05 décembre 2009
une citerne qui ne perd pas une goutte d'eau
La lame serrée
La main en l'air
Le sang à la pâte
Le fil amer
le plexus retourné
L'estomac glacé
Le coeur ailleurs
Le ventre vague
La tête flottante
Les jambes froides
- octobre 2009, réunion pourrie, sur la page "notes importantes" de mon agenda violet
j'écris parce que je n'ai rien à dire
j'écris pour, une minute, avoir raison
j'écris car je ne crois pas à la parole
j'écris parce que je suis con.
16 août 2009
Draps, suaires de solitude, haha
J'étouffais et ce n'était pas seulement la chaleur, c'était pas elle du tout. J'étouffais, comme un foetus enfermé dans la mère, condamné à la satisfaire. J'étouffais et il y avait cette pilule, celle qui doit se mettre sous la langue pour agir plus vite, pour sombrer prestement dans l'oubli. Je m'endors toujours sans rien remarquer avec elle, elle m'éteint. Le reste du temps, je m'endors en conscience, par paliers, de la pensée à l'association ou à l'anéantissement des paradigmes, j'en arrive au rêve et j'aime mon repos, en bascule, en déséquilibre. Je n'ai pas peur de me voir partir. Dès lors que je sens une respiration, une présence, désormais, dès lors qu'un autre partage ma couche, je ne dors plus. J'ouvre les fenêtres, je me lève, je me serre contre toi, je te repousse, une terreur de rien, comme ça, une horreur que je ne comprends pas. J'ai touché sa hanche et la mort a souri. Un empêchement de vivre. Comme si il y avait une nécessité impérieuse de répondre à une demande, et tu ne demandes rien. Je m'agite, enfermée. J'ai peur de ça, j'ai peur de cette solitude obligatoire dont je n'aurais pas même conscience. J'ai peur à nouveau de m'inventer des rôles que je confondrais avec mon identité. C'est pas tant que j'y tienne à ma singularité, à ma personne, et à mon désir de sujet désirant et bla. Pour tout dire, je m'en fous complètement. Mais force est de reconnaître que j'étouffe près de toi. Pire, que j'étouffe en ma propre présence, que j'étouffe partout, trop vite, malgré moi, enfermée, condamnée à vous satisfaire.
14 juin 2009
Everybody's private matter




30 mai 2009
Le parjure et la désenchantée
Tout à l'heure, tu m'as parlé des obligations, des devoirs et de la conscience. Tu dis que la douleur est une posture et que ça sert à rien de rechercher le temps perdu: Il est perdu. Tu dis qu'il faut avancer, pas regretter...Tous ces mots d'emprunteur, tous ces mots d'élévation , tous ces mots de réflexion...Tu es froid et dieu devrait te punir. Tes yeux ressemblent à des poissons, tu te la coules trop douce, je trouve. Et pourtant, je le reconnais, tu es un indifférent heureux. Je ne veux pas de sentiments trop nobles, je veux transpirer d'épouvante, je veux la dyspnée émotionnelle, je veux la tragique dérision, et la joie épouvantable, sinon je veux rien, je t'ai répondu.
Tu dis que je me la pète, que j'ai trop lu, qu'il me faut le complément pas assez circonstanciel, et trop d'attributs dans le sujet.
Tu es con et dieu devrait vraiment faire quelque chose. Je te signale que toutes nos apparences seront bientôt sous terre avec ce sourire idiot et éternel des squelettes, qu'on est tous là pour attendre, en quelque sorte, que ça finisse. Tu dis que j'ai l'imagination morbide et ça m'amuse toujours ceux qui ont tellement peur de la vérité qu'ils me déclarent morbide pour se débarrasser de leur pétoche, monsieur le juge, parce que je la regarde en face.
Tu es beau et dieu n'en a rien à foutre. Mais je rigole pas, je ne ricane pas parce que je t'aime, un peu, à la folie, et pas du tout, beau, froid et con. Tu me dis que je suis excessive et je suis scandalisée. Tu aimais bien que je traque l'absurde et que je rie plus fort que les autres, avec mes cheveux abusifs, qui volaient, pléthoriques, et ma grande bouche infinie pleine de dents outrancières ; tu aimais bien que je dise oui à n'importe quelle heure, n'importe où, même brisée de fatigue, même quand je voulais pas. Tu les aimais bien mes dépassements de mesure, quand ils te tuméfiaient l'ego...
Tu es traître et ça ne m'étonne pas vraiment de dieu.
10 mars 2009
it's a long way to the top if you wanna rock'n roll ( sans façon)
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(M.H)
Mais qu'est ce que tu fais il m'a dit, qu'est ce que tu fais de tes journées, toute seule sans personne, puisque tu bouges pas, tu fais rien, je veux dire heu..tu peux pas bouger, tu peux rien faire ?
Ca avait l'air de drôlement l'inquiéter, beaucoup. Il y a des gens , ils supportent pas ceux qui ne font pas un jogging par semaine, ou qui ne vont pas au resto entre amis une fois tous les quinze jours, pour se parler de leur taf ou de leur blog. Ils pensent que c'est le symptôme radical d'une profonde et inextricable dépression et à les voir faire un pas de recul comme ça, on croirait qu'ils pensent que ça s'attrape.
Je lui ai dit que je m'ennuyais pas plus que d'habitude, je ne m'ennuie même jamais, c'est juste que ma vie ne me fait pas beaucoup d'effet. Des fois, pour me rappeler mon corps, j'ai mal. C'est un bel alibi, la souffrance pour renifler son propre épiderme. (chez les sémites surtout) Avant ça, j'ai essayé le désir puissant de braise et la libido inépuisable et je dois dire que j'étais pas mal douée dans le genre inépuisable puissante de braise, le corps avide et le cheveu dénoué, mais ça finit par faire mal à la tête ( la tête à qui ? haha...) et tout passe tout lasse (qui ? ) Etre dans l'avoir ou ne pas avoir d'être ? (non... là , je déconne)
- Etendue je parfile, je lui ai dit, l'or et l'argent de mes armures que je croyais peroxydées, je fais le vide de sens du tout pour en arriver à l'essence du rien, et ...je tiens le cou(p)*
- Ca veut dire quoi ?
- Absolument rien.
Sinon le soleil est revenu, le printemps bourgeonne, le monde est vaste, mais il est si petit comparé à l'immensité de la connerie intersidérale des poètes engagés du vingt et unième siècle, et les montagnes ont des cimes hautes et parfois enneigées, ça dépend en fait. Le ciel a repris ses aises, sa couleur de curaçao,
... et je n'en ai strictement rien à cirer. (la routine)
* Lacan, je t'emmerde.
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31 août 2008
Quelque Chose De Plus Merveilleux
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27 juillet 2008
L'écho de mes pas ne m'apprend que ceci: la salle est déserte.
Il revient. Chaque fois que sa note de portable grimpe, qu'elle rentre plus tard, chaque fois que ses corsages…Elle sait qu’il ne s’en rend même pas compte. Il doit très sincèrement penser qu’il l’aime encore, finalement.
Une sorte de lion qui grogne quand c’est un autre qui grimpe sur la lionne.
Chaque fois qu’elle va l’oublier, il se rappelle à son souvenir qui lui est, pourtant, totalement garanti.
Tant qu’elle ne dort pas, en serrant ses poings, tentative vaine de broyer des mots qu’il a dits, il se tient à distance. Dès qu’elle dort plus loin, il lui retient la main.
C’est donc avoir, garder, qui tant vous intéresse ? Si je te dis que je t’aime, tu joueras au garçon de l’air, pétri de peurs et de questions. Et si je te dis merde, tu feras ton Valmont ce n’est pas ma faute, et je suis désolé…Je ne voulais pas te blesser. Incapable de te regarder en pleine face, tellement plus gratifiant, plus confortable, de se regarder blesser, de se fantasmer blessant, incapable de réaliser que tu voulais garder le désir, mais que tu ne voulais pas te mouiller.
Je ne dois pas te regarder alors? Il ne faut pas que je te veuille? C’est donc ça que tu veux, nous séparer, me tenir en sommeil, me mortifier?
Tu élèves la mort au rang de maître, c’est beau, ça, c’est grand. Ho, ça, c'est certain, c'est moi qui me tais, mais c'est toi le non-vivant.
Pauvre, oh pauvre Dom Juan. Pour un peu, j’aurais de la peine. Mais maintenant, j’ai plus de place, j'ai plus le temps, j’ai plus de mots comme on n’a plus soif. Je suis un peu comme altérée. Dis-moi, raconte. Tu veux que je fasse l’évanescente, que je continue de promettre, peut-être que je mendie? Et surtout, surtout, que je me dérobe aussitôt entrevue ?
C’est donc la fuite, mon seul attrait ?
C’est ce siècle, c’est ce siècle. Tout ce monde qui veut de l’émotion, en tapant du poing sur la table, et qui n’en paiera jamais le prix.
Iras-tu jusqu’à me foutre dehors pour continuer à me mettre sur la cime, à me dessiner une auréole au-dessus du front , m’imaginer sainte et martyre, toute dévouée, ne m’occupant que de ta peine, pour te gonfler la libido ? Dis-moi, parce que ça m’intéresse un peu, je crois.
Qu’est ce qu’il faudra donc que je ne fasse pas, encore ?
Il revient chaque fois qu’elle est prête à partir. Il dit qu’il ne peut pas l’oublier. Le pire, c’est qu’il est sincère. C’est la peur de perdre sa propre image dans ses pensées qui lui fait croire à son hypermnésie. C’est juste la peur d’être oublié.
Il faut les rendre jaloux disait-elle. Elle, n’a rien calculé. Manœuvrer l’exaspère. Le jeu lui donne envie de perdre. Elle est un peu comme égarée.
Et il dit ce qu'elle rêvait d'entendre, et qu'elle n'attendait plus juste parce qu’un autre pourrait toucher à son c..
C’est le désir, mais le désir de l'autre qui me confère tant de valeur soudain. Que ferons-nous d’un lion jaloux qui pose sa patte sur la proie parce qu’elle est convoitée par les hyènes, alors qu’il n’a pas vraiment faim ? Je veux la pluie, moi, et je veux qu’on se mouille. Pourtant, oui, la tentation est immense, mais la cicatrice tout autant.
Regarde-moi, sors un peu de ta jungle, et dis-moi qu'en ferons-nous ?
14 juillet 2008
l'indécidable
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"Je me brise à chaque tentative de me souvenir."
J' aurais dû m'asseoir à côté de toi, j'aurais dû te dire que j'aimais pas quand tu rentrais doucement comme ça. Parce que tu es rentré plus vite dans ma vie et c'était pas banal, et je préfère comme ça. Je vis tout dans l'urgence parce que je sais que je vais mourir. Plus vite que tu crois. Faut pas écouter les filles qui te disent que tu dois faire doucement, que tu dois faire patiemment. Faut pas écouter les filles. Voilà.
J'aurais pu te balancer les phrases, celles que ceux qui doutent ne disent pas, et ils pensent les retenir pour s'éviter le pire. Mais le pire est déjà là puisqu'ils ne les disent pas.
J'ai rien dit parce que j'avais honte, et aussi parce que j'avais peur de le penser tellement fort, c'est tout.
J'aurais pu choisir de te dire toute ma colère, ma déception. Parce que j'ai beau creuser, tu vois, j'ai beau trouver plus simple, plus tranquille, plus beau, plus jeune, plus joyeux même, plus endurant et tout le bataclan, ça me brûle pas. Ça me déborde jamais. J'ai essayé de tout détruire et je n'y arrive pas. C'est chaque fois pareil, je suis abrutie devant ton intelligence, tant les autres sont bêtes; ton regard en coin, tant les autres sont fats; ton cul divin, quand les autres sont plats; ton doigt plus court à cause d'un accident de porte, ta façon de n'avoir jamais dit d'une ex le moindre mal, même à quart mot, sans jamais faire le douloureux muet, ton absence totale de crainte devant ceux qui te dépassent, sans ostentation, ta franchise d'asocial dont j'ai eu honte parfois, mais je préfère ça que la diplomatie à deux francs, qui ne protège que les diplomates. C'est clair et net maintenant. Ta pudeur, ma brutalité, et vice versa, ta connerie, énorme; la mienne, immense; ton humour que je saisis pas, mon humour que tu comprends pas. C'est là que je suis, sinon bien, tout au moins un peu à ma place.
Mais j'oublie rien, j'oublie pas. Je me rappelle de toute la rage, et de "je ne t'aime pas", et du reste. Les conflits ne m'ont jamais fait peur. Je les hais, mais je ne les évite pas. Il aurait fallu se taire, il aurait fallu "parler". J'ai rien fait. Il aurait fallu ravaler, ne rien attendre, "patienter" ou que ça se tasse. Je sais pas. J'ai jamais su, et je veux pas savoir. C'est ça le pire.
Je me rappelle aussi de tes bras quand je suis sortie de la chambre froide, de ces larmes que tu cachais pas. Je me rappelle trop bien tout ça.
Passé, présent unis devant Dieu. Depuis Homère, il paraît que toute la littérature ne parle que de ça. Les blogs n'y échappent pas.
Je veux pas attendre raisonnablement la deuxième année de concubinage pour subodorer un possible et éventuel sentiment d'attachement. (attends, je vomis). Je veux pas me dire que là, ça va, je souffre pas, alors, ça va. J'aime la tête de moi que je vois chez toi. Je t'aime pour moi, oui, et alors ? Je ne veux plus d'enfant de toi, je veux même pas que tu me fasses l'amour, je m'en fous des orgasmes, non c'est pas vrai, je mens. Je m'en fous pas. Je veux que tu me restes, je veux que tu sois là, même quand moi, je me casse. Je veux que tu me redemandes en mariage 1h après m'avoir rencontrée, que je te réponde oui, mais que je vais faire semblant de réfléchir pour avoir l'air crédible. Je veux que tu me dises qu'avec moi, t'es sûr d'être aimé. Je veux que tu me dises que tu es bouleversé. Je veux que tu me dises que je te fais chier. Je veux te répondre "C'est çui qui dit qui l'est." Je veux avoir mon coeur qui saute quand je vois ton nom sur mon portable. Je veux que ton coeur pète quand je descends du train. Je veux que ce soit comme avant. La tête plus dure que du ciment.
Je veux te dire "Ne m'en veux pas" et que tu me répondes "Mais je t'aime, tu me demandes l'impossible, là." Je veux faire semblant de m'intéresser aux scandales des OGM, faire semblant d'apprécier l'horreur absolue d'un album de Bashung en continu, juste pour le son de ta voix qui le parle. Ce que tu dis, je m'en fous. La forme je te l'ai dit, la musique, seulement. Le fond, c'est du vent pour se grandir.
L'amour est con comme un balai. J'ai cru que mon regard t'importait moins que ce que j'avais à taire. J'ai jamais rien "pensé". J'aurais dû. j'aurais dû et je sais pas. Je voulais qu'on se doive rien. Un vieux rêve de gratuité, un vieux désir d'unicité quand autour, je vois que tout se paie, et je me sens flouée, forte, merdique, indépendante et abandonnée.
Je veux pas faire d'efforts, et essayer de te comprendre. Je ne suis pas chrétienne. Je suis de cette sale race qui pleure quand c'est gai pour elle parce que c'est sûrement dégueulasse pour quelqu'un d'autre, et qui se moque pour pas pleurer. Je t'en veux, je te trouve odieux. Je voudrais t'arracher les yeux. Je veux pas que tu me consoles, je veux pas qu'on s'"explique", je ne veux pas de tes excuses, je ne te dédouanerai jamais. Vois, je garde les miennes pour me rappeler tout le mal que je t'ai fait. Je prends toujours mes responsabilités. Je veux pas que chacun se renvoie sa douleur pour justifier son égoïsme, je veux pas qu'on s'arrache les mots qu'on attend. Je voudrais t'écrire des milliers de lettres. Je voudrais que tu les lises pas. Je voudrais que tout recommence, aussi raté qu'avant. La tête plus dure que du ciment.
Je m'en fous de l'équilibre. Voilà. Je m'en fous d'une histoire qui "marche", avec des horaires, et des coïts organisés, une construction brique à brique, une entreprise qui roule, une petite satisfaction de manufacture réussie, un tapotement de ventre repu tout fier de sa capacité à bouffer. Rien ne va de soi. Nous n'avons que notre histoire, toi comme moi, nous n'avons que notre putain d'histoire, bancale, stupide, raturée, pathétique. Cette page est la seule qui nous appartienne vraiment.
Je la tourne pas, cette saloperie de page; la suite de l'histoire, je m'en fous. Je la sais déjà poussive, avec des poses écoeurantes, des respects qui vont m'emmerder, des goujateries stratégiques, des délais légaux soporifiques. L'amour croque-mort, avec un sourire grave et des mots retenus. L'amour copain qui rend service, l'amour courtois qui fait bien attention, oui, mais à soi.
Je suis suspendue, j'écrirai rien de bon, je tremperai ma plume pour écrire un misérable mot, ma chandelle est morte, ouvre-moi la porte, puisque
j'ai plus rien d'un feu.
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"Ma part, c'est d'être perdue."
05 juillet 2008
Ava & Gweltaz
Ava s'est réveillée trop tôt. Elle sent qu'elle va mourir. Là, c'est sûr. Ici, c'est certain. Elle allume la petite lampe, et regarde ses mains, des ruines, en lambeaux, déchiquetées, le coeur gonflé comme avant l'implosion, et la suée glacée du cuir de la tête jusqu'aux reins. Se taire et respirer, respirer...se taire.
Mais pourquoi faire puisqu'elle va mourir?
Autant le dire à quelqu'un.
Un mouvement involontaire- tu parles- vers le mollet de Gweltaz, un rappel à l'ordonnance, au bon débarras de son corps. Il attrape sa main:
- Tu es brûlante mmmh
- Mais j'ai froid et je vais mourir.
- Non tu sais bien, que ça n'arrive jamais.
- Je te jure que cette fois c'est vrai. J'ai une pointe là, et une douleur ici, et une névralgie à gauche, plus de souvenirs que si j'avais mille ans, et je respire mal, en plus.
- Je t'emmène à l'hôpital.
Il est déjà assis sur le lit, il cherche ses affaires.
- Mais j'ai peur de l'hôpital. Tu le sais, j'ai peur j'ai peur j'ai peur !!
- Bon, viens dans mes bras.
Il laisse échapper un soupir, l'absence de rationnalité le fatigue, la peur sans objet lui est etrangère, au bienheureux breton.
- Oui, mais si je meurs dans tes bras, tu vas être complètement traumatisé, je pense.
- Moi je crois que tu as juste envie de ...ne me regarde pas comme si j'avais insulté ta race, quoi ? c'est pas la mort tu sais...
-....Tu dis n'importe quoi, c'est pas le moment de rire tu sais...Tu me prends jamais au sérieux même quand je meurs.
- J'appelle SOS médecin, tu es livide, c'est vrai. Je te dirais bien que c'est à cause de ce néon blanc de merde, mais peut être que non, après tout.
- Nooooon prends moi dans tes bras.
- Mais y a deux minutes tu as dit non !!
- Mais quand je dis non, ça veut dire que j'ose pas dire oui, et quand je dis oui, ça signifie que je devance ton non. C'est tout de même pas compliqué ! J'ai peur j'ai peur j'ai peur j'ai peur
- Il est trois heures du matin. Il est TROIS HEURES Du matin. Et tu vas pas mourir.
- ..Il y a pas d'heures pour crever, pourquoi pourquoi je peux pas mourir dans mon sommeil comme tout le monde ? Pourquoi ça me réveille en pleine nuit la mort, à moi ? Pourquoi ce grand vide quand je pense à nous ? Pourquoi ?
- Je sais pas, écris un poème.
- ....
- Je vais téléphoner à mon frère, il nous dira.
- Mais ton frère c'est pas un médecin !
- Mais oui, il est médecin ! il est même chef de clinique, tu le sais très bien !
- Mais il n'est pas juif, c'est pas un vrai docteur !
- Je vais nous faire un truc chaud, tu veux ?
- Non non il faut que tu dormes, il faut que tu dormes, c'est pas grave va. Tu me crois jamais, et tu comprends rien. Je vais crever dans le salon comme ça tu seras tranquille.
- Je crois ce que je vois, et crois bien que si tu meurs, je serai inconsolable, évidemment, mais pour le moment tu me parles et même tu m'emmerdes, donc je considère que tu es vivante, je peux ?
- Tu serais inconsolable, si je meurs, c'est vrai ? c'est vrai ?
- ...ben oui.
- Ca me touche, tu sais.
- Mais c'est NORMAL, tu es ma femme !
- Prouve-le.
- ?
- Tue-moi. Tue moi, je veux voir comment t'es quand t'es inconsolable.
- Pourquoi faut toujours que ce soit si compliqué ?
- Je crois que j'aime pas la routine, mais c'est inconscient. Je fais pas exprès de mourir tu sais.
- Mais c'est toi qui parles de routine, là ? Ca fait douze fois que tu meurs ce trimestre !
- Oh Gweltaz, casse-moi la routine, casse-moi la routine, je t'en prie !
(fondu déchaîné)
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04 juin 2008
"J'étais tombée dans l'amour..."
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J'ai haché menu toutes nos scènes, j'ai dispersé les photos, un coup d'épée dans l'eau. Mais j'ai cette forme parce que tes mains. C'est comme si. A cause de.
En dépit des mauvais sangs, des colères épidermiques, des fureurs, du pathétique d'une explosion qui naîtrait d'un retard, d'une absence de regard, ou pire encore, je voudrais que tu m'aimes comme un seul homme.
XXX
J'aimais bien l'idée d'être sauvée, d'avoir besoin de quelqu'un. J'aimais bien cette idée-là, que tu te penches au dessus de moi et que ça me ramène à la vie. Evidemment. Je ne te croirai pas si tu m'aimes. Tu ne mens pas, tu te trompes. Je ne me croirai pas si je t'aime. Je te trompe. Je suis une imposture, et je ne sais pas ce que je sens. C'est cette place que je n'ai pas eue, et j'ai le vertige de la liberté: l'angoisse sous la peau.
- 60 euros.
XXX
Tu vois, tout bien réfléchi, je n'aime pas trop me sentir vivante. A chaque fois, on dirait qu'il faut que je le paie.
XXX
Tu disais toujours que tu avais peur que je guérisse. Tu craignais de me donner l'impression d'être plus vieille, moins entière. J'étais terrifiée à l'idée que tu aies raison. Je n'ai pas confiance en mes convictions. Je m'en cognerais presque la tête contre les murs tellement c'est ignoble de sentir si vide, si longtemps.
XXX
Depuis mon père, je ne me fais plus d'illusions sur personne. Quand ça s'agite entre mes côtes, quand ça cogne mon palpitant, j'ai l'impression d'être de ce monde.
Je voudrais me faire des illusions.
- Crois en Dieu.
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J'ai ma mythologie personnelle. Je croise des icônes qui me sont saints, des reliques intimes intérieures: un lutin bancal,un koala empaillé, une sirène noyée par trop d'air, les verres intouchables derrière la vitrine de ma mère, ma mère en vitrine, belle à se damner.
- La messe ? j'la sais pas.
XXX
La main de mon fils est presqu'aussi grande que la mienne.
Je lui donne la main. Ce n'est plus le contraire. Ca me donne le vertige des bras.
- Lève les yeux.XXX
J'aimais l'idée que tu me sauves, que tu m'emportes. J'ai beau m'être résolue à tout, j'ai cette absurde croyance, de confondre l'amour avec toi.
- Ne dérange que toi.
XXX
J'ai marché dans l'amour.
Voilà, cette odeur, je m'en débarrasse pas.
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