26 mai 2008
Des fois, je révise mes classiques.
Et je me dis que je devrais réviser plus souvent.
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13 décembre 2007
Travailler, prendre de la peine...
Il s'agirait d'une fiction, bien sûr. Ce serait une nouvelle un peu longue, un petit roman. Le propos serait déchirant, on y parlerait de mort, on y parlerait de la vanité de vivre, on dirait, que le "fascisme commence quand un homme et une femme se rencontrent."
Je veux dire, ne te méprends pas. Cela ne foire pas que pour les hétérosexuels. Il s'agit juste, juste de la difficulté de se rencontrer dont ce livre parlerait.
Il faudrait que cela réflechisse plus loin, qu'au delà de l'anecdotique, de la "petite histoire", on envisage aussi toute la difficulté qu'il y a à se parler. Comme dans un certain conte, où les mots qui sortent sont diadèmes ou crapauds; dire combien les mots sont redoutables, exhibés ou ravalés. Parler, c'est mourir.
Et les demi-mots sont pires. Ne rien dire, c'est tuer.
Il s'agirait vraiment, vraiment, d'enfin la prouver, ta théorie, ma fille.
Il s'agirait d'une fiction, bien sûr, et l'attente et l'impatience, le contrôle seraient les personnages principaux.
"Quand attendre devient trop douloureux, quand attendre , ça devient ton seul vivre, retire-toi, en premier, tu ne gagneras aucune présence, mais tu garderas un peu de dignité." dirait le narrateur, à un moment donné. Omniscient et désabusé.
"Quand tu as le sentiment de ne plus rien contrôler, que tout t'échappe, que tu ne peux rien anticiper. Peut être bien que tu as tout à y gagner." dirait une femme, à moins que ce ne soit moi, là, je ne sais pas.
Il y aura beaucoup de phrases comme ça, dans cette fiction-là.
Il y aurait des dialogues, des dialogues de sourds plein de mépris qui disent rien, tellement ils ont peur de se dire. Tellement ils ont peur de ne rien dire.
C'est du café, je n'en prends pas / tu travailles cet apres-midi ? / Je ne crois pas / Te voila agnostique / Non j'ai perdu la foi /
il y aurait des mots comme ça, des silences, des ellipses, comme des insultes, parce qu'insulter, après tout, c'est être civilisé. Mais l'ellipse donne l'illusion de la politesse et du respect.
Flotteraient des je t'aime jamais prononcés, des j'ai besoin de toi, des "j'ai tellement ta tête dans ma poitrine" des je te voudrais toujours en moi et je sais que je ne le veux pas. Des Je te regarde et j'attends les mots de tes yeux pour que tu me dises qui je dois être, Des Je n'ai rien vu dans tes yeux qui me dise comment m'aveugler.
des choses comme ça au-dessus, aériennes et cachées, angéliques ou à gerber.
Ce serait du théâtre peut-être.
Je ne sais pas. Il s'agirait, dans tous les cas, d'une histoire où je mettrai beaucoup de toi, mais aussi de ce que j'ai éprouvé, ça et là.
Je sais la normalité de l' "aimer" et du "travailler", l'inconscient s'exprime à l'infinitif.
Je vais me mettre au travail.
Car on doit toujours ne faire que ce pour quoi on est particulièrement doué.
Je serai normale, à moitié.
Nervous Bride. Songs:Ohia
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29 novembre 2007
pffff- Le best of de la compil du retour.
J' en ai marre -II (la partie 1 est en dessous, mais bon, franchement ne perds pas ton temps, je dis quasi la même chose)
Mais on me dit "Mais...heu..l'enfant, le travail, et la lumière bleue de l'automne ? hein ? et l'écriture, l'ârt...? " avec des tremolos dans la voix.
Je dis "Ha oui, mais moi, je vais pas jouer les toute-puissantes, j'ai des épaules petites, je dois vous avouer. J'ai jamais pensé que je pourrais protéger qui que ce soit de tout. J'ai baissé les bras le quatorze juin dix neuf cent soixante neuf, je crois. Ma mère a fait une sale gueule, je dois dire. Il parait que je voulais toujours dormir seule. Nourissonne et déjà tellement lucide. Quasi visionnaire, les gars. Avant tout commencement du drame, on connait déjà celui d'exister. To be or not to be, l'Etre et le néant du vomi des mains sales, et tutti quanti. Et puis, la lune, moi je m'en fous, j'ai envie d'un autre avec qui conter, pas sur qui compter, si tu vois la subtile différence ."
Mais On voit rien. Limite On s'en fout.
Mais on me dit plus rien, je dois dire. Je suis obligée de payer un mec soixante euros pour qu'il m'écoute sans me dire que je suis responsable de tout, et ne me demande pas de me taire parce que j'ai rien le droit de lui reprocher. Qu'On souffre. Ha oui, j'avais oublié. Ma gueule, donc.
J'ai passé ma vie à composer avec la merde des autres et j'ai dit merci, bonsoir. J'ai même fait quelques mélodies chiadées avec ça. Pourquoi m'arrêter en si bon chemin ? Ouvrons un cabinet de psychothérapie...ou peut être proctologie, va savoir.
Chaque fois que nous sortions dehors, ne serait-ce que pour vider la poubelle, on se donnait la main. Ca faisait une étoile tous nos doigts. Je savais plus lesquels étaient à moi... Il me disait "On est trop cons", et je lui disais: " Oui, enfin hein... surtout toi."
L'avenir se dessinait, déjà. Radieux.
Je pourrai mettre des pronoms impersonnels, saborder toute ma note, pudeuriser tout ça avec un zest de syntaxe perlaborée, pour me/te donner l'illusion que je ne suis pas à nue. Mais si tu savais ce que je m'en tamponne, à l'heure qu'il est. De l'intime de ma blogguerie. Du droit de réserve, et de la déontologie du tout dire, mais pas trop. On en est tous là, à se faire croire que vider nos sacs nous fera un peu de bien, et règlera, dans la foulée quelques comptes bien sentis, pour des gens qui ne liront jamais. Mais, là aussi, le code c'est de faire croire que oui, mais peut-être c'est pas vrai, hahaha. Tralalère. De battre des cils en utilisant la litote, de faire la moue en pratiquant l'ellipse; Tu y as cru heuuuu, alors que moi Boris Vian je suis : c'est faux puisque tout est arrivé, et ça pourrait être vrai puisque j'ai inventé de bout en bout... et comme j'ai mis tiret à la ligne et points de suspicion, ça te met le doute mais puissant, le doute, tu vois. Parce qu'en vrai moi, c'est l'autre. Et moi, enfin je veux dire, l'autre eh ben l'autre moi, il va super bien. Sinon strolahonte.Pfff.
Comme si c'était plus pudique, le reste, le dehors, qu'on y prenait tant de gants avant de sodomiser le néant.
Je me permets l'impudeur ici. Mais je te jure pas là, pas là-bas. Je me rappelerai toujours de la tête de ce célèbre bloggueur parisien qui se la pète grave et que la décence m'interdit de nommer ici sauf que son pseudo, c'est Byby..."Ha mais t'es pas triste en vrai ?" Non - en dehors du blog, je vous assure que je ne fais chier personne. C'est peut être pour ça qu'il existe celui-là.
J'écoute des trucs au casque, en faisant tip tip sur des touches, assez vite, c'est la classe, je reviens d'une sortie, j'ai fixé les mêmes idées dans un théâtre, un café, j'ai fait :
- ho c'est vrai ? ha non je savais pas ! ha mais vraiment...
- Oui c'était inégal comme spectacle, non ?
- Mais bon quel texte prodigieux, quel texte prodigieux, non ?
- Oui, tu as vu, lorsque le jeune frère enterre les restes de sa mère dans la cuisine, y a une conne qu'a pleuré dans la salle.
- Ouais, ouais tu trouves que c'est con, toi ?
- Ouais, complètement.
- Ha ben c'était moi.
- ...???? pfff, T'es trop con.
... Et je ris de toutes mes dents.
et j'ai la main qui fait appel d'air...
Je fais tip tip, pendant que mon fils dort bien. Merci. Et que le reste m'appartient. Que j'ai le droit d'en filer à personne. En plus.
Et demain, enfin tout à l'heure...hop hop, je me colle un sourire, je vais bosser, et je me dis "ça va aller." Parce que c'est vrai.
et sur ce , je vous jure que j'en ai marre.
23:25 Publié dans Catégorique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
Pfff etc etc...
J'en ai marre part. I
J'étais là, devant mon enième café du jour, à tourner la cuiller devant, alors que, plutôt crever que de sucrer mon café, en règle générale, comme chacun sait, puisque c'est un blog intimiste. Je me disais que le prochain qui me dirait que j'avais tout pour moi et que ca va aller, prends toi en main...je lui ferais avaler ses yeux.
Je me disais que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, parce que des fois, j'ai pas ma langue dans ma poche , moi, hein, j'hésite pas à m'asséner de grandes vérités comme ça, à la face du monde, aussi dérangeantes soient -elles. Je me disais que oui, bien sûr, je veux bien me flageller, et le dire que je flambe de la névrose comme jamais, qu'à moi toute seule, je fais le dessert et le plat de la résistance, que oui, je ne suis pas facile à vivre, loin de là, même. Même moi, je me supporte pas. C'est dire. Que c'est certain, oui oui, que j'ai tendance à transformer l'homme le meilleur du monde en goujat, génératrice de tyran. Je veux bien le dire. Je le vérifie chaque jour davantage, aujourd'hui plus qu'hier et moins bien que demain. J'ai ce don merveilleux, moi. Tu râles, hein ?
Mais tu vois, ce soir, je reviens d'une enième sortie faite pour me changer les idées. Etrange comme elles restent fixes, quelques soient les changements de paramètres, de l'espace au taux d'alcoolémie, en passant par la distance salutaire de proxémie, et j'ai envie de voir les choses sans atours.
Allez zou...A poil, les choses !
Sans auto-fouettement, J'ai envie de penser que peut être, hein, je peux m'autoriser à penser dans mon milieu on ne peut plus concerné, comme ça, pour me faire du bien deux minutes, que les hommes révèlent un jour ou l'autre leur tyrannie, et que je n'y suis pour rien. Avec ma tronche de déterrée, mes putains de larmes, ma putain de colère, ces derniers temps, j'ai vraiment envie de penser que je n'y suis pour rien. Je peux, dîtes ?
Ca me fera comme des vacances, une bande dessinée, une houppelande de bonheur éphémère et dérisoire,...si ça dérange personne. Je vais m'autoriser à le penser, ce soir. Voilà.
Vois-tu, ce que je constate et qui me rend de plus en plus amère, et déjà, avant, j'étais pas du genre Vive les petits oiseaux, hein, c'est que chaque fois que je me donne un peu, chaque fois que je fais tomber la barrière, que je cesse de me taire, je me prends une porte dans la tronche. Voire mieux.
A contrario, chaque fois que je m'en tamponne, chaque fois que je joue la belle indifférente (justement le truc c'est qu'il s'agit pas pour moi de jouer, je déteste ça, j'ai envie de crever les yeux de tous les joueurs de belote, de tarot, de mettre une barre à mines dans la bouche des joueurs de scrabble, de raser la tête des filles qui disent que tu dois attendre le rendez vous 4,2 pour dire "Quelle heure est -il yau de poêle" parce que sinon haaaaaaaan, j'ai envie de crever les yeux du monopoly, aussi, c'est te dire)
Enfin bref, chaque fois que je m'en fous, que je montre rien de mon désir, de mon attachement, puisqu'y a degun au portillon, puisque ma libido est sèche comme un hareng, sans l'odeur, que mon attachement ressemble à La bastille le 14 juillet 1789 : liiiibre. Eh bien là, mes amis...c'est Broadway. Harcèlement. Les feux de l'Amour, même. Pour un peu et si je n'étais pas si lucide sur les ravages de l'insomnie et du reste qui ont fait de moi une sorte de CamilleClaudelBeatriceDallisée, ces temps derniers, je me prendrais pour Monica Bellucci en période pétage intense. Genre j'ai toujours eu du mal à vivre avec ma stupéfiante beauté et mon charme fou, sans oublier mon corps superbe, HAHAHA. Sauf qu'il s'agit juste, ici encore, et toujours, tout simplement d'une stratégie, d'un jeu, d'un code, aussi chiant, aussi lourd, que celui du travail.
Et que les codes, j'en peux plus.
Je suis là, tu vois devant cet écran, j'ai une envie monstrueuse de me bourrer la gueule, voire de me descendre le paquet de camel, et pourquoi pas dans un élan trop trop fou, de retrouver mes vingt ans et mes narines frémissantes, si tu vois le jeu de mots trop trop de la balle. Mais je n'en ferai rien. Evidemment.
Je suis là, de plus en plus absente, de plus en plus seule, j'ai stricto senso plus personne, et je vais épargner à tout le monde pour la millième fois, la névrose familiale qui a explosé sur la tombe de mon père. Je le réalise chaque fois que je vais lui apporter quelques larmes, et un caillou. Je lui dis "Papa, depuis ton échappée belle, je dois t'avouer que ça chie. Mais grave. Je suis là, pleine de rien dans les bras, et on me dit: "Tu as tout pour toi."
Il me fait un clin d'oeil sous son marbre, et il me dit :" Arrête de te la péter".
( La suite que tout le monde attend, je me doute, hein, demain ou l'année prochaine. Soyons médiévalement fols.)
Ha oui, j'oubliais, j'en ai marre.
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21 novembre 2007
Un sursaut de souffrance tiens, profitons-en.
Assise en face, un miroir dans la tête, toujours, pour retroviser ce qu'on renvoie...le regarder parler de ses soucis, ses contraintes, ses horaires, son importance dont il se défend mollement, l'égo dans un début d'érection pourtant. Elle l'écoute, parce que ça, on lui a bien appris, ouvrir les yeux, les oreilles. C'est important.
Il a la gorge sèche tellement il parle, tellement il est content qu'on l'écoute. Alors , il commande à boire, encore et encore, et elle , polie, comme on lui a bien appris, elle sort son sac à main pour régler au moins une consommation. Mais non mais non ce n'est pas la peine tout ceci passe en notes de frais. Et je pèse trois milliards de fraises tagada. Mais je vote à gauche, moi.
C'est étrange comme on peut avoir honte pour quelqu'un et en même temps continuer de bien l'aimer, sans doute parce qu'on connait ses propres failles. Qu'on pardonne toujours à ceux qui nous offensent, à condition qu'ils ne nous offensent pas trop par derrière. Tout juif qu'on soit, la loi du talion bien rangée dans un cauchemar, de ci, de là, ou bien un éczema.
Juste penchée, pas la peine de miroiter, pendant que la jeune femme toute gonflée de crétinisme, précise qu'il est inutile d'insister, qu'elle, elle sait, que tout ceci est inutile, que sur cinq cheminots, il y en quatre et demi de fainéants, et de rire, parce qu'il s'agit de montrer que cette adoratrice de robots à deux cent cinquante euros, qui dit la météo, qui n'aura pas d'enfants parce que c'est moins drôle,( ça dit pas la météo); elle sait rire. D'ailleurs, souvent, elle dit des blagues de blonde, alors qu'elle-même a la mèche plus claire que celle d'un aryen. Preuve qu'elle sait l'auto dérision. Je travaillerai plus pour gagner plus parce qu'il y a des plus malheureux, j'te signale, et les acquis sociaux c'est rien que des privilèges. Na. Et je trouve que le string c'est la libération du cul de la femme. Juste penchée; c'est plus facile pour vomir.
Debout de côté, un miroir en face, c'est rare, pour observer les dégâts, des clichés en pagaille dans un studio glacé. La couverture est rouge, mais tout s'est passé selon les normes de l'O.M.S., on rangera sa culpabilité dans un préservatif usagé. Et on remerciera la galanterie selon les normes de Femme Actuelle, qui dit que c'est le garçon qui doit rappeler.
A genoux, cette fois, à genoux, c'est un peu comme un effondrement. L'autre a besoin de dire quelque chose qu'il ne peut se permettre de vivre que depuis le caveau qui "tua le père", depuis le miroir retourné.... et pour cela il a besoin de cracher dessus, de briser la rigolade utérine, liberté, égalité,fraternité.
En boule encore une fois, en boule, le regarder ouvrir les bras vers celui qui ne nous ressemble pas. Les genoux écorchés comme il se doit, la frange trop longue. L'oeil clair comme un étang. Ils marchent, main dans la main; de dos, aussi beaux l'un que l'autre. On dirait une photo pour Parents magazine, à la gloire de la garde partagée pour l'équilibre de tout un chacun et de dieu pour personne.
Etendue, une fois de plus, pour se dire que rien ne guérit l'absence du seul être aimant sans retour attendu, inconditionnel; que rien ne guérit le ravage de n'avoir été rien pour elle. Que tout est anecdotique, oui oui oui, toute la raison, et même le coeur le savent, mais que.
Quand même, je souffre....
(grands rires frais comme des gardons, en écho avec une reverb' électro)
18:15 Publié dans Catégorique | Lien permanent | Envoyer cette note
17 septembre 2007
Là.
Installées, on était. Moi pieds nus, ecroulée. Elle, toujours droite, même allongée. Les deux mains reposées pendant que les miennes scrutaient mes cheveux, s’envolaient pour accompagner les voix qui sortaient de l’ampli.
« Détends toi elle disait, allez »
Alors je faisais style, je respirais et je continuais de m’agiter.
On parlait. Elle avait glissé son doigt entre les pages, pour la « garder ». Elle ne semblait pas pressée d’y retourner, sûre sans un doute, de retrouver.
Je m’imagine sans mal à sa place, les yeux aussi attentifs que je peux, mais dans la terreur que le livre disparaisse, toujours dans la terreur de l’instant d’après. Toujours la peur, à peu de choses, trop près.
On parlait, enfin je me répandais. Je disais tout le mal à admettre, tout le mal à avancer. La seule vraie tristesse c'est de ne plus désirer. Je lui disais que la force de l’âge, c’est aussi de s’en foutre de la force de l’enfoiré. Tu te rappelles ? Et on était jeunes, et toute cette fierté, cet orgueuil mal placé ? Et ce temps perdu à rien chercher, et cette complaisance dans la souffrance, toute drapée. Parce que ça fait de beaux yeux. haha. J'ai tellement pleuré que tu croyais que j'avais les yeux clairs. Elle disait oui, mais.
Bref, on les enculait gentiment, les mouches, pour pas changer. Et moi je me tournais comme à la plage, une fois sur le ventre, une fois sur le dos.
« Mais pourquoi tu te mets pas sur le canapé ? « elle me disait, elle bien calée, et droite. La nuque longue et dégagée. «Parce que par terre, c’est dur, c’est comme il faudra que je sois» Je rigole, tu le sais toi.
Elle a dit «Ha »
Moi j’aime bien quand on se fout de moi, mais ça dépend qui, en fait.
Il y a des fois, par contre, je ne supporte pas.
Je suis trop originale comme nana.
Je lui disais que je pensais qu’après tout ça, eh bien moi je resterai toute seule pour toujours, parce que je suis désolée, parce qu'aimer, ça me fait chier, toute ma vie , j'ai cherché quelqu'un avec qui me taire, tu sais, eh bien, je l'ai trouvé: c'est moi. Et puis, tu connais un seul mec de gauche encore toi ?
Elle a rigolé et elle a secoué la tête. Ha si, lui ! elle a dit.
Ha mais celui là, il est de gauche mais il n’a pas le choix, tu vois. C’est comme moi tu me demandes si je suis sioniste, ben j’ai pas tellement le choix. De toute façon, je serais sioniste par conviction théorique qu’on ne me laisserait pas ce droit. Et ça me va. Alors sa gauche à lui, sa gauche, c’est pas son choix. C'est pas un vrai, alors.
Elle a fait mmmh tu me fais le plan né en 17 à Leidenstadt, là.
Moi j'aime bien quand on se fout de moi, mais ça dépend qui en fait. Quand c'est moi, ça va.
J’ai commencé à jouer avec le voile des rideaux , avec les bras, pfffiuut j’aime bien quand ca vient frôler et faire du frais, hop another time. Du frais là.
Elle a commencé à s’agiter. Elle s’est levée pour fermer un tiroir, une porte. Se redresser . « Comme je t’envie de mettre tes angoisses ici, et de les éliminer en fermant un tiroir » j’ai pensé, parce qu’hier, j’ai vraiment cru que j’’allais crever tellement la colère, la peur, le besoin d'expliquer, me faisaient comme du LSD derrière les tympans. Et puis, c'est passé. J'étais fatiguée.
J’ai demandé « Tu as mis combien de temps à réaliser toi ? »
Elle m’a dit « Heureusement qu’on ne réalise pas, si tu réalises qu’il est mort, vraiment, si parfois tu ne l’oublies pas un peu qu’il est décédé, eh ben c’est toi qui vas crever, alors ne cherche pas à réaliser. »
J’ai serré sa main, sa main fine qui fait de si jolis nœuds sur certains doigts. J’ai voulu lui dire que sa perte était incomparable, mais je savais qu’elle savait que je sais, et je savais aussi que tout ça, nous, on s’en foutait. J’ai repensé à Cuzco, aux sacs à dos, trop lourds, à son bras esquinté. A la brume qui nous a caché le rêve qu’on s’était fait, tu te rappelles ? On ira ensemble au Macchu Picchu.
Et on l’a fait. On se tenait aux épaules pas loin del camino del inca, et on l’a laissée se lever la brume.
Elle m’a dit «Ca change quoi le mariage ?» J’ai répondu «Ca ne change que ton nom, et encore, moi j’ai pas tout pu. De toute façon, mon identité, hein…Pour le bien que ça me fait.»
Mais tu étais le témoin. Ca, je ne peux pas dire que ça change rien .
Elle me demande pourquoi je réécoute tellement cet album-là. Je sais pas je te dis, quelqu’un m’en a parlé sur le blog. Il faut dire qu'il s'appelle Funeral, aussi. Ca me parle.
Ha oui le blog. Elle dit le blog, et elle hésite.
Un espace, un atelier, un alibi, une fuite, rien du tout, là non plus le nom tu le diras pas, mais tu y montreras ta culotte.
En même temps, tu écris enfin, encore.
Elle me demande pourquoi déjà, à la fac, je haussais les épaules aux rêves d’édition des autres, dans notre section où on nous les faisait croire possibles. Imbéciles.
Comment te dire, tous ces discours sur le bienfait thérapeutique, et le lien addictif au rien, et l'anonymat, et sa mère la poule en habits d'apparats, et faut il fermer les commentaires ? Finalement c'est bien du vent pour faire du flux rss. L’art majeur, c’est la musique. Pour le reste rien ne s’invente. Moi je voudrais inventer. Mais je crois que je ne peux pas ne pas "écrire". Et que maintenant, j’oserai le dire. Mais ne me demande pas d'aimer. Aimer, je pourrai plus jamais.
Elle dit « Je vais reprendre le piano »
Et ensuite il est tellement tard. Il est tellement tard, je la connais depuis si longtemps.
19:27 Publié dans Catégorique | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
11 septembre 2007
L'essentiel: presque rien.
Avant
Coupée, j'étais à mi hauteur de moi. C'est pour ça, la taille est petite.
Coupée, Sciée, stupéfaite, pendant que ton corps dans le mal, et l'agonie. Et je disais ce n'est rien, ça n'a rien à voir avec la mort, la douleur. Je me mentais pour que tu restes.
J'ai perdu tout mon corps dans une étrange identification, et je rejetais ses mains. Je m'incarnais ailleurs, comme un ongle malade, jauni et trop planté.
J'ai oublié les fonctions vitales, ou alors c'est le contraire. Elles m'ont lâchée. Je le réalise à la hauteur du manque d'aujourd'hui. C'est pour ça l'immensité du rien. A l'aune de la faim d'aujourd'hui, à la mesure des mains que je retiens, j'envisage le vide passé, trepassée.
Mon corps mort comme le tien.
L'introjection en plein.
Ensuite
Je bois dans le calice de tes mains, et ma tête s'adapte au dur de ton épaule comme les lèvres au goulot, en baiser d'assoiffée.
Je dis "Terre", pétrie et modelée, je dis "Terre", comme une naufragée.
Je dis Air parce que j'étouffe mes cris, je dis "Air", ça me fait respirer.
Je dis Je t'aime: c'est un lapsus linguae.
Et puis...
C'est rien; l'absence d'un corps inhabité. C'est ma tête que je veux perdre , c'est mon corps qui me rappelle à moi-même. Mes persiennes, yeux fermés, laissent filtrer tous les systèmes, des solaires aux equipollents. Extra systole, à contretemps.
Tu te croyais le cancer à l'âme, et ce n'était qu'une verrue.
My Body Is a cage. (Neon Bible)
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28 août 2007
L'absence a tort.
18:00 Publié dans Catégorique | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
23 août 2007
De gré, de faiblesse, en vertu des pouvoirs que je n'aurai jamais
J'avais cru que, comprendre que je ne ferai que quelques pas de plus, par rapport aux hérédités, suffiraient à mon bonheur. Je pensais dans des élans altiers, que , sachant que la liberté n'existe pas, je pouvais seulement choisir mes prisons, en toute connaissance de cause.
Je n'étais pas peu fière de cette splendide lucidité.
Tout cela ne m'avais coûté que la modique somme de la moitié de mon salaire par trimestre , sans compter l'essence, des tonnes de kleenex, et une quantité peu négligeable de pilules qui finissent par Ax/tiques/soeurs (c'est un signe) , parce que perdre ses peaux pas encore mortes, ça te fout l'angoisse du vide en même temps que du trop plein. Ce sont les paradoxes qui font monter la cigüe de la peur. Les paradoxes, pas le chagrin.
J'étais sortie de là, encore jeune, enceinte jusqu'à l'âme, un anneau autour du doigt.
J'étais réconciliée , un peu, avec une certaine idée de moi.
J'avais écrit un poème à mon père . Je lui demandais de me laisser danser la polka.
Je voulais ne pas commencer toutes mes lettres par son nom, toutes mes phrases et mes questions; et il croisait toutes mes routes.
J'étais fière, mais pas tellement de moi. Je regardais mon alliance.
Les spirales sont toujours inachevées.
En conscience.
____
Il y avait eu les convulsions et l'envie de pluie qui bat aux carreaux, la lourdeur des étés moites, les tracts sur le bitume, les pavés et la plage, le riz la croix, les spiritueux, les fous rires, le pire, le visage immobile pour toujours, la honte de se sentir soulagée, les attentes, les accords plaqués,les désaccords parfaits, les certitudes assénées, la douleur comme un devoir, et l'on croyait qu'on n'y pouvait rien, l'angoisse circumterrestre, la terreur, l'enfermement, la tentation sans cesse renouvelée de se jeter du vingt cinquième étage, le premier baiser et son goût jamais retrouvé, mais ça vaut la peine de chercher; le regard en point d'interrogation, la guitare , dos au mur, désaccordée, la méchante tension des dimanches, l'intolérable ennui, les visites à l'hôpital, le cactus, les circonstances à tes nuances, qui n'atténuent rien, les livres, les livres, les stylos qui grattent les calepins pour délimiter , donner un semblant de maîtrise, rendre cohérent l'insupportable. "Nul n'a jamais écrit ou peint, scupté ou modelé, construit, inventé, que pour sortir en fait de l'enfer." A. Artaud. Et le sourire, la belle energie, les abdos forgés par l'ulcère.
Alors évidemment, j'étais là, avec mon bel anneau au doigt...je me disais c'est maintenant, voilà.
J'étais très fière , très fière de ça.
En conscience
_______
J'ai appris à marcher à ton pas, à m'arrêter parfois pour écouter ton souffle. J'avais des cicatrices, mais je trouvais qu'elles me faisaient un sourire moins lisse, moins figé. Je trouvais toujours que mon corps n'avait pas de vocabulaire, maigre idiome, mais toi tu me faisais parler. Tu savais occuper l'espace, dire merde sans te sentir coupable, dire pardon sans te sentir minable, dire je t'aime sans me faire sentir redevable.
J'étais fière, fière de toi.
En conscience.
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J'ai les yeux qui se noient, c'est pour ça que j'avance parmi ceux que les forts piétinent. Mais c'est pas la peine de le répéter.
Le vide, le rien auront quand même un écho. Un blogécho. C'est à se taper le fou rire du siècle, ou la tête contre les murs. J'hésite.
"Nul n'a jamais écrit ou peint, scupté ou modelé, construit, inventé, bloggué que pour sortir en fait de l'enfer." Abs.
Les spirales ne s'achèvent jamais. On peut suivre les courbes, ad vitam eternam.
Ma conscience , fascinée par l'absence. Je t'écoute, tu m'écoutes, on s'efforce d'être présents et rien de ce que nous entendons ne nous habite.Rien ne nous parle, ni ne nous touche. Sais tu que le manque de l'être présent est le plus fort ? Je le sais ça, serrer quelqu'un contre soi et penser, tout étonnée, qu'il nous manque, encore. C'est beau comme les neiges du Kilimandjaro. Ca fait un peu plus mal, quand même. Même lorsque tu crois être entendu et aimé, l'autre persiste dans son absence. La tienne est radicale. C'est l'attestation de la solitude. Signée.
Je voudrais te rassurer. Tu n'es pas le seul.
Il y a quelques années, quelques mois, quelques semaines, j'aurais pointé la répétition, j'aurais noté, soigneusement, ma responsabilité, j'aurais parié sur la possibilité d'un "il", j'aurais voulu sauver le monde, lent gage d'évocation; j'aurais nagé dans le souvenir de nous, j'aurais rajouté de la musique par dessus. J'aurais agité la vie jusqu'à la mort, un milkshake succédané, un ersatz bien maquillé. J'aurais tellement voulu y croire, que j'aurais embarqué derrière moi tous les rats du navire, avec les pipeaux que je me racontais.
Là, je dis: Bon ben ...ok.
(ça s'appelle: la maturité, la lucidité ? ..être fatiguée ?)
Je nous regarde commencer à choisir de différents chemins. Tu disais : "Je ne me contenterai pas d'un chemin avec toi" (Violon Lockwoodien)
Je t'avais répondu: " Tu n'es pas un bout de chemin. Tu es le chemin." (Piano Tchaïkowskien)
J'étais fière, mais...tellement fière de ça.
C'était pour ça, la spirale autour de nos doigts...

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05 août 2007
Madame Onirique
Toi, j'ai beau te connaître, je ne parviendrai pas à te désaimer. Dieu et tous ses apôtres, ses saints et Sigmünd ont beau faire, une femme amoureuse ne vaut rien.
J'aime tes faux secrets. les vrais sont d'inquiétants mystères que je ne résoudrai pas. Holala.
J'aime tes yeux de Crusoé, tes prunelles tranquilles.
Je sais pourtant que ce n'est pas l'illusion destinée à me faire procréer, je ne veux plus d'enfants, plus de branches a mon arbre. Le tronc est enterré. Les racines atrophiées.
Je me fiche de l'amûr surranné, du coeur à coeur, le primat de la mère sur le père, un père ça trépasse. Je le sais.
Je veux juste te dire du rien, partager le silence, et le n'importe quoi. Me savoir injugée, partie prise, oh oui prise, et le pas bon, le mauvais mis de côté, qui ne te concernerait pas, et ça ferait rien de plus que ça.
L'amour est un héritage et moi je suis très mal dotée. Pauvre, miséreuse, misérable, Cosette un peu.
Toi tu me donnerais des regards, je demande pas tellement plus que ça. Tu rigoleras quand je m'hystériserai, tu me déshéstéryseras. Parce que tu ne seras pas lacéré par mes affects en carton pâte, ma mise en scène pour cacher l'envers du décor. Mon corps, je crois. Je le connais pas. Tu le connaîtras pour moi.
Connais toi ! Toi -même je te dirai, et on rira. Mais tranquilles tu vois. Pas de serments qui font le mal au ventre, le ventre au mâle, lucides aussi sur la coexistence de la haine quand l'amour va à qui de droit.
De toutes façons, nous deux on le saura qu'on ne s'aime pas.
On sera des clairvoyants, on verra jamais flou. Ca nous rendra calmes, mais pas morts. On le saura que tout ça c'est de l'inventé pour faire fructifier la société, travailler , avoir de la peine,
mais on fera super bien semblant.
A se torturer du dedans. A se mettre du côté de la musique, tout le temps. A rien se prouver, à rien chercher à gagner, moi j'ai plus rien à perdre, tu sais. J'ai déjà tout perdu. Innocente aux mains pleines de stigmates, je sais que je n'ai rien à attendre; juste à prendre. Même pas apprendre, je m'en fiche des intellos qui font de l'amour un terrain de laboratoire, qui font évoluer, fructifier...Jean paul Sartre, sors de mon corps. Simone a beau voir, elle a toujours soif.
Je te jure, je dirai pas que le désir est un vieillard malade languissant de mourir, je dirai rien. Je désirerai, c'est tout.
Je veux que tu me doives rien. Je ne veux pas chercher ton regard, je veux que tu me le donnes.
Je me retouve souvent assise à une table , entourée de gens, on torture mes oreilles . C'est l'anniversaire de leur mariage, ils parlent au passé.
Je me retrouve souvent assise à une table entourée de mégots, de bienpensants, on torture des livres.
C'est la rencontre de leurs buts, le projet de travail. Ils parlent au futur.
Je veux m'asseoir à ta table, entourée de toi seul. On ne torturerait rien, et on parlerait au présent. Les lendemains qui chantent même pas, les hiers qui ulcèrent , j'en veux pas, là.
Je confesse ici le rêve maladif, je donne le poème chétif, pour rien. Je sais , je sais bien.
Laissez moi le bénéfice du doute. J'ai un hiver au coeur et on est au mois d'août.
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