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Ma tête tourne autour de mon doigt mais la terre est bleue comme une orange, alors ça va.

... Alors c'est ça, cette toute petite chose, ce soupir dans la partition, cette punaise sur la mappemonde, c'est ça : un étron dans l'espace. Des chagrins étirés empilés surmontés, des deuils interminables insoutenables ignobles, des désillusions titanesques mais surtout ridicules, et puis des joies courtes et profondes. Baisser la garde, sourire presque, mais du cortex, avec le temps, à ne plus croire à la moindre promesse, et se désoler gentiment - surtout pour celui qui les profère. Le pauvre, le naïf, l' ignorant. Ca n'a aucun sens et ça tourne en rond, en boucle, en eau de boudin. Aucun. C'est à se demander pourquoi j'ai si peur de la mort, à la fin, ou plutôt je comprends mieux, c'est sûrement pour me convaincre, à grands coups de phobies, de la valeur de la vie. Je comprends mieux pourquoi je m'épilais le coeur , j'ôtais la culotte de mon âme, je les comprends mieux mes petits trépignements: il faut bien que jeune ânesse se passe. Non, mais c'est scandaleux de tant se faire chier alors qu'on se voyait casquée , défoncée, spteppenwolfée, born to be superwild, en fait. C'est carrément se moquer du monde de se retrouver à la caisse de Leclerc, après tant de rêves d'absolu, en train de dire non non pas d'haribo ça file des caries.

Je veux dire, je suis dans la daube jusqu'au cou, moi, parce que : comment je vais supporter ? La nature qui se réveille, s'endort, le soleil qui se couche et puis paf tiens le revoilà, OOooooh, le gland qui pousse- O miracle de la life- les écureuils, la pierre et le chèvrefeuille, les rires clairs, mais-les-dents-pointues, les vergers enchantés sur les collines de mon enfance en HLM, les jupes qui tournent candidement-mon-oeil, les yeux baissés devant un homme pour qu'il pense que je suis qu'il y est, les cuillers qui tournent amoureusement le ragoût, ça me fait au mieux rigoler, si je suis sous influence zubrowskienne, mais la vérité c'est que ça me procure autant d'émotions et de plénitude qu'un album d'Amel Bent. Autant dire que je n'y entends rien. Comment je vais faire maintenant que je sais en conscience que la vie n'a aucun sens ? COMMENT ? C'était finalement bien plus simple d'imaginer que de sens il y en avait un, mais que c'était  moi, la stupide, qui ne le  trouvais pas. Comment faire ? "Vivre" il dit l'autre. Pfff, commentateur de blog, va ! "Présent éternel" il dit mon copain, mais je suis pas douée en conjugaison , encore moins en éternité. "Dieu" me souffle soeur machin-chose. Dieu, je voudrais bien mais Il ne peut point. Alors quoi ? Ben je vais continuer à faire comme d'habitude. Rien.

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Et sans rapport aucun (je vois pas pourquoi, moi, je devrais faire du sens ou des liens, puisque si on a bien suivi, on a donc compris qu'il n'y en a aucun. (sauf si tu es lacanien)