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Ce que je déteste, c'est que tu ne manques plus pareil. Blindée de mépris, un truc s'est retracté. Il n'y a plus d'espace pour les choses douces. Je me râcle le cerveau à la recherche d'une phrase définitive à me dire, que je tourne et retourne pour qu'enfin ça s'arrête. Je trouve, tu penses bien. Je regarde la blessure devenue cicatrice, recousue, fermée, impeccable. Je me crois guérie, invulnérable. Je ris. Je lis. Je fais des spaghetti. Je m'occupe. Je vis. Et  ça s'ouvre ailleurs. Ca se déchire ou ça m'infeste. Ca me ravage, ça me retourne et je reste plantée, incrédule. J'ai un mal fou à m'y résoudre, au chagrin éternel. Je trouve ça d'un con. Savoir que je ne vais plus jamais me tenir contre quelqu'un en y croyant, même si c'est toi, voilà pourquoi je t'en voudrais toujours. Ce n'est même pas une décision que je prends, ce n'est pas une idée que je  me fais. Je le sais et c'est tout. Il y a d'autres choses à vivre, mais je serai toujours à côté, un peu décalée sur l'image, floutée, parce que si je reconnais l'élan, je sais aussi, maintenant,  comment il se fracasse. J'ai déjà vu le film. A peine le tressaillement du début, le coeur qui s'emballe devant chaque commencement que j'ai déjà le goût de la fin. Imbuvable.  Les compromis, les compromissions, la communication, le silence, les sms à la con, les vacances à la mer, le dîner de la dernière chance, le week-end de la vengeance, le pardon, la fuite, le retour,  pour le plat de la Belgique, sans les frites ni la bière. Forcément, c'est moins drôle. Tu m'as mis les yeux en face des trous,  les pieds dans la réalité, la vérité en plein dans la gueule. Et comme chacun sait, la Vérité est ailleurs et c'est beaucoup mieux comme ça. Qu'elle y reste. Alors c'est pas demain la veille que je te dirai merci.