Juste comme ça.
...Ma lettre se transforme peu à peu en confession. J'écris pour soulager mon symptôme de graphomane. j'opère une thérapie épistolaire avec vous, un sevrage de ma boulimie de correspondance. Vous vous en doutiez peut être: on écrit toujours pour soi ( "on parle toujours de soi, le reste du temps, on fait semblant d'écouter"). Si je rhétorise le phénomène des lettres, je m'en libère. Depuis ma plus tendre enfance, (qui n'était vraiment pas tendre, l'enfance à l'odeur de lait, l'odeur de miel, non non. L'enfance ça sent le sel et la transpiration, ça sent la trouille et l'attente, tendre enfance, c'est couillon cette expression), j'ai une propension abusive à écrire (le meilleur moyen de se taire, tu sais, c'est écrire). De partout et en tous points, j'en envoie; ce sont parfois de simples billets mais, le plus fréquemment, mes pages s'emplissent, (ça déborde). Au fil des années, les destinataires se sont diversifiés: des proches aux individus les plus éloignés ( jusqu'à n'écrire à personne)
jusqu'à n'écrire à plus personne.
J'ai jamais eu envie ni besoin de parler.
C'est pas grave.
(d'après un roman de S. Buyse)
insomnie 547
Chez toi, l'insomnie c'est juivo tragique (pléonasme). C'est pas je dors pas merde, c'est pas profitons en pour faire une oeuvre d'art nocturne incomprise, non, ça prend illico des allures archaïques, des odeurs de préhistoire, des terreurs de gosse,
et chaque fois que quelque chose te fait penser à une peur d'enfant, regarde -toi, tu penses à la folie. Interroge -toi dès que tu auras cinq minutes. Ta tête frôle l'oreiller et la nuque pèse comme du plomb, c'est la douleur de la perte, ou un déguisement, cette tête trop lourde comme une mappemonde sur une tige, qui tangue , ma tête trop lourde sur ma colonne vertébrale pourrie.
Je t'écris de ma nuit de merde toute coincée tu sais j'ai envie d'écouter against fascim quand ca fait it's the song i hate it's the song i hate genre comptine déchirée. Et après on the strip la voix qui joue à rien, Purr pour sautiller partout; tomber. Je sais pas pourquoi je reviens toujours à cet album, il parait que c'est pas celui là le bien, le top mais moi c'est celui-là qui me pénètre le mieux et le plus fort, la bonne cadence exactement. C'est à cause des médicaments je crois, ça me rappelle ce besoin de distorsion dans l'écoute, tu sais ces concerts ...nom de dieu, j'étais très jeune, très jolie, très malheureuse, complètement perdue, égarée, désaffectée, camée jusqu'aux sourcils. Sonic youth chimiquement modifiée, tu peux même pas savoir, c'est juste une jouissance incroyable. Je peux pas. J'ai peur de la défonce maintenant. J'ai d'excellentes raisons d'avoir peur. Je t'écris d'une nuit , dans cette hypervigilance coincée et affolée qui ne cède pas au lexomil au diantalvic aux myorelaxants, qui ne cède à rien. Je cède jamais. Voilà c'est plus joli comme ça, genre la cheguevarra du sommeil, la révolution en marche sur ma couette, le sommier de la Résistance, c'est plus littéraire, si je fais de la métaphore. J'ai peur de mourir peut être tout simplement, c'est juste ça. Cherche pas l'alambic de la synecdoque, cherche pas les masques de la névrose, les apparats, toute basique tu es. Tu as juste peur de crever. Après c'est de la littérature, enfin, c'est du blog quoi.
Promesse tenue - a kinda private joke-
J'avais promis.
(j'ai honte- un peu- mais j'avais promis)
De toutes façons j'arrête la guitare, après quatre mois, certes, mais j'arrête pour raisons médicales URGENTES. Je suis nevralgée cervicobrachialisée de droite. (ça veut dire je vais mourir).
D'aucuns diront que c'est pas grave. (..enfoirés) mais croyez-le ou pas, ça me déprime complètement. (de devoir arrêter- j'adorais ça. ) C'est un blog intimiste alors j'ai le droit d'exprimer que j'ai mal dans mon petit coeur dans mon espace personnel de liberté d'expression, mais surtout dans mon petit bras)
Et de toutes façons,
les blogs c'est fait pour se moquer (moi , je me suis jamais gênée)
et les commentaires sont bouchés. (Pas folle, la guitariste hero)
(A un moment on croit que c'est fini, mais c'est pas fini, c'est ça qui est fou)
Adieu, donc.
Peut être on se reverra, peut être pas, peut être on en aura rien à foutre, et qu'on va tous s'en remettre super bien.(sauf mon bras)
Rien n'est certain jamais et j'irai même jusqu'à avancer que rien n'est toujours sûr. Aujourd'hui, j'ai appris que ma lune était en vierge.(première nouvelle) Ca m'a fait un choc. Et que Pluton et uranus font qu'à me taquiner. Autant te dire qu'après ça, vogue le navire hein.
Mon meilleur ami, celui que j'avais perdu dans un accident de couvent, et on s'est retrouvé parce que le destin tout ça, et the love boat exciting and new, et aussi parce qu'on a su couillonner Pluton et uranus, je crois, il me dit comme ça "Chante pour moi" et moi je dis ok. Et après on se parle de vraiment rien, des banalités, des trucs à la con. Mais on est assis du même côté du monde, je crois, un peu plus loin, les jambes qui pendent dans le vide (le majeur tendu vers le ciel, I fuck Uranus's touch...) et c'est le seul je dis bien le seul (les filles, y en a plein qui saisissent) qui comprend que quand je me fous de moi, ça veut pas dire que je me hais et que j'ai un sacré problème d'image de moi et autres inepties. Juste ça me fait beaucoup rigoler. Bon et bien voilà, je mets le podcast.
(A un moment on croit que c'est fini, mais c'est pas fini, c'est ça qui est fou)
(Fuck Pluton)
Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : honte de rien
Hammer song
C'est comme ça qu'est ce que tu veux que je te dise, t'es pas infographiste ni kaki king ni Serena Williams mais tu te tapes la tendinite de la mort des os, du bras, avec les douleurs nocturnes et les envies d'amputation directe, les piqures qui te font chanter age of aquarius, alterner les fesses, une fesse différente pendant sept jours, le liquide qui empâte, chauffe, soulage PAS ASSEZ LONGTEMPS, et qui te retournent les viscères, la douleur même au repos, le bras comme tordu de l'intérieur, les tendons noués genre noeud marin indestructible. T'es juste boggueuse et tu joues quatre accords, les jours fastes, et t'as jamais réussi à rattrapper une balle sur un court mais voilà: Tu souffres du membre, c'est une bursite, une capsulite, une tendinopathie et ça fait pleurer les yeux.
Il faudra aller chez le kiné. Les kinés et moi c'est une longue histoire. J'ai une copine qui a épousé son kiné, il lui a fait un enfant, et puis après il s'est mis à la taper parce que tu comprends, il allait pas bien, pauvre homme, et après elle est partie et lui il souffrait encore trop, pauvre homme, alors il venait vivre à côté de chez elle et des fois hop, une pointe de souffrance, le pauvre, et il venait l'étrangler un peu en la traitant de pute, tellement la douleur du pauvre ostéopathe tu vois. Ensuite, il y a eu un autre kiné dans ma vie, lui il était beau de style jeune dandy décadent, et il aimait Chet Baker et il faisait de l'escalade. Il m'avait invitée dans son loft du quartier chicoss, une pièce qui dominait toute la ville, baies vitrées, lumières, sourire genre je suis Mickey Rourke, je vais t'humilier, tu vas te mettre à quatre pattes et je te vais t'enduire de voltarène comme ça on sera trop décadents et on aura l'impression d'avoir une libido pleine de complexitude. En fait, ce gros sadique m'a interdit de fumer pendant toute la soirée chez lui et m'a raccompagnée sagement chez moi tard dans la soirée. Ensuite, il est venu dîner, et il m'a fait livrer des fleurs le lendemain "Ne change rien. C'est moi qui suis con."
A ce moment là, il aurait sans doute fallu que je courre le rejoindre, pleine d'empathie et de j'ai soudain compris que tu souffres, attends je vais me mettre à quatre pattes et tu m'enduiras de voltarene si y a que ça pour te faire plaisir hein je suis pas contrariante. Mais j'ai juste rien répondu du tout, parce que les sportifs m'emmerdent. Et que les hommes qui disent " ne change rien" alors qu'on ne leur a strictement rien demandé j'oublie comment ils s'appellent assez rapidement.
Je regarde le film qu'a mis Fishturn sur son blog. Putain, je sais pas si c'est les myorelaxants, la tendinite, la paralysie, mais ça me fait pleurer et rire genre Adèle Hugo, genre internez moi tout de suite. Voilà, je trouve que ça c'est beau, et ça c'est la vie. Et c'est ça que je veux. Parce que t'es tout seul et tu t'emmerdes au taf, et dans la vie, et que tu peux te la ouerj encore longtemps lacérée du coeur jusqu'à devenir un iceberg, tu te sens juste assise comme au bord du monde, jamais vraiment là, jamais vraiment dedans toi, et voilà quelqu'un qui t'envoie des petits signes et tu existes et je te vois et c'est drôle, c'est doux. Et c'est pas grave si tu es plus drôle que moi, ça me racourcit pas le pénis. Et c'est pas la peine qu'on s'enduise de voltarene pour que j'aie une érection ni que je te file un coup de ceinture sur la tronche pour me sentir un homme. Ni que tu adoptes une posture de femme intouchable, pauvre petite cocaïnowomane, pauvre petite Paris Hilton qui fait la moue parce qu'elle a pas trouvé ses Louboutin en 38... pour que je reste dans ton lit plus de deux semaines...
Enfin j'explique mal, j'ai mal au bras et j'ai rendez vous avec un kiné tout à l'heure, c'est mon dernier espoir avant la lobotomie de l'épaule. Le cabinet , c'est dans une toute petite rue, une maison en pierre avec des volets mauves. Elle s'appelle Karine.
I used to work, night and day,
Nobody listened to a word I'd say,
I didn't care who knew me then,
and someone stupid asked if we were friends, well,
Over my shoulder it goes,
Back to a bar, we both used to know.
Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : hernie poil au zizi
Le film du Samedi (part. II)
(le film 1, c'est la note en dessous)
Sonic Youth- My friend Goo
Le Film Du Samedi
(Tenacious D- Friendship)
Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : blog mutimédia haha, fleurs
won't you take me to funky town (de mieux en mieux)
Quand j'étais petite, j'avais un maître au Cm2, un maître qui ressemblait à Francis Cabrel. Il avait le même jean , les mêmes clarks, les mêmes frisottis sur les tempes, et la même moustache de bab du Gers. C'était mon maître des après-midi, parce que le matin j'avais le directeur comme maître, et lui il ressemblait à rien, enfin je veux dire il était vieux et un peu chauve et sans surprise. Le maître de l'après midi débutait et il aimait bien les élèves, il aimait bien enseigner si ça se trouve. Des fois, il jouait de la guitare, des chansons de vieux. Personne n'osait demander "je l'aime à mourir", on était de respectables enfants, on levait le doigt pour demander des trucs comme aller faire pipi, ou effacer le tableau. Une fois quand même Carole C s'est piqué un fou rire parce que le maître de l'aprés midi avec sa guitare classique chantait "O gué vive la rose" et là, il s'est un peu enervé, tout freinetique qu'il soit, Francis, il a dit que claude françois c'était de la daube et qu'elle irait pas bien loin dans ses études, avec des goûts pareils. Enfin, moi j'étais du côté du maître vu que je détestais claude françois et que je préférais déjà Led Zeppelin, à cause de ma frangine qui était une grande du collège qui fumait des cigarettes. J'étais une très bonne élève blabla super forte en rédaction et un peu nulle en géométrie (je n'aime pas l'espace). Il m'aimait beaucoup et je le faisais rigoler. C'était sa première année d'enseignement et je crois qu'il était vraiment curieux de ses élèves. Je suis passée en sixième,(je l'aimais pas au point de redoubler) et on s'écrivait des lettres . J'étais très fière, il répondait à mes lettres par de vraies longus phrases avec une écriture très différente de celle du tableau, une écriture d'adulte. Un mercredi après midi , il est venu prendre le thé à la maison. Ma mère l'avait invité. Je ne me souviens plus trop ce qu'ils se sont dit. Je me souviens que j'étais mal à l'aise, je ne savais pas trop quoi dire non plus "oui j'aime bien le français" "non je ne mange pas à la cantine"
Je crois qu'il m'aimait vraiment bien. J'étais le genre élève intéressante : niveau socio culturel assez bas, fille d'ouvrier, ça devait ravir un instit un peu bab qui a envie que l'école de la république réduise les inégalités sociales, je crois. Ensuite, en cinquième, j'ai découvert le sexe et la drogue,(en gros) alors je ne lui ai plus écrit.
Une bonne dizaine d'années plus tard, par un hasard inouï qui n'a aucune importance, une femme m'a parlé de moi. Elle avait entendu parler de moi par lui. Il se souvenait de moi. Je l'ai eu au téléphone, alors. On s'est dit que ça serait marrant de se revoir, il aimait toujours drôlement son boulot. Moi moins. Mais j'ai pas donné suite, j'ai toujours été mal à l'aise avec les gens qui m'aiment bien, j'ai l'impression qu'il ya quelque chose de pas net, là-dedans. Qu'ils vont découvrir le pot aux roses. Alors je me casse pour qu'ils continuent de m'aimer bien, en fait. Bref, il y a peu, je l'ai revu. Il manifestait. Il m'a reconnue tout de suite. Je lui ai demandé s'il aimait toujours bien les élèves, s'il était toujours aussi curieux...Il a souri, il ressemble un peu à Christophe maintenant. Plus trop à Francis Cabrel. Il a dit que c'était pas ça. Qu'il était juste convaincu que je ferais de grandes choses à cause de mes rédactions, de ma rapidité, de ma vivacité. Enfin, moi, à part être Patti Smith, j'ai jamais eu beaucoup d'ambition. J'aime l'idée d'avoir un vieux visage d'iroquois et une voix fatiguée douce qui rend un tube pourri de Nirvana super sex. Ou alors dissidente soviétique, j'aurais bien aimé. Alors...J'ai dit ho. J'ai même rougi. J'ai vu un moment qu'il était déçu parce que je lui avais raconté ma vie, un peu.(comme quoi je fais bien de me casser, hein, pour qu'on m'aime encore. Abs est hystérique, comme Dieu, elle fucke tout de suite, et après elle fuit emportant le soyeux de ses cheveux etc...(poème qu'on m' a fait cadeau, la classe). Je lui ai raconté les grandes lignes, quoi, mais les grandes lignes, elles disent tout. J'ai pas osé dire que j'avais un blog. (personne ne sait que j'ai un blog! strolahonte) Ensuite, il m'a demandé si je continuais par là où si je rentrais de suite. J'ai dit je rentre de suite, j'ai de la route. Il m'a dit au revoir. O gué vive la rose, j'ai pensé.
Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : noir c'est noir
Stranger in the night (j'ai pas d'idée de titre en fait)
Incipit (sburgh pinguins) :
j'en ai marre de lire des blogs où tout le monde est heureux, où on s'achète des slips en dentelle qui gratte pour rerererereséduire Gaëtan. J'en ai marre de lire des blogs où tout le monde est dépressif et ne peut plus supporter le monde tel qu'il va (coucou abs)il est temps d'écrire un blog de la vraie vie.
Révolution.
Blog de la vraie vie (r'gin mobile)
Il m'a dit tu es casse couille. Il était sept heures du matin et on avait tous les yeux un peu collés par la mauvaise nuit et les soucis financiers et la clim réversible. Le café était chaud, certes, mais les miettes de pain trainaient et le beurre était très dur. Je trouvais que déjà la beaufitude était à son comble, d'autant plus que j'ai des chaussons snoopy. Mais casse couilles à sept heures du matin, ça en a rajouté une sacrée louche. Les Groseille se dessinaient lentement à grands coups d'acrylique qui pue, dans l'avenir pas incertain du tout. Il fut un temps où nous voulions conquérir le monde voyez-vous, et le monde c'était nous. Alors oui bien sûr, peut être l'avais je été, casse couilles, mais le problème était ailleurs, à mon avis. Car en vérité je ne me souviens pas de ce que j'avais dit. J'avais dû dire un truc du genre "Tu crois ?" ou "Peut -être" ou plus probablement "C'est toi qui vois". Je veux dire que j'ai très peu de conversation. Mon blog est plus grand que moi, faut pas croire.(Le vôtre aussi) Mais la lumière jaune dans la cuisine, les miettes de pain, le beurre dur, les chaussons Snoopy, et casse couilles. C'en était trop. Je suis allée bien profond dans mon vocabulaire le plus fin, j'ai cherché longuement en ma syntaxe repliée et j'ai dit:" Pas à sept heures du mat. Tant de beaufitude dès l'aube. J'ai bien peur de gerber."
Il n'a pas répondu, et j'ai eu peur d'avoir dit ça dans ma tête. Il est allé dans la salle de bains je crois parce que j'ai entendu l'eau couler. J'ai nettoyé les miettes piquantes brise-gonades, et j'ai lavé les bols avec des traces de café pourri plein de beaufitude casse-burnes. Je pensais déjà à ce que j'allais faire aujourd'hui. Plein de trucs dont glander tranquillement constituerait à peu près 85 % du programme. Il est redescendu, alerte, les yeux ouverts, j'ai entendu son pas léger dans l'escalier. Il m'a touchée un peu là et là et il m'a dit "je t'aime en fait je t'aime surtout les seins."
J'ai dit ha c'est gentil ha mes seins te remercient. Mais en fait je n'en avais rien à foutre.
Il est parti conquérir le monde du travail.
J'ai téléphoné à la Redoute pour commander un aspirateur. Le mien ne marche plus. Mais la ligne était fragile comme la vague de l'écume dans le bleu de la langueur du soufre qui t'arrache le coeur dans la ville froide et glacée comme le sang noir est menteur comme un dentiste, ou le leurre de la duperie du travestissement de la faiblesse de la force de savoir qu'on est fou, le sang noir , oui, et gourd , et lourd, et sourd, madame de pompadour. Je vais te les casser les couilles, moi, tu vas voir ça.
Excipit (bull)
Ca c'est de la littérature du siècle. Ca c'est être témouine de son époque, mes amis.
Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : che, mao, lenine
il n'y a pas d'humour heureux
Il n'y a de libre que la bête. Creuse cet espace-là. Il faut tendre l'oreille au frisson de l'aurore (ça veut dire qu'il faut écouter mais seulement au début). Admettre toutes les fissures que te grave l'exil, le cul posé dans l'herbe. Et savoir la rareté du feu. Prendre de l'iroquois la liberté de se taire, pas les plumes. Ne pas baigner trop longuement dans le jus de la colère. Tu n'as rien à prouver, rien à dire, même si la douleur rend précis.
Un policier froid de type aryen était à l'encoignure de mon rétro. Il a montré l'absence de ma ceinture du doigt, en dressant un procès verbal. Et puis, il s'est mis à vérifier les plaques, toujours ce masque de cire, un peu poupin, on aurait dit Karl Dorf dans Holocauste. Il fallait que je me cache. Je ne voulais pas payer.
J'ai raconté des choses, des choses sur ma vie, sur les garages et sur les délais légaux. Il m'a emmenée plus loin, il y avait d'autres agents. Ils étaient tous aussi désincarnés que lui. J'ai compris que c'était un piège, que je n'aurais pas du le suivre, pas du contester l'amende. Ils étaient nombreux et ça allait barder. Ce n'étaient pas des agents de la Police Nationale censés faire régner l'ordre et la civilité. C'était des imposteurs. Je me suis réveillée. Ne compose pas avec le surmoi ma poulette. Paye l'amende tout de suite et passe à autre chose.
J'ai relu Aragon. "Je vais te dire un grand secret j'ai peur de toi je vais te dire un grand secret ferme les portes il est plus facile de mourir que d'aimer c'est pourquoi je me donne le mal de vivre mon amour. "Je vais te dire un grand secret il est plus facile de partir que rester c'est pourquoi je me casse mon amour. Je vais te dire un grand secret ferme ta gueule c'est pourquoi je te donne deux heures pour décamper.
J'ai besoin de briser ce qui me fait pleurer.
Et alors ?
(Jason Molina- Honey Watch your ass ...à venir, là j'ai la flemme)
Note 478956213
Je ne fais strictement rien, du coup j'ai des tas de choses à dire. "Ecrire, c'est s'emmerder." Mon dieu (= Jason Molina), qu'il est bon d'être délivré de l'attente et de la quête ! et pardonnez nous nos offenses, c'est juste parce qu'on se faisait chier.
Je perds un peu la mémoire. C'est bon signe. Une vigilance qui s'éteint. La vigilance, c'est le début de la culpabilité. Je n'ai plus peur de t'oublier.
Je commence à mentir...Moi et mon bel amour de la vérité ! Je continue de l'aimer, en secret, en cachette, et surtout en silence, parce que ma vérité, elle n'intéresse personne, ma cocotte. La preuve: moi, la vérité des autres, très honnêtement, je m'en fous.
Je ne suis pas allée chez le réducteur de crâne ce matin. Mais alors, j'avais pas envie....j'en ai marre de me complexifier l'archaïque, de m'analyser le basique. Je souffre quand quelque chose de bien se termine, l'autre il souffrait pendant qu'il le vivait.
Et c'est moi qui vais chez le psy ...
Et puis 60 euros pour toujours rien comprendre à Lacan, c'est bien trop cher payé. Alors j'ai laissé un message gentil léger tout va bien (ça allait bien d'ailleurs). "Je me suis pas réveillée, haha à lundi". Une heure après, il me laisse un message, (les lacaniens, ils appellent, ils t'invitent à des séminaires, ils te filent des listes de lectures, tu as le sentiment que le transfert, ils en ont besoin. Mon freudien, il était cool, il me foutait une paix ROYALE- et bien sûr je transférais comme une locomotive.) "Je peux vous recevoir dans une heure" me dit-il.
(1). J'ai tout de suite pensé que mon cas était désespéré, que sûrement j'étais en grand danger de psychose puerpérale (des fois ça arrive sept ans après).
Ensuite j'ai pensé (2) "Il m'aime...il peut pas se passer de moi, le pauvre, il faut que je le répare tout de suite...il faut que je lui donne ce qu'il ne sait pas qu'il attend...et ainsi je serai enfin complète et comblée ...au moins jusqu'à la semaine prochaine ".
Et après ,(3) j'ai surtout pensé que j'avais pas envie d'y aller et j'ai mangé du couscous nature, sur le ventre, allongée, en regardant la petite maison dans la prairie. (Almanzo est handicapé, il se sent impotent, Laura souffre de le voir si peu combattif. Demain sera-t-il un autre jour ? Demain, même heure, je saurai)
Je crois que tout ceci illustre à merveille l'histoire de la névrose sur canapé (1-Phobie & narcissisme) (2- hystérisation ) ( 3- pensage à sa gueule et sublimation, oui , on a les sublimations qu'on veut...)
...voilà, et là j'écoute une fille qui a une très jolie voix qui chante, et je pense qu'elle est pas trop trafiquée et ça me plait quand y a pas de trafic, le trafic , le compliqué ça me soûle.
Et je vais me faire un café, car je le mérite.
Il faut absolument que j'y aille lundi pour lui dire que j'y vais plus.


