retour de l'automatique

 

Autoportrait :

J'essaie d'être à la hauteur d'un éclair. Je ne suis qu'un angle de fille, en peur. J'aime le salé d'un corps à la langue.La moiteur me fait des poings au coeur. J'écris souvent les mots Equinoxe, Equateur. Je confonds l'égal et le double. Je déteste ne compter que sur moi. Mais je ne compte sur personne. Je n'ai plus soif d'un abordage. Les gens qui cultivent un mystère et le regardent pousser me font détester leur jardin. Je n'ai plus que l'écho d'un sourire. (Ca ne fait pas grand bruit.) Je n'ai plus qu'un élan vers le néant. (sot de l'ange) L'haleine perdue. La faute éruptive. L' odeur se métamorphose: je ne veux plus sentir rien. Un corps de pierre je me ferai, (je commencerai par le coeur) Toutes mes impasses ont le goût de charnière. La terreur me fait souvent du métal

dans ta voix.

Langue parlée:

"Je t'aime" c'est pour dire qu'on a faim. Les yeux plus gros que le ventre. C'est toujours une question. "J'ai réussi" c'est le synonyme désenchanté de "j'ai terminé." Ca ressemble à un amen désolé. Un triomphe de lilliputien. "Tu me brises le coeur"ne signifie rien d'autre, souvent, que: "Tu me casses les couilles".

Je voulais tellement que tu me regardes.

(Je baissais les yeux trop souvent, je me sentais épiée)

Je voulais écrire des livres.

(Tu aimais tant les lire)

Je dessine. (Tu m'as offert papiers & fusains)

J'ai refusé tous les rendez-vous (pour partager ta solitude)

Je cherchais ton regard, ton métier, ta détresse dans tous les yeux qui me regardaient. (Je plisse les yeux, myope absolument)

 

Conclusion:

 

Nietzsche: La vie sans musique est tout simplement une fatigue, une erreur, un exil.

Moi :- Et avec ?

Sigmund Freud:- Pareil. (mais en mieux)

 

 

 


Trois petits tours

* Il y a quelques jours, j'ai ôté mon désespoir. Je l'ai soigneusement plié genre je deviens enfin obsessionelle avant de le poser sur une chaise et ensuite...
j'ai rejoint la vie nue sur des draps blancs et je lui ai furieusement, voracement fait l'amour, tu vois.
Tout ceci n'est évidemment qu'une métaphore à deux francs. la réalité est que depuis que j'ai rencontré Godot, sans vouloir tirer des plans sur la comète, je vais drôlement mieux. En fait tout ceci n'est qu'une galéjade, car on nous a menti. La vie c'est comme tout le monde. Des fois, ça bande mou, des fois ça s'ennuie, des fois c'est très égoïste, parfois honteusement généreux,  et des fois ça se la pète comme c'est pas permis. J'avais juste oublié l'essentiel: tout ceci n'a aucun sens, autant ne plus tourner en rond.  L'amour ça ne dure pas toujours, la radieuse beauté non plus, la preuve, on a inventé la mort et le botox.  Oui, peut -être que vous , vous le savez depuis longtemps, et tout, petits veinards. Mais moi, non. Ce qui fait que, dans le désordre :
- Lorsque je joue avec mon fils au jeu de la couverture (vous pouvez pas comprendre), je ne joue plus pour lui éviter d'être traumatisé par une mère névrosée, ou parce que son équilibre., ou parce que comme ça il se couche.. mais juste parce que c'est vrai que c'est rigolo.
- Lorsque le soleil poudroie, et que la nature verdoie, et que ton regard a broyé mon regard, mais...voyais -je, avant, ami ?... je m'en fous complètement, et voilà.
- Je commence à comprendre mon père qui s'est fait virer gentiment des JCR.  Parfois, avoir le même ennemi, ça fait se tenir la main. Tu voudrais que tout le monde se tienne la main en mangeant des loukoums, regarder la lune dans la même direction, en chantant du gospel, c'est normal. Ne t'inquiète pas, ça va  te passer.  Pourtant, l'autre il veut juste anéantir l'Ennemi, et pauvre abruti, tu en es un.
- d'autres trucs inintéressants.

* Il y  deux grands types de névrosés. Il y a celui qui souffre sa race, creuse le déficit de la Sécurité Sociale et écrit des blogs. Il ne fait chier personne. il regarde les autres en se disant "...Quelle chance..." Il attend sagement sans rien demander que quelque chose lui arrive, ou quelqu'un. Il y a le névrosé qui souffre et qui fait chier tout le monde. Tu lui dis "On va prendre un café ."Il te répond "Tu dis ça parce que t'es en colère que je t'ai dit que t'étais con." "Tu vas bien ?" "Tu dis ça parce que tu vas mal..." "Tu suces ?" "T'es vraiment qu'un sale macho de merde..."" Tu crois que l..." "Tu dis ça parce que tu es sioniste." C'est quelqu'un qui souffre mais qui est drôlement heureux. Parfois,  il regarde les autres le regarder en pensant "quelle chance" et il se sent très important, alors il écrit des blogs. (Nous voilà considérablement dans la merde, car maintenant, il faut trier.) Il y a bien sûr le névrosé guéri (O,000002 % de la population mondiale selon l'IPFOS) Il ne se sent pas important, il ne fait chier personne, il est heureux, entre les gouttes, et il achète des livres. Mais bon, c'est moins intéressant.

*Il y a vingt cinq ans, vers 4 h du matin, je déambulais sur la promenade. J'avais un treillis militaire et un maillot en dessous. Il me l'avait prêtée car j'avais froid. Je ne sais pas trop où on allait à dire vrai. Une descente brumeuse et des mains plus pressées que d'habitude. Et puis, je me souviens- ralenti, saccades d'images- de la 305 blanche de mon père, sa tête qui m'aperçoit, la panique absolue qu'il s'arrête, le descente qui s'accélère...Il continue sa route en emportant un morceau de mon coeur (je déconne pas). Il est quatre heures du matin et je cours jusqu'à chez moi en maillot de bain recevoir la tannée que je mérite. Ma mère toute droite assise dans son lit ne dit rien. Mon père arrive un peu plus tard.  Il m'a parlé alors d'un sandherin du temps d'Ezra . Il m'a dit que c'était pas parce que la femme juive violée mettait quand même au monde un enfant juif, qu'il fallait me balader nue sur la route. On a bien rigolé.
En fait, bien sûr, il n'a rien dit de tout ça. (Je me suis fait pourrir la gueule. Privée de sortie jusqu'en 2004 !!!) Il ne devait même pas le savoir, ça. Il préférait Karl Marx et il pensait que la terre n'appartenait à personne, des trucs comme ça genre les loukoums sous la lune. Sauf qu'après à peu près trois cent douze expulsions (une fois ou quarante trois je sais plus,  parce qu'il était juif,  une fois parce qu'il était trop de gauche, une fois parce qu'il était français, une fois parce qu'il était pas assez communiste, une fois parce que son entreprise licenciait), il a plus rien dit. Et après, il est mort. (C'est la vie, et tu fermes ta gueule)

Je pensais à ça hier au cimetière du Ponant. Regarde le truc, j'ai eu peur que les tombes soient profanées. Je regarde trop la télévision.  Je devrais regarder des trucs plus objectifs, puisqu'on nous manipule, plus pragmatiques, " Questions pour un champion", "Blog citoyen trop révolté de la colère " "Loukoum, Moon, and tequila"...Mais bon ça allait, il y avait juste écrit Bon juif=Juif mor, à l'entrée, (mais ça fait longtemps), et je trouve que devant un cimetière, c'est même assez drôle, au final.

 

C'est mardi il fait beau je dois travailler :peindre l'air c'est pas demain que je pourrais peindre l'air, moi

Toute l'histoire du blog, c'est dire regardez comme je suis aimable-beau-à part-intelligent-partageur-différent-drôle-con-malheureux-heureux- ad libidum...et se défendre de vouloir être regardé, c'est vouloir parler à quelqu'un qu'on trouve pas, pas savoir lui parler, avoir peur de lui, avoir honte et répéter non mais tout va bien hahaha, moi je fais qu'écrire et je m'en fous complètement de ce que vous pensez. Je fais qu'écrire je te dis.

( alors, prends un cahier.)

(Je me parle à moi-même.)

Toute l'histoire d'écrire aussi. De lire. De chercher.

Hier j'ai lu "Ecrire c'est le dernier recours lorsqu'on a trahi."(Genet) Tu vois, c'est le genre de truc , ça m'amuse. Je me dis Voyons voir, je vais dresser une liste: Qui ai-je trahi ?

Chaque fois que j'ai dit Oh oui super géant,   faisons une paëlla, faisons  une belote !  faisons l'amour avant de me dire comment tu t'appelles, faisons un truc pour le Jour de l'An !  faisons la Révolution ! Qui ai-je trahi ?

Godot.

"Ecrire, c'est hurler en silence"  Duras.(hahahaha)

A qui je n'ai pas assez hurlé dans les oreilles , dis-moi ? A qui n'ai je pas dit toute la vérité rien que la vérité, arrache-toi la corde vocale droite, et dis je le jure.

A Godot. (et à mon père)

"Il faut écrire pour soi , c'est ainsi qu'on peut arriver aux autres" Ionesco.

Chaque fois que je suis avec un autre, moi, je finis toujours par m'enerver, m'ennuyer, sentir une intrusion, me sentir mal, pas savoir quoi dire, me trouver con, le trouver un peu con, avoir envie d'écouter de la musique plutôt que sa voix, me dire bon eh bien c'est pas tout ça mais  hein...C'est qui cet autre vers lequel il serait donc sinon bon, au moins utile, d'arriver ?

Godot.

 

"Ecrire, c'est trop de la balle avec un staedler pigment liner O.5". Moi.

 

 

Donc, c'est mardi, je peins l'air, j'ai collé des doublures de serviettes blanches froissées  déchirées sur ma feuille, ça fait un genre de nuage. j'ai mis du bleu et de l'eau autour.(Air--> nuage, je suis basique) Tout de suite, ça vous pose, "déchirées froissées", ça fait artiste maudite qui déchire-froisse dans son atelier, tellement qu'elle souffre de la création trop dure.  Ca me rappelle une des rares fois où je suis allée chez le coiffeur.(j'adore la tête en arrière et les mains qui lavent , touchent la nuque, font crisser les tifs: mon point g, c'est mon cuir chevelu.) Il m'a dit : " Je vais vous faire un frucci frucci". J'ai eu très peur. En fait ça voulait juste dire qu'il allait me sècher les cheveux la tête en bas. Pour le volume. Je ressemblais à Tina Turner, après.

Il est presque cinq heures, je n'ai pas fait les courses.

 

En même temps, je dois avouer que je m'en fous complètement, parce que: J'ai trouvé Godot. `

Il a un point g sur la tête.

 

" J'aimerais poursuivre cette conversation, mais j'ai un vieil ami pour le dîner"

Lorsque j'écris, je n'invente rien. Je ne transforme rien, j'en suis parfaitement consciente. Rien  ne va au-delà de la "petite histoire". Si j'appuie sur un point ou un autre, ce n'est pas par parti pris; c'est juste que je suis emportée par la forme. Oui, que veux-tu, j'aime bien être emportée.  Rien ne va au-delà de moi pour "s'adresser" à l'autre; le singulier ne côtoie l'universel que par le plus grand des hasards; en gros, j'ai pas fait exprès. Et si parfois, ça a "touché", "fait écho", "fait sens" et autres fadaises, c'est parce que toutes les histoires d'amour, de mort, de séparation, de deuil, de maladie, se valent et qu'elles se ressemblent à un point qui confine au tragico-comique. C'est pour cela que je suis de plus en mal à l'aise avec le blog, c'est aussi pour ça, la fermeture des commentaires et tout le bataclan , mais c'est surtout que je trouve aussi débile de venir "débattre" et me dire poliment ou trolliquement que ce que je raconte c'est que du faux, d'abord ( on a des preuuuuves !!--> (lien wikipédia)) que de venir me dire que tout ce que j'ai dit c'est vrai et qu'en plus, nom de diou, c'est trop beau comment je suis trop forte. Merci. Merci...J'ai beaucoup de mal avec les blogs qui nos donnent des leçons, ou commentent l'actualité. Ce sont souvent les mêmes qui nous disent que les médias c'est caca et qu'il faut pas lire la presse, mais qui pensent que c'est tout a fait logique de nous demander d'adhérer à la pensée et à l'analyse ...d'un blog. Ils te balancent quatre ou cinq articles ou vidéos, allant dans leur sens... pour le prouver. Curieusement, j'admire  la prise de risque. Je trouve ça culotté, en un sens, j'admirerais presque. Je me trouverais carrément indécente à vous dire mon opinion sur la crise,(haaaan) Obama (Pffff) , Gaza (houuuuuu) ou même le dernier album de Truc (il est moyen, inégal sauf la piste 4, la piste 4 elle est bien), bien plus que lorsque je vous raconte par le menu les affres de mon nombril. La réflexion, le questionnement, l'analyse, voire le coup de gueule, oui, j'approuve et souvent quand c'est bien foutu, ça passe. (Il faut assumer, ou au moins admettre sa subjectivité). "L'info", parce qu'on vous ment, messieurs-dames et il fallait que quelqu'un vous le dise, ça casse. J'ai cliqué il y a pas plus tard qu'il y a cinq minutes sur un blog très joli, vachement bien foutu, le mec avait mis une photo d'Hitler, et une de ses phrases magnifiques du style "'J'ai tué plein de juifs mais j'en laisse quelques-uns pour qu'on se rappelle pourquoi je les ai tués", et qui ajoute un peu plus bas "Bien sûr, ce qu'a fait Hitler, c'est très vilain." Je sais pas, moi, je trouve que la deuxième phrase a des allures timorées. Elle casse le rythme un peu, non ?

...

(Scoop- Info- Flash- Dernière minute- Enfin la lumière sur)

Je me souviens de mon ami H. un vrai palestinien de Cannes-La-Bocca, à la fac, avec le keffieh, la peine, la colère, et les yeux vairons qui faisaient chavirer le coeur de toutes les filles. On faisait partie du même syndicat étudiant qu'on croyait de gauche-extrême et extrêmement révolutionnaire. (On a même occupé la salle des profs une semaine, nuit et jour, pour protester qu'on nous empêchait de protester, il n'y avait pas de blogs c'était horrible) Je me souviens de cette phrase magnifique qu'il m'avait dite un jour: "On bouffe au Resto U ?" Ce à quoi je lui avais répondu, avec mes yeux baissés aux longs cils sémites trop polis pour être honnêtes et mon air sournoiso-sioniste de la même origine: "Le resto U c'est dégueulasse, mais de toutes façons, faut bien qu'on mange."

(Ha ben non c'était que des images de 1992. Pardon.)

...

Il y a des gens qui savent se raconter et s'adresser aux autres, complètement ouverts, sans ce petit air de pas y toucher (que j'ai, hein, soyons clairs),  De leur quotidien tragique, banal, ils parlent sans détour, sans rien se cacher, et vous livrent des pages pleines de réflexions sur le sens de la vie, de l'Amour, de la Joie. Alméria est sans aucun doute celle qui y parvient le mieux.  D'un trajet en métro, elle vous tire le portrait de questions essentielles sans jamais pontifier. Elle ne la fait même pas exprès. Elle est comme ça, et dans la vie pareille. D'autres observent, regardent, décrivent comme des naturalistes, et ne donnent aucune leçon, mais leur écriture est un don. (et un cadeau aussi, oui) Certains parlent de leur profession, des éclairages nouveaux sur la médecine, la police, l'école, le lycée... D'autres parlent de cul, de leurs errances, de leur lutte contre tel drame ou maladie. D'autres ont choisi la farce.  Ils essaient de le faire bien. On entend que c'est nul, inintéressant, dégoûtant, inintéressant, insipide.  Moi, ce sont mes préférés. Ils ne parlent  que de ce qu'ils connaissent. Ils nous parlent d'eux.   Ils ne se prennent pas pour le cinquième pouvoir. C'est rafraîchissant.
J'adorerais parler ici de mon boulot, parfois, mais je suis tenue au secret professionnel et même si tout est toujours possible, grâce à l'anonymat, si j'ai promis à quelqu'un de fermer ma gueule, et signé, eh bien, après, je la ferme. Bref, tout ça pour dire que si j'écris ici, sans attente de retour, et sans espérance d'éveiller les consciences, (hahaha) je ne sais pas bien pourquoi. Sûrement parce que j'ai rien d'autre à foutre, vous dirait ma voisine qui adoooore faire le ménage, et les soldes. Sûrement parce que je me tais trop dans le quotidien, vous dirait un éminent psychanalyste, (un gentil comportementaliste) sûrement par narcissisme et besoin de s'exhiber mal assumé,(un méchant freudien) A qui s'adresse cette parole et qu'entendez-vous quand elle se tait du silence, dans la tentation du discours objectivant ? (un lacanien qui fait flipper). A coup sûr, pour rien.

 

ou pas.( vous dirait un bloggueur influent.)

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(Tu as mis ton bulletin dans l'urne)

 

 

J'appelle bourgeois quiconque renonce à soi-même, au combat, et à l'amour pour sa sécurité.
J'appelle bourgeois quiconque met quelque chose au dessus du sentiment. 
Il ne peut respirer que l'haleine des autres.

 

 

(comme on crache sur un ennemi.)

 

Il souffle sa lampe et s'éclaire au reverbère d'en face.
Il incorpore la moyenne universelle dans la substance personnelle , et réciproquement. mais l'irradiation se fait mal, et il s'enkyste.

 

 

(qui ne nous voit pas.)

 


Ses vêtements le portent. Il ne le porte pas.

 

(Tu as dit " Il faut tout faire sauter")

 

 

Si tu sautes en hauteur devant lui, tu le rends cardiaque.
Il n'est pas d'une méchanceté cerastoide. Il ne ferait pas de mal à un lion.
C'est un requin sans les dents, un oursin sans les épines

(Et tu t'es assis pour boire ton café.

Et tu as vérifié ta monnaie)

 

 

 

Il ne s'approche pas d'une langue, ou d'une idée que s'il la croit bien morte, et qu'il la voit momifiée, dans une vitrine, et que ça ne peut plus mordre, et il s'en approche sur la pointe des pieds.
Il a fait fi du patois de son coeur pour apprendre la grammaire de la caste.
Il a le sens de la caste comme un animal a le sens du danger
C'est un aliéné du sentiment.

(Tu as dit "Faut que je me couche tôt, je bosse."
"Faut pas rêver.
"Faut  le dire.
"Faut  pas nuancer.
"Faut un juste milieu.
"Faut que je réflechisse.
"Faut voir.
tout en pensant que tu réincarnais le Che.)

 

 

Ne mets Jamais d'eau dans ton vin.
Ne mets jamais d'eau dans ton vin.

Ne mets jamais d'eau dans ton vin.

 

 

 

 

(Quand je te regarde,

j'ai envie de te dire de mettre enfin un peu de vin dans ton eau.)

 

 

 


 

 

#(en italique PL Fargue-)

Ceteris paribus sic stantibus



Toute choses égales par ailleurs, te voilà donc valide. Ouais,   J’y crois dur comme fer. Je pense, donc je suis. J’ai des poils sur les jambes donc je m’épile. Mon père est mort, donc je pleure. C’est la St Sylvestre, donc je bois. Les sionistes sont des affreux colons, les terroristes ne peuvent pas faire autrement. Amen.  Tout est logique, tout est sain. Nous vivons dans un monde où chaque théorème trouve une immédiate application, le meilleur des mondes où cogito, condamno, blogo et hop. Passez-moi une Camel pour ma main droite et un alcool blanc pour la gauche, allumez NCIS, un petit concerto de Grieg pour faire genre, et écoutez cette douce et harmonieuse note de l’univers qui tourne gentiment sur son orbite.
Mais comme le savent si bien la Paramount, et l'Inspecteur Derrick, il y a un M. Hyde caché derrière la tronche de tout ravi de la crèche, la face cachée de l’obscur de la force etcetc de l’autre côté du miroir. L’esprit  caché derrière n’a jamais entendu parler de cire orientale, de douleur absurde et éternelle, de Theodor Herzl après Dreyfus, il n’a jamais suivi un cercueil de bébé jusqu'à son trou dans la terre.  Il suffit de tourner le miroir sur le côté pour voir la face se distordre sur la ligne terminatrice. De l’autre côté, l’univers a la logique d’un môme en jogging Nike, avec les tripes et les cadeaux qu’on lui a offerts pour Noëls répandus sur deux kilomètres derrière lui,  sur l’autoroute. Ça, c’est la logique de la paranoïa, avec des valises, voire des humains piégés dans des autobus, des cancers qui tombent sur la gueule d’une femme de trente-cinq ans qui continue de sourire parce que les enfants la regardent. Cette logique-là se tord la queue. Personne ne regarde de ce côté là, les mains vissées sur la Camel et la tequila.  Baisse un peu Grieg, à propos; on ne s'entend plus s'écouter. On ne s’y intéresse que lorsqu’on se fait prendre en stop par un chauffard bourré qui dit qu’il veut en finir; on s’y intéresse quand on dit « ciao » à sa fille adolescente, à la sortie du collège et qu’on la retrouve muette et livide, à la sortie de la morgue. On commence à baisser la tête de ce côté-là quand on entend un homme dire à sa femme qu’elle va se prendre une raclée, une autre, qu’elle l’a bien cherchée, celle-là. On commence à regarder de ce côté-là quand un type décide de sauter par la fenêtre, celle au-dessus de la tienne, et que tu te demandes ce qui peut faire un boucan pareil, ou bien lorsque tu connaissais et aimais bien ce type massacré par les flics, mais que, merde, tu connais un des flics aussi.  On s'y intéresse, un moment.  On commence à éviter d’ouvrir trop vite sa gueule quand on a compris que toutes les choses ne sont pas égales par ailleurs, que rien ne se valide, ni ne se condamne avec des mots, toujours tellement plus audacieux que nos actes.

 

 

(Et sinon Bonne Année !)


podcast

A little game (go insane)

Tourner le dos, les poings fermés. La marche est saine; les voyages déforment la détresse, et surtout surtout surtout, on va super loin quand on a envie de rien. J'ai la tête lourde à cause des odeurs d'huile de lin, la javelle et le thé, les cris de chiens, les immondes radios nostalgiques, les camions enervés sur la voie express, la sonnerie du téléphone, les chaussures collées de boue séchée, la toux qui le déchire et l'empêche d'écouter le stupide commentateur du journal télévisé, et la voix qui demande si ce pull lui va bien, du frigo qui gerbe d'avance. J'ai encore trop de mal à dire. C'est un sale coup pour quelqu'un qui a étudié les mots. Le présent a les yeux louches. Chaque clignement d'oeil efface une image, tant de photos  perdues. J'ai la tête vide à cause du gaz, non je déconne, j'ai vidé ma tête en réduisant mon périmètre de pensée, en réduisant mon espace social, en réduisant mes sorties au strict nécessaire. J'ai la tête réduite maintenant, un guerrier navajo, cerveau momifié. J'ai appris les noeuds marins mais je suis incapable de jeter l'encre. Un sale coup, quelle méprise. J'avais une tête qui collait bien à celle de la fille qui se casse tu vois, les grands yeux, les grands cheveux, le menton orgueuilleux. Le miroir s'adapte bien au vide, je suis toute effacée.

En 2009, je reviens, j'ouvre les vannes, je défonce la porte, je claque la page, je débouche le champagne, ou les commentaires (c'est moins cher), faut que ça s'arrête. Ca va s'arrêter de cogner.

Héritage

Ho celui-là, il n'arrêtait pas de lire. Il l'a lu des dizaines de fois.

Le héros porte ton nom hébraïque dans ce livre. Du Sahara à l'Exposition Universelle en 1900. De Crémieux à Dreyfus, du Sahara à Tunis, en passant par Istambul, c'est la saga d'un juif du Maghreb amoureux de la France, de sa femme aux yeux vairons, de leurs fils et de leurs filles. En 1852, un vent glacial souffle sur Constantine, dressée sur son rocher et cernée par l'abîme.

Celui-là, il l'a acheté quand tu t'es mariée.

Un mariage mixte qui tourne au cauchemar, un enfant en est issu, qui n'attirera que le malheur, qui se reniera. L'écrivain t'a fait une dédicace.

"Tous les mariages mixtes ne se terminent pas aussi dramatiquement". J'imagine difficilement que tu puisses avoir fait des confidences à un écrivain, à la FNAC, demandé une dédicace.

Lorsqu'on perd quelqu'un, et que l'on apprend des choses surprenantes sur lui, quelques années plus tard; un abîme se dresse, pendant qu'une montagne s'écroule. C'est le perdre encore davantage,  le découvrir et avoir le sentiment de ne l'avoir que croisé.

mardi

Elle avait souri, toutes ses rides comme un soleil autour de sa bouche. Sa fille avait dit "Regarde, tu te rends compte, il paraît que nous les femmes, notre libido ne s'arrête jamais, nous pouvons faire l'amour jusqu'à quatre vingt dix ans !" Et en guise de réponse, elle avait souri, toujours cette belle ironie dans les yeux, j'aimais bien ça. J'avais l'impression de tout comprendre chez elle, une complicité immédiate, brute. Elle riait de tous les malheurs, et aussi d'elle-même, tout le temps. Je comprenais tellement ça. Elle avait souri et elle avait dit, petite voix flûtée: "Oui, c'est bien, parfait. Mais dis-moi, avec qui ?".

Je suis enfermée depuis quatre jours. J'en peux plus. J'ai parfois envie d'être dans un film, jeter deux jeans, un blouson,  sur le siège arrière de ma voiture, rouler pendant longtemps, m'arrêter devant un motel. Motel écrit de haut en bas, qui clignote faiblement dans la nuit, musique country à chier. Mais on n'est pas aux Etats Unis, et je ne suis pas dans un film, putain. Il y avait ce garçon en 5ème, plus grand que tout le monde, qui m'avait coincée dans la salle de permanence. Il terrifiait tout le monde, même les profs. Il y en avait une qui était en dépression, et elle était revenue comme pionne tellement elle était détruite par tout ce cirque. Je l'aimais pas du tout, et moi aussi, je m'allongeais sur les tables en classe, je faisais ma rebelle; je voulais l'impressionner, le grand, parce que mes bonnes notes, il s'en foutait, il aimait pas les "fayots." Alors, il m'avait coincée dans la salle de perm, ses bras drôlement puissants pour un mec de treize ans. Il avait du redoubler une douzaine de fois, c'est pas possible autrement. Il me dit comme ça :"Tu veux sortir avec moi ?". Et il m'appelle par mon nom de famille, direct. Comme les profs "Juliard, au tableau ! Durand, ton carnet ! Faure, chez le Principal ! D. tu veux sortir avec moi ?" J'ai ri, mais tellement ri. Mais c'est quoi ce plouc, je me disais et c'était parfaitement dégueulasse, c'est vrai. En même temps, ça me permettait de réfléchir, tout de même. Parce que la seule chose que je me demandais en fait, c'était de savoir s'il me suffisait del'avoir impressionné. Lui rouler des pelles et jouer au couple dans la cour de récré, ça ne m'intéressait pas du tout. Je les trouvais super ringards, les couples à 12 ans. Je dois dire que ça n'a pas beaucoup changé. Alors, j'ai rigolé, je me suis foutue de sa gueule.  Il avait raison. J'étais une sale petite fayote. Voilà tout.

Cette idée de fugue, je l'alimente un peu comme je peux. Je vois une femme laide qui rit, une dent argentée dans la bouche pareille à une citerne galvanisée. Sur la table, une carpe. J'ai garé ma voiture dans un parking. On me demande combien de temps je vais rester. J'ai besoin de monotonie, de calme et d'un enfant qui me console. La solitude m'étreint comme une femme amoureuse. Le truc chiant, écoeurant si tu ne la désires pas.  Ecrire c'est un véhicule qui trace un chemin, et à part ce motel sur une plaine qui fut cherookee, je ne veux aller nulle part.

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Photo Travelling Still

 

 

- c'est Don't explain-


Une cuisine froide. L'odeur de l'acrylique, plus couvrante que la gouache. Le papier découpé.  Carla porte plainte. La radio.  Dvorak.
Un ouvrier à casquette rénove les façades. Une affiche pour la fête des lumières.  Les complémentaires, un contraste. Mes mains sales de colle. Faire un pot au feu. Le bébé retrouvé.  Malhër.
Femme enceinte, le ventre gonflé, arrogant,  il faut marcher dans cette histoire d'universalité.  Des cris d'enfants, des voix fatiguées. Le téléphonne sonne. Trop loin.  Voilà  que dès ce soir je reprends l'amère question qui déchire.  Pourquoi pas au point où nous en sommes ?  Je veux voir l'enfer des couleurs.   Je veux entendre l'envers de l'eau.  Pourquoi pas ? En Grèce, encore. Des émeutes. Rezső Seress.
Un e mail que je me retiens de détruire. Un e mail que je me retiens d'écrire.  Balance à défaut d'équilibre. Les questions trop lourdes, un peu de fièvre, une main légère et fraîche sur le front. On échappe difficilement aux clichés. Des enseignants en résistance.  Charlie Haden.
L'heure, les bottes, le manteau, les clefs, éteindre le gaz. Plonger la tête dans le four, ouais.  Moi, mes ongles blancs, mon oppression perpétuelle, mes nerfs en nylon. Il n'y a plus  rien à sauver. Cause perdue, et je perds, en connaissance de cause, en connaissance de perte.   J'aime pas qui je deviens. "Tu me manques comme personne."

Et Nina Simone.