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Whatever, mortal...Tralala

Ca fait des cycles et des tours,  les même désastres, les mêmes évidences. Entre la colère et l'angoisse ?  J'ai que du temps à me mettre.

Je balancerais n'importe quoi pour le plaisir d'une bonne réplique.


Il y a des minutes qui s'étirent, le sentiment confiant de vivre se désagrège, la minute se gonfle, s'élargit et étrangle. On dirait que le temps freine et rechigne à avancer. Il résiste, inflexible, accule à la patience, à la maîtrise. Je ne sais pas faire. Je ne suis jamais certaine que le contrôle arrange quoique ce soit. Je suis toujours certaine que ça implosera, ce que je garde bien tassé grâce au surmoi.

Soudain, la banalité se déchire. Ma voix me devient etrangère, ma peau ne fait plus barrage, les extremités s'effacent. Agripper des mots, des images, chercher le sens, n'importe où. Où porter la pensée quand elle s'échappe ?
"La vie continue, tu ne souffres de rien, action ! Moteur ! Va de l'avant !" Se sentir minuscule devant ceux qui sont sûrs, de leur vie sans panique, sans désordre, sans inconscient bien sûr.  Les bienheureux.
 

Faire de l'angoisse, c'est joli, c'est comme faire un bébé, hein ? Je dirais aujourd'hui "C'est l'angoisse qui m'a faite". Crises d'angoisse, panick attack,  TAG, désordre neurovégétatif, karma en bois; ...Appelle ça comme tu voudras mon frère, de toutes façons, que tu t'en foutes, ça me semble assez justifié dès lors que tu la vis pas, cette angoisse-là.


Elle m'a mise sous surveillante permanente, encagoulée. Il n'y a pas de limites à ses exigences. Elle est sans mesure Le compte n'est jamais bon. je ne réponds jamais à ses attentes. Par définition, je suis manquante. elle m'en veut, me demande et me laisse choir. Elle me met tout sur le dos. Moi aussi. Elle me met au monde et m'abandonne. La redouter, c'est encore l'attendre. Il y a tant de points communs entre l'Angoisse et ma mère que c'est une caricature. Il ne manque que la pipe de Sigmund, et la fille hypnotisée qui fait Ha mon Dieu mais c'est bien sûr en se griffant les joues.

 

I'm coming home to see my father I'm coming home no more to grieve. 

Il y a toujours de l'orage le 15 août. Et après, il fait encore et toujours si chaud. Je te jure, j'ai l'impression d'être un sac vide: plus de mots, plus de désirs.  Je déteste être respectée en tant que "femme" parce que je fais gouzi gouzi et des lasagnes, que je suis douce et flexible, que je baisse les yeux et ma culotte. Je déteste ma complaisance, je déteste mon imposture. J'ai sous les pieds comme de la cendre, comme des cadavres de rêves, de désirs qui me font même pas des regrets. Mon narcissisme et mes tensions angoissés me portent sur les nerfs. Je joue inlassablement le même morceau à la guitare. Mal. Et je m'en fous.

J'aurais voulu que ce soit autrement.  J'ai décidé d'aller plus loin que l'évenementiel, plus haut que l'anecdote: je connais tous les détours, et l'origine de la douleur. Mon seul espoir réside dans l'oubli. Pour oublier, faire.


La mort plane tout le temps, et j'ai peur pour ma peau, et aussi celle des autres. La vie aussi me terrifie. Chaque fois que je vois quelqu'un qui pleure et se dit inconsolable, je me méfie. C'est toujours la surenchère, j'ai plus envie de parler.  Je sais qu'on est prêt à se scarifier sur l'autel de sa propre douleur juste parce qu'on se chie dessus d'essayer.

Ma capacité à abattre ceux que j'ai aimés me fait honte parfois.


J'aurais voulu que ce soit autrement.  On voyait tout le dessin de mon visage, les pommettes trop larges, les joues creusées, la bouche trop grande. Je m'en foutais de ma tête cette fois. J'avais tiré mes cheveux en arrière, tout aplatis. Je voyais tous les détours, et l'origine de ma laideur. Je m'en foutais absolument.

Je n'avais plus honte d'avoir si peur pour moi-même. Il faut bien rattraper, d'une façon ou d'une autre, ceux qui ne craignent absolument rien pour moi. J'étais dans un tel état de fureur que je savais déjà que ça finirait mal. Je ne parle pas de la colère, de celle des tonfs qui déglutissent avant d'affirmer "Je ferais mieux de me taire" et qui se prennent, comme ça, pour Che Guevarra. J'avais envie que ça saigne, j'avais envie de chutes mortelles dans l'escalier, j'avais envie d'enfoncer des mots dans la gorge au pic à glace,  de ricaner à chaque déni, de dire ta gueule méthodiquement,  chaque fois que ça puait le faux. Et ça puait vraiment.


J'ai juste fait de l'angoisse.