichement menopausée, une vieille pré pubère, et ça n'a que l'importance que j'ai envie de lui donner.
J'aime écrire comme on mange, par gourmandise parfois,  et par nécessité, souvent. Je dessine sur toutes mes factures. Voilà une révélation qui va bouleverser toutes vos certitudes.  J'ai du mal avec les rapports humains en général, mais je fais super bien illusion, parce que j'ai tendance à aimer mon prochain comme lui-même s'idolâtre. Communiquer me gonfle. Je dis merde très souvent,  et aussi je t'aime. Entre les deux, je navigue pas. Tralala. Je déteste ce morceau de bedouin soundclash. J'avais besoin de le dire, là.  

 Je crois que tout le monde me hait après ma lecture. Voilà, ça, c'est fait.

Je crois que je vais démissionner. Je vais plusieurs fois aux toilettes, comme on se réfugie dans un truc qui ressemble à un ventre maternel, sauf que moi, j'ai juste envie de faire pipi souvent. Parce que la vodka est bonne. Je m'ennuie infiniment.  

Il y en a de mieux conservés que d'autres, ceux qui font du sport, le week-end, et qui délaissent leur voiture de fonction. Même pas peur, tu vois les mecs. Et ils emmènent pas leur portable, pour "décompresser". C'est pas dingue ? Fais l'impressionnée, fais l'impressionnée.  J'ai envie de les frapper, les révolutionnaires bobos. J'ai honte de constater une sorte de volupté de leur plaire. J'ai un égo malade, c'est consternant. Le plus grisonnant qui est aussi le plus séduisant, et sans aucun doute le plus con, serre son verre en me regardant de la taille jusqu'aux mollets. Le reste est sans doute moins intéressant, moins loquace. Haha ben non, Je te le concède, ça donne pas une furieuse envie de me faire la conversation, j'imagine. Je joue à le fixer longtemps, l'oblige à tenir mon regard (je n'ai jamais peur de ce que je ne désire pas), pour lui faire baisser le sien.  Quand j'ai gagné, qu'il regarde ses pieds,  je me dis clairement "Sage, bien, couché, connard" dans un coin de ma tête.

Je voudrais me venger tout le temps, je sais même pas de quoi.
 
 En partant, il ne me dira même pas au revoir. Et je suis fière, comme si j'avais bouté Sarko hors de France. C'est te dire comme je suis con.
Je m'en vais, je m'en vais, je suis trop une rebelle. "Tu te crois libre parce que tu pars et tu emportes tes pantoufles". Je monte dans ma voiture, elle a 77 000 kilomètres. 
J'ai le sentiment d'avoir tellement plus qu'elle à mon compteur, et de compter pour personne pour autant.(violons) J'ai un égo malade, c'est consternant. Il faudra que je dise à mon analyste que chaque fois que je vois du monde, ça me donne envie de m'échapper de moi-même. Très longtemps. Il faudra que je lui dise que j'ai plus envie de parler à personne, là. Que ça recommence. 

Mon fils dort. Sa joue fait une courbe douce, un trait ourlé, un gonflement de peau particulier qui sera remplacé par un trait creux entre l'âge de neuf et douze ans. Pour les filles, c'est un peu plus tard. Une courbe très difficile à dessiner. Je fais ma scientifique du trait, mais c'est parce que je suis bourrée. J'ai constaté hier qu'il m'est devenu impossible de le porter, alors que lui parvient à me soulèver trois secondes; la roue tourne. Le temps passe. La vie nous dépasse, poil à la rascasse. Personne n'écoute personne, et tout le monde dit que c'est vrai, mais pas lui. Il a des preuves !

Je me dis que je vais "faire une note" et une immense fatigue, ainsi qu'une furieuse envie de rire, soudain m'attaque le péricarde. Il est fort possible qu'on me rétorque que j'ai une chance inouïe d'avoir un enfant à aimer.  Ca va m'enerver, même si c'est vrai. Quand bien même.  Un suffixe à soi-même, ça ne suffit pas pour faire une langue vivante. HAHA. Lacan sors de mon corps, et n'éjacule pas dedans. Je ne veux pas d'autre enfant.

Bref, je vais me coucher.

08 décembre 2007

The Fatale regrechieun of un samedi soir.

Dans ton chagrin, du gloomy dans les artères, des chandelles dans la nuit, un éclairage, ou des godemichés selon le degré d'autodérision  dont tu te sens capable. Dans ton chagrin, je disais donc, un chagrin pour rien, comme tous et "chagrin", ça fait comme de l'enfance mal résolue, de la bouderie en eau de boudin, une position, une pose pour rien; j'aime pas ce mot, je préfère "Dans ta souffritude immense"...Là, ce serait comme un bain de chlorophorme, anesthesiée, et il faudrait avancer. Quand prendre du recul est déjà de l'ordre de l'impossibilité. 

Et cette phrase toute destructurée, c'est pas pour dire, je voudrais pas m'avancer, mais elle ne veut strictement rien dire. Mais le sens, c'est comme la direction semi-assistée,  quelle arnaque, sans déconner.

J'étais une gosse avec une grande frange, un rideau devant les yeux. Je marchais trop vite, je me mettais devant en classe, parce que je voyais rien. Ca m'a obligé à écouter. Je travaillais super bien.  Depuis, je suis la reine de l'oreille. Mais en bouche je suis nulle. J'étais très forte pour pas pleurer. 

 Dans ta fatigue, du vide du vide et du rien, ad libidum et tout le tintouin, des sourires dans la nuit, ou des rictus selon le degré de crédubilité dont tu te sens affublée. Dans ta fatigue, je disais, donc,  une fatigue neuronale oeuf corse, parce que "fatigue" c'est quand tu reviens de l'usine ou du chantier, hein, hé ho, ça je le sais, et que tu sais pas si tu auras à bouffer, ni de taf pour subsister. (Essaie de dire subsister après 2 litres de Mary Puissant brut, tu vas rigoler)

Mais bon. Enfin bref, tu es fatiguée. 

J'étais une ado avec une grande gueule,  Je marchais à peine, je n'allais pas beaucoup en classe. Ca m'a obligée à en voir. Je  fuguais tout le temps. Je rêvais d'un vrai baluchon, tu sais, avec les noeuds, là, comme dans les dessins animés. Depuis je suis la myope de service et je sais rien voir des couleurs qui m'iraient. J'étais très forte pour m'échapper.

Dans ton dégoût, des éternels recommencements, de la lâcheté - des autres évidemment-;  toi tu fais le genre toujours à avoir des couilles, histoire de bien sentir comme t'es castrée à un moment qui est toujours donné. Celui-là ne vient jamais à manquer. A toujours penser que, et à imaginer combien. Ca occupe bien. Enfin, n'empêche qu'on t'aurait dit il y a quasi dix ans que tu te retrouverais affublée de tant de clichés, éculés.  De l'orpheline inconsolable, à la femme bafouée, à la mère culpabilisée, en passant par l'abrutie qui fait que rigoler, et sans oublier moi et ma tête de vampire tellement je suis blanche ce soir, parce que, ha oui c'est trop trop dur les samedis de liberté.

  J'écris ton nom sur mon livret de famille, 

  J'écris ton nom sur ma boîte de lexomil.

  J'écris ton nom sur mon blog.

   Liberté.  (rions)

J'ai envie d'un ami. Ben oui, un garçon. Juste parce que j'ai du mal à me faire consoler par une femme. J'ai peur, je suis pas habituée. Elles voient  tout  en plus aigü, les filles, surtout cops réèlle. Trop la honte.

J'ai le sentiment qu'avec un garçon, on parlerait pas trop. Juste on rigolerait, et que je pourrrai sortir des conneries genre t'es cap de tuer un ours à mains nues, toi?  Non ? Alors bois. Tu as besoin de consolations. J'ai le regret de t'annoncer qu'il y a un ours derrière toi.  Tout ça, les pieds sur la table, en dévorant une pizza. C'est nul, je sais: les filles aussi mangent des pizzas. Et savent tuer les ours à mains nues. Même mieux.  Et il y en a de formidables dans ma vie. Mais bon, je dois avoir besoin d'un alibi pour coucher ?

Fais ton Lacan, Sygne ! Fais-moi un signe Lacan ! 

En plus, j'ai plus de copain comme ça. Ils me parlent de leur pouvoir d'achat, et de la terribilité de la terre qu'elle va trop mal, mes copains maintenant. Ca m'endort. Putain, que ça m'endort. Je te jure, tu me mets mes copains au pied du lit un soir d'insomnie et tu leur dis : Parlez. Je m'endors. 

Enfin, si, j'en avais un de super pote comme ça, c'était mon mari. (sanglots, arrachage de cheveux, tirage de balle dans la tête, air digne et pudique à deux euros, etc etc..)

mais il écoutait Nino Ferrer.

Notre amour était impossible. Tu penses bien.

Je suis une adulte, je me sens toute cassée. 

Mais là, aussi, je dois dire que je suis un peu allumée.

 

Synthèse pour ceux qui ont du mal à suivre --> je souffre, je suis naze, et un peu bourrée. (mais  d'aucuns diraient pas assez.)

et hahaha-->
 
 
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18 octobre 2007

Confessions.


podcastConfessions- Violent Femmes.

 

Réduire la différence entre l'idée et le vécu est un art de l'appoint. Il faudrait des tâtonnements précis, des aiguilles mentales, faire des ourlets  à tous les rêves, tous les souvenirs,  les vrais ou les faux. Je ne sais pas coudre.

Chaque fois que ton coeur bat la chamade, c'est une chance ou un risque d'épreuve ? 

Je me posais ces questions, assise dans ce café absolument abominable de la place la plus courue de ma ville (Trois passants et demi),  en touillant l'absence de sucre de mon café noir. Tapotant le cendrier de mon absence de clope. Une ascète, je me suis dit. Et j'ai rigolé avec moi-même car je me suis de plus en plus une bonne compagnie.

Je me posais des questions sur la quête du soupir, sur l'apaisement des ventres. Je cherchais dans mon sac ce que je savais déjà être l'absence de stylo, et le manque de feuille.

Le garçon m'a dit: "Vous ne pouvez pas payer par chèque de toutes façons" "Ha ben un café, c'est sûr que non ", j'ai dit, avec mon sourire de bova , quand j'avais envie de lui déchirer la clavicule droite avec mes prémolaires, car j'étais passablement enervée par ce jeune freluquet qui sentait mauvais en plus. C'est dingue ce que je suis sensible aux odeurs, et je ne supporte pas les gens qui ne se lavent pas, et qui sentent mauvais, pourquoi ? pourquoi ? Oui, d'autant plus que comme m'a expliqué CopsRéèlle, il y a des gens, ma petite, je te signale, ils n'ont même pas d'eau dans leurs maisons, alors quand bien même ils voudraient se laver, tu vois...

Alors j'avais fait ma Marie Antoinette, j'avais fait "Ils ont qu'à bouffer des croissants" 

Ensuite, je me suis levée et il a bien fallu que j'y aille malgré l'absence totale d'envie, l'absence infinie de courage, le manque fondamental d'energie, il a bien fallu que j'y aille aux toilettes pour faire pipi. J'avais besoin, quoi. Je déteste aller aux toilettes quand je suis dans un café, je sais pas vous, mais déjà, c'est être humain que d'aller pisser, et moi j'ai du mal avec cette humanité-là.

L'humanité urinaire, ça me défrise. Et ceux qui me connaissent savent déjà combien raide du cheveu je suis.

En plus quand vous êtes seule dans un café, vous ne pouvez décemment pas laisser votre sac, votre veste, votre portable qui fait David Bowie en sonnerie strolaclasse, donc hop, vous emmenez tout ça, et ça fait vraiment grosse radine flippée qui a peur qu'on lui vole son sac de hippie et son manteau Max Mara, et son Motorola. Je déteste cette humanité là.  Encore plus, même.

C'est pire,  l'humanité Motorola. Et alors le pompom de la cerise, c'est qu'en plus, c'est là que les mecs en profitent pour regarder votre postérieur, quand vous vous levez, c'est TOUT LE TEMPS LA QU'ILS FONT CA, les chiens galeux. Oui,  mais me dit souvent Copsréèlle en passant un glaçon sur mon front, c'est un peu normal, si tu veux, parce que lorsque tu es assise, ils ne le voient pas, ton cul hein...

Alors j'ai fait ma Lacan, tu vois , j'ai dit "Ils ont qu'à SUBLIMER comme tout le monde"

 Donc je suis allée faire pipi, avec deux cent kilos sur les bras dans des toilettes qui sentaient vraiment mauvais et j'avais envie de pleurer, parce que merde, en plus au retour on va me regarder quoi alors hein ???

Hé ben au retour, figure-toi que mon café infini (ça veut dire pas terminé en langage lunaire) avait disparu.  C'était un coup du puant, c'est sûr. J'ai eu envie de le plaquer au sol, de le maudire avec un carte pokemon 250 PV, de lui mater le cul pour le mettre bien mal à l'aise.... alors j'ai fait : "Je peux avoir un autre café, s'il vous plaît ?"

Il a fait ouais ouais, libérant des effluves de rat mort...et sans se laver les mains il a foutu ses doigts GRAS sur ma tasse. 

 

 Augmenter la différence entre le vécu et l'idée.  Touiller l'absence, tapoter le manque.

Voilà.

 Bon et ça, c'est une little dédicace de Phe&no,"Touiller  l'absence, tapoter le manque"  et je dois bien vous le dire: je suis tellement fière et heureuse,là que je crois bien que je vais  faire un collapsus vagal.

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04 octobre 2007

Ce champ doit être renseigné.


podcast
 

Je dois bien l'avouer, ça faisait extrêmement longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Bien fait. Il fallait que ça tombe, pour le reste et pour la perennité, pour le pire. Le meilleur, je sais pas, j'y ai jamais goûté. Il fallait que ça tombe. Ca tombe comme un couperet.

C'est quand ça monte au tout début que c'est le plus difficile. Parce qu'il y a des gens, qui du coup passent du statut d'auditeurs tranquilous et légèrement gavés (il faut dire qu'on a beau dire on a beau dire, on ne dit rien) à celui de spectateurs gênés, et tu n'as pas de mouchoir. C'est emmerdant. Ca monte et c'est comme la descente, ça fait mal aux tympans. Je dis tympans, car j'ai de la pudeur.

Tout ça finit en boule, le mouchoir et tes nerfs. Et toi, en boule aussi, pour l'unité harmonique emboulée, enfermée dans les cabinets avec la fille majeure que tu devrais montrer, merde, c'est de toi que je parle, relève-toi, et va bosser.

C'est pas possible, et je me demandais bien, aussi,  quand tout cela allait commencer;  le pas dormir, le rien pouvoir avaler, le feu de la peur à la nuque, la pieuvre à terreur plaquée, bien serrée contre le pharynx. Je marche sans arrêt, et je dis "Mais ça va s'arrêter". Comme une incantation. C'est une monstrueuse prière. Respirer confine à l'asphyxie. Frère et soeur mes deux poings levés, et les mains qui veulent rien dire, Sygne.

Le problème, mais il parait que c'est un avantage, (personnellement je vois rien venir comme gratifications, mais je vous tiens au courant, on se maile hahaha) c'est de n'être ni dans la colère ni dans le ressentiment; le problème, donc, c'est qu'il n'y en aurait pas. Il parait. Je fais que répéter. Ca s'appelle du deuil. Les pas tout finis, les pas tout faits, les à venir et les illimités.

Eh bien, qu'on se le dise, le deuil, ça fait chier.  

Il me parait urgent de m'en cogner.  

...C'est vrai, j'ai qu'à rigoler, tiens !

Assise, à signer des papiers, authentifier une signature, pour dire qu'on renonce à tout. Pour pas changer. La dame dit que le passeport est périmé.   "J'ai pas fait exprès". Assise, à faire semblant de s'y faire, à la cohabitation pacifique que ça. Assise, j'arrive plus à me lever.

J'en ai marre de mon utérus, Hug. J'en ai marre de me retrouver là où je n'aurais jamais cru me tenir, j'en ai marre mais marre, et je vais te dire:  

Eh bien, même ça, ça me fait chier. Fatiguée de moi-même je suis.

Assise, c'est comme allongée, c'est dire sans y penser, ça tombe bien, je n'ai jamais su. Dire. Parce que penser c'est tout le temps, c'est comme serrer les dents. C'est tout le temps.

 Alors il y a les mots pour donner un peu de cohérence, pour lier quelques éléments. Les mots écrits, evidemment. Ca s'appelle la sublimation. Je te dis pas comme tout ça me semble sublime, à l'instant. Je tords,  j'essore. Je dis mal, je dis déni, je dis rejet, je dis laminée. Je dis plus jamais. J'ai tout dit.

Je fais partie de la fange de la population nevrosée. En avant toute, je fais partie d'une famille, c'est magnifique non ?

Louons le Seigneur.

Mais ça remonte encore, je crois qu'il y a trop de tassé, de trop ravalé, de trop bien compris avant même que ce soit ressenti.   Et vas y que je te comprends, et que si ce n'est pas donné de plein gré, ce n'est que du vent.  Et vas y que tant que t'as la santé. hein, ho oui et puis il y a "les enfants". 

Tapons dans nos mains. 

Je crois que j'ai trop envie de vivre même quand je meurs beaucoup.  Je crois que je supporte plus, même le très supportable. Que ça fait trop remous, que les gouttes d'eau,  les vases débordés, le mot de trop, le mot absent, le trop plein de vide et l'incapacité.  Je crois que les masques, l'amour, l'intelligence, les livres, ça ne sert à rien. Je crois à rien. Je crois que merde à la fin.

Je crois que cette note est la seule que j'aurai écrite en pleurant de bout en bout ma race:  Les juifs, les italiens, les espagnols et les martiens.

C'est à dire qu'à aucun moment le fait d'écrire aura posé quoique ce soit de colmatif sur le néant, Alm.

Ca se fête. Je vais me taper quelques Lexomil, tiens.

Ce champ doit être renseigné me dit le serveur, oui, il faut que je file un titre à cette suite là. Ca non plus, je le crois pas.

Rang saigné, j'ai pensé, et le chant tout ça...ouais ouais on lui dira. 

J'aligne, je juxtapose bien serré. J'enfile, je colle. J'adjoins. Je rapproche. J'écoute Solitude, Billie  Holliday a la voix la plus triste du monde, Elle copie sur ma tête. J'écoute Ho Solitude de The Strange Death Of Liberal England, eh ben bof hein, ça me plait moyen. J'écoute Lessening. Je pleure. Mon dieu, c'est pathétique, c'est lunesque, Yaël, hein ? tout ça à cause du haaa à la fin. Je suis diminuée, mais alors, à un point tu peux pas imaginer. Pour quelqu'un qui n'arrête pas de dire que depuis la mort, rien n'est grave, Ellisa.  TU PARLES.

C'est emmerdant parce que trop de larmes tuent l'alarme. Je ne sais plus dire si demain.

 ...Tu n'as qu'à être heureuse, tiens.

 

 

 

 

Bon eh ben fermeture de coms, evidemment, reste d'hypocrisie de l'impudeur, et je m'en fous. Je me sens de répondre à rien.  Demain est un autre jour,  certes, mais avant, il y aujourd'hui en plein dans les dents.

19 août 2007

Disenchanted After

 

Bon, les gars, on a bien rigolédéprimétous failli se suicider ici. 


 

"Il suffit," dit elle dans un grand rire frais comme une truite congelée de chez picard, dans un virevoletage de jupe légère  (French connection- (57 euros) "Tout ceci étant irréèl, pourquoi se fatiguer à le prouver, comme dirait cet autre que je n'ai pas lu."

 

Mais n'empêche, une nouvelle ère est arrivée. Une ère d'ordre, de rigueur, de changement de posture (l'amazone, j'aime moyen) une ère ou la police surmoïque sévira, sarko tenant les rênes de tous les débordements qui rendent fous, mais tellement vivants; le contrôle arrêtera tous les véhicules à l'accent sémite, surchagés de poids impossibles à passer en frontière, à partager, exhiber , demandera les papiers, exigera la maîtrise...

 Bref, vous aurez compris que cette ère-là, donc, eh ben, cqfd, ce sera sans moi.

 Si je dois revenir (et je reviendrai HAHAHAHAHHA -->grand rire se brisant comme un éclat de verre) ce sera pour buzzer du motorola avec plein de bits, ou de la kalachnikov, j'hésite; raconter combien  la Rive gauche c'est tellement mieux que le côté maladroit de mon âme blog. (silence pesant, et dramatique pour bien faire comprendre que là,  je suis super fière de mon jeu de mots qui sera célèbre pendant une seconde et vingt trois centièmes et j'ai même pas fait exprès)...

Je reviendrai, donc, et je posterai de la vidéo qui dira tout haut ce que je trouve super trop la classe que l'on croit que je pense tout bas;  je me demanderai si  la Côte  marseillaise  bloggue mieux que la Côte de Boeuf (c'est pourtant une évidence) ;  je dirai que je m'éclate,  et pas qu'au Sénégal;  je vous recommanderai de bien voter pour moi aux prochaines élections rssiennes, mais l'air de rien, évidemment sinon, ça ne  vaut pas mieux que deux tiens tu l'auras pas.

Je viendrai vous dire que le prochain siècle sera inhumain, j'ai des preuves !  Ha merde, pardon, c'est celui là, c'est déjà demain etc etc.

 Je vous prouverai par a + b que rien ne sert de  courir, il faut  partir. Et point.

 

 Et je vous saluerai bien profond dans ma crinoline barbelée (Pucci :2000  euros, il faudrait être folle pour compenser plus)

 

 

Ca,  c'est de l'after avant le "be fort" ...

Enfin je crois. 

 

10 juillet 2007

J'étais seule et je me disais

que,
... et plein de ...et des tonnes de ...

Tu as pris mes jambes à ton cou, et tu m'as demandé de courir en lieu et place, à ta place, de t'amener un peu plus loin.

Rien à faire. La tête baissée dans tes préoccupations, les yeux dans tes propres yeux qui y voient si clair pendant que j'y avance si flou, tu ne m'as pas vue. Toi non plus.  Et  je pourrai continuer de penser que tout me rejette, sans même te regarder,    tellement plongée dans moi, répétant la même vieille histoire, en prenant l'air abattu "Toujours pareil et, bouh même"

Et quelques séances à 4000 dollars la seconde d'eternité, de plénitude foetale sur canapé.

Tu n'as même pas vu l'autostoppeuse, toute la main tendue, en attente d'un hitch.

Et tiens...

...   .......

...   ...

 ...  

Fais en ce que tu veux. 

 

J'ai pris la poudre d'escampette, et je t'ai demandé de me rattraper au vol, un peu comme une statue machiste et gigantesque de Rodin, toute repliée, et toi les bras levés. Genre je serai un truc fragile et pas finie et toi tu serais mon finisseur , mon aiguisateur d'angles, mon polisseur malpoli.

Ho oui, merde, j'ai le droit. 

 

Rien à faire. La tête baissée dans tes factures,  tes mains dans tes propres mains tellement fortes pourtant, et je me crois seule et je dis que ma vie c'est rien, que mon manque c'est tout.  Seule et aveugle de surcroît.

et en plus j'ai  mal aux dents.

Et bouh, même.

Attends je fais des points pour te montrer ..........................

...les pointillés, les points y est,  les ponts finaux, les pas finauds,  les poings dans la gueule, les  points à la ligne

de mirage  de partage de mariage  ()

Tu n'as même pas voulu regarder, même pas t'interroger, toi le questionné  l'interrogatif le demandeur ,

mais que de toi, que de toi... 

 You look like rain...

Au lieu de m'arroser, au lieu de m'étancher 

triste, multiple, poule mouillée... 

et bouh même. 

 

 

 

PS/ avant hier, nananère, aujourd'hui bouh, je pense que je me tape une bonne régression. (au moins  je  (me)tape quelque chose, on va dire.)

16 mai 2007

Marc Dorsal (haha)*

 Mon dos faisait des noeuds depuis si longemps. J'avais dit la tension, j'avais dit le plein le cul, j'avais dit le cul vissé devant le pc. Il y avait eu les piqures, qui m'avaient transportée vers un monde que j'avais oublié. Celui, si ouaté, où plus rien ne fait mal dans la tête, de la défonce.

Mais bon, j'avais toujours mal dans mon dos. Et ma docteur gentille toute bronzée , elle m'a dit : Radiographions.

Car elle sait qu'il n'y a qu'un pas dans ma tête jamais plus ouatée, où tout me fait vachement trop mal, jusqu'à la “J'ai des métastases qui me bouffent la colonne. Voilà, c'est bon. Arrêtons tout. Je vais crever.”

Et puis, j'ai rêvé que mon père regardait des radios, les miennes. Il avait cet air de quelqu'un de convoqué, parlant vite, pressé de repartir, laisse-moi, maintenant, ...Et il me montrait un noeud rouge en bas de mon dos, sur la radio. Une sorte de pique. Sang. Il me disait “C'est là, en bas de la chaîne alimentaire”


Donc, là, j'étais convaincue que mon père était venue me voir pour me signifier ma mort prochaine. Heureusement, que des fois, j'ai des amies pas cons qui m'expliquent.


Laisse-moi, maintenant, digère-moi.


Alors, pendant la pause déjeuner, j'ai pris rendez vous “chez le laboratoire”.

C'est un monsieur jeune, super canon, doux, qui m'a reçue.


Il m'a dit Bonjour, enlevez votre “haut” , gardez votre soutien gorge pour la première série de rachis cervical.


...

....

....

Putain, j'avais pas de soutif.


Je me suis retrouvée les bras en croix, agrippée à des chambranles pour être bien droite, tu vois on aurait dit Vanessa Paradis dans le film où on lui balance des couteaux dans la gueule. Mais bon, là, il me disait à droite, de profil, rentrez le ventre (CONNARD), ne respirez plus (Oh je suis déjà morte, d'façons....de honte)


Et puis, je croyais que c'était fini.

Nan, nan, tu parles, il s'approchait pour me dire d'ouvrir la mâchoire, et puis aussi de mettre l'épaule droite en avant, puis la gauche. J'avais envie de pleurer, à moitié à poil sur la sellette, dos au mur. Vraiment.


Et puis je croyais que c'était fini.


Mais il m'a dit: Enlevez votre pantalon, qu'on fasse le rachis dorsal.


...

...

...


J'avais une culotte, mais je le soupçonne d'en avoir douté.


Et c'est reparti. A ce moment, j'ai choisi de me téléporter dans un monde de télétubbies rose et jaune, de m'autodéfoncer de m'autoouater le crâne. Evidemment, je savais plus où étaient ma droite, ma gauche, j'étais empotée. Il fallait refaire les clichés; il était jeune, beau, doux et moi j'étais vieille, sans soutif, en tanga ridicule, agrippée à des poignées de métal, le dos bien droit , comme dans un film porno amateur. Et la roue ne tournait même pas !!!!!



Ensuite, il fallait que j'attende. Et moi attendre, je sais pas. J'ai peur. D'autant que le Docteur, grand, vieux et sympathique qui s'appelait comme un vendredi soir juif, est venu me demander des trucs sur ma vie, mon oeuvre, mon travail, mes positions sexuelles préférées.


Et puis, il m'a dit: je fais le CR pour le médecin et c'est bon.


Mais il m'a rappelé.

Et j'avais peur, très. Il m'a dit Ho ben ça alors ça alors, madame, ça...vous avez des lésions dégénératives segmentaires cervicales C5C6 relativement marquées ainsi qu'une discrète anomalie de la statique lombo sacré avec dosarthrose débutante en D5D6 et arthrose interpophysaire postérieure au niveau de la charnière lombo sacrée NOM DE DIEU DOCTEUR, JE VAIS MOURIR ?


Nanan , ça veut juste dire que vous êtes vieille, usée, et que vous êtes trop cambrée. Et que vous allez avoir beaucoup mal.


Et là, j'ai eu droit encore à « Mais c'est normal, vous êtes une grande sportive ... »


Sans déconner, je pense que jai super bien fait de jamais en faire du sport, hein. OU EN SERAIS JE SINON JE VOUS LE DEMANDE !!!!

Ensuite, le beau jeune homme de la radio est venu me rapporter mon collier de perles orange vif de jeunes bab à la con que j'avais oublié dans la salle de radio. Je pense qu'il a cru que c'était exprès, et j'ai failli faire « Ha mais c'est pas à moi » mais je l'aime ma breloque, alors jui ai arraché des mains à ce connard de jeune.


Et puis j'ai attendu une heure qu'une secrétaire tape le rapport de ma vieillesse de dos crochu, et une demi heure que le docteur la signe. Du coup, j'ai rien mangé.


-J 'ai de l'arthrose, j'ai dit à mon père en sortant du laboratoire,

Manquait plus que ça, hein ? Et on a un peu rigolé.


Dans ma tête.

 

 

 

 

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*Marc Dorcel, donc c'est rigolo.

14 mai 2007

Jeu d'impatience


podcast 

 
Au milieu des vagues immobiles vertes comme un massif
Allumant des bougies avec des herbes sèches
Ils s'installèrent face à face et se regardèrent
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Longtemps.
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En se demandant ce que l'autre voyait.
--
Au milieu de la nuit et des hautes bruyères
Allumant des briquets avec frénésie
Ils se regardèrent face à face, et se parlèrent
--
Longtemps.
--
En se demandant ce que l'autre entendait.
--
Au milieu des champs de vigne
Allumant des torches avec leur cigarettes
Ils se parlèrent face à face, et se touchèrent
--
Longtemps
Now don't you worry
I won't put you down
I'm in no hurry
To see you go to ground

--
--
En ne se demandant rien.
--
Au milieu d'une église, d'un temple , d'une mosquée, ou d'une mairie blanche
Entourés de feux de détresse
Ils s'installèrent côte à côte et se marièrent
Pour faire des petits enfants.
Because it's true what they say
You know it's true what they say
You're only king for a day
I guess you're happy that way

--
 Elle  reste éveillée toute la nuit, à se demander où elle, il, on , tu, eux a merdé.
Difficile de dormir a deux quand on est seul.
--
 Elle reste éveillée toute la nuit, face à face avec son côté cassé.
--
Il tourne un peu le dos.
Parce que les face à face ...
You're so sorry inside you've got something to shout about
--
et puis paf c'est la fin
-- 
 merde.

28 avril 2007

C'était mieux avant ?

L'incohérence totale autour, la peur et le chaos. C'est à ça que j'ai têté, nourrisson. Tombée dans le chaudron du désordre et du  double bind. O belle X ! Etrangère partout où tu iras, étrangère à toi même aussi parfois. C'est comme ça.
-
Tu feras tout à l'envers, et tu t'accrocheras bien fort aux certitudes des non sens. Cette phrase ne veut strictement rien dire, enfin je crois. Mais je la laisse. Elle me plait.
-
Pour te permettre de pleurer, tellement tu te trouves légitime dans l'émotion, tu préfèreras te fondre dans l'objet perdu. Identification hystérique ou hypocondrie, ça fait bien de savoir les termes exacts, mais ça n'empêche ni la terreur glacée à 29 ° à l'ombre, ni les images qui viennent en rafales maintenant, comme un clip vidéo saccadé. Tout maigre enveloppé dans le drap bleu sur le fauteuil roulant, qui allait faire une radio. "Je ne veux pas souffrir"  "Si il me reste 5 ans, je m'estimerais heureux" Visage livide yeux exhorbités. Regard défoncé qui regarde la montagne le ciel bleu.
 -
 Je ne sais pas pourquoi je me disais, il va revoir la mer. Je pense à mon père je pense aux bateaux. Je devrais peut être me faire une petite séance d'associations. Ca fait du bien de comprendre, il parait. Mais là
-
 non.
J'arrête. J'ai honte.
Et je veux pas vous gêner.
-
Voilà. J'ai honte. Alors il vaut mieux s'imaginer mourante, tous les symptômes sont là.  Paf. Je suis tarée. C'est mieux que
-
orpheline ?
-
Je voudrais bien . Je croyais que.  Il me semblait pourtant.
-
J'ai compris en le regardant se taire  que si tout s'etait si remarquablement passé jusqu'alors, c'est parce  que j'avais tout fait pour que tout se passe remarquablement bien. Forte. Ironique. recul. Lucidité. responsabilité. Distance...
-
Je perds pied et adieu l'equilibre.
Adieu les bras.
Je me crois si peu légitime. Epouse, pourtant .
Mais là, non.
-
Elle est venue me voir et pour la première fois j'ai eu ses bras, j'ai fermé les yeux pour ne rien entendre, que les images et la colère ne m'atteignent plus.
Un peu comme un moine zen.
-
Disons un moine zen un peu spasmophile
hypertendu
et qui se tape un ulcère
mais calme.
-
J'ai eu 20 secondes de larmes dans les bras de maman.
tapoter l'épaule et me dire "oui, nous avons perdu le meilleur"
-
 Tout s'est calé parfaitement. Pour la première fois. 20 secondes d'eternité.
De juste place.
Apres près de 40 ans de chaos, de désordre, de non sens. Deux pièces parfaitement emboîtées.
Une mère qui console son enfant et qui lui dit "nous avons perdu notre meilleur"
-
Rideau.
-
Bien sûr, le bordel est revenu très vite. Plus personne ne s'écoutait. La rage, la colère ont repris leurs aises, ainsi que le silence , le n'importe quoi.
Il parait que je sens aussi bon que ma soeur.
Avant je sais pas, je devais puer.
-
Je suis cynique. Je suis désolée.
-
Je m'en fous , j'ai le droit, il parait. Le droit d'être dépressive, dis donc apres tout ce que t'as encaissé, ho, encore heureux, laisse toi aller, laisse couler, pleure t'as le droit, dis lui merde, craque... Le droit de craindre pour moi à la place de craindre le manque, même si ça me paraît totalement narcissique et dingue, le droit d'avoir envie de me coller la tête dans le four à gaz, le droit de lui coller un coup de couteau entre les yeux (ha,  ça non, on me dit) ok ok ok ,
comme diraient les pianistes de la boite de jazz.
Bibaaapbibelipap....
-
Mais moi, là, j'ai juste envie d'aller bien.
-
Rideau.

23 mars 2007

Aucune idée de titre et c'est pas plus mal que si c'était pire.

C'est par derrière, l'attaque, toujours, entre la nuque et un peu plus haut, comme une balle de silencieux, une bulle qui éclaterait tout doucement, et je cherche des liens. Il y en a toujours, il y en a tellement, des causes en veux tu en voilà, des raisons en wagons.

C'est bientôt , c'est dimanche, la levée du deuil. Déjà ? Et je crains, en bonne contradictoire que je suis, en aveuglée,  d'y entrer le jour où l'on me dit que je peux en sortir. Parce que ça va hein, je le sais, que j'entretiens l'illusion, c'est une façon de refuser certaines tournures qui exigeraient l'imparfait. laissez moi, laissez -moi faire, laissez moi conjuguer dans un futur peut être un peu plus proche que ce passé de tout juste hier, conjurer comme je peux.

C'est il y a peu, le reste. Et c'est tellement énorme.  Et puis, il y a eu ces mots qui m'étaient adressés, ce pour toi surligné. Il s'agissait de moi. Et la peur est venue. Il s'agissait de moi. Et moi ? c'est le rôle depuis toujours, l'identité connais pas; le moi c'est un magma qui m'effraie , pas par peur du monstre que j'y rencontrerais, je n'ai pas si haute opinion de moi -même,  juste parce que j'ai peur de la rencontre, comme d'habitude.

- Bonjour, Moi, c'est le faux self qui te cause, j'ai des putains de trucs à te demander, t'imagines même pas, depuis le temps !

- Oh ? Mais encore ?

- Nonon rien....

 

C'était juste après, je regardais le titre du poème "L'enfant qui a des souris dans la tête". Et la peur s'est transformée en angoisse. En poison. Dans la crise, le plus drôle (t'imagines même pas comme je me marre) c'est l'archaïsation de la pensée, la schizophrénisation du langage, le sens propre en pleine figure: martèlement de pattes roses dans mon crâne soudain...

Je sais que tout ceci s'arrêtera toujours là. A l'angoisse de, à la force de l'imaginaire, à la dramatisation. Mais comme je ne suis jamais à cent pour cent sûre....

Alors en avant je marche je marche je marche, excusez moi mais le lâcher prise la rééducation du cerveau, la PNL de la terreur, c'est encore, c'est toujours du contôle à la con, du langage, je fuis tout sarkozysme, même celui de la psyché, je marche je m'agite je dis oui à la pensée mortifère c'est ça, bien par derrière, enculeuse, et je dis merde là c'est une putain de crise de la mort saison XXIII sur l'échelle de Richter. Serai je en mesure de me rappeler où j'habite ce soir ? reconnaitrai-je mon fils, mon mari, ma putain de gueule dans le miroir ? Est ce que ce sera bien eux ? Je me regarde, me tâte les joues, je suis livide et blanche et ça finit aux toilettes tout ça. Ca me fait une crise cardiaque du cerveau, une hémorragie cérébrale du coeur dans les bras, et je marche quand même, je m'agite, un peu raide et je dis ohnononononon, je ne suis pas angoissée, je suis l'angoisse de toute façons.

- Salut c'est moi !

- Ha je m'attendais pas à ça.

Et ensuite je me dis je vais écrire, je vais le dire à copsréèlle, elle va dire Ho ? écouter juste ce qu'il faut, ne surtout pas s'affoler comme avant, elle sait. Là j'ai fait les deux, j'ai écrit sur un gros brouillon, mal, et j'ai écouté copsréèlle dire oh. Juste pour bien me rappeler que ce n'est rien que l'imaginaire et la merde de juste avant et toute celle de bien avant , et la crainte de celle d'après qui se sont mélangés, pour faire la main glacée entre la nuque et un peu plus haut. 

Ensuite, il y avait ce magasin , dans la vieille ville, j'avais promis qu'on irait, le cadeau de mon amie qui se marie, un dreamcatcher pour le gnome, le thé au caramel que m'a offert la dame.

Je ne sais toujours pas ce que donnera la rencontre . Je crois qu'elle peut ne jamais venir, et qu'est ce que je m'en fous ?

Mais j'ai moins peur de dimanche, c'est déjà ça.

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