12 janvier 2008

A vendre

Voilà, je suis là, et je regarde cette maison, façade rouge, murs épais de plus d'un mètre, encadrements de fenêtres blancs, toit de tuile, trois entrées indépendantes, deux salons, de 40 m2 chacun, une petite chambre, une grande, un couloir immense,  un grenier, une double cave, une cuisine de restaurant, avec son annexe, une salle de bains de cathédrale, avec une mezzanine. Oui , la salle de bains mezzaninée. Très jolis parquets, murs blancs, plafonds très hauts, sol de pierre, un peu de marbre d'Italie. Un escalier , beaucoup de recoins. C'est un vieux mas du 18 ème. Ca en jette, hein ?
Pas de lampes, des ampoules  à même le mur, ici. Presque pas de meuble, un piano, encore des cartons,  des choses à monter, beaucoup de papiers, ça résonne beaucoup, pas de rideaux à nos fenêtres.  Beaucoup de pas fini, un bordel infini, des livres, des disques, deux chaînes, deux ordinateurs, deux voitures, une télé, un garage comme une petite maison plus loin,  avec ...je ne sais pas, je n'y suis jamais allée. Je ne suis curieuse que des gens. Et encore, ça me passe...

Un jardin, petit, quatre ou cinq vélos, des arbres qui mettront cent ans à pousser.  J'ai lu quelque part, que l'optimisme c'est d'acheter deux glands et un hamac. Optimiste, je l'ai été.  Il y a un olivier, celui que j'ai planté quand mon fils est né. Je voulais faire du symbole, je voulais être une fille bien, avec des idées de livre, tu sais. Une fille qui s'émerveille avec la nature, qui regarde le monde et y trouve des inclinaisons. Se remplit de l'univers et se sent "partie" dedans.  C'est loupé.

Un chemin, un immense champ un peu plus loin, un monticule, un terre plein. On voit la vieille ville, tout en haut. A Noël, c'est joli. Ca brille.  Des voisins, peu, complètement cinglés. Qui se font des procés pour douze centimètres de terre. Je ne les reconnais pas au supermarché; on m'appelle la sauvage dans mon petit quartier.
D'autres auraient fait de "ma " maison un palais, un endroit chaleureux, organisé, accueuillant. Il y  a "tant de possibilités" disent les promoteurs immobiliers. Le tranchant du signifiant me donne envie de mordre. Chez moi, c'est glacé, inhabité et en même temps c'est la cacophonie. Comment dire ? Chez moi c'est trop d'espace pour si peu de chaleur, beaucoup de bruit pour rien.
Je regretterai pas ma maison.

 

Je m'en fous de l'espace, "Everywhere I go my giant goes with me...", etc etc, c'est le temps d'avant, la nostalgie de ce qui n'aura même pas été, qui me fait la béance, là. Une ouïe de poisson, qui s'ouvre, agitée, qui baîlle sans bruit,  qui peut plus respirer.

J'ai pas peur de quitter, j'ai peur de me perdre.

J'ai pas peur d'être seule, j'ai peur d'aimer ça. 


Même, je voudrais que quelqu'un me lâche la grappe, quelque part.

Et c'est ça qui me foudroie. 

 

12 novembre 2007

Sheets & Shit

And the one thing you taught me 'bout human beings was this:
They ain't made of nothin' but water and shit

 

Tu avais oublié,  comme tu aimes sentir ta tête toute petite entre deux mains.  Oublié, quand on fait semblant d'écouter, de se parler; le haut du corps encore social, courtois, mais serrer les jambes sous la table. Le soupir qu'on déguise en sourire. Quand on tangue des yeux avant le naufrage. Oublié quand on se goûte avec les doigts, et puis avec la langue, et maintenant tu sais: c'est ça qu'il faut emporter ou juste se  souvenir. Un goût qu'on ne retrouve pas. L'emboîtement de deux machoires, et se serrer jusqu'à sentir les os sous les doigts. Un avant goût de mort, mais bon.

Oublié combien c'est fébrile, délicieusement ridicule d'arracher des vêtements, oubliée la petite fièvre, le chaud devant, et quand les battements de sexe se confondent avec les battements de coeur, qui fait que le malentendu existe. Le bruit un peu bête des ventres qui claquent;  les coups de tête involontaires, comme des présages;  les jambes qu'on lève encore plus haut, se prendre aux coups, les jambes à son cou,  au cas où ce serait possible d'être vraiment comment ils disent là... défoncée ?   Ho. Ca doit être quelque chose, mais bon.

Jouir, c'est tellement mieux.

Oublié quand les respirations s'accélèrent, et les souffles qu'on ne retient pas, quand on a envie de mordre, parce que l'autre ne comprend pas qu'il ne faut surtout pas partir, pas là. Et c'est sa condition pour rester. Le malentendu transpire, déjà. Et quand ça commence à se gripper fort, s'épreindre avant l'implosion, la suée entre les doigts, l'orgasme peut-être, mais depuis qu'il est connu, il n' est plus un but dans l'existence. C'est juste un bel aléa.


Jouir, c'est tellement mieux.


Oublié, quand le sourire de fin, amical et déja lointain, tu as toujours envie de t'enfuir. Et il faut recommencer, et c'est non non, mais on commence à reconnaître l'odeur, la main, la ciselure du puzzle; le corps épouse mieux les contours de cet autre qu'on voudrait tellement un peu aimer.
Et  c'est dans l'autre sens, cette fois, ventre à terre, et voilà; le mouvement empêché, tenue, bien attrapée. N'importe qui alors à sa place, puisque tu ne le vois pas. N'importe qui à ta place:  l'interface serait illusoire. Le malentendu persiste. C'est ici que nous devenons cent mille, on ne fait jamais Un que dans les films, ou dans les rêves éveillés. Quand le souvenir embellit ou que l'anticipation sublime.  Plus longtemps cette fois, puisque pas le droit d'être mobile, mais immobile, l'orgasme ne vient pas.
L'orgasme n'est pas un but, juste une chance à saisir, comme une occasion sur E-bay


Jouir c'est tellement mieux.


Après, c'est l'abandon épuisé, enfin, il faut le feindre. Quand c'est encore électrique, qu'il ne faut surtout plus toucher. 
Et puis la main qui tapote comme pour te calmer... déjà ?  La dérision et l'ironie, le couperet de deux sourires pour se protéger d'une ressemblance interdite. La présence tient lieu de trajectoire. Déjà machinale. Au rythme convenu.  Pourquoi toi? toi, tu étais là. C'est pour ça. Et c'est l'autre que je préfère, l'enfant de Bohême, et tralala.
Le malentendu, l'hystérologie. Trouve d'abord. Cherche après. 

L'orgasme, ça ne se cherche pas. 

Jouir, c'est tellement mieux. 

  

Et la main qui reprend ton visage comme pour signifier, ça se fait, qu'il aime aussi le reste hein... enfin pour bien dire à ton cul l'importance qu'il n'a pas. Oui, mais toi, la vanité de ton cul, tu la connais déjà. C'est la condition de l'orgasme: savoir la chimère, connaître l'insignifiance, comprendre la fatuité. Se servir de l'autre pour décoller. Sans culpabilité.

Un acte de désir, c'est ça qu'il faudrait, à défaut d'un acte d'amour, parce que l'amour, c'est comme un zéphyr, un bien joli mot pour juste un peu de vent.

Un acte de désir il fallait, mais pas ce passage à l'acte-là. Et tu le savais déjà.

La condition du jouir, tu vois, c'est avoir des comptes à régler, des besoins de convaincre vains, des choses à dire qu'on a du taire, des trucs à prouver à quelqu'un qui ne le saura jamais, des promesses, des vengeances à remâcher, beaucoup de culpabilité... Toutes les conditions sont réunies, c'est certain, ça, oh ça, oh ça, oh ça... oh oui, oh oui etc ad libido,  tu vas y arriver.

- On se revoit quand ?

- Ha mais non, on ne se revoit pas.

 

  Et c'est là, oh oui, c'est bien juste là: 

Jouir. L'échec à soustraire.


 

 C'est tellement mieux.

 

 

 

 

 

24 octobre 2007

A mi - chemin


podcast
 

Résister patiemment, parfois avec les poings de la colère, je crois que je le fais mieux que personne. Finalement.
J'y mets plus que du coeur, j'y mets toute ma foi. Chaque fois que je prends la parole, c'est comme si je la vomissais, comme on rend son âme. Ce n'est pas seulement pour s'écouter pleurer, désirer et symploquer dans le noir dans le soir sera ma mémoire  qu'on va creuser le trou de la sécu chez les réducteurs de crâne. On y creuse son trou, un peu. Dans les plis des canapés qui ne sont pas des lits. On y va pour prendre la parole et un peu la garder, un peu l'entendre, ce TU avec lequel je m'adresse à moi -même, plein de mépris, toujours effacé, puisque cette place, j'ai beau m'asseoir dessus avec entrain, je ne la garde jamais, je m'efface comme on se lève devant les personnes âgées dans les trains.  C'est comme ça.

Je m'invente des fonctions pour me faire croire à ma personne.
Une profession pour dire "je  sers à quelque chose"
Un enfant pour dire "j'aime"
Un homme pour dire "j'ai un corps",  un homme pour  jouer à dire "encore".
Une profession qui ne sert plus rien, un enfant pour comprendre que je vais mourir, un homme pour se dire qu'il faut partir. Encore partir.


Je colle tous les fragments, dans un espoir de personnification. C'est une pièce en trois actes.  

 En un jour  : Ce fut un grand moment, ce jour où j'ai cru que je devenais une personne parce que j'accolais mon nom au tien. Ce n'était pas par profession de foi, c'était pour se rejoindre,  c'était un samedi et ça ne se fait pas chez moi.
Nous n'avons pas osé dire que c'était pour prendre une parole, ce Oui qu'on se disait là. On disait "C'est pour le rapprochement, histoire de paperasses" Enfin non, toi, tu disais pas ça.

 En un lieu : Ce fut un beau moment quand il est né notre fils, ce nom qu'on lui avait choisi, et si petit dans tes grands bras, et tes yeux qui ne le quittaient pas, et lorsque je pleurais, parce que je ne savais rien, et lorsque tu trouvais la solution, toujours et que je surenchérissais du tout-à-attendre tellement je me sentais rien.  On disait que c'était normal, que c'était difficile, avec mon passé, et le reste. Enfin moi non, je ne disais pas ça.

Ce fut un terrible moment quand il est mort mon père, et que mon corps en entier s'est replié dans sa main. J'étais celle qui peut enfin dire son nom, je suis la fille de mon père.  Et ne me demande plus rien.  J'ai brandi ça comme on profère,  oui oui je sais j'avais des raisons. Tu as regardé par terre, tu savais que je tiendrais bon. Alors tu es parti en guerre, comme font les hommes qui renoncent, droit devant, pas un pas en arrière, le travail comme une obsession. Enfin, toi, tu ne disais pas ça.


Je dis ça, je ne dis rien, je ne changerai pas les choses. Je voulais juste mettre des choses en place, quand bien même moi je ne l'ai jamais tenue.
C'est de la faute de la parole. De celle que je n'ai pas tenue, de celle que je ne disais jamais. De celle que j'ai prise  à ta place,  et vice et versa.

  
Aucun méfait accompli.
 

27 septembre 2007

Automatique

J'ai regardé l'incendie de plus haut que moi-même.

- La flamme associée au feu, les deux M qui brûlent, accolytes cramés.

- Un certain contrôle postural, stabilité de l'épaule, calligraphie régulière, quadripodie latérale, droitière amoureuse de toutes les gaucheries, mal à gauche , beaucoup beaucoup trop, j'écris de moins en moins pour l'autre.

- Connais-tu ce jeu là ? La statue sur la chaise ?   C'est un jeu canadien. S'asseoir sur une chaise de telle sorte que le dos ne s'appuie sur rien, croiser les bras sur sa poitrine, se mettre en boule, menton au plus près de la poitrine, tenir 30 secondes, et sans rire !

Je tiens trois heures durant, en pleurant.

- Le sentiment d'appartenance m'échappe comme le sable des mains. Je ne retiens aucun slogan, aucun signe de ralliement. J'aurais aimé suivre un panache blanc, aveuglément.

- Toute question amène une réponse. Chaque réponse ferme la  porte au questionnement, impolitesse interrogative. La réponse comme le drame de la question.

 Je ne demande rien à personne.

"Penser c'est interroger la pensée du corps"...Mon corps forclos; délibération interne du jury. Je rentre en moi-même, j'abats toutes les cartes des identifications, je massacre avec une jouissance infinie le fantasme de l'autre.

Il n'y a plus personne.

Etendue, mon corps se tend.

Penser par soi, et quand bien même le néant.

16 août 2007

Je t'écris pour te donner un peu de mes nouvelles.

Tu serais étonné de savoir combien je vais mal. Non non je me suis dit, à la parfin, il faut quand même que tu sois au courant. Je te propose de commencer par le haut, comme lorsque nous.

Tu verras que j'ai perdu quelques centimètres, c'est à force de sabrage de têtes, d'enculages d'inconscients, à force de lapider tous les espoirs, les pas permis.

Tu la vois la ride du lion, celle dont tu disais qu'elle me faisait le front intelligent. Elle se creuse, et  pour ce qui est du rugissement, qui va piano, car là, c'est à peine si j'articule.

Tu constateras au détour de ce que nous pourrons , dans un accés de délirium appeler,  une caresse, que la bouche et les commisures levées,  le côté carnassier de la machoire, ne sont  plus qu'un sympathique souvenir.

J'ai voûté mes épaules, pour m'habituer à vivre dans du plus étriqué, dans du rêve raisonnable,  onirisme à loyer modéré, et je calcule savamment  combien, combien de temps. Mais je n'ai pas la bosse des maths, j'ai juste plein de gnons, je me casse la gueule plus qu'il ne faudrait , je sais.  

J'ai réalisé en préparant quelques sacs pour quelques moments loin de mon étouffement, que je n'emportais que du noir.

J'insiste, j'insiste, tu m'as demandé, quand je me suis ramassée la gueule si ça allait, alors je t'explique.

Sans commentaire. Je me trouve tellement symbolique et convenue  que je ris parfois de mon pathos, sur ce que je jette de bouteilles à l'amer , les colères qui me filent l'impression d'avoir encore la force de me trouver digne , les fuites que je projette et dont je ne suis même pas capable, celles que je choisis aisément ratables, histoire de m'enfoncer un peu plus, de me dire que c'est fini, ça , ça aussi.....Je suis en deuil depuis tellement longtemps que j'ai l'impression que je ne peux plus que mourir maintenant.

J'ai l'impression d'un  SPM  permanent, une préménopause génétique, je pleure sur ma gueule à peu près chaque fois que je me regarde. Quand je me lave et que je croise ensuite ma tête , le mouillé de mes cheveux, je repense à une plage où on n'est même pas allé, évidemment,  je repense à quand nous.

Le moral sapé , de la guenille haut de gamme.

J'ai toutes les fureurs qu'il faut, mais trop fatiguées pour me faire agir. Je n'ai jamais su me faire de bien et ça continue. J'ai pris les victoires des sevrages, les dépassements sociaux si mal partis, les passages , les affrontements pour des réussites. Maintenant je sais . Je sais que non.

Qu'est ce que je vais devenir je me dis et je te regarde te taire, et je tends toutes les oreilles pour savoir s'il faut baisser les bras, ou essayer de jouer une fois encore les atlas.   Les autres savent sûrement mieux que moi. 

Je sais que la prochaine fois que je te dirai que peut être, je serai renvoyée dans mes arrachements. Je voudrais dire ici tout le tyran que j'ai créé. Mais j'ai assez suffoqué à tenter de  nuancer,  j'ai peur de vomir si je me mets à raconter.

Je sais que ta voix, que tes raisonnements, que lorsque nous.

 

Je t'écris pour te dire que je ne peux plus te parler, que je dois m'en aller. Que j'ai peur à en crever. Et que tu vas dire : "c'est ton histoire", pour éviter de décider.  Et que je voudrais te tuer.

De rien savoir partager.

 

 

 

 

09 août 2007

"Prêtez moi la respiration légère et facile"

 

Undone

Si c'était à refaire, si la résurrection, et avec tous les si, et les fa daises mineures je serais juste , juste lucide.

Que chaque jour soit une vie, avec une naissance autre qu'un jour et une nuit,

par exemple,  

Naître, bien douloureux, aux forceps, le crâne étriqué, histoire de savoir à quoi s'attendre, et puis mourir dans  une mort qui râle et qui n'en finit plus.
 

Ecouter des disques et chanter avec des sillons  le reste du temps.

 

Voilà.


J'ai certainement trop lu, et je rajoute des compléments circonstanciels à ma vie.
Des "objets" indirects. Des essentiels dans la tribu de mon sujet.

Et des vieux meubles aux portes impossibles à fermer, qui semblent faire de grinçants clins d'oeil.

 

-=-=-= 



Moi j'ai peur des saints, j'ai peur de la belle indifférence, des yeux de christ levés trop haut. Je lis du mépris dans la perfection qui me toise. Moi j'ai la bouche encore dodue d'enfance, mais c'est parce que je boude trop. 

J'ai repoussé la couverture comme l'autre embrassait l'aube d'été, lui dans l'amour et de l'avant, moi dans la trouille , en reculant.
Aujourd'hui chacun ressent la chaleur de la canicule. Personne ne sait pour qui c'est le plus terrible. A dire vrai, tout le monde s'en fout.

On ne se rappelle pas les mêmes souvenirs. Nous donnons un sens différents aux mots. A nous deux,  à nous mille, rêves réunis, l'histoire ne serait guère plus longue. 

 

-=-=-=- 


Le docteur en or glacé me disait toujours qu'il s'etait occupé de ceux qui sortaient des camps de la mort. "Il n'y avait pas de névroses, il n'y en avait pas"
Prenez moi ce délicieux coktail. Un autre valium peut être ?
Je le trouvais dégueulasse, mais je crois qu'il  avait raison. Je pouvais me payer le luxe de la tristesse, moi. De l'angoisse aussi. J'avais que ça à faire, aussi.

Un peu comme un blog.

Comme appeler au secours quelqu'un qui, c'est sûr, ne viendra pas. La seule respiration contre un néant mégalomane.
Une lente histoire d'amour, ma plus longue histoire de toujours. Une agonie rabattue, battue battue tu bats le tapis et tutti quanti.

Je le savais, je ne l'avais jamais dit. J'ai préféré ne rien déterrer. Parfois je souffle sur cette braise. Mais je finirai par fermer les yeux.

 

-=-=-=-

Quand tu n'as eu aucune place, que tu tangues ,  en équilibre, dans le puîné,  que tu détestes danser, et qu'en plus, tu souffres de judéité, qu'est ce que tu veux ? C'est râpé.


J'envie la race solaire, les ventres repus, les yeux clairs. Enfoirés.
Ma race de lunaire, satellite obligée.
Je n'ai pas de souvenirs, dans ma mémoire ne se bouscule rien, rien que de l'atrocement collectif,  que des attentes, à la queue leu leu, et au fur et à mesure, de la maturité, comme un jeu de quilles. Hop.  Et de une.

Attente éliminée.

Attente vaine.

Attente en bois.

Attente pointue. 

Attente Non mais tu rigoles ou quoi ?

Next one ?

 

-=-=-=-

Si tu nais aux antipodes, tu domptes tout ça en chantant le blues, mer et or, en buvant du scotch, amer et or, tu regardes toutes tes vacuoles, tes pores béants comme des tombeaux et tu fredonnes, tout éraillé : I've got the blues dans un sublime accord de la mineur.

 

Ca s'appelle la sublimation.

De ce coté du pôle, tu fais un amer désordre.

Tu écris http  slash slash devant. Et hop.

 

Ca s'appelle un blog à la con.

03 août 2007

Nonfiction

 Elle s'est mis à hurler un peu plus vite que l'autre. Mais la rue était déserte, et personne ne sortait même quand ça hurlait. Depuis longtemps. Après quand ils ont fini, ils ont bu de la bière. Elles s'étaient blotties l'une contre l'autre et elles ne les regardaient pas, espérant sans le savoir, une certaine réciprocité.  Qui n'eut pas le loisir d'exister. Ils les étranglèrent posément, et avec une efficacité qui laissait présager une certaine habitude.

 Il devrait y être depuis cinq minutes, et il n'a plus envie d'y aller. Il ne veut plus le téléphone, plus marcher sur les boulevards, pas entrer dans les magasins. S'il avait été cul de jatte, on lui aurait accordé le droit de mourir, alors il voudrait bien que son handicap se voie davantage. On lui pardonnerait son suicide qui aura lieu dans exactement deux minutes et quarante trois secondes. Tant pis, un suicide sur deux pieds parfaitement valides.

 Toute seule un sale moment tes marteaux mon père manquent. Tes bons dieux de marteaux frappés, coup double grâce de l'écho cogné et merde parfois sur les doigts. (V. Rouzeau)

 Il y a ces cris , cette stridence de l'enfance excitée. C'est parait -il, les meilleurs moments. L'âge qu'on cherche à retrouver après. Les courses, les genoux écorchés, les s'il te plait deux mille fois répétés, les nononon je l'ai vu en premier, ouiouioui je veux pas me coucher. Cette spontanéité.  Cette innocence. Cette innocence, à l'heure qu'il est, il faut que je vous dise, j'ai envie de la noyer.

 J'ai vu sur cette plage ce couple là. Elle sortait d'un Vogue , et lui aussi. Ils faisaient des clapotis dans les vagues; elle riait doucement , il la regardait. Ils étaient beaux comme des statues. J'étais seule.

J'aurais volontiers pleuré sur mon sort, pour pas changer. Mais ils sont arrivés, la mère usée, fatiguée. La fille un peu gênée, le fils décomposé et l'aînée, toute déformée, le corps, la tête,  polyhandicapée, elle faisait des vagues avec chaque clapotis, criait. Hurlait. Personne n'osait la regarder. 

 Je n'ai même pas pleuré sur son sort. 

 Voilà, ils m'ont demandé de regarder la beauté du monde, de détourner mes yeux des choses qui faisaient mal. De continuer,  de me contenter de ce que j'avais, parce qu'il parait que j'avais.  D'écouter la rumeur du monde. J'ai dit je veux bien essayer.

J'ai  regardé partout. Tu vois, j'ai regardé partout.

Et j'ai augmenté  encore, encore plus fort le son de mon mpwoman. 


podcast

28 juillet 2007

The Pros and Cons of Holidays (You want to be the bastard of yourself)


podcast

 

 

Souvent les enfants s’inventent une famille, une autre origine. Moi je m’invente un correspondant intéressé, et c’est peut être ça aussi, le blog, du domaine du roman familial,  mais , qu’est ce qu’on s’en fout. C’est toujours comme ça, en vacances, le bloc et le stabilo bionic. Parce qu’il coule presque aussi fluide que les pensées, quand elles le sont.

 

Personne n’a rien à dire à personne. Et quand miracle, c’est le cas, on ne se dit rien. Ca m’épuise.

 

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Aussi longtemps que possible, j’ai retardé le moment de savoir. Je préférais m’écorcher dans le silence ou les aveuglements.. . Egratignée, myope à mort, je suis censée entendre mieux, voir plus clair. Ca ne change pas grand chose. Ca me fatigue.

 

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Ignores-tu qu’au delà de ce que je contemple, les paillettes d’or dans tes yeux, c’est autre chose que je contemple ? Je me fous de nommer le sentiment. Il m’intéresse bien moins que toi.

 

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Cette maison de vacances pleine d’ombre fraîche, avec des placards noirs comme des avis de décès un peu partout, et l’amour du Sénégal, en photo, en masques au mur, sans doute pour aplanir, justifier, excuser l’opulence, la réussite, la piscine. Je n’aime pas cette maison. Mais je veux bien y vivre. Je veux bien vivre n’importe où, si ce n’est pas chez moi.

 

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J’ai les mains liées encore et je le sais. Je n’ignore rien des cordes que j’ai moi même nouées. Mes mains ici sont lisses, décloquées, nada niente la paume nue. Et j’ai peur.

 

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Comment est tu devenu celui là ? Je  m’interroge , seule, et c’est peut être encore pour ton bien ? J’ai aimé cet au dessus  de moi, cette distance. Elle me donnait peut être ce que je cherchais, à mon insu : le sentiment de mon impuissance.  Et ainsi, lorsque tu me possédais, je croyais que j’avais gagné une bataille. Pardonne-toi.

Quand donc est apparue la brèche ?

Quand la tendresse est devenue le geste automatique et saccadé, un miel que je déteste ?

Quand je n’ai plus ri  de tout ce que tu ignorais de moi ?

Quand donc est apparue la brèche ?  Comme une confidence que tu m’aurais faite, en somnambule, cette confidence, ce secret : »On ne s’aime plus… »

 

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Après une analyse, on ne tombe plus jamais amoureux, disait –il, le docteur en place.

Disons qu’on ne tombe plus. Et moi, finalement, je ne m’en réjouis guère.

 

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Je ne peux pas te dire.

Je serre les dents, je serre les yeux comme des poings.

Je me serre de toi.

 

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Retrouvée, la fratrie, la seule famille qui me reste, les seuls sangs liés d’avant. Il faut rester les enfants que nous n’avons pas eu le loisir d’être, et rire, et se rappeler celui qui. Le reste, je préfère ne pas voir.

A quel point le droit d’aînesse est quasi un droit de savoir mieux que moi.

A quel point le cadet  est loin, parfois. Juge , mais déjà parti.

A quel point je ne suis pas vue.

Alors, on rit, on rit. Je ne peux pas me payer le luxe de cette lucidité là. Après le Père, le compagnon, si eux aussi, je les perds….Je serai désaliénée, libre, autonome.

La belle affaire.

 

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Et j’écoute Lie to Me, la belle coïncidence.

Let me believe in something, bordel.

 

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Chez l’hystéro phobique, tout changement de repère crée des perturbations somato psychiques  tellement chiadées qu’on dirait un concerto de musique baroque (en moins bien)

Là, j’ai le nez sec, sec et j’ai envie de pleurer, et j’étouffe et merde à celui qui lira. Mais bon, tu vois, moi j’ai mûri, haha, je sais bien qu’on récolte que ce qu’on m’aime, et comme y a dégun, ben normal que je  sème rien.

Et puis j’ai mon rituel Ajarien. Je mets la photo d’Hitler sous mon lit. Quand je m’effondre, je la regarde et je me dis que ça fait déjà un gros souci de moins.

 

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Attablés, à se souvenir de tous ceux que nous avons perdus. Génération Sida et Héroïne, Je ne te dis même pas combien, tu vas dire que j’exagère…Tous ces morts avant trente ans. Je nous regarde, les épargnés et je dis :

« Vieillir, c’est connaître de plus en plus de gens qui sont morts »

Ils rient. Moi pas.

 

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Détends toi ils me disent, tu as l’air à cran. C’est toute cette détente qui me fait bouillir, moi je crois. Attends me dit mon frère bodybuildé qu’on dirait Patrick Swayze, mets ta jambe droite en face de ta hanche gauche, un poids de trois ds chaque mimine et avance le plexus jusqu’à l’os iliaque…

Moi je dis non je cours sur le périmètre de la piscine salée et je hurle I LOVE YOU SUGAR KANE , je m’en fous de l’absence de quadriceps visible, le corps dur et androgyne de mes vingt ans hahaha, je m’en tamponne moi, j’ai la mollesse souplesse conforme à mon âge, femme absolument, ça me fait accueillante je te dis, y en a marre du phallisme, salaud de musclé. Ca me rend tendre, moi je te dis , connard  !

-       -   Non ça te fait juste molle, ma cocotte.

-         - Et si je te  fous deux poids de trois de chaque côté du crâne, ça te rendra plus diplomate?

 

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Quelqu ‘un m’a dit Arrête toi, tu es une personne suffisamment bien pour te tenir compagnie à toi même. Je me suis étendue sur le brûlant par terre, brûlant comme ma colère, ça a fait négatif  plus négatif, comme en math, résultat positif glacé.

 J’ai pensé à tout .

 C’est comme penser à rien.

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Lie to me.

Come on, it’s easy.

Let me believe in something.

 

Oh et puis ... non finalement…

 

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REMERCIEMENTS : à Damien Rice, Sonic Youth, Truly, Jeff Buckley, au soleil lorguais qui m’a fait l’épaule épice, strola classe, et je m'en fous;  au sel de la piscine qui m’a fait la dreadlock impossible à dêmeler, au type en vélo rouge de chaque matin dans le maquis derrière la piscine, qui me regardait nager, qui m’a donné le sentiment d’être une exhib, quand c’était lui le voyeur. Mais ça m’a occupé.  Olé.

04 juillet 2007

Un pas.

5df3b6f9f2e11bd72729f12bbc426af0.jpg(déséquilibre. Phasme) 
Souvent, te voilà, comme retardée de l'émotion, là, contre le temps, arythmique, toi et tes problèmes de sans coeur.

Jusqu'ici tout va bien, tout va, tout. Et voilà, l'acmé de l'angoisse, l'apothéose du désespoir, la colère la rancoeur le point de non retour, parce que.
Un rien.
D'autres fois, c'est toi, l'anticipée. La déjà amputée, la perdante, visionnaire paniquée. Parce que.
Quand sa petite tête tellement solide, tellement vivante chaude contre ta joue qui a retouvé les tremblements fragiles de ce qu'ils appelaient "ta spasmophilie", sa petite tête tellement lucide, ses deux dents dentelées "Qu'est ce qui va se passer maintenant ?"
On t'avait dit qu'un jour tu ne te souviendrais plus de quand il ne parlait pas.  Tu n'aurais jamais cru que tu regretterais.
Je sais tu sais je sais tout ce que je sais, mais que veux tu,  tu es amoureuse de spasmes, les docteurs te l'ont dit. Ca fait des vagues, tant de remous, tant d'amour liquide...
Comme une gifle qui te réveillerait, espèce d'évanouie, espèce de pâmée...
Le temps d'après, habituellement en écho avec le radieux avenir, rimant avec promesse, en assonance directe avec l'apaisement.
Cet après, comme la couche d'avant.
Ce temps d'après qui te fait , toi, comme un à l'envers de nostalgie, espèce d'anticipée, espèce de contretemps , un a l'envers tant redouté, en dentelles en poudre de riz en coeur serré en rien désertique en manque en creux en silence en absence en contre jour
et ses petits pieds tellement solides, tellement plantés droits, ses petits pas tellement plus loin que les miens
Je me réveille de la gifle, espèce d'assomée, 
et je me souviens combien  je sais courir vite.
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 (Engagement. Phasme)