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" J'aimerais poursuivre cette conversation, mais j'ai un vieil ami pour le dîner"

Lorsque j'écris, je n'invente rien. Je ne transforme rien, j'en suis parfaitement consciente. Rien  ne va au-delà de la "petite histoire". Si j'appuie sur un point ou un autre, ce n'est pas par parti pris; c'est juste que je suis emportée par la forme. Oui, que veux-tu, j'aime bien être emportée.  Rien ne va au-delà de moi pour "s'adresser" à l'autre; le singulier ne côtoie l'universel que par le plus grand des hasards; en gros, j'ai pas fait exprès. Et si parfois, ça a "touché", "fait écho", "fait sens" et autres fadaises, c'est parce que toutes les histoires d'amour, de mort, de séparation, de deuil, de maladie, se valent et qu'elles se ressemblent à un point qui confine au tragico-comique. C'est pour cela que je suis de plus en mal à l'aise avec le blog, c'est aussi pour ça, la fermeture des commentaires et tout le bataclan , mais c'est surtout que je trouve aussi débile de venir "débattre" et me dire poliment ou trolliquement que ce que je raconte c'est que du faux, d'abord ( on a des preuuuuves !!--> (lien wikipédia)) que de venir me dire que tout ce que j'ai dit c'est vrai et qu'en plus, nom de diou, c'est trop beau comment je suis trop forte. Merci. Merci...J'ai beaucoup de mal avec les blogs qui nos donnent des leçons, ou commentent l'actualité. Ce sont souvent les mêmes qui nous disent que les médias c'est caca et qu'il faut pas lire la presse, mais qui pensent que c'est tout a fait logique de nous demander d'adhérer à la pensée et à l'analyse ...d'un blog. Ils te balancent quatre ou cinq articles ou vidéos, allant dans leur sens... pour le prouver. Curieusement, j'admire  la prise de risque. Je trouve ça culotté, en un sens, j'admirerais presque. Je me trouverais carrément indécente à vous dire mon opinion sur la crise,(haaaan) Obama (Pffff) , Gaza (houuuuuu) ou même le dernier album de Truc (il est moyen, inégal sauf la piste 4, la piste 4 elle est bien), bien plus que lorsque je vous raconte par le menu les affres de mon nombril. La réflexion, le questionnement, l'analyse, voire le coup de gueule, oui, j'approuve et souvent quand c'est bien foutu, ça passe. (Il faut assumer, ou au moins admettre sa subjectivité). "L'info", parce qu'on vous ment, messieurs-dames et il fallait que quelqu'un vous le dise, ça casse. J'ai cliqué il y a pas plus tard qu'il y a cinq minutes sur un blog très joli, vachement bien foutu, le mec avait mis une photo d'Hitler, et une de ses phrases magnifiques du style "'J'ai tué plein de juifs mais j'en laisse quelques-uns pour qu'on se rappelle pourquoi je les ai tués", et qui ajoute un peu plus bas "Bien sûr, ce qu'a fait Hitler, c'est très vilain." Je sais pas, moi, je trouve que la deuxième phrase a des allures timorées. Elle casse le rythme un peu, non ?

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(Scoop- Info- Flash- Dernière minute- Enfin la lumière sur)

Je me souviens de mon ami H. un vrai palestinien de Cannes-La-Bocca, à la fac, avec le keffieh, la peine, la colère, et les yeux vairons qui faisaient chavirer le coeur de toutes les filles. On faisait partie du même syndicat étudiant qu'on croyait de gauche-extrême et extrêmement révolutionnaire. (On a même occupé la salle des profs une semaine, nuit et jour, pour protester qu'on nous empêchait de protester, il n'y avait pas de blogs c'était horrible) Je me souviens de cette phrase magnifique qu'il m'avait dite un jour: "On bouffe au Resto U ?" Ce à quoi je lui avais répondu, avec mes yeux baissés aux longs cils sémites trop polis pour être honnêtes et mon air sournoiso-sioniste de la même origine: "Le resto U c'est dégueulasse, mais de toutes façons, faut bien qu'on mange."

(Ha ben non c'était que des images de 1992. Pardon.)

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Il y a des gens qui savent se raconter et s'adresser aux autres, complètement ouverts, sans ce petit air de pas y toucher (que j'ai, hein, soyons clairs),  De leur quotidien tragique, banal, ils parlent sans détour, sans rien se cacher, et vous livrent des pages pleines de réflexions sur le sens de la vie, de l'Amour, de la Joie. Alméria est sans aucun doute celle qui y parvient le mieux.  D'un trajet en métro, elle vous tire le portrait de questions essentielles sans jamais pontifier. Elle ne la fait même pas exprès. Elle est comme ça, et dans la vie pareille. D'autres observent, regardent, décrivent comme des naturalistes, et ne donnent aucune leçon, mais leur écriture est un don. (et un cadeau aussi, oui) Certains parlent de leur profession, des éclairages nouveaux sur la médecine, la police, l'école, le lycée... D'autres parlent de cul, de leurs errances, de leur lutte contre tel drame ou maladie. D'autres ont choisi la farce.  Ils essaient de le faire bien. On entend que c'est nul, inintéressant, dégoûtant, inintéressant, insipide.  Moi, ce sont mes préférés. Ils ne parlent  que de ce qu'ils connaissent. Ils nous parlent d'eux.   Ils ne se prennent pas pour le cinquième pouvoir. C'est rafraîchissant.
J'adorerais parler ici de mon boulot, parfois, mais je suis tenue au secret professionnel et même si tout est toujours possible, grâce à l'anonymat, si j'ai promis à quelqu'un de fermer ma gueule, et signé, eh bien, après, je la ferme. Bref, tout ça pour dire que si j'écris ici, sans attente de retour, et sans espérance d'éveiller les consciences, (hahaha) je ne sais pas bien pourquoi. Sûrement parce que j'ai rien d'autre à foutre, vous dirait ma voisine qui adoooore faire le ménage, et les soldes. Sûrement parce que je me tais trop dans le quotidien, vous dirait un éminent psychanalyste, (un gentil comportementaliste) sûrement par narcissisme et besoin de s'exhiber mal assumé,(un méchant freudien) A qui s'adresse cette parole et qu'entendez-vous quand elle se tait du silence, dans la tentation du discours objectivant ? (un lacanien qui fait flipper). A coup sûr, pour rien.

 

ou pas.( vous dirait un bloggueur influent.)