« C'est comme ça (que je t'AIHAIIIIME- pas pu m'empêcher) | Page d'accueil | Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'il te fasse sauf si c'est lui qui commence. »
le kantisme a les mains pures mais il n'a pas de mains. (et vice et versa)
absolument dingue comme je bosse, et ce n'est pas fini. Encore quelques semaines, quelques semaines et ce sera fini. De temps en temps je vais lire mon gourou. Mon gourou fait des séminaires. Il dit que<< -Le S entendu aussi bien comme le Es de Freud, ça sous forme interrogative. Le S quand il s’articule " est-ce ?" Le sujet essaie de se reconstituer, de s’authentifier, de se rejoindre dans la demande portée vers l’Autre. Le quotient que le sujet cherche à atteindre …reste ici suspendu…au niveau de l’Autre, de l’apparition de ce reste. Quotient et reste demeurent en présence, et comme suppléant du signifiant manquant surgit « cet élément imaginaire [a] >>(-->ça veut dire qu'on est foutus, je crois, si on sait pas diviser des nombres à virgule et que a n'existe pas, cet enfant de salaud.) Il dit aussi que les souvenirs d'enfance c'est affreux et je réponds toi-même. N'empêche qu'il a tout dit. Franchement, je suis étonnée. Je dois dire que je me souviens de tous mes copains de maternelle , et mes compagnons de jeux de ma cour d'immeuble, et les cheveux roux de Blaise I, de tous ces jeux abominables qui m'ont traumatisée, quand Serge C. voulait que je vienne le rejoindre dans la cave, et l'espèce de pédophile de l'ascenceur, de ces relations affreuses auxquelles je ne pigeais rien. Tu la causes ? j'te cause plus. Faut plus lui causer sinon je te cause plus. Alors que j'ai du mal, je dois bien l'avouer, à me rappeler la tronche, voire le prénom de mon premier amant. Ni du dernier. Franchement, la psychanalyse a de beaux jours devant elle, encore. Et il faut assassiner notre enfant intérieur avant qu'il nous assassine, en fait. Sinon, je trouve que le Mac est une merveilleuse invention. C'est trop la classe quand les "autres" vont faire nettoyer leur disque et enlever leur spymachin, et changer leur lecteur DVD. Moi je dis "J'ai un Mac, je suis au-dessus de ces contingences" et en plus j'ai enfin compris comment mettre le marque page à gauche, (je mets tout à gauche, je résiste.) Je te dis pas comme j'exulte. En plus j'adore mes documents word avec des tableaux trop la classe et des petits points qui se mettent tout seuls quand tu vas à la ligne.
Alors je bosse, je fais plein de trucs absolument très beaux, des dossiers, des bilans, des analyses très fines , et je copie-colle rien sur Internet, moi ! Tout ça sort de ma tête, mes amis. Je pense franchement que je me suis gâchée toutes ces années car je constate un fait indéniable: j'ai une intelligence supérieure. Ou alors comme j'ai rien foutu avant, peut-être, toute mon intelligence non utilisée était stockée, bien au frais dans une sorte de réfrigérateur interne, et se répand, fraîche, pertinente et fonctionnelle comme un déodorant 24 heures. Alors, on me dit "mais c'est dingue la capacité de travail que tu as, et le nombre d'idées que tu as" et je réponds "Oui ?" et je souris modestement. Il y aussi mes cheveux que j'aime particulièrement ces derniers temps: ils sont démélés tout le temps. Il est fini, le temps des noeuds borroméens de la tignasse. J'ai la chevelure lisse et brillante, car j'utilise un shampoing aux kera-protéines qui se fixent à la kératine du cheveu, "précisément là où il le faut" (comment savent-elles ? Les protéines anticipent ? Voient-elles ? Pensent-elles ? M'aiment-elles ?) m'a dit la vendeuse de la para-pharmacie avant de me conseiller une crème à 27 euros avec des algues bleues pour atténuer les marques du temps sur mon front. Alors je vais peut-être me refaire une frange.
Et sinon, la maîtresse de mon fils m'a convoquée parce que mon fils est vivant. Je suis très emmerdée. Elle me dit " Il se lève et veut parler à ses copains en classe" J'avais envie de lui dire "Prosterne-toi car tu as dans ta classe un enfant exceptionnel issue d'une mère qui a beaucoup souffert, et dont l'intelligence supérieure va te foudroyer ! Mon fils est beau, mon fils est généreux, mon fils est un esprit libre, mon fils est un être sociable et j'en suis la première étonnée", mais en fait je vais rien dire, je crois. Parce que mon fils ne veut pas que "je me mêle de ses affaires", il a dit, à table, comme ça."C'et pas la peine, c'est mes affaires. Point final." Donc, je dirai rien, je ferai "Holala faîtes au mieux, j'ai toute confiance en l'institution..."et je lui demanderai si elle connaît ce magnifique shampoing aux kera-protéines quand, ça ne loupera pas, elle me demandera comment je fais pour avoir une telle houppelande de lissitude chamoirée. Si elle me demande rien, je le glisserai dans la conversation, je trouverai un moyen, ça me fera un but d'entretien. Je fais tout le temps ça quand j'ai pas envie d'aller quelque part ni de parler avec quelqu'un mais que je suis obligée, car il faut entretenir des relations avec ses prochains à droite en face du couloir. Je me donne "un but de mot" à placer dans la conversation. La semaine prochaine, je me suis lancée le défi improbable de glisser "boustrophédon" à mon estheticienne lors de mon épilation maillotale. Je vous raconterai.
Tout à coup, une angoisse m'étreint, et m'envahit. Je suis en train de me voir dans dix ans, quand mon fils aura probablement ce qu'il me dira être sa première cuite (alors que ce sera peut être son troisième coma éthylique) et qu'il vomira partout dans le salon, livide en grognant "J'ai mangé des bigorneaux chez Abigaël" (c'est très poétique des bigorneaux chez Abigaël je trouve) Quelle sera ma réaction ?"Tu me déçois, Fils" "NETTOIE TON VOMI TOUT de SUITE ?""Ta première cuite ? arrosons-ça !"..pff je sais pas. Il faut que je réfléchisse, et que j'analyse. Je vais me faire un tableau sur un document word avec des points noirs automatiques, et je devrais placer " solécisme " dans notre conversation. Ca va mettre à distance l'angoisse qui me ronge chaque fois que je pense à des trucs aussi cons.
Je rêve à nouveau énormément. La dernière fois, j'ai rêvé qu'un nain de vraiment petite taille, genre la tronche du grand schtroumpf mais pas bleu, en caleçon immonde et en peignoir ouvert laissant apercevoir un ventre très rebondi, et dur et poilu et laid, pour tout dire, m'emmerdait alors que je montais dans la voiture avec mon fils. Il me harcelait, même. Je me laissais pas faire, j'étais très enervée, et je disais à mon fils de monter dans la voiture de se dépêcher, et mon fils jouait à monter devant alors que je venais de l'installer derrière, et détachait sa ceinture pour déconner;( c'est un enfant très vivant , un esprit libre )... pendant que le nain ridicule me sortait des trucs, je sais pas ce que c'était, mais qu'est-ce que ça me mettait en rogne. Je finissais par m'installer au volant et paf, le nain me dit "HAHAHA c'est moi qui ai les clefs..." en les brandissant sous mon nez, il me les avait chourravées sur le tableau de bord, ce connard de korrigan. Je prenais ma respiration pour fulminer de me les rendre tout de suite et je me suis réveillée, assise dans mon lit, furieuse, écarlate, hurlant " RENDS MOI CA LILLIPUTIEN !" Alors, autant te dire que mes voisins...
Bon voilà, j'ai raconté ma vie, je trouve qu'elle est follement colorée, et que j'analyse trop bien, même si l'absence de points noirs à la ligne ôte un peu de la méthodologie et de l'organisation dont je fais montre habituellement, et je trouve aussi que je suis très douée en hypotypose.*
* Placé !

