31 octobre 2009
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Ecrire n'est pas une ambition que j'aie, c'est ma manière à moi d'être seule. Tu vois, je fais ma Pessoa, parce que là, j'ai besoin de transformer le vertige en une expression corporelle, et écrite de l’angoisse de ne pas trouver l’objet au rendez-vous et de chuter alors dans le vide. J'ai besoin d'élaborer pour plus me perdre. J'ai trouvé que ça. Je fais des rêves tellement freudiens que si j'avais pas la mâchoire tétanisée par cette imminence du pire, je me moquerais de moi. Y a du flou devant mes yeux et je fixe devant tout droit pour pas plonger. Y a rien de grave, rien du tout. Ca n'a jamais été aussi bien, aussi tranquille et ça m'exaspère que ma part malade ait encore ce pouvoir de tout me gâcher. J'ai pas d'ailes pour m'envoler. J'ai jamais rien eu d'un ange. J'ai pas tant de défenses, même dans ma putain de forteresse. J'ai ce visage amical et neutre qui fait illusion. Je pense tout le temps et comme je parle peu, même moi j'ai fini par croire que je réfléchissais jamais. Je voudrais me zapper quand je panique comme ça. J'ai quelques mois tu vois , à ce moment -là, je suis qu'une petite créature toute archaïque, aphasique, qui tête dans l'air pour trouver des contours, c'est tellement primaire, tellement froid, sans même un barreau pour se retenir, c'est tellement le vide blanc que je m'échappe dans une réalité parallèle et pas franchement jouissive - quand bien même il paraîtrait que oui- où je ne reconnais personne à force d'être perdue dans moi-même. Je devrais faire sans les bras, sans les épaules, sans les mains. Il y a ces immenses magasins où j'étouffe, ces cages d'ascenceur où je me noie, ce vacillement du corps, tout le temps. Je crispe mes synapses pour me rappeler pour qui pour quoi à qui à quoi, pourquoi. J'ai toutes les réponses, toutes et rien ne comble la béance. J'attends, sans pleurer, mon visage reste lisse, tu sais amical et bienveillant, je crois même, malgré tout ce que tu continue à dire, que je suis aimable. Et que je parviens à continuer d'être aimante. J'attends que ça passe. Ca passe toujours. J'ai comme à mon habitude, vérifié l'intérieur, des ovaires qui créent, des seins qui nourrissent, des reins qui éliminent, comme d'autres vérifient cent fois le gaz, la porte fermée, font des listes. Ils sont dejà dehors, ils sont dans le monde et moi je suis à l'intérieur de moi, une glaise, une boue que personne n'a façonné pour tenir. J'ai vérifié. Y a rien. Et l'angoisse contenue, circonscrite dans un espace socialement acceptable se répand maintenant, les digues éclatées, du vertige à l'abandon, de la terreur à l'anéantissement. Merde. Je veux rien faire sans penser tout le temps à la mort Je veux t'aimer sans avoir peur Je veux courir sans tomber Je veux sortir le noeud de là-dedans(oui oui) je veux le regarder bien en face et lui cracher à la face avant de le jeter à mes pieds pour lui fracasser le crâne d'un joyeux coup de botte. Amicale et bienveillante mon cul.
12:53 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : pffff
29 octobre 2009
ça, c'est fait
10:59 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : no suicide haha
06 octobre 2009
Ma tête tourne autour de mon doigt mais la terre est bleue comme une orange, alors ça va.
... Alors c'est ça, cette toute petite chose, ce soupir dans la partition, cette punaise sur la mappemonde, c'est ça : un étron dans l'espace. Des chagrins étirés empilés surmontés, des deuils interminables insoutenables ignobles, des désillusions titanesques mais surtout ridicules, et puis des joies courtes et profondes. Baisser la garde, sourire presque, mais du cortex, avec le temps, à ne plus croire à la moindre promesse, et se désoler gentiment - surtout pour celui qui les profère. Le pauvre, le naïf, l' ignorant. Ca n'a aucun sens et ça tourne en rond, en boucle, en eau de boudin. Aucun. C'est à se demander pourquoi j'ai si peur de la mort, à la fin, ou plutôt je comprends mieux, c'est sûrement pour me convaincre, à grands coups de phobies, de la valeur de la vie. Je comprends mieux pourquoi je m'épilais le coeur , j'ôtais la culotte de mon âme, je les comprends mieux mes petits trépignements: il faut bien que jeune ânesse se passe. Non, mais c'est scandaleux de tant se faire chier alors qu'on se voyait casquée , défoncée, spteppenwolfée, born to be superwild, en fait. C'est carrément se moquer du monde de se retrouver à la caisse de Leclerc, après tant de rêves d'absolu, en train de dire non non pas d'haribo ça file des caries.
Je veux dire, je suis dans la daube jusqu'au cou, moi, parce que : comment je vais supporter ? La nature qui se réveille, s'endort, le soleil qui se couche et puis paf tiens le revoilà, OOooooh, le gland qui pousse- O miracle de la life- les écureuils, la pierre et le chèvrefeuille, les rires clairs, mais-les-dents-pointues, les vergers enchantés sur les collines de mon enfance en HLM, les jupes qui tournent candidement-mon-oeil, les yeux baissés devant un homme pour qu'il pense que je suis qu'il y est, les cuillers qui tournent amoureusement le ragoût, ça me fait au mieux rigoler, si je suis sous influence zubrowskienne, mais la vérité c'est que ça me procure autant d'émotions et de plénitude qu'un album d'Amel Bent. Autant dire que je n'y entends rien. Comment je vais faire maintenant que je sais en conscience que la vie n'a aucun sens ? COMMENT ? C'était finalement bien plus simple d'imaginer que de sens il y en avait un, mais que c'était moi, la stupide, qui ne le trouvais pas. Comment faire ? "Vivre" il dit l'autre. Pfff, commentateur de blog, va ! "Présent éternel" il dit mon copain, mais je suis pas douée en conjugaison , encore moins en éternité. "Dieu" me souffle soeur machin-chose. Dieu, je voudrais bien mais Il ne peut point. Alors quoi ? Ben je vais continuer à faire comme d'habitude. Rien.
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Et sans rapport aucun (je vois pas pourquoi, moi, je devrais faire du sens ou des liens, puisque si on a bien suivi, on a donc compris qu'il n'y en a aucun. (sauf si tu es lacanien)
20:09 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : mes titres sont de plus en plus sublimes
13 août 2009
/I won't rest until I don't care La La La La La La La La La/
J'ai toujours besoin d'aboyer les évidences, la gueule ouverte pendant trop longtemps. C'est sûrement parce que j'ai du mal avec le réel, ça ne me touche jamais vraiment, la surface. J'ai longtemps cru que j'attendais rien, que j'étais pas humaine à force d'être blasée. "Aime-toi toi-même, pour aimer les autres", qu'il disent. Personnellement, je me hais assez et ça ne n'empêche pas d'être émerveillée par les autres. Le problème n'est pas de mériter mes cheveux, ou de me sentir fière de mes insuffisances. Aime- moi. Le reste, je m'en charge.
J'écris pour me rendre des comptes.C'est souvent tragique, mes petites lettres sur fond blanc, mais il n'y a que là-dedans que je me sente à l'aise. Disons que c'est familier: je reconnais. Tu sais, j'ai l'esprit lent en ce qui te concerne. Je flippe de ta réalité. J'ai la peur tellement bleue que ça me rend liquide, quand il s'agit de toi. Les gens ne comprennent pas: je fais forte, comme ça, finalement. Et puis j'explique tellement bien, c'est tellement logique, finalement. Tout se recoupe dès lors qu'on cisaille ferme dans la bande son. Et puis à toujours rigoler de tout et à me foutre de ma gueule...même moi, j'ai fini par penser que c'était réglé. C'est tant mieux. Si j'avais compris, avant, l'étendue du chaos, je serais peut être une bavante blindée de neuroleptiques, en train de sucer des barreaux, je serais peut-être recherchée par Interpol, va savoir, en tous cas, je n'aurais sans doute jamais eu d'enfant.
Alors voilà, je me retrouve à avaler pour la énième fois qu'il n'y a pas d'issue, et je te jure que j'en ai mal à la gorge. Je suis là à me seriner qu'on ne négocie rien avec la folie, qu'il n'y a pas de dialogue possible, que je suis juste un élément projeté dans la construction délirante, mais j'ai mal chaque fois pareil quand tu m'éclates contre le mur. Ce n'est pas simple d'oublier la langue maternelle, tu pourras décortiquer les signifiants pendant mille ans, à soixante euros la séance; tu pourras te faire masser l'occiput dans un ashram bouddhiste; tu pourras écrire douze poèmes et quatre pamphlets, et dans la foulée, un blog de rock star, pour la frime, tu pourras adopter la posture du recul salutaire, et mettre des rangers par dessus, tu te demanderas toujours, dedans, petite voix flûtée, joues rondes au grain de brugnon, qu'est-ce que t'as fait de mal pour qu'elle soit aussi en colère ?
J'ai beau avoir le devis chiffré, les preuves tangibles, les armes du crime, les témoignages concordants, et la main sur l'épaule de l'agent de police, c'est pas demain la veille que je ferai mon Oreste. Je me sens coupable encore. Encore. Jusqu'à la dépersonnalisation. C'est banal, c'est attendu, mais je voudrais juste un mot d'excuse, un je regrette , un petit j'ai pas fait exprès. Juste un petit aveu de l'assassin. Oui, c'est bien moi qui parle, celle qui bassine tout le monde avec l'amour qui n'a pas besoin d'excuse, ni d'absolution. Mais toi, c'est pas pareil. Tu es avant toute chose, tu es le Verbe et la source, et moi, je n'y peux rien: je voudrais pouvoir accepter ton pardon. J'ai l'impression que ça mettrait comme un bémol à mes jappements lamentables, un peu de laine de verre entre ma peau et le reste; j'en ai marre d'avoir froid, même quand on m'embrasse. Je voudrais que quelqu'un me défende, que tu te comprennes enfin.
Tu vois, tu ouvrirais les bras, je foncerais dans la béance, je te rentrerais dedans. Et quand je repartirais, j'aurais de ton sang sur ma tête, et des lambeaux de ta délivrance sur mes yeux fermés: on jouerait que je serais née.
10:04 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : click on the face, pain in the gueule
24 juillet 2009
et hop

09:29 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : peter doig
18 juillet 2009
carte postale
Idiot, l' amour, ca garde des traces, et ca a besoin de preuves. L' amour ca se voit dans les gares, quand tu t en fous de rater ton train. C etait mon premier roman, je ne savais pas de quoi ca parlerait, j' ignorais meme s 'il parlerait de quelque chose. Il parlerait de quelqu' un et ce quelqu'un , ce serait moi. Je n' ai jamais rien lu qui ne parle pas de son auteur, et moi je n' ai pas d' alibi, guere de masque, j'ai jamais su faire semblant de parler d' autre chose, a mots creves, modestement. Vois-tu, je parlais de moi, parce qu' a part moi, il n y a guere de monde qui soit passionne par le sujet que je suis. Remarque, moi non plus. A tout dire... Je ne peux pas sentir encore que tu me manques et pleurer ta disparition eternelle, je ne suis encore et toujours que sous le choc de ton absence. L 'imtelligence et les prouesses de l esprit, ca ne sert a rien pour vivre, tu le sais toi. Ce n 'est pas tragique, tu sais. Je peux vivre comme ca, quasi- decedee, et un peu savante. Je peux.
11:30 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : plaka, acropolis adios
20 juin 2009
à
Tu peux rester des heures les mollets dans l'eau, en attendant de sauter quand arrivent les vagues. Je t'envie. Tu es plein de projets, tu as des objectifs clairs, précis d'artisan; les yeux aussi, ce miracle de la génétique. Tu sais que tu mangeras une glace en rentrant, et tu te réjouis, tu anticipes, plein de plenitude et de satisfaction. Tu es optimiste, n'en déplaise à Schopenhauer, et je me demande d'où ça peut peut bien te venir cette joie tranquille. C'est pas de moi, c'est pas de moi. L'enfance est pourtant une période des plus pourries, n'en déplaise aux pauvres crédules qui pensent qu'ils ont réussi leur éducation parce que leurs gamins ont une mention au bac. L'enfance sent l'aigre de la peur nocturne, la cruauté extraordinaire d'un "ben toi tu joues pas, on veut pas", l'enfance est parfaitement égoïste, avec une candeur désarmante, l'enfance est complètement immorale et raciste, ça se refile les fiancés dans les cours de récréation, ça se montre les culottes, ça isole le gros, le noir, le trisomique. L'enfance est d'une franchise terrifiante et ne souffre pas si souvent quand l'avocat, avec sa voix de saccharine, demande avec qui tu préfererais habiter, mon bonhomme ? elle dit la vérité même si le parent désormais célibataire et déchu se tape une maniaco-dépression. Le reste, c'est de la littérature de parents piquée de projections. J'aurais bien aimé une enfance avec des balançoires, des pique nique, des roseaux aiguisés au canif, une enfance au goût du miel, un truc Ricoré avec des rires de parents équilibrés qui disent va te laver les dents avec la voix gentille de Michel Drucker, des parents qui font griller des saucisses dans le jardin....
Ce que j'aime, dans la psychanalyse, c'est qu'elle n'encourage aucun espoir messianique, elle ne développe aucune conception du monde, pas la moindre hygiène de vie valable pour tous. Avec elle, il n'y a d'espoir que particulier. C'est aussi ce que je n'aime pas dans la psychanalyse. La psychanalyse n'est pas câline, on ne s'y endort pas. le confort de la réalité est fondé sur sa méconnaissance, l'erreur repose, la vérité agite, tout est tiré au clair et rien ne change pour autant. La névrose est un compromis, oui. La psychanalyse n'a rien d'une belle épopée du narcissisme, c'est tout le contraire de l'exaltation. La petite musique de l'inconscient n'est pas une ariette oubliée, c'est genre prends toi les cymbales dans la tronche
et il y a un gosse
tout avide des autres, prêt à toutes les compromissions pour partager un jeu, marcher à côté de "la bande", faire partie du clan, et il y a cet autre gosse, boudeur, velléitaire, plein de caprices et d'entêtement, indifférent, puis soudain furieux.
On dit du second qu'il est équilibré, qu'il sait ce qu'il veut, et autres monumentales inepties pédopsychiatriques. On dit que c'est l'âge, le stade de développement, on lui pardonne tout et n'importe quoi." Il suit son désir, il est sainement égocentrique, farouchement indépendant, c'est déjà un vrai petit homme et blabblabla.
Et moi, je regarde le premier, le seul humain véritable, en attente du regard d'autrui, qui tend son jouet, et personne ne le voit, tous occupés à contempler le futur chef d'entreprise qui hurle qu'il veut un Cornetto. Au mieux, on trouve le premier gentil, avec un petit sourire de pitié qui le trouve un peu trop servile. Et moi, c'est lui que j'aime.
Tu sais, il m'a dit qu'il s'ennuyait. Les autres ne veulent plus jouer avec lui. Depuis quelques jours, il vit cet enfer que les instits ne soupçonnent jamais, cet enfer de la solitude de la cour de récré. Ca a commencé parce qu'il a demandé à ce que Nicolas joue avec eux, Nicolas c'est une espèce de gamin hyperactif - qu'ils disent- qui tape sur tout ce qui bouge, alors les autres le rejettent... alors il tape sur tout ce qui bouge...
et lui, il a pensé que ce serait bien que Nicolas joue avec eux, et les autres ont dit non, et puisque c'est comme ça, tu joueras pas non plus. Bande de petits cons, l'innocence de la jeunesse, la foutaise de tout ça, la putain de cruauté, la monstrueuse indifférence des petits pré-pubères, leur leader et leurs jeux sociaux qui sont censés leur apprendre la vie, et qui ne leur apprend que le jeu social, une stratégie de guerre, de léchage de cul du chef,
ce qui te laisse augurer de la propreté de l'avenir.
Ensuite, une autre bande, un autre jeu, et là, il a pleuré parce qu'on lui a fait mal, c'est un jeu de catch, alors on lui a dit qu'il pouvait plus jouer, parce qu'il avait mal. Bande de petits capitalistes haineux, bandes d'individualistes forcenés, bande de petits cons.
Je le vois errer dans la triste cour, sous les platanes pourris, sa petite solitude muette, et le temps de la récréation tellement long cette fois, et je sais que c'est stupide et qu'il n'y a rien a faire, rien à dire, juste ressentir que oui, ça fait mal dans sa propre chair ...la pathétique évidence de ce lien !...Et bien sûr, se taire, et ne pas dramatiser, écouter, consoler, reformuler, questionner, faire penser à autre chose, inviter un petit con lécheur de cul du chef pour créer un lien nouveau, changer la donne, faire sa Dolto,(en moins grosse) sa Halmos, composer avec le réel et proposer, renarcissiser et tout le toutim...et je l'entends s'agiter dans ses draps, là- haut, sa chambre en haut, les petits soupirs comme des haut-le-coeur, ce trop plein de chagrin...
alors il n'y a plus que cette envie animale, cette brutale pulsion de mammifère femelle de sauter à la gorge de toute cette bande de petits cons.
Tu peux rester des heures les mollets dans l'eau, en attendant de sauter quand arrivent les vagues. Je t'envie.
Je crois que c'est parce que je t'aime, mais c'est pas une raison.
19:22 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : j'ai rêvé que je faisais un cauchemar
08 juin 2009
je suis finie

Si j'étais un homme, et des fois j'aimerais bien, je serais pas un capitaine à la con, et je t'appellerais pas tous les jours, parce que c'est inconséquent de bouffer son forfait, et que tu réponds jamais au téléphone de toutes façons. On croit toujours qu'on te dérange, c'est affreux de se sentir dérangeant, je préfère crever, moi. Alors je dis bon je te laisse alors avec ma voix stupide de quasi-suicidée, et toi tu fais me laisse pas, me laisse pas, reste s'il te plaît. Je comprends rien à toi, mais vraiment, c'est toi l'hystérique, en fait.
Enfin, bref, moi je serais un homme, et je me ferais super humain, comme mec, j'irais dans des bars , des soirées comme les autres mecs, évidemment, je vois pas pourquoi je ferais mon original, tu sais. Je regarderais que les filles pas jolies, celle qui a les hanches trop larges, celle qui a les os des hanches trop pointus, celle aux pores dilatés, celle qui pue des pieds; celle qui sait plus comment faire pour ses cheveux, celle qui est moche, indéniablement et qui sera jamais jolie, même amoureuse, celle qui n'a rien pour rattraper le coup, si je puis dire. Je regarderais qu'elle. Je verrais pas les autres et bien sûr je serais beau, j'aurais cet air d'innocence et cette force fragile ou cette fragilité trop forte, comme tu veux. Je serais une pub pour un parfum très cher, avec le vent dans les cheveux et le muscle imberbe et délicat, mais en moins con. Parce que sinon, ça n'a pas baucoup d'intérêt. Je regarderais pas la moche genre je fais mon michel houellebecq qui s'intéresse à la laideur parce qu'il a fait un pari avec ses copains ou pour écrire une note qui dit que les gros culs, en fait, c'est sous-estimé. Je la regarderais parce que je l'aimerais, voilà, j'aurais eu le coup de foudre... je la verrais super bien, je ne verrais qu'elle, et toutes ses copines n'en reviendraient pas, et lui cogneraient les coudes dans ses côtes pour lui enfoncer méchamment la chance qu'elle a dans le ventre, en ricanant bêtement, sans y croire vraiment. Elle, elle rougirait, elle suerait un peu, elle serait terrifiée, elle croirait qu'il y a des caméras qui se cachent, que c'est une sale blague de sale con. Elle aurait envie de me taper d'en faire la reine de la soirée, elle qui s'était terrée près du bar, toute contente qu'on la voie pas. mais je m'en foutrais, tu vois, j'avancerais comme dans un rêve, dans mon pantalon de toile fine et ma tunique de poète en mousseline blanche, mais cintrée sur les hanches, c'est mieux, à pas lents, et j'aurais les yeux bleu parce que je trouve ça cool , et je lui tiendrais une vraie conversation, je la trouverais intéressante, et je m'interesserais à toutes les conneries qu'elle dirait qui sont pas pires que celles des belles. Je lui dirais que je dois partir, mais que je veux la revoir, que j'y tiens et je la rappellerais et je l'inviterais dans mon appartement propre et bien rangé avec de la musique formidable, et de la salade aux foies de volaille parce que c'est trop bon, et je lui caresserais ses impossibles cheveux, je lui embrasserais ses os trop pointus , ou ses tendres vergetures au creux des genoux, je tiendrais ses seins trop lourds ou ridicules dans mes mains comme des trésors. Après ça serait notre vie privée, et j'ai jamais su écrire une scène de sexe sans mourir de rire, mais ça serait carrément mortel, sublime, tellement ce serait tendre et amoureux et fort, et beau sans être niais. Avec des vrais bruits un peu bêtes de l'amour, et des soupirs qui se terminent en sourires, et des étreintes qui durent longtemps parce qu'on voudrait que jamais ça s'arrête, et qu'on n'ose pas se regarder (je vais me faire pleurer).
Ensuite on boirait du café avec un amaretto de Hollande, et je la ferais rire, et je serais pas post coitum, animal triste et chiant, parce que je serais un mec super, et c'est tout. Voilà, je serais un mec génial qui vengerait toutes les femmes qui morflent parce qu'elles se trouvent laides et cons. Ensuite, je redeviendrais moi, c'est à dire abs, la finie, comme l'indique cette chanson qui me fout le bourdon pour une double raison, qui n'aura echappé à personne car je suis très subtile, tout le monde le dit: son sens (haha) et aussi parce c'est celle que j'aurais bien aimé écrire. Je redeviendrais abs parce que je veux pas finir ma vie avec un boudin! j'aime bien être une fille, en fait, et que les mecs comme moi, ça n'existe pas.
15:51 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : j'me comprends
03 mai 2009
My friend Goo
Bon, j'ai le coeur regonflé à défaut de l'égo, et je reste polie. J'ai l'idée d'une correspondance où on fera bien semblant de parler d'autre chose que de nous. Ce sera mieux que des nourritures spirituelles, ou des lasagnes. Plus nourrissants. Je compte sur toi pour la mécanique quantique et la relativité du relatif, d'accord ? Je hocherai la tête parce que je comprends vite, mais pas longtemps. C'est comme d'emporter un peu de terre de son pays, quand on se sent appartenir à un endroit, quand on n'est pas un errant sémite, c'est comme toucher la racine (touch me la racine, brot'er), de rencontrer son grand frère, ou quelque chose comme ça, un cousin éloigné qu'on n'a jamais vu et qui , bingo, a le même pif que toi, le même sourire, la même connexion de synapses, ça me fait comme ça de te parler, c'est être juif, ou bossu, ensemble sans se prendre la tête avec Dieu, c'est rire de soi sans que l'autre nous soupçonne de nous sous-estimer. J'ai toujours cherché un ami, avec qui ne pas parler, qui écouterait vraiment mes chansons. J'ai toujours le mal du pays, mais je ne sais jamais lequel.
(Là-bas nous saurons bien nous cacher, disparaître,
Engloutis dans le vide liséré de la lune,
Ressentant que cela qui fait notre substance
En d'autres temps était musique)
(tadam)
J'ai toujours cherché quelqu'un qui me donne envie de le connaître aussi. Je t'avoue que je ne suis pas curieuse des gens, leurs secrets, leurs habitudes, je m'en fous. Quand ils se congratulent sur leurs blogs, ou se donnent des nouvelles de leurs hémorroïdes, ou se disent bravo, ho non toi +, non, non toiiii, moi pareil....! j'ai envie de leur crier "Envoyez vous des mails ! "Mais toi, j'aime bien ta vie, je suis curieuse de tes objets, de tes guitares, de ta boulangerie, de ce que tu penses de Soan dans nouvelle star. Ca me donne des idées pour bien vivre, ça me donne des idées pour m'appuyer, ou bien, le plus souvent, ça me donne aucune idée mais ça me fait bien plaisir.
-Alors aujourd'hui pour ton père (et aussi pour le mien), je vais réciter un kaddish....
-ça sert à rien. Moi, je suis juive que parce qu'on me le rappelle, en fait. Juif, c'est pas croire en dieu, de toutes façons. Pour tout te dire, juive, j'ai envie d'arrêter.
-ça ne sert à rien, c'est pour ça que je vais le faire...
(...pour le kaddish, normalement il faut être dix hommes, on va dire que j'en vaux dix.)"
-...
-voilà, c'est fait, même si je suis pas sûr que la version que j'ai lue soit la bonne, elle m'a semblé étrangement courte par rapport à mes souvenirs..
je me suis mis face à la porte fenêtre et j'ai lu en prononciation phonétique..
j'ai pleuré aussi, parce que je pensais à ce que ressent un enfant pour son père et aussi parce je pensais à ce que je ressens aussi un père (genre moi) pour son fils....
..
et puis j'ai reculé d'un pas pour laisser passer l'oxygène frais qui séche les larmes et parce que pleurer, ça va un temps...
maintenant, je souris à la vie..
hop...
- ok, moi pareil mais +.
- Je te le dis, on finira dans un kibboutz.
Je touche là où je touche, non là où je pense.
Je ne peux m’asseoir que là où je suis.
Et cela me fait rire comme toutes les vérités absolument véritables,
Mais ce qui fait rire pour de bon c’est que nous autres nous pensons toujours à autre chose
Et sommes en vadrouille loin d’un corps.
(tadam)
11:37 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : my friend goo has a real tattoo
14 avril 2009
ben, je ne t'aime pas, moi non plus.
Neue wache et je ne sais dire que ya. Ils parlent tous un meilleur anglais que moi. Je pensais que ce serait plus gris, plus austère. Je pensais que les rues gardaient des traces, j’ignorais combien j’avais de mémoire.
Rotes Rathaus et je n’ai rien à te dire. Nous parlons de Carla Bruni. Je suis effarée qu’on lui fasse un procès parce qu’elle a beaucoup baisé. Je dis des trucs non-consensuels, limite droite populaire libérée, et je penserai le contraire demain. Si j’avais de grandes idées arrêtées, si j’avais des certitudes et des jugements définitifs, je serais peut-être écrivain. Je m’octroie le droit de changer d’avis au cours même d’une conversation. Tout ce que je sais c'est l'inutilité de convaincre, la vanité d'échanger. C'est le principe talmudique, la contradiction pour changer de point de vue. Je ne suis jamais sûre de mes paroles, ou bien pas longtemps. Tout ce dont je suis sûre, c'est socratique en fait :Je sais que dalle.
La nouvelle synagogue, et je ne peux pas m’empêcher de tout voir en noir et blanc, comme un reportage sur Planète, ces visages rieurs plein de bonne santé qui lèvent des bras en rythme, un vieux film qui bouge avec des fils blancs.
Ce n'est pas parce que t'es pas là que je ne te vois pas partout.
Peut-être que c'est un effet de lumière
Peut-être.
C’est à Kreutzberg que l’air circule un peu mieux dans ma poitrine, près de Postdamer Platz que je ferais le mieux semblant de respirer. Les jeunes sont pareils qu’ailleurs. Everywhere I go my giant goes with me, la musique trop électro dans les bars, cette musique qui fait plus de bien à ceux qui la font qu’à ceux qui la reçoivent. Je pensais que j’aurais plus froid. Je pensais que ce serait moins vert. L’hôtel a des murs violine et la femme de ménage me dit qu’elle rêve d’aller à Paris. Il y a des rues très...heu... européennes. A côté du Mur je pense à Christiane F la petite toxico pute: est-ce qu’elle est morte maintenant ? Je me souviens de mes vacances à LLoret del Mar, et le silence grave des petits hambourgeois pourtant complètement beurrés, leur tête baissée de coupable contrit alors qu’ils nous avaient entraînées là pour mieux te sauter mon enfant. J’avais juste dit que ma mère avait vécu à Tel Aviv… j’avais juste dit ça.
It's not the four inch, heels she wears / It's not her baby fine blond hair / It's more the desert in her stare...Je fredonne ça, pour me faire croire à mon audace. J'avoue ne pas bien comprendre l'espèce de désir enfantin, la sorte d'impulsion de rendre quelque chose, genre un oeil pour six millions de paires. Ma race de talion ? "Vis bien, c'est la meilleure des vengeances." (Talmud page 4789561)
Il y a la rue de cet hôtel où je m’étonne que les enfants soient si sages, et si blonds. Un cliché aryen de ma gueule de météque. J’ai des idées bien arrêtées, des jugements définitifs, de solides certitudes, pendant que j’arpente je sais plus quelle Straße qui ressemble à une calle voire une street si on cherche bien.
Je dis "Nous sommes tous des juifs allemands. Et moi encore plus.»
Et ça me fait plaisir que tu rigoles. J’aime bien qu’on fasse semblant de me comprendre.
15:59 Publié dans Journal de Mes Bords. | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : mes murs de berlin, carence en zinc



