Hammer song
C'est comme ça qu'est ce que tu veux que je te dise, t'es pas infographiste ni kaki king ni Serena Williams mais tu te tapes la tendinite de la mort des os, du bras, avec les douleurs nocturnes et les envies d'amputation directe, les piqures qui te font chanter age of aquarius, alterner les fesses, une fesse différente pendant sept jours, le liquide qui empâte, chauffe, soulage PAS ASSEZ LONGTEMPS, et qui te retournent les viscères, la douleur même au repos, le bras comme tordu de l'intérieur, les tendons noués genre noeud marin indestructible. T'es juste boggueuse et tu joues quatre accords, les jours fastes, et t'as jamais réussi à rattrapper une balle sur un court mais voilà: Tu souffres du membre, c'est une bursite, une capsulite, une tendinopathie et ça fait pleurer les yeux.
Il faudra aller chez le kiné. Les kinés et moi c'est une longue histoire. J'ai une copine qui a épousé son kiné, il lui a fait un enfant, et puis après il s'est mis à la taper parce que tu comprends, il allait pas bien, pauvre homme, et après elle est partie et lui il souffrait encore trop, pauvre homme, alors il venait vivre à côté de chez elle et des fois hop, une pointe de souffrance, le pauvre, et il venait l'étrangler un peu en la traitant de pute, tellement la douleur du pauvre ostéopathe tu vois. Ensuite, il y a eu un autre kiné dans ma vie, lui il était beau de style jeune dandy décadent, et il aimait Chet Baker et il faisait de l'escalade. Il m'avait invitée dans son loft du quartier chicoss, une pièce qui dominait toute la ville, baies vitrées, lumières, sourire genre je suis Mickey Rourke, je vais t'humilier, tu vas te mettre à quatre pattes et je te vais t'enduire de voltarène comme ça on sera trop décadents et on aura l'impression d'avoir une libido pleine de complexitude. En fait, ce gros sadique m'a interdit de fumer pendant toute la soirée chez lui et m'a raccompagnée sagement chez moi tard dans la soirée. Ensuite, il est venu dîner, et il m'a fait livrer des fleurs le lendemain "Ne change rien. C'est moi qui suis con."
A ce moment là, il aurait sans doute fallu que je courre le rejoindre, pleine d'empathie et de j'ai soudain compris que tu souffres, attends je vais me mettre à quatre pattes et tu m'enduiras de voltarene si y a que ça pour te faire plaisir hein je suis pas contrariante. Mais j'ai juste rien répondu du tout, parce que les sportifs m'emmerdent. Et que les hommes qui disent " ne change rien" alors qu'on ne leur a strictement rien demandé j'oublie comment ils s'appellent assez rapidement.
Je regarde le film qu'a mis Fishturn sur son blog. Putain, je sais pas si c'est les myorelaxants, la tendinite, la paralysie, mais ça me fait pleurer et rire genre Adèle Hugo, genre internez moi tout de suite. Voilà, je trouve que ça c'est beau, et ça c'est la vie. Et c'est ça que je veux. Parce que t'es tout seul et tu t'emmerdes au taf, et dans la vie, et que tu peux te la ouerj encore longtemps lacérée du coeur jusqu'à devenir un iceberg, tu te sens juste assise comme au bord du monde, jamais vraiment là, jamais vraiment dedans toi, et voilà quelqu'un qui t'envoie des petits signes et tu existes et je te vois et c'est drôle, c'est doux. Et c'est pas grave si tu es plus drôle que moi, ça me racourcit pas le pénis. Et c'est pas la peine qu'on s'enduise de voltarene pour que j'aie une érection ni que je te file un coup de ceinture sur la tronche pour me sentir un homme. Ni que tu adoptes une posture de femme intouchable, pauvre petite cocaïnowomane, pauvre petite Paris Hilton qui fait la moue parce qu'elle a pas trouvé ses Louboutin en 38... pour que je reste dans ton lit plus de deux semaines...
Enfin j'explique mal, j'ai mal au bras et j'ai rendez vous avec un kiné tout à l'heure, c'est mon dernier espoir avant la lobotomie de l'épaule. Le cabinet , c'est dans une toute petite rue, une maison en pierre avec des volets mauves. Elle s'appelle Karine.
I used to work, night and day,
Nobody listened to a word I'd say,
I didn't care who knew me then,
and someone stupid asked if we were friends, well,
Over my shoulder it goes,
Back to a bar, we both used to know.
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Le film du Samedi (part. II)
(le film 1, c'est la note en dessous)
Sonic Youth- My friend Goo
Le Film Du Samedi
(Tenacious D- Friendship)
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won't you take me to funky town (de mieux en mieux)
Quand j'étais petite, j'avais un maître au Cm2, un maître qui ressemblait à Francis Cabrel. Il avait le même jean , les mêmes clarks, les mêmes frisottis sur les tempes, et la même moustache de bab du Gers. C'était mon maître des après-midi, parce que le matin j'avais le directeur comme maître, et lui il ressemblait à rien, enfin je veux dire il était vieux et un peu chauve et sans surprise. Le maître de l'après midi débutait et il aimait bien les élèves, il aimait bien enseigner si ça se trouve. Des fois, il jouait de la guitare, des chansons de vieux. Personne n'osait demander "je l'aime à mourir", on était de respectables enfants, on levait le doigt pour demander des trucs comme aller faire pipi, ou effacer le tableau. Une fois quand même Carole C s'est piqué un fou rire parce que le maître de l'aprés midi avec sa guitare classique chantait "O gué vive la rose" et là, il s'est un peu enervé, tout freinetique qu'il soit, Francis, il a dit que claude françois c'était de la daube et qu'elle irait pas bien loin dans ses études, avec des goûts pareils. Enfin, moi j'étais du côté du maître vu que je détestais claude françois et que je préférais déjà Led Zeppelin, à cause de ma frangine qui était une grande du collège qui fumait des cigarettes. J'étais une très bonne élève blabla super forte en rédaction et un peu nulle en géométrie (je n'aime pas l'espace). Il m'aimait beaucoup et je le faisais rigoler. C'était sa première année d'enseignement et je crois qu'il était vraiment curieux de ses élèves. Je suis passée en sixième,(je l'aimais pas au point de redoubler) et on s'écrivait des lettres . J'étais très fière, il répondait à mes lettres par de vraies longus phrases avec une écriture très différente de celle du tableau, une écriture d'adulte. Un mercredi après midi , il est venu prendre le thé à la maison. Ma mère l'avait invité. Je ne me souviens plus trop ce qu'ils se sont dit. Je me souviens que j'étais mal à l'aise, je ne savais pas trop quoi dire non plus "oui j'aime bien le français" "non je ne mange pas à la cantine"
Je crois qu'il m'aimait vraiment bien. J'étais le genre élève intéressante : niveau socio culturel assez bas, fille d'ouvrier, ça devait ravir un instit un peu bab qui a envie que l'école de la république réduise les inégalités sociales, je crois. Ensuite, en cinquième, j'ai découvert le sexe et la drogue,(en gros) alors je ne lui ai plus écrit.
Une bonne dizaine d'années plus tard, par un hasard inouï qui n'a aucune importance, une femme m'a parlé de moi. Elle avait entendu parler de moi par lui. Il se souvenait de moi. Je l'ai eu au téléphone, alors. On s'est dit que ça serait marrant de se revoir, il aimait toujours drôlement son boulot. Moi moins. Mais j'ai pas donné suite, j'ai toujours été mal à l'aise avec les gens qui m'aiment bien, j'ai l'impression qu'il ya quelque chose de pas net, là-dedans. Qu'ils vont découvrir le pot aux roses. Alors je me casse pour qu'ils continuent de m'aimer bien, en fait. Bref, il y a peu, je l'ai revu. Il manifestait. Il m'a reconnue tout de suite. Je lui ai demandé s'il aimait toujours bien les élèves, s'il était toujours aussi curieux...Il a souri, il ressemble un peu à Christophe maintenant. Plus trop à Francis Cabrel. Il a dit que c'était pas ça. Qu'il était juste convaincu que je ferais de grandes choses à cause de mes rédactions, de ma rapidité, de ma vivacité. Enfin, moi, à part être Patti Smith, j'ai jamais eu beaucoup d'ambition. J'aime l'idée d'avoir un vieux visage d'iroquois et une voix fatiguée douce qui rend un tube pourri de Nirvana super sex. Ou alors dissidente soviétique, j'aurais bien aimé. Alors...J'ai dit ho. J'ai même rougi. J'ai vu un moment qu'il était déçu parce que je lui avais raconté ma vie, un peu.(comme quoi je fais bien de me casser, hein, pour qu'on m'aime encore. Abs est hystérique, comme Dieu, elle fucke tout de suite, et après elle fuit emportant le soyeux de ses cheveux etc...(poème qu'on m' a fait cadeau, la classe). Je lui ai raconté les grandes lignes, quoi, mais les grandes lignes, elles disent tout. J'ai pas osé dire que j'avais un blog. (personne ne sait que j'ai un blog! strolahonte) Ensuite, il m'a demandé si je continuais par là où si je rentrais de suite. J'ai dit je rentre de suite, j'ai de la route. Il m'a dit au revoir. O gué vive la rose, j'ai pensé.
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Stranger in the night (j'ai pas d'idée de titre en fait)
Incipit (sburgh pinguins) :
j'en ai marre de lire des blogs où tout le monde est heureux, où on s'achète des slips en dentelle qui gratte pour rerererereséduire Gaëtan. J'en ai marre de lire des blogs où tout le monde est dépressif et ne peut plus supporter le monde tel qu'il va (coucou abs)il est temps d'écrire un blog de la vraie vie.
Révolution.
Blog de la vraie vie (r'gin mobile)
Il m'a dit tu es casse couille. Il était sept heures du matin et on avait tous les yeux un peu collés par la mauvaise nuit et les soucis financiers et la clim réversible. Le café était chaud, certes, mais les miettes de pain trainaient et le beurre était très dur. Je trouvais que déjà la beaufitude était à son comble, d'autant plus que j'ai des chaussons snoopy. Mais casse couilles à sept heures du matin, ça en a rajouté une sacrée louche. Les Groseille se dessinaient lentement à grands coups d'acrylique qui pue, dans l'avenir pas incertain du tout. Il fut un temps où nous voulions conquérir le monde voyez-vous, et le monde c'était nous. Alors oui bien sûr, peut être l'avais je été, casse couilles, mais le problème était ailleurs, à mon avis. Car en vérité je ne me souviens pas de ce que j'avais dit. J'avais dû dire un truc du genre "Tu crois ?" ou "Peut -être" ou plus probablement "C'est toi qui vois". Je veux dire que j'ai très peu de conversation. Mon blog est plus grand que moi, faut pas croire.(Le vôtre aussi) Mais la lumière jaune dans la cuisine, les miettes de pain, le beurre dur, les chaussons Snoopy, et casse couilles. C'en était trop. Je suis allée bien profond dans mon vocabulaire le plus fin, j'ai cherché longuement en ma syntaxe repliée et j'ai dit:" Pas à sept heures du mat. Tant de beaufitude dès l'aube. J'ai bien peur de gerber."
Il n'a pas répondu, et j'ai eu peur d'avoir dit ça dans ma tête. Il est allé dans la salle de bains je crois parce que j'ai entendu l'eau couler. J'ai nettoyé les miettes piquantes brise-gonades, et j'ai lavé les bols avec des traces de café pourri plein de beaufitude casse-burnes. Je pensais déjà à ce que j'allais faire aujourd'hui. Plein de trucs dont glander tranquillement constituerait à peu près 85 % du programme. Il est redescendu, alerte, les yeux ouverts, j'ai entendu son pas léger dans l'escalier. Il m'a touchée un peu là et là et il m'a dit "je t'aime en fait je t'aime surtout les seins."
J'ai dit ha c'est gentil ha mes seins te remercient. Mais en fait je n'en avais rien à foutre.
Il est parti conquérir le monde du travail.
J'ai téléphoné à la Redoute pour commander un aspirateur. Le mien ne marche plus. Mais la ligne était fragile comme la vague de l'écume dans le bleu de la langueur du soufre qui t'arrache le coeur dans la ville froide et glacée comme le sang noir est menteur comme un dentiste, ou le leurre de la duperie du travestissement de la faiblesse de la force de savoir qu'on est fou, le sang noir , oui, et gourd , et lourd, et sourd, madame de pompadour. Je vais te les casser les couilles, moi, tu vas voir ça.
Excipit (bull)
Ca c'est de la littérature du siècle. Ca c'est être témouine de son époque, mes amis.
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il n'y a pas d'humour heureux
Il n'y a de libre que la bête. Creuse cet espace-là. Il faut tendre l'oreille au frisson de l'aurore (ça veut dire qu'il faut écouter mais seulement au début). Admettre toutes les fissures que te grave l'exil, le cul posé dans l'herbe. Et savoir la rareté du feu. Prendre de l'iroquois la liberté de se taire, pas les plumes. Ne pas baigner trop longuement dans le jus de la colère. Tu n'as rien à prouver, rien à dire, même si la douleur rend précis.
Un policier froid de type aryen était à l'encoignure de mon rétro. Il a montré l'absence de ma ceinture du doigt, en dressant un procès verbal. Et puis, il s'est mis à vérifier les plaques, toujours ce masque de cire, un peu poupin, on aurait dit Karl Dorf dans Holocauste. Il fallait que je me cache. Je ne voulais pas payer.
J'ai raconté des choses, des choses sur ma vie, sur les garages et sur les délais légaux. Il m'a emmenée plus loin, il y avait d'autres agents. Ils étaient tous aussi désincarnés que lui. J'ai compris que c'était un piège, que je n'aurais pas du le suivre, pas du contester l'amende. Ils étaient nombreux et ça allait barder. Ce n'étaient pas des agents de la Police Nationale censés faire régner l'ordre et la civilité. C'était des imposteurs. Je me suis réveillée. Ne compose pas avec le surmoi ma poulette. Paye l'amende tout de suite et passe à autre chose.
J'ai relu Aragon. "Je vais te dire un grand secret j'ai peur de toi je vais te dire un grand secret ferme les portes il est plus facile de mourir que d'aimer c'est pourquoi je me donne le mal de vivre mon amour. "Je vais te dire un grand secret il est plus facile de partir que rester c'est pourquoi je me casse mon amour. Je vais te dire un grand secret ferme ta gueule c'est pourquoi je te donne deux heures pour décamper.
J'ai besoin de briser ce qui me fait pleurer.
Et alors ?
(Jason Molina- Honey Watch your ass ...à venir, là j'ai la flemme)
Note 478956213
Je ne fais strictement rien, du coup j'ai des tas de choses à dire. "Ecrire, c'est s'emmerder." Mon dieu (= Jason Molina), qu'il est bon d'être délivré de l'attente et de la quête ! et pardonnez nous nos offenses, c'est juste parce qu'on se faisait chier.
Je perds un peu la mémoire. C'est bon signe. Une vigilance qui s'éteint. La vigilance, c'est le début de la culpabilité. Je n'ai plus peur de t'oublier.
Je commence à mentir...Moi et mon bel amour de la vérité ! Je continue de l'aimer, en secret, en cachette, et surtout en silence, parce que ma vérité, elle n'intéresse personne, ma cocotte. La preuve: moi, la vérité des autres, très honnêtement, je m'en fous.
Je ne suis pas allée chez le réducteur de crâne ce matin. Mais alors, j'avais pas envie....j'en ai marre de me complexifier l'archaïque, de m'analyser le basique. Je souffre quand quelque chose de bien se termine, l'autre il souffrait pendant qu'il le vivait.
Et c'est moi qui vais chez le psy ...
Et puis 60 euros pour toujours rien comprendre à Lacan, c'est bien trop cher payé. Alors j'ai laissé un message gentil léger tout va bien (ça allait bien d'ailleurs). "Je me suis pas réveillée, haha à lundi". Une heure après, il me laisse un message, (les lacaniens, ils appellent, ils t'invitent à des séminaires, ils te filent des listes de lectures, tu as le sentiment que le transfert, ils en ont besoin. Mon freudien, il était cool, il me foutait une paix ROYALE- et bien sûr je transférais comme une locomotive.) "Je peux vous recevoir dans une heure" me dit-il.
(1). J'ai tout de suite pensé que mon cas était désespéré, que sûrement j'étais en grand danger de psychose puerpérale (des fois ça arrive sept ans après).
Ensuite j'ai pensé (2) "Il m'aime...il peut pas se passer de moi, le pauvre, il faut que je le répare tout de suite...il faut que je lui donne ce qu'il ne sait pas qu'il attend...et ainsi je serai enfin complète et comblée ...au moins jusqu'à la semaine prochaine ".
Et après ,(3) j'ai surtout pensé que j'avais pas envie d'y aller et j'ai mangé du couscous nature, sur le ventre, allongée, en regardant la petite maison dans la prairie. (Almanzo est handicapé, il se sent impotent, Laura souffre de le voir si peu combattif. Demain sera-t-il un autre jour ? Demain, même heure, je saurai)
Je crois que tout ceci illustre à merveille l'histoire de la névrose sur canapé (1-Phobie & narcissisme) (2- hystérisation ) ( 3- pensage à sa gueule et sublimation, oui , on a les sublimations qu'on veut...)
...voilà, et là j'écoute une fille qui a une très jolie voix qui chante, et je pense qu'elle est pas trop trafiquée et ça me plait quand y a pas de trafic, le trafic , le compliqué ça me soûle.
Et je vais me faire un café, car je le mérite.
Il faut absolument que j'y aille lundi pour lui dire que j'y vais plus.
retour de l'automatique
Autoportrait :
J'essaie d'être à la hauteur d'un éclair. Je ne suis qu'un angle de fille, en peur. J'aime le salé d'un corps à la langue.La moiteur me fait des poings au coeur. J'écris souvent les mots Equinoxe, Equateur. Je confonds l'égal et le double. Je déteste ne compter que sur moi. Mais je ne compte sur personne. Je n'ai plus soif d'un abordage. Les gens qui cultivent un mystère et le regardent pousser me font détester leur jardin. Je n'ai plus que l'écho d'un sourire. (Ca ne fait pas grand bruit.) Je n'ai plus qu'un élan vers le néant. (sot de l'ange) L'haleine perdue. La faute éruptive. L' odeur se métamorphose: je ne veux plus sentir rien. Un corps de pierre je me ferai, (je commencerai par le coeur) Toutes mes impasses ont le goût de charnière. La terreur me fait souvent du métal
dans ta voix.
Langue parlée:
"Je t'aime" c'est pour dire qu'on a faim. Les yeux plus gros que le ventre. C'est toujours une question. "J'ai réussi" c'est le synonyme désenchanté de "j'ai terminé." Ca ressemble à un amen désolé. Un triomphe de lilliputien. "Tu me brises le coeur"ne signifie rien d'autre, souvent, que: "Tu me casses les couilles".
Je voulais tellement que tu me regardes.
(Je baissais les yeux trop souvent, je me sentais épiée)
Je voulais écrire des livres.
(Tu aimais tant les lire)
Je dessine. (Tu m'as offert papiers & fusains)
J'ai refusé tous les rendez-vous (pour partager ta solitude)
Je cherchais ton regard, ton métier, ta détresse dans tous les yeux qui me regardaient. (Je plisse les yeux, myope absolument)
Conclusion:
Nietzsche: La vie sans musique est tout simplement une fatigue, une erreur, un exil.
Sigmund Freud:- Pareil. (mais en mieux)
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Trois petits tours
* Il y a quelques jours, j'ai ôté mon désespoir. Je l'ai soigneusement plié genre je deviens enfin obsessionelle avant de le poser sur une chaise et ensuite...
j'ai rejoint la vie nue sur des draps blancs et je lui ai furieusement, voracement fait l'amour, tu vois.
Tout ceci n'est évidemment qu'une métaphore à deux francs. la réalité est que depuis que j'ai rencontré Godot, sans vouloir tirer des plans sur la comète, je vais drôlement mieux. En fait tout ceci n'est qu'une galéjade, car on nous a menti. La vie c'est comme tout le monde. Des fois, ça bande mou, des fois ça s'ennuie, des fois c'est très égoïste, parfois honteusement généreux, et des fois ça se la pète comme c'est pas permis. J'avais juste oublié l'essentiel: tout ceci n'a aucun sens, autant ne plus tourner en rond. L'amour ça ne dure pas toujours, la radieuse beauté non plus, la preuve, on a inventé la mort et le botox. Oui, peut -être que vous , vous le savez depuis longtemps, et tout, petits veinards. Mais moi, non. Ce qui fait que, dans le désordre :
- Lorsque je joue avec mon fils au jeu de la couverture (vous pouvez pas comprendre), je ne joue plus pour lui éviter d'être traumatisé par une mère névrosée, ou parce que son équilibre., ou parce que comme ça il se couche.. mais juste parce que c'est vrai que c'est rigolo.
- Lorsque le soleil poudroie, et que la nature verdoie, et que ton regard a broyé mon regard, mais...voyais -je, avant, ami ?... je m'en fous complètement, et voilà.
- Je commence à comprendre mon père qui s'est fait virer gentiment des JCR. Parfois, avoir le même ennemi, ça fait se tenir la main. Tu voudrais que tout le monde se tienne la main en mangeant des loukoums, regarder la lune dans la même direction, en chantant du gospel, c'est normal. Ne t'inquiète pas, ça va te passer. Pourtant, l'autre il veut juste anéantir l'Ennemi, et pauvre abruti, tu en es un.
- d'autres trucs inintéressants.
* Il y deux grands types de névrosés. Il y a celui qui souffre sa race, creuse le déficit de la Sécurité Sociale et écrit des blogs. Il ne fait chier personne. il regarde les autres en se disant "...Quelle chance..." Il attend sagement sans rien demander que quelque chose lui arrive, ou quelqu'un. Il y a le névrosé qui souffre et qui fait chier tout le monde. Tu lui dis "On va prendre un café ."Il te répond "Tu dis ça parce que t'es en colère que je t'ai dit que t'étais con." "Tu vas bien ?" "Tu dis ça parce que tu vas mal..." "Tu suces ?" "T'es vraiment qu'un sale macho de merde..."" Tu crois que l..." "Tu dis ça parce que tu es sioniste." C'est quelqu'un qui souffre mais qui est drôlement heureux. Parfois, il regarde les autres le regarder en pensant "quelle chance" et il se sent très important, alors il écrit des blogs. (Nous voilà considérablement dans la merde, car maintenant, il faut trier.) Il y a bien sûr le névrosé guéri (O,000002 % de la population mondiale selon l'IPFOS) Il ne se sent pas important, il ne fait chier personne, il est heureux, entre les gouttes, et il achète des livres. Mais bon, c'est moins intéressant.
*Il y a vingt cinq ans, vers 4 h du matin, je déambulais sur la promenade. J'avais un treillis militaire et un maillot en dessous. Il me l'avait prêtée car j'avais froid. Je ne sais pas trop où on allait à dire vrai. Une descente brumeuse et des mains plus pressées que d'habitude. Et puis, je me souviens- ralenti, saccades d'images- de la 305 blanche de mon père, sa tête qui m'aperçoit, la panique absolue qu'il s'arrête, le descente qui s'accélère...Il continue sa route en emportant un morceau de mon coeur (je déconne pas). Il est quatre heures du matin et je cours jusqu'à chez moi en maillot de bain recevoir la tannée que je mérite. Ma mère toute droite assise dans son lit ne dit rien. Mon père arrive un peu plus tard. Il m'a parlé alors d'un sandherin du temps d'Ezra . Il m'a dit que c'était pas parce que la femme juive violée mettait quand même au monde un enfant juif, qu'il fallait me balader nue sur la route. On a bien rigolé.
En fait, bien sûr, il n'a rien dit de tout ça. (Je me suis fait pourrir la gueule. Privée de sortie jusqu'en 2004 !!!) Il ne devait même pas le savoir, ça. Il préférait Karl Marx et il pensait que la terre n'appartenait à personne, des trucs comme ça genre les loukoums sous la lune. Sauf qu'après à peu près trois cent douze expulsions (une fois ou quarante trois je sais plus, parce qu'il était juif, une fois parce qu'il était trop de gauche, une fois parce qu'il était français, une fois parce qu'il était pas assez communiste, une fois parce que son entreprise licenciait), il a plus rien dit. Et après, il est mort. (C'est la vie, et tu fermes ta gueule)
Je pensais à ça hier au cimetière du Ponant. Regarde le truc, j'ai eu peur que les tombes soient profanées. Je regarde trop la télévision. Je devrais regarder des trucs plus objectifs, puisqu'on nous manipule, plus pragmatiques, " Questions pour un champion", "Blog citoyen trop révolté de la colère " "Loukoum, Moon, and tequila"...Mais bon ça allait, il y avait juste écrit Bon juif=Juif mor, à l'entrée, (mais ça fait longtemps), et je trouve que devant un cimetière, c'est même assez drôle, au final.
C'est mardi il fait beau je dois travailler :peindre l'air c'est pas demain que je pourrais peindre l'air, moi
Toute l'histoire du blog, c'est dire regardez comme je suis aimable-beau-à part-intelligent-partageur-différent-drôle-con-malheureux-heureux- ad libidum...et se défendre de vouloir être regardé, c'est vouloir parler à quelqu'un qu'on trouve pas, pas savoir lui parler, avoir peur de lui, avoir honte et répéter non mais tout va bien hahaha, moi je fais qu'écrire et je m'en fous complètement de ce que vous pensez. Je fais qu'écrire je te dis.
( alors, prends un cahier.)
(Je me parle à moi-même.)
Toute l'histoire d'écrire aussi. De lire. De chercher.
Hier j'ai lu "Ecrire c'est le dernier recours lorsqu'on a trahi."(Genet) Tu vois, c'est le genre de truc , ça m'amuse. Je me dis Voyons voir, je vais dresser une liste: Qui ai-je trahi ?
Chaque fois que j'ai dit Oh oui super géant, faisons une paëlla, faisons une belote ! faisons l'amour avant de me dire comment tu t'appelles, faisons un truc pour le Jour de l'An ! faisons la Révolution ! Qui ai-je trahi ?
Godot.
"Ecrire, c'est hurler en silence" Duras.(hahahaha)
A qui je n'ai pas assez hurlé dans les oreilles , dis-moi ? A qui n'ai je pas dit toute la vérité rien que la vérité, arrache-toi la corde vocale droite, et dis je le jure.
A Godot. (et à mon père)
"Il faut écrire pour soi , c'est ainsi qu'on peut arriver aux autres" Ionesco.
Chaque fois que je suis avec un autre, moi, je finis toujours par m'enerver, m'ennuyer, sentir une intrusion, me sentir mal, pas savoir quoi dire, me trouver con, le trouver un peu con, avoir envie d'écouter de la musique plutôt que sa voix, me dire bon eh bien c'est pas tout ça mais hein...C'est qui cet autre vers lequel il serait donc sinon bon, au moins utile, d'arriver ?
Godot.
"Ecrire, c'est trop de la balle avec un staedler pigment liner O.5". Moi.
Donc, c'est mardi, je peins l'air, j'ai collé des doublures de serviettes blanches froissées déchirées sur ma feuille, ça fait un genre de nuage. j'ai mis du bleu et de l'eau autour.(Air--> nuage, je suis basique) Tout de suite, ça vous pose, "déchirées froissées", ça fait artiste maudite qui déchire-froisse dans son atelier, tellement qu'elle souffre de la création trop dure. Ca me rappelle une des rares fois où je suis allée chez le coiffeur.(j'adore la tête en arrière et les mains qui lavent , touchent la nuque, font crisser les tifs: mon point g, c'est mon cuir chevelu.) Il m'a dit : " Je vais vous faire un frucci frucci". J'ai eu très peur. En fait ça voulait juste dire qu'il allait me sècher les cheveux la tête en bas. Pour le volume. Je ressemblais à Tina Turner, après.
Il est presque cinq heures, je n'ai pas fait les courses.
En même temps, je dois avouer que je m'en fous complètement, parce que: J'ai trouvé Godot. `
Il a un point g sur la tête.


