R.A.S.
Tu te tournes vers moi pour dire quoi pour dire quoi...Je peux te parler des vomissures du temps, des nuages à plat ventre, du froid des oripeaux. Je peux te montrer un sein, un ventre, un genou pour trouver ma claire réplique, te montrer le passage. Je peux te chanter la nue hélicoïdale, la coupole elliptique, le frémissement languissant et sûrement ovoïde. Parce que tu sais, je n'ai rien à te dire à part des conneries de mots et de la syntaxe charnue dont tu te fous parce que tu n'écoutes rien de ce qui ne parle pas de toi. Tu n'entends rien de ce qui n'est pas le désir de toi, le besoin de toi, le dégoût de toi. T'es ta propre statue et si je me mets à te le dire, tu vas prendre un temps onctueux, fondant, suspendu pour me convaincre que je me trompe. J'ai reçu tes lettres, j'ai traduit les codes, ça m'occupe, j'ai fini tous mes livres. Tu dis et dédis l'errance et le monologue intérieur. Je ne supporte plus rien de la communication. Le dialogue n'aura pas lieu, ni espace. Ever.
"Celui-là
qui se voudrait
que je voudrais
celui-là
ne s'évadera
que de ma dépouille"
R. Melik
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Langue morte
Le bar est au bout de la rue et je demande un truc en mauvais hollandais. Je sors un papier et un crayon pour avoir quelque chose à faire parce que je ne fume plus maintenant. La fenêtre de mon hôtel est un petit oeil; et au loin la mer est presque noire, mer domestique dans des canaux.
Il pleut à nouveau et à dire vrai, il n'a jamais cessé de pleuvoir. Il y a une fille blonde plutôt belle ou bien une belle plutôt blonde qui est, je crois, la seule à remarquer mes cheveux sombres ou ma solitude, et aimerait lire ce que j'écris, mais je n'écris rien; je fais des ronds des ronds comme des bulles. J'aurai quarante ans dans un bar d'Amsterdam, avec des souvenirs pas légers, des pensées pas paisibles. Je ne confonds pas la passion de la vie et la facilité à la joie. Je ne confonds pas l'absence de larmes et le deuil rapide. J'ai beaucoup d'orgueil et beaucoup de mémoire. Papa, tu n'en reviendrais pas de voir combien j'ai changé. Ne viens pas me voir dans ma prison. C'est terrible, personne ne sait rien de toi.
it's a long way to the top if you wanna rock'n roll ( sans façon)
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(M.H)
Mais qu'est ce que tu fais il m'a dit, qu'est ce que tu fais de tes journées, toute seule sans personne, puisque tu bouges pas, tu fais rien, je veux dire heu..tu peux pas bouger, tu peux rien faire ?
Ca avait l'air de drôlement l'inquiéter, beaucoup. Il y a des gens , ils supportent pas ceux qui ne font pas un jogging par semaine, ou qui ne vont pas au resto entre amis une fois tous les quinze jours, pour se parler de leur taf ou de leur blog. Ils pensent que c'est le symptôme radical d'une profonde et inextricable dépression et à les voir faire un pas de recul comme ça, on croirait qu'ils pensent que ça s'attrape.
Je lui ai dit que je m'ennuyais pas plus que d'habitude, je ne m'ennuie même jamais, c'est juste que ma vie ne me fait pas beaucoup d'effet. Des fois, pour me rappeler mon corps, j'ai mal. C'est un bel alibi, la souffrance pour renifler son propre épiderme. (chez les sémites surtout) Avant ça, j'ai essayé le désir puissant de braise et la libido inépuisable et je dois dire que j'étais pas mal douée dans le genre inépuisable puissante de braise, le corps avide et le cheveu dénoué, mais ça finit par faire mal à la tête ( la tête à qui ? haha...) et tout passe tout lasse (qui ? ) Etre dans l'avoir ou ne pas avoir d'être ? (non... là , je déconne)
- Etendue je parfile, je lui ai dit, l'or et l'argent de mes armures que je croyais peroxydées, je fais le vide de sens du tout pour en arriver à l'essence du rien, et ...je tiens le cou(p)*
- Ca veut dire quoi ?
- Absolument rien.
Sinon le soleil est revenu, le printemps bourgeonne, le monde est vaste, mais il est si petit comparé à l'immensité de la connerie intersidérale des poètes engagés du vingt et unième siècle, et les montagnes ont des cimes hautes et parfois enneigées, ça dépend en fait. Le ciel a repris ses aises, sa couleur de curaçao,
... et je n'en ai strictement rien à cirer. (la routine)
* Lacan, je t'emmerde.
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Suck my kiss, put me in your suitcase, give it away, you dont love me yet, come back and stay, we both go down together et plus si affinités (extrait d'un carnet vert)
Je confonds le courage et la colère, le désir et la revendication. Je ne veux pas vendre la peau de l'ours avant d'avoir couché avec mais ce carnet c'est comme un retour à la maison, l'écriture intérieure, qui ne cherche pas d'interlocuteur.
Je ne savais plus où donner de la tête, où porter mon coeur, vers où tourner mon ...non rien.
alors j'ai fabriqué une grosse boule sur ma putain de colonne vertébrale.
Je te garderai, toi, comme seul et véritable cadeau. Je suis encore inapte, regarde-moi, enserrée dans la minerve, la trachée bientôt ouverte, j'ai peur j'ai peur j'ai peur de perdre ma voix. je sais c'est pathétique, je ne suis pas Maria Carrey (Dieu m'en garde), mais bon. Je ne suis que sous le choc encore, parfois l'oubli, le coup de massue de mon silence, les ondes alphanégatives de la familiale pathologie. De deuil, il n'y a pas eu. je suis encore inapte, infinie, mal terminée , mère d'un fils pourtant. Je ne suis que nuisible, mère-cafard qui met le bourdon qui pique la mouche. Une mante-euse (Salut Jacques)
L'intelligence, le savoir, les prouesses de l'esprit, les 17/20 en composition plastique, ça ne sert à rien pour vivre. je le sais, moi. J'ai besoin de moi pour vivre et je veuxm'emporter un peu plus loin. Mais comme je vous trouve tous ridicules, excusez-moi, quand vous savez tout et comment être, et comment faire, et comment dire, et comment rétablir l'équilibre dont je me fous comme c'est même pas permis d'imaginer. Vous savez, nul doute, et vous trépignez de temps en temps, en vous croyant super détachés du bulbe. Je dis rien parce que j'ai pas de solution, j'ai que des emmerdes, mais j'ai pas envie d'être comme ça, et même pardon de ma franchise, je me fous un peu de vous, souvent, j'ai pas envie d'être pareille. Pas envie de me donner toute l'importance que vous vous filez, en baissant les yeux genre plein de modestie et de recul. C'est con, hein, ce serait sans doute mieux pour mon "équilibre" "mon chemin" et autres foutaises salomesques, mais c'est pas possible, c'est juste pas possible pour moi. Je ne suis rien et ça me va mieux qu'une tunique antik batik. Y a pas photo. Je veux juste ton bras ici, là où j'ai mal, un poids au point de douleur. Ta main sur mon épaule chabadabada. Comme les rages de dents soulagées par un coup de poing dans la gueule.
Tous ces mots qu'on m'a dit sur mon unicité, sur comme j'étais vraiment, et comme je représentais tellement, et comme c'était pas pareil que. Si tu savais comme j'y ai jamais cru. j'ai bien fait semblant. J'ai collé au délire de l'autre, jusqu'à y adhérer, tellement l'humain est avide de foi quand il est trop conscient du manque.
1,2,3
One
Sur la Sandplatz, Dora rigole, on voit sa glotte rouge qui tremblotte. C'est pas la panique, c'est pas le désir absent du sujet, le désir manquant de l'objet, c'est pas ça qui la paralyse, c'est pas Hans ou MrK, ces enculés, qui lui font les doigts gourds et le coeur licencié, le cou noué et le sexe anémié, c'est pas le verre d'eau à gerber, les chiens lappants qui la rendent aphone et nouée.
Elle rêve d'irm, des petits cercueils capitonnés, et puis c'est ensuite un camping, un cimetière à ciel fermé, des matelas jonchés, des draps bleu clair comme du ciel tissé qui vont recouvrir les têtes et empêcher de respirer pour une trop longue eternité.
(je remarque un truc je fais de la rime intérieur en é, je slamme ma race)
Non non, c'est rien de tout ça, y a un voyage vers le futur qui s'est opéré, Dora en slim grisé élimé, Dora ipod branché, Dora soutien gorge -sans armature-, sinon plutôt crever, violet. Elle est tombée dans un tunnel de temps parallèle enfin un truc super compliqué, et elle a rencontré un ostéopathe renommé, c'est plus à Vienne, c'est genre à Lourdes, un peu. Ou bien plutôt un radiologue confirmé, Sigmund va te faire empapaouter, de toutes façons tu es mort, tu peux pas me déparalyser.
Il a dit "C'est une hernie cervicale Dora, c'est pas d'angoisse que tu vas crever"
(on peut toujours rêver)
Two
Il me regarde comme ça, de côté et il me dit "Ok ok un mariage sur deux se termine en divorce, mais tu m'empêcheras pas de penser que tous les divorces commencent par un mariage, poupée." (il n'a pas dit poupée, je ressemble à tout sauf à une poupée, c'est pour le slam, que j'dis poupée, pour la beauté, pour la musique, pour arranger)
Regarde le commencement, retourne à l'origine, y a que ça qui te fait rêver, c'est les balbutiments, les approches qui font fantasmer, les doigts de la nouveauté qui font frissonner....Arrête de me faire pleurer, va plus loin pour recommencer.
C'est dur, un corps, c'est dur à porter. C'est dur un désir, à faire sortir exister, plus dur qu'un bébé. Je m'aime bien l'esprit , moi. Je me trouve super bonne de l'esprit. Bien tankée, super campée, assez cambrée. Le corps c'est dur, ça pèse sa chair. Ca n'a rien d'esthétique, mon algodystrophie de la promiscuité, c'est pas dîtes moi que je suis belle, (c'est pas répulsion quand je me croise, hein, rien à voir avec la "bôté", c'est rencontrer qui fait chier, se confronter, ça prend des allures de bataille, et moi je crois que j'aime bien qu'on me foute
la paix.
Three
Il me faut un morceau de route, une musique de partance. J'ai épuisé tous mes airs de départ. Je me suis trop souvent cassée. Un jour je suis partie sur Special K de Placebo. Ste honte. Une autre fois, c'était Stay Inside, de V. Chesnutt, faut le faire. J'ai fait des tonnes d'aller retour sur Papa M (what a scoop). J'ai jamais pu aller bien loin avec my life de B.P. Billy. Et j'en oublie, enfin non j'oublie rien, mais je crains de me saoûler, je vais pas balancer toute ma discothèque de déplacement, ma play list de périples, mon CD spécial traversées...
What fo(u)r ?
Juste comme ça.
...Ma lettre se transforme peu à peu en confession. J'écris pour soulager mon symptôme de graphomane. j'opère une thérapie épistolaire avec vous, un sevrage de ma boulimie de correspondance. Vous vous en doutiez peut être: on écrit toujours pour soi ( "on parle toujours de soi, le reste du temps, on fait semblant d'écouter"). Si je rhétorise le phénomène des lettres, je m'en libère. Depuis ma plus tendre enfance, (qui n'était vraiment pas tendre, l'enfance à l'odeur de lait, l'odeur de miel, non non. L'enfance ça sent le sel et la transpiration, ça sent la trouille et l'attente, tendre enfance, c'est couillon cette expression), j'ai une propension abusive à écrire (le meilleur moyen de se taire, tu sais, c'est écrire). De partout et en tous points, j'en envoie; ce sont parfois de simples billets mais, le plus fréquemment, mes pages s'emplissent, (ça déborde). Au fil des années, les destinataires se sont diversifiés: des proches aux individus les plus éloignés ( jusqu'à n'écrire à personne)
jusqu'à n'écrire à plus personne.
J'ai jamais eu envie ni besoin de parler.
C'est pas grave.
(d'après un roman de S. Buyse)
insomnie 547
Chez toi, l'insomnie c'est juivo tragique (pléonasme). C'est pas je dors pas merde, c'est pas profitons en pour faire une oeuvre d'art nocturne incomprise, non, ça prend illico des allures archaïques, des odeurs de préhistoire, des terreurs de gosse,
et chaque fois que quelque chose te fait penser à une peur d'enfant, regarde -toi, tu penses à la folie. Interroge -toi dès que tu auras cinq minutes. Ta tête frôle l'oreiller et la nuque pèse comme du plomb, c'est la douleur de la perte, ou un déguisement, cette tête trop lourde comme une mappemonde sur une tige, qui tangue , ma tête trop lourde sur ma colonne vertébrale pourrie.
Je t'écris de ma nuit de merde toute coincée tu sais j'ai envie d'écouter against fascim quand ca fait it's the song i hate it's the song i hate genre comptine déchirée. Et après on the strip la voix qui joue à rien, Purr pour sautiller partout; tomber. Je sais pas pourquoi je reviens toujours à cet album, il parait que c'est pas celui là le bien, le top mais moi c'est celui-là qui me pénètre le mieux et le plus fort, la bonne cadence exactement. C'est à cause des médicaments je crois, ça me rappelle ce besoin de distorsion dans l'écoute, tu sais ces concerts ...nom de dieu, j'étais très jeune, très jolie, très malheureuse, complètement perdue, égarée, désaffectée, camée jusqu'aux sourcils. Sonic youth chimiquement modifiée, tu peux même pas savoir, c'est juste une jouissance incroyable. Je peux pas. J'ai peur de la défonce maintenant. J'ai d'excellentes raisons d'avoir peur. Je t'écris d'une nuit , dans cette hypervigilance coincée et affolée qui ne cède pas au lexomil au diantalvic aux myorelaxants, qui ne cède à rien. Je cède jamais. Voilà c'est plus joli comme ça, genre la cheguevarra du sommeil, la révolution en marche sur ma couette, le sommier de la Résistance, c'est plus littéraire, si je fais de la métaphore. J'ai peur de mourir peut être tout simplement, c'est juste ça. Cherche pas l'alambic de la synecdoque, cherche pas les masques de la névrose, les apparats, toute basique tu es. Tu as juste peur de crever. Après c'est de la littérature, enfin, c'est du blog quoi.
Promesse tenue - a kinda private joke-
J'avais promis.
(j'ai honte- un peu- mais j'avais promis)
De toutes façons j'arrête la guitare, après quatre mois, certes, mais j'arrête pour raisons médicales URGENTES. Je suis nevralgée cervicobrachialisée de droite. (ça veut dire je vais mourir).
D'aucuns diront que c'est pas grave. (..enfoirés) mais croyez-le ou pas, ça me déprime complètement. (de devoir arrêter- j'adorais ça. ) C'est un blog intimiste alors j'ai le droit d'exprimer que j'ai mal dans mon petit coeur dans mon espace personnel de liberté d'expression, mais surtout dans mon petit bras)
Et de toutes façons,
les blogs c'est fait pour se moquer (moi , je me suis jamais gênée)
et les commentaires sont bouchés. (Pas folle, la guitariste hero)
(A un moment on croit que c'est fini, mais c'est pas fini, c'est ça qui est fou)
Adieu, donc.
Peut être on se reverra, peut être pas, peut être on en aura rien à foutre, et qu'on va tous s'en remettre super bien.(sauf mon bras)
Rien n'est certain jamais et j'irai même jusqu'à avancer que rien n'est toujours sûr. Aujourd'hui, j'ai appris que ma lune était en vierge.(première nouvelle) Ca m'a fait un choc. Et que Pluton et uranus font qu'à me taquiner. Autant te dire qu'après ça, vogue le navire hein.
Mon meilleur ami, celui que j'avais perdu dans un accident de couvent, et on s'est retrouvé parce que le destin tout ça, et the love boat exciting and new, et aussi parce qu'on a su couillonner Pluton et uranus, je crois, il me dit comme ça "Chante pour moi" et moi je dis ok. Et après on se parle de vraiment rien, des banalités, des trucs à la con. Mais on est assis du même côté du monde, je crois, un peu plus loin, les jambes qui pendent dans le vide (le majeur tendu vers le ciel, I fuck Uranus's touch...) et c'est le seul je dis bien le seul (les filles, y en a plein qui saisissent) qui comprend que quand je me fous de moi, ça veut pas dire que je me hais et que j'ai un sacré problème d'image de moi et autres inepties. Juste ça me fait beaucoup rigoler. Bon et bien voilà, je mets le podcast.
(A un moment on croit que c'est fini, mais c'est pas fini, c'est ça qui est fou)
(Fuck Pluton)
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Hammer song
C'est comme ça qu'est ce que tu veux que je te dise, t'es pas infographiste ni kaki king ni Serena Williams mais tu te tapes la tendinite de la mort des os, du bras, avec les douleurs nocturnes et les envies d'amputation directe, les piqures qui te font chanter age of aquarius, alterner les fesses, une fesse différente pendant sept jours, le liquide qui empâte, chauffe, soulage PAS ASSEZ LONGTEMPS, et qui te retournent les viscères, la douleur même au repos, le bras comme tordu de l'intérieur, les tendons noués genre noeud marin indestructible. T'es juste boggueuse et tu joues quatre accords, les jours fastes, et t'as jamais réussi à rattrapper une balle sur un court mais voilà: Tu souffres du membre, c'est une bursite, une capsulite, une tendinopathie et ça fait pleurer les yeux.
Il faudra aller chez le kiné. Les kinés et moi c'est une longue histoire. J'ai une copine qui a épousé son kiné, il lui a fait un enfant, et puis après il s'est mis à la taper parce que tu comprends, il allait pas bien, pauvre homme, et après elle est partie et lui il souffrait encore trop, pauvre homme, alors il venait vivre à côté de chez elle et des fois hop, une pointe de souffrance, le pauvre, et il venait l'étrangler un peu en la traitant de pute, tellement la douleur du pauvre ostéopathe tu vois. Ensuite, il y a eu un autre kiné dans ma vie, lui il était beau de style jeune dandy décadent, et il aimait Chet Baker et il faisait de l'escalade. Il m'avait invitée dans son loft du quartier chicoss, une pièce qui dominait toute la ville, baies vitrées, lumières, sourire genre je suis Mickey Rourke, je vais t'humilier, tu vas te mettre à quatre pattes et je te vais t'enduire de voltarène comme ça on sera trop décadents et on aura l'impression d'avoir une libido pleine de complexitude. En fait, ce gros sadique m'a interdit de fumer pendant toute la soirée chez lui et m'a raccompagnée sagement chez moi tard dans la soirée. Ensuite, il est venu dîner, et il m'a fait livrer des fleurs le lendemain "Ne change rien. C'est moi qui suis con."
A ce moment là, il aurait sans doute fallu que je courre le rejoindre, pleine d'empathie et de j'ai soudain compris que tu souffres, attends je vais me mettre à quatre pattes et tu m'enduiras de voltarene si y a que ça pour te faire plaisir hein je suis pas contrariante. Mais j'ai juste rien répondu du tout, parce que les sportifs m'emmerdent. Et que les hommes qui disent " ne change rien" alors qu'on ne leur a strictement rien demandé j'oublie comment ils s'appellent assez rapidement.
Je regarde le film qu'a mis Fishturn sur son blog. Putain, je sais pas si c'est les myorelaxants, la tendinite, la paralysie, mais ça me fait pleurer et rire genre Adèle Hugo, genre internez moi tout de suite. Voilà, je trouve que ça c'est beau, et ça c'est la vie. Et c'est ça que je veux. Parce que t'es tout seul et tu t'emmerdes au taf, et dans la vie, et que tu peux te la ouerj encore longtemps lacérée du coeur jusqu'à devenir un iceberg, tu te sens juste assise comme au bord du monde, jamais vraiment là, jamais vraiment dedans toi, et voilà quelqu'un qui t'envoie des petits signes et tu existes et je te vois et c'est drôle, c'est doux. Et c'est pas grave si tu es plus drôle que moi, ça me racourcit pas le pénis. Et c'est pas la peine qu'on s'enduise de voltarene pour que j'aie une érection ni que je te file un coup de ceinture sur la tronche pour me sentir un homme. Ni que tu adoptes une posture de femme intouchable, pauvre petite cocaïnowomane, pauvre petite Paris Hilton qui fait la moue parce qu'elle a pas trouvé ses Louboutin en 38... pour que je reste dans ton lit plus de deux semaines...
Enfin j'explique mal, j'ai mal au bras et j'ai rendez vous avec un kiné tout à l'heure, c'est mon dernier espoir avant la lobotomie de l'épaule. Le cabinet , c'est dans une toute petite rue, une maison en pierre avec des volets mauves. Elle s'appelle Karine.
I used to work, night and day,
Nobody listened to a word I'd say,
I didn't care who knew me then,
and someone stupid asked if we were friends, well,
Over my shoulder it goes,
Back to a bar, we both used to know.
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Le film du Samedi (part. II)
(le film 1, c'est la note en dessous)
Sonic Youth- My friend Goo


