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σε ένα νησί
Elle detestait le voir fragile et elle s 'employait a tout faire , pourtant , pour le voir faillir. Elle le placait sur un tel pied d' Estale qu' il ne pouvait que se casser la gueule. Dans ces moments la, c' etait une dechirure dans la poitrine; elle croyait, en conscience, que c etait l' amour en train de crever. Mais, plus profondement, bien sur, il y avait comme une jouisance de se vivre victime d' une abyssale deception, comme si elle avait place toute sa confiance et ses sentiments chez quelqu'un qui ne les meritaient pas, et la dechirure continuait de s'etendre, la douleur de se propager, et elle restait digne, esperant qu' il se maudissait de la blesser autant, ivre de rage de le voir placide et ne comprenant rien, folle qu' il ne se precipite pas avec elle dans son absurde aveuglement, sa cocasse nevrose. Elle se voyait au bout de l'amour, toute usee, a jamais perdue pour lui. Et puis quelques heures, quelques jours plus tard, au detour de rien, elle s'agrippait de nouveau, jusqu'aux ongles plantes dans la peau de ses epaules, eperdue, piteuse, un absurde enthousiasme, a supplier de toutes ses fibres, en ne demandant jamais rien...

