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Vases Communiquants

«(...) pourquoi ne pas imaginer, le 1er vendredi de chaque mois, une sorte d’échange généralisé, chacun écrivant chez un autre ? Suis sûr qu’on y découvrirait des nouveaux sites (...)».

François Bon et Scriptopolis ont lancé l’idée des Vases Communiquants.  Frédérique Martin a eu la gentillesse de m'inviter pour Octobre, Emelka pour ce mois ci.

 

A la dame femme de mes pensées / Toujours je pense.

 

Destination du jour : mon dentiste. Il y a plus excitant, quoique c’était assez exotique et que ça avait le goût de citron. J’en suis ressortie les dents polies, et globalement j’ai été polie, aussi.

 

Pour situer : je pourrais aller à la clinique dentaire à quelques pas de chez moi. Mais non, non, non, je vais chez ce dentiste qui a son cabinet un peu plus loin : il suffit de faire une bonne demi-heure de train qui va tour à tour sortir de la ville, traverser des vignes, puis une forêt. Une fois descendu-e du train, il suffit de prendre à droite et traverser une rivière, longer à pieds la rue durant dix minutes - en rencontrant au passage deux boulangeries qui regorgent de tartes alléchantes et moult irrésistibles préparations maison (mais non, non, non, parce que destination dentiste) – et le cabinet c’est juste après. Juste après.

 

Mais donc, avant. Dans le train. Des habitudes dans mon sac et mes oreilles. Un livre, de Perec (sa Tentative me tentait bien et entre en résonnance avec mon regard et mon ouïe actuelle). Dans mes oreilles dégagées viennent s’engouffrer les conversations alentours. Une passagère s’échine à répondre « allo » à maintes reprises alors que son portable continue inlassablement de sonner ; et à l’incompréhension dans sa voix fait écho une presque-angoisse en moi : décroche, décroche. Fin de sonnerie. Je pense à elle.

 

Mes yeux glissent sur les lignes du bouquin : « Il pleut toujours. Je bois une gentiane de Salers ». Perec, mon digestif ferroviaire pour laisser couler les conversations flottantes qui s’engouffrent dans mes spirales auditives. Arrêt. Descente du train d’un passager amer. Redémarrage. Des enfants font des allers et retours dans le couloir du wagon. Je ferme mes yeux et le livre. Je reste sur mes rails. Je pense à elle.

 

La musique. J’ai omis de me préparer une playlist spéciale dentiste, alors les chansons qui s’étirent et déroulent mes pensées me conduisent invariablement à elle. Le rythme régulier qui glisse dans mon oreille interne s’ajuste comme un métronome à la vitesse de défilement des poteaux électriques devant mes yeux. Relâchement total, baisser les paupières, voir apparaître son image et être envahie de douceur. La musique à tonalités variables se glisse sous la porte de mon cœur. Elle connaît le chemin.

 

Avec elle, ça aurait du sens. Faut juste retrouver le sens… des proportions.

 

emelka mx

Commentaires

Etre en panne des sens dans un train. Et se sentir pousser des "elle"...

Riche idée que ces vases communiquants...

Ecrit par : Tant-Bourrin | 04 septembre 2009

Comment Désordonnée, vous avez ouvert les commentaires ! Les bras m'en tombent.

Ecrit par : Frédérique M | 04 septembre 2009

J'aime beaucoup le train pour ses évocations. Ces moments sont propices à l'apaisement, voire au recueillement. Je ne lis pas dans le train, je rêve d'elle plus souvent... mais jamais en allant chez le dentiste.


(J'ai peur du dentiste)

:)

Ecrit par : arf | 04 septembre 2009

Marathon Man "C'est sans danger"

Ecrit par : Fishturn | 05 septembre 2009

Vous avez mêlé vos digestifs ferroviaires alors, pour baiser Cohen ?
Bisous à toutes deux !

Ecrit par : augenblick | 05 septembre 2009

Frédérique > Je pensais qu'Emelka s'y collerait ...:)
Arf/Fishurn > Un mec qui s'appelle Laurence ne me fera jamais peur.
Augen/Tb> Oui, belle idée que ces vases qui niquent & co.
(je n'ai pas changé, je suis toujours ce garçon un peu fou qui te parlait d'Amerique et qui n'était pas assez riche pour t'emmener à Corfou)

Ecrit par : abs | 06 septembre 2009

Merci de vos commentaires. Je ne répondais pas, n'ayant pas eu l'impression qu'ils étaient destinés à ce que j'y réponde...

Ecrit par : emelka mx | 06 septembre 2009

Georges Perec était un monsieur très gentil, très souriant, étonné par les autres et je suis sûr qu'il est content de t'accompagner chez le dentiste. De prendre le train avec toi, même s'il est mort.
C'est agréable de pouvoir - au moins une fois- se soulager et te dire quel fut le plaisir de te lire, billet après billet aux commentaires bloqués. Tu as eu raison de les bloquer, ces commentaires, et tu as surement raison de les rouvrir un peu.
Car il n'y a pas de commentaires à faire: t'influencer en te disant j'aime ci j'aime ça serait du gâchis, comme mettre les doigts dans ces tartes que tu ne prends pas au passage des boulangeries.
Te lire est un plaisir, un rendez-vous.

Ecrit par : leblase | 08 septembre 2009

> leblase : je ne suis pas une adepte de la con-fusion... (c'est juste que les tartes à manger, j'aime bien, les tartes dans la gueule, moins)

Ecrit par : emelkamx | 08 septembre 2009

@ Emelka : Je suis venu vous lire et relire plusieurs fois tellement cette petite divagation ferroviaire m'a transporté bien au-delà du tintamarre habituel. Tout y fait sens. Merci.

@Abs : J'ai souvent eu l'envie de cliquer, comme toi, sur la fermeture des commentaires. Rien qu'en lisant ceux (celui surtout) qui me précèdent, je me dis qu'il est bon de mettre un terme à cette grande yaourtière. Chacun apportant sa petite bouteille de lait écrémé mais guère plus.

Ecrit par : BT | 08 septembre 2009

En même temps, BT, qu'est ce que tu veux apporter sur un blog hein ? :) C'est pas parce que les commentaires sont blabli ou blabla que j'ai" fermé", c'est parce que je sais/peux/veux pas répondre et c'est un peu pareil dans la vie. Et c'est pas grave. See you later, Acculator.

Leblase, je n'ai pas compris. Mais j'ai cru comprendre que tu m'aimais encore. Serait ce possible alors ?

emelka, j'ai aimé ce texte," je reste sur mes rails", je me demande le goût que ça a une gentiane de Salers; entre autre.

Ecrit par : abs | 09 septembre 2009

Abs,
C'est sûr que je t'aime, que j'aime te lire. Tout est possible dans le vivant.

Ecrit par : leblase | 09 septembre 2009

>emelka
il n'y avait aucune tarte dans la gueule au contraire, j'ai bien aimé ton texte.

Ecrit par : leblase | 09 septembre 2009

très bien cette idée...je veux niquer dans la vase aussi!

Ecrit par : kb | 10 septembre 2009

quelle riche idée!!!
et en plus les com sont réouverts...

Je n'ai pas eu le temps de tout lire, mais ce que j'ai croisé sur le site d'emelkamx m'a vraiment plu. Je reviendrais.

Quand à ta pate, je suis toujours aussi fan (hystérique).

Ecrit par : ars | 11 septembre 2009

Pour les commentaires du message " You look great ... " comment fait-on? La queue, comme Alain?
Je vous trouve bienveillante avec le père, ces gens emportent cette autorité jusque dans leur tombe et leur mort, sinon ils anticiperaient leur dernière heure.

Baltha

P.S. Baltha n'a rien d'un S.G. ni d'affinités avec " l'autorité ".

Ecrit par : Baltha | 15 septembre 2009

ho mais j'espère bien de pas avoir à vous nourrir ! :)

j'ai une tendance naturelle à être bienveillante envers tout le monde, (limite neutralité indifférente)
Plus sérieusement, je n'ai pas d'affect particulier envers les personnages quand j'ecris des histoires.

merci de votre passage !

Ecrit par : abs | 15 septembre 2009

Les commentaires sont fermés.