je suis finie

 


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Si j'étais un homme, et des fois j'aimerais bien, je serais pas un capitaine à la con, et je t'appellerais pas tous les jours,  parce que c'est inconséquent de bouffer son forfait, et que tu réponds jamais au téléphone de toutes façons. On croit toujours qu'on te dérange, c'est affreux de se sentir dérangeant, je préfère crever, moi. Alors je dis bon je te laisse alors avec ma voix stupide de quasi-suicidée, et toi tu fais me laisse pas, me laisse pas, reste s'il te plaît.  Je comprends rien à toi, mais vraiment, c'est toi l'hystérique, en fait.

Enfin, bref, moi je serais un homme, et je me ferais super humain, comme mec, j'irais dans des bars , des soirées comme les autres mecs, évidemment, je vois pas pourquoi je ferais mon original, tu sais. Je regarderais que les filles pas jolies, celle qui a les hanches trop larges, celle qui a les os des hanches trop pointus, celle aux pores dilatés, celle qui pue des pieds; celle qui sait plus comment faire pour ses cheveux, celle qui est moche, indéniablement et qui sera jamais jolie, même amoureuse, celle qui n'a rien pour rattraper le coup, si je puis dire. Je regarderais qu'elle. Je verrais pas les autres et bien sûr je serais beau, j'aurais cet air d'innocence et cette force fragile ou cette fragilité trop forte, comme tu veux. Je serais une pub pour un parfum très cher, avec le vent dans les cheveux et le muscle imberbe et  délicat, mais en moins con. Parce que sinon, ça n'a pas baucoup d'intérêt. Je regarderais pas la moche genre je fais mon michel houellebecq qui s'intéresse à la laideur parce qu'il a fait un pari avec ses copains ou pour écrire une note qui dit que les gros culs, en fait, c'est sous-estimé. Je la regarderais parce que je l'aimerais, voilà, j'aurais eu le coup de foudre... je la verrais super bien, je ne verrais qu'elle, et toutes ses copines n'en reviendraient pas, et lui cogneraient les coudes dans ses côtes pour lui enfoncer méchamment la chance qu'elle a dans le ventre, en ricanant bêtement,  sans y croire vraiment. Elle, elle rougirait, elle suerait un peu, elle serait terrifiée, elle croirait qu'il y a des caméras qui se cachent, que c'est une sale blague de sale con. Elle aurait envie de me taper d'en faire la reine de la soirée, elle qui s'était terrée près du bar, toute contente qu'on la voie pas. mais je m'en foutrais, tu vois, j'avancerais comme dans un rêve, dans mon pantalon de toile fine et ma tunique de poète en mousseline blanche, mais cintrée sur les hanches, c'est mieux, à pas lents, et j'aurais les yeux bleu parce que je trouve ça cool , et je lui tiendrais une vraie conversation, je la trouverais intéressante, et je m'interesserais  à toutes les conneries qu'elle dirait qui sont pas pires que celles des belles.  Je lui dirais que je dois partir, mais que je veux la revoir, que j'y tiens et je la rappellerais et je l'inviterais dans mon appartement propre et bien rangé avec de la musique formidable,  et de la salade aux foies de volaille parce que c'est trop bon, et je lui caresserais ses impossibles cheveux, je lui embrasserais ses os trop pointus , ou ses tendres vergetures au creux des genoux, je tiendrais ses seins trop lourds ou ridicules dans mes mains comme des trésors. Après ça serait notre vie privée, et j'ai jamais su écrire une scène de sexe sans mourir de rire,  mais ça serait carrément mortel, sublime, tellement ce serait tendre et amoureux et fort, et beau sans être niais. Avec des vrais bruits un peu bêtes de l'amour, et des soupirs qui se terminent en sourires, et des étreintes qui durent longtemps parce qu'on voudrait que jamais ça s'arrête, et qu'on n'ose pas se regarder  (je vais me faire pleurer).

Ensuite on boirait du café avec un amaretto de Hollande, et je la ferais rire, et je serais pas post coitum,  animal triste et chiant, parce que je serais un mec super, et c'est tout.  Voilà, je serais un mec génial qui vengerait toutes les femmes qui morflent parce qu'elles se trouvent laides et cons. Ensuite, je redeviendrais moi, c'est à dire abs, la finie, comme l'indique  cette chanson qui me fout le bourdon pour une double raison, qui n'aura echappé à personne car je suis très subtile, tout le monde le dit:  son sens (haha) et aussi parce c'est celle que j'aurais bien aimé écrire.  Je redeviendrais abs parce que je veux pas finir ma vie avec un boudin! j'aime bien être une fille, en fait, et que les mecs comme moi, ça n'existe pas.

Kinishao & I

 

Pour ceux qui suivent ma carrière...

Avec Kinishao

(j'adore sa voix de Bee gees et son sens trop fou de la mélodie)

 

on a fait ça (mais de loin: je suis trop une chanteuse de studio)

 

C'est une version plus du tout jazz, un peu bontempi, désincarnée,  de ça,

et moi je l'adore.

 

(et comme les commentaires sont fermés, vous aussi, vous l'adorez, c'est ça, la magie du 2.0-)


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Le parjure et la désenchantée

Tout à l'heure, tu m'as parlé des obligations, des devoirs et de la conscience. Tu dis que la douleur est une posture et que ça sert à rien de rechercher le temps perdu: Il est perdu. Tu dis qu'il faut avancer, pas regretter...Tous ces mots d'emprunteur, tous ces mots d'élévation , tous ces mots de réflexion...Tu es froid et dieu devrait te punir. Tes yeux ressemblent à des poissons, tu te la coules trop douce, je trouve. Et pourtant, je le reconnais, tu es un indifférent heureux. Je ne veux pas de sentiments trop nobles, je veux transpirer d'épouvante, je veux la dyspnée émotionnelle, je veux la tragique dérision, et la joie épouvantable, sinon je veux rien, je t'ai répondu.

Tu dis que je me la pète, que j'ai trop lu, qu'il me faut le complément pas assez circonstanciel, et trop d'attributs dans le sujet.
Tu es con et dieu devrait vraiment faire quelque chose. Je te signale que toutes nos apparences seront bientôt sous terre avec ce sourire idiot et éternel des squelettes, qu'on est tous là pour attendre, en quelque sorte, que ça finisse. Tu dis que j'ai l'imagination morbide et ça m'amuse toujours ceux qui ont tellement peur de la vérité qu'ils me déclarent morbide pour se débarrasser de leur pétoche, monsieur le juge, parce que je la regarde en face.

Tu es beau et dieu n'en a rien à foutre. Mais je rigole pas, je ne ricane pas parce que je t'aime, un peu, à la folie, et pas du tout, beau, froid et con. Tu me dis que je suis excessive et je suis scandalisée. Tu aimais bien que je traque l'absurde et que je rie plus fort que les autres, avec mes cheveux abusifs, qui volaient, pléthoriques, et ma grande bouche infinie pleine de dents outrancières ; tu aimais bien que je dise oui à n'importe quelle heure, n'importe où, même brisée de fatigue, même quand je voulais pas. Tu les aimais bien mes dépassements de mesure, quand ils te tuméfiaient l'ego...

Tu es traître et ça ne m'étonne pas vraiment de dieu.

Ayé, j'écris un roman.

 

Il attrapa son menton délicat entre ses doigts forts et la fixa de ses yeux gris acier métallisé Maserati 4200 GT. Elle se sentit défaillir : "N'ayez pas peur, Rosalinda-Gwenaëlle, je ne vous veux zaucun mal..."

"...Ce n'est rien, Montgomery, mon taux de glucose dans le sang (appelé communément « taux de sucre »). doit juste être inférieur à 3,5 millimoles par litre" balbutia-t-elle .


Il l'enlaça avec fougue et ardeur, comme un petit cheval dans le mauvais temps, qu'il avait donc du coura-haaa-ge. Elle répondit à son étreinte parce qu'un prêté pour un rendu et c'est en forgeant qu'on devient forgeron. "Je ...je...nous.." re-balbutia-t-elle...


Il ne la laissa pas terminer, et sa bouche vint s'adapter à la sienne après une rotation têtienne à 122 ° , emboîtage parfait qui n'était pas sans rappeler le bouchon et la bouteille, ou le bitoniau dans le siphon. Sa langue habile comme d'Artagnan chercha son acolyte mousquetaire lingual, et l'ayant trouvé, timide soldat, puis hardi téméraire, ils s'embrassèrent, donc. Sur le point de succomber, Rosalinda-Gwenaëlle sentit dans son ventre un appel archaïque , une brusque folie terrienne et sensuelle, Elle ne résista pas quand il déboutonna fébrilement sa blouse et glissa sa main dans ses cheveux. Encouragé par cette marque d'affection canine, icelui la prit avec ardeur et un rythme sympa de samba chaloupé. Elle sourit car le sourire est prémonition de la jouissance et si la chance veut venir à toi, tu la conduiras avec un cheveu ; mais si la chance veut partir, elle rompra une chaîne, comme chacun sait. Ils se consumèrent pendant à peu près 2 minutes trente deux parce que la première fois, l'émotion, tout ça et sur le sable on croirait pas mais c'est pas pratique. Mais Rosalinda Gwenaelle était vierge et ignorait que la prochaine fois, ça durerait AU MOINS quarante-deux secondes de plus, d'autant que Montgomery lui avait assuré qu'il était un performer, un battant, un homme qui en avait, un mec ambitieux, et que oui, promis, il s'inscrirait à l'A.N.P.E..

La mer, la bas, plus loin, à gauche jouait sa musique de sel et de sable mélés, grâce au subtil archet de la brise, la lune donnait des éclats de joaillerie à leurs corps enroulés dans la dune et Montgomery lui murmurait des mots doux à base de fructose de sa voix grave et profonde auxquels elle répondait par des soupirs de béatification. C'est en quoi les roys ressemblent mieux à la divinité, de pouvoir béatifier et rendre heureux tout un monde, par manière de dire, de toutes façons. Mais il était si tard, mon Dieu, ciel ! la nuit....déjà ! Il l'aida à se relever et lentement, ils regagnèrent la maison sur la falaise ;cette maison dans laquelle vivaient, en plus d'un dangereux politicien psychopathe de très petite taille, Susan Boyle et Hyppolite, le cousin de Casimir inconsolable après le décés de Léonard le renard déchiqueté par un marionnettiste schizophrène qui l'avait pris pour Eros Ramazotti, et qui possédait un sécateur Ribiland Coupe-branches à enclume demultipliée, mais ceci est une autre histoire.

lover I don't have to love

Il m'a dit : tu vois je roulais et je me suis demandé comme ça si tu étais un bonbon, quel bonbon serais-tu ?
Je me suis dit: le voilà renommant le réèl, je me suis dit dit : ça y est, il est poète, je me suis dit:  ça y est , on est foutu,
mais j'ai rien dit, j'ai juste relevé la tête pour montrer que j'écoutais. Je m'efforce de ne plus écouter ce tu offensif qui sape absolument tout ce que je peux ressentir et me le fait voir sous l'angle de la niaiserie la plus sucrée et moi j'ai un mal fou avec le sucre. Le sucre, ça rend gras , ça rend faible, ça rend mou, ça te vole ta vigilance mentale, ça te donne la foi, et la foi, ça craint.

Il a dit "j'ai pensé que tu serais un chocolat, un peu caramel au coeur de citron. "
....

Outre le fait que je pense que ce serait parfaitement dégueulasse , (je suis pas trop nouvelle cuisine moi, et a fortiori encore moins nouvelle pâtisserie, je peux manger du chocolat, du caramel, de la tarte au citron; et en belle quantité, pas de problèmes, mais pas mélangées, plutôt crever. Je suis basique, univoque, unigoût, uni lingus) j'ai quand même cherché à comprendre, évidemment. Je suis une silencieuse escroc moi, je parle pratiquement jamais mais qu'est-ce que j'en pense pas moins !
J'ai fait "Ho ..." et aussi "ha bon." (parce que j'ai de la conversation) mais dans ma tête je construisais une thèse. Alors au delà de ce que la métaphore inspire : l'aspect mat de ma carnation (chocolat caramel; c'est plus beau que "bronzé"), il y a l'agrume. ET donc, comme je parle le Lacan dans le sexe, tu en as dans le citron...oui... C'est beau. merci, roulage de pelles et plus si affinités, ...mais je suis allée plus loin. (Tu surmoïque très méchant offensif déclenché) et donc : chocolat caramel = T'es cool et bonne de loin, en surface, mais dedans, t'es qu'un citron. Citron--> amer, acide, fiel, aigre,  vieille connasse.

Bref, il commence à me haïr.

Sinon, j'ai lu un article de D. Sibony qui dit que le peuple juif n'existe pas, j'ai écouté des nouveaux trucs, mais je reviens toujours aux anciens, je crois que je sombre dans la nostalgie musicale: le début de la vieillesse, c'est de vouloir être fidèle à sa jeunesse . Et j'ai dessiné un château-fort. Ha oui,...  et j'ai mangé des poivrons ( honte & anathème on me !)

(...)

et....

 

Ce n'est plus qu'une question de jours, mon grand âge. Hier c'était bien, une évidence. Sur un vieux cours où mes vingt ans ont fait les 400 coups, et des filles. Des rires, des silences, et c'est tout. Des petites mains qui s'agrippent aux vôtres, et une petite fille qui vous coiffe comme une princesse, pouffe, radieuse et intimidée, un petit bonhomme qui vous regarde de côté, testant déjà son charme (ravageur). Et aujourd'hui c'est dimanche et j'ai du mal à supporter les nervosités qui ne sont pas les miennes. Je joue de la guitare, je tiens tous les accords de letter to hermione,  l'enchaînement n'a rien de poussif, tout coule de source, (je m'aime), mais ma main droite est définitivement d'obédience nazie. J'ai reçu une musique compatible à l'indie rock pour élever les enfants. Je la garde précieusement , à distiller lentement. J'ai reçu des messages de très loin pour me dire du très bon. J'ai comme changé de perspective, toujours assise sur mon bord de monde, mais les muscles moins tendus, une sorte d'abandon dans la chair comme les gens qui ont été beaucoup aimés, tu sais, la tendresse de leur peau. Je reconnais leur odeur et leur inclinaison de buste, toujours. Je reconnais cette douceur quand je palpe mes avant -bras et je suis stupéfaite.  Je suis au bord d'être heureuse et  c'est aussi bien, et aussi effrayant que je l'avais imaginé.

 

 

 

 

Merci à Loïs De Murphy!

des fois....


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mais des fois, non.

-

Et après tout, Albert a réécrit dix fois le même bouquin, conscient de ressasser, il le dit tout le temps. Je l'ai déjà dit et je le redis. Il faut que les autres comprennent, vois-tu. Il faut le dire et le répéter que l'amour du prochain c'est une invention de nain humain, que ça n'existe pas, et que c'est bien dommage mais on va pas y passer la nuit.  Il faut le répéter que la mort arrive et qu'elle te vole tout, et que tes morts te manqueront toujours, que c'est une invention de poète niais le temps qui passe et qui efface, et le souvenir de l'autre qui vit en toi, mon cul, c'est juste parce que ça rime, je suppose.
Et puis, il faut le répéter encore le non-sens de tout ça, l'insensé, l'absence même d'une quelconque direction dans tout ce qui nous agite, pathétique et vain. Il faut le dire et le répéter encore que notre âme, c'est carrément de l'humour de comique troupier; mon âme c'est mon corps qui jouit d'un vin, ou d'un autre. Point barre. Et pas de musique qui te l'élève, et des écrivains de la Pléiade que forcément, tu as mieux compris que les autres, et tralala. C'est juste un profond amour de soi, une observation de nous-mêmes qui confine à l'onanisme, et c'est tout. J'écoute ça, regarde comme  je suis zoriginal, entends comme j'entends bien ce qui doit s'entendre, l'air de pas y toucher, et j'ai vu ce film là, profondément chiant pour un ouvrier, ou un clandestin,  auquel ils ne comprendraient strictement rien, assurément, avec ces gros plans de fronts genre je fais du cinéma soviétique, pendant douze travellings, et docufiction's touch, mais qui est censé les comprendre, les défendre et  même,-rions- les aimer, dans une vanité égocentrée, un prétexte fallacieux d'amour du prochain qui n'est rien d'autre que l'amour de sa propre gentillesse et la stupéfaction devant son inutile bonté...et tu sais, je l'ai vu ,ce film, et je l'ai aimé, et j'ai applaudi le réalisateur, qui est venu nous expliquer au cas où on aurait mal compris, pour nous expliquer à quel point c'est important ce qu'il fait, pour bien nous dire, modestement, convaincu de sa modestie, ce fat, à quel point il était supérieur, et j'ai applaudi, si si,  fière d'avoir compris avant trois malheureux spectateurs pourquoi le choix de Reszo Seress et j'ai même dit que c'était formidable.

 


Et puis, il faut le dire encore et encore que dieu nous manque, et que merde, il pourrait filer une preuve, là tout de suite, que c'est à lui de nous convaincre, pas à nous de parier. Et puis le dire, le rabâcher, et le répéter encore que derrière toutes les passions et leurs nobles naissances, se cachent de misérables raisons, d' écoeurantes causes, et que lorsqu'elle revit, et qu'on s'en émerveille, pauvres abrutis, ce n'est que par pathétique jalousie, lugubre bestialité. Dire que derrière les belles et majestueuses amitiés, se terrent de splendides mesquineries, d'absurdes batailles de pouvoirs, que derrière cet intérêt qu'on te porte on espère toujours te tirer quelque chose, et te tirer aussi, mais il faut mettre les formes et ce n'est pas pour t'amadouer, c'est juste pour se faire croire qu'on bande aussi de l'âme, parce que c'est plus joli judéo chrétiennement parlant, et que ça excuse;  le dire que personne n'aime personne si l'autre ne l'aime plus, ou lui dit qu'il peut vivre sans lui, ce qui, je te jure, est toujours possible, et je dis que ceci est la preuve, s'il en fallait encore une, que les affects humains si bellement chantés par les poètes, si justes et vrais et profonds, et éternels, ne sont que des mots, pour ne pas dire de la merde.

 


Je dis que le désamour commence lorsque monsieur va chercher de la crème anti-hémorroïdaire pour la fraîche épouse accouchée; car vois tu, monsieur, pour éprouver tous ces élans magnifiques et glorieux, il lui faut sa juste dose de chair, ni plus ni moins. Le désamour commence lorsque tu sais exactement comment te tendre et contracter ton périnée sous lui pour atteindre l'orgasme, et tu le fais de plus en plus vite pour pouvoir dormir plus longtemps, parce que pour que ton coeur embrasse l'aube d'été et empathe joliment et autres inepties impossibles et incroyables, il te faut tes huit heures de sommeil, pas plus ni moins. Et chaque fois que tu aimes et que tu le dis, et qu'innocent, tu crois ainsi faire partie de la communauté humaine, l'aimé te méprise un peu, et même tu le dégoûtes. Ha, oui, et il faut aussi qu'on le répète, et qu'on le redise que l'ironie et le cynisme ne sont que mon pauvre moyen de me le redire et de me le répéter pour pas oublier, et surtout ne pas me réjouir trop longtemps d'être de celles qui ont compris le choix du cinéaste, et d'avoir ovinement applaudi, espérant faire partie de la communauté humaine; me le redire et me le répéter. Parce que lorsque j'écris ça, je n'accuse personne, je me regarde, c'est tout.

 

 

()

My friend Goo

Bon, j'ai le coeur regonflé à défaut de l'égo, et je reste polie. J'ai l'idée d'une correspondance où on fera bien semblant de parler d'autre chose que de nous. Ce sera mieux que des nourritures spirituelles, ou des lasagnes. Plus nourrissants. Je compte sur toi pour la mécanique quantique et la relativité du relatif, d'accord ? Je hocherai la tête parce que je comprends vite, mais pas longtemps. C'est comme d'emporter un peu de terre de son pays, quand on se sent appartenir à un endroit, quand on n'est pas un errant sémite, c'est comme toucher la racine (touch me la racine, brot'er), de rencontrer son grand frère, ou quelque chose comme ça, un cousin éloigné qu'on n'a jamais vu et qui , bingo, a le même pif que toi, le même sourire, la même connexion de synapses, ça me fait comme ça de te parler, c'est être juif, ou bossu, ensemble sans se prendre la tête avec Dieu, c'est rire de soi sans que l'autre nous soupçonne de nous sous-estimer. J'ai toujours cherché un ami, avec qui ne pas parler, qui écouterait vraiment mes chansons. J'ai toujours le mal du pays, mais je ne sais jamais lequel.

(Là-bas nous saurons bien nous cacher, disparaître,

Engloutis dans le vide liséré de la lune,

Ressentant que cela qui fait notre substance


En d'autres temps était musique)

(tadam)

J'ai toujours cherché quelqu'un qui me donne envie de le connaître aussi. Je t'avoue que je ne suis pas curieuse des gens, leurs secrets, leurs habitudes, je m'en fous. Quand ils se congratulent sur leurs blogs, ou se donnent des nouvelles de leurs hémorroïdes, ou se disent bravo, ho non toi +, non, non toiiii, moi pareil....! j'ai envie de leur crier "Envoyez vous des mails ! "Mais toi, j'aime bien ta vie, je suis curieuse de tes objets, de tes guitares, de ta boulangerie, de ce que tu penses de Soan dans nouvelle star. Ca me donne des idées pour bien vivre, ça me donne des idées pour m'appuyer, ou bien, le plus souvent, ça me donne aucune idée mais ça me fait bien plaisir.

-Alors aujourd'hui pour ton père (et aussi pour le mien), je vais réciter un kaddish....

-ça sert à rien. Moi, je suis juive que parce qu'on me le rappelle, en fait. Juif, c'est pas croire en dieu, de toutes façons. Pour tout te dire, juive, j'ai envie d'arrêter.


-ça ne sert à rien, c'est pour ça que je vais le faire...
(...pour le kaddish, normalement il faut être dix hommes, on va dire que j'en vaux dix.)"

-...
-voilà, c'est fait, même si je suis pas sûr que la version que j'ai lue soit la bonne, elle m'a semblé étrangement courte par rapport à mes souvenirs..
je me suis mis face à la porte fenêtre et j'ai lu en prononciation phonétique..
j'ai pleuré aussi, parce que je pensais à ce que ressent un enfant pour son père et aussi parce je pensais à ce que je ressens aussi un père (genre moi) pour son fils....
..
et puis j'ai reculé d'un pas pour laisser passer l'oxygène frais qui séche les larmes et parce que pleurer, ça va un temps...
maintenant, je souris à la vie..
hop...

- ok, moi pareil mais +.


- Je te le dis, on finira dans un kibboutz.


Je touche là où je touche, non là où je pense.
Je ne peux m’asseoir que là où je suis.
Et cela me fait rire comme toutes les vérités absolument véritables,
Mais ce qui fait rire pour de bon c’est que nous autres nous pensons toujours à autre chose
Et sommes en vadrouille loin d’un corps.

(tadam)

Worst Case Scenario

Après l'herbe, la julienne de légumes du développement durable. J'écris l'aléatoire dans mon magasin d'écriture. Où est donc la joie du rohypnol après la cocaïne ? Hein ? La pluie crachotte comme un vieux spray antiseptique. Je ne sais pas quel substantif coller à ce qui me ronge. Il n'y aura pas de suite à notre usage percutané. Des volutes bleues s'échappent des négations. Application périmée. A toi la nouveauté. Après toi, le déluge. La bêtise brille comme un merdique zirconia. Les diamants sont mortels, connard.

Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération du groupe nominal

Ho ça devrait passer, cet élan-là, comme les autres devenir un dégoût, et couvrir ta bouche avec ma main, ou plus. Pour t'empêcher le cri, pour retenir la gerbe. Je voudrais une étreinte sous cocaïne, là. Avec la dispute , classique, avant, et le manque de sommeil obligatoire, après. Nous assommer au rohypnol. Chuter. Les sommeils qui ressemblent à l'oubli de la mort et bla et bla...

Il y avait cette musique pourrie dans le restaurant, et le serveur gêné, un peu de cette daube. Je sais pas ce qu'ils nous ont mis, là. Il a dit. Il avait envie de nous montrer qu'il la connaissait la musique, que c'était un accident, son service dans ce restaurant, sa présence ici. Genre mais qu'est ce que je fous là, moi ? Je suis un surfeur californien, where is my surf ? Where is la vague ? Je trouvais ça flatteur qu'un gamin ait envie de nous impressionner, parce que je nous trouvais pas impressionnantes, pas du tout. Le problème c'est que je suis plus du tout impressionnable, non plus. Avec de la cocaïne peut-être ? Il tournait autour de la table m'a apporté mon immonde tiramisu glacé. Je vais te lacérer le cou, je vais te cisailler l'aorte, je vais t'é-coeurer, mon amour.

Cette ville me sort par tous les pores, en petites suées limites nausée. Il y a beaucoup d'hommes seuls et desespérés de leur solitude. Ca se voit à leur regard avide devant n'importe quels nouveaux seins. Je me demande toujours quand est-ce que leur dernière femme est partie, a claqué la porte, après combien de concessions, d'espoirs piétinés, de communications variées après minuit ? Et eux, qui ne comprenaient pas l'abandon de la salope égoïste, le départ de la tarée hystérique, après tout ce qu'ils avaient donné, tu sais, ...leur humeur de merde, leur demi molle du dimanche matin, leur colère ridicule quand ils sont incapables de monter une étagère ikea, leur ambition de devenir sous-chef à la place du vizir...
Combien nous cessons de les aimer par gros morceaux,jusqu'à nous vider de notre substance, jusqu'à nous lacérer le cou, jusqu'à nous cisailler l'aorte, jusqu'à l'é-coeurement, jusqu'au rohypnol qui fait le sommeil du mort bien au froid dans l'oubli, jusqu'à claquer la porte et eux, derrière la porte, tout assommés, avec leur putain de pathétique incompréhension, leur silence-grandeur d'âme parce qu'on a emporté les disques qui traînaient faute d'étagère ikéa.


Après l'herbe, la julienne. J'écris l'aléatoire dans "écriture". Où est donc la joie ? Hein ? La pluie crachotte comme un vieux spray . Je ne sais pas quel substantif . Il n'y aura pas de suite . Des volutes bleues s'échappent . Application périmée. A toi. Après toi. connard.

Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération du groupe nominal (ad libidum)Itération etc...

(hahaha)