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R.A.S.
Tu te tournes vers moi pour dire quoi pour dire quoi...Je peux te parler des vomissures du temps, des nuages à plat ventre, du froid des oripeaux. Je peux te montrer un sein, un ventre, un genou pour trouver ma claire réplique, te montrer le passage. Je peux te chanter la nue hélicoïdale, la coupole elliptique, le frémissement languissant et sûrement ovoïde. Parce que tu sais, je n'ai rien à te dire à part des conneries de mots et de la syntaxe charnue dont tu te fous parce que tu n'écoutes rien de ce qui ne parle pas de toi. Tu n'entends rien de ce qui n'est pas le désir de toi, le besoin de toi, le dégoût de toi. T'es ta propre statue et si je me mets à te le dire, tu vas prendre un temps onctueux, fondant, suspendu pour me convaincre que je me trompe. J'ai reçu tes lettres, j'ai traduit les codes, ça m'occupe, j'ai fini tous mes livres. Tu dis et dédis l'errance et le monologue intérieur. Je ne supporte plus rien de la communication. Le dialogue n'aura pas lieu, ni espace. Ever.
"Celui-là
qui se voudrait
que je voudrais
celui-là
ne s'évadera
que de ma dépouille"
R. Melik
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