« Vers l'Océan. | Page d'accueil | l'Indienne de quelqu'un »

Vers la Manche

  Il faut toujours se pardonner pour que les choses se poursuivent, aussitôt qu'on est deux. Le pardon, c'est l'étoile du lien. Les souvenirs, c'est des regrets mal déguisés. Tu pousses ton museau dans ce jeu de quilles, tu attends la caresse, la bénédiction, le lappement. Tu baisses la tête, tu montres les dents, tu mords, et puis tu baisses la tête. Tu aimeras comme toi-même, quand bien même ton stupide prochain. Et tu finiras dans un caveau à 16000 euros : la même intervention finale pour toute ta généalogie. Même si tous tes viscères crient à l'absurde, tu baignes dans des réflexes judéo-chrétiens. Ce serait grisant de faire péter les matricules, de décadenasser les inconscients, un raté sur toutes les lignes, juste pour voir la profondeur des blessures.  Ou bien peut-être, les bras croisés sur nos badernes, à se rendre compte, pauvres buses, que rien n'est changé, qu'on se noie dans les mêmes verres d'eau, qu'on répète les mêmes échecs, automates, le sourire aux lèvres, presque contents d'avoir encore quelques repères. Je n'aurais jamais cru que ces bords pathétiques intéresseraient quelqu'un. On se fait des idées, je n'aurais jamais du écrire ces foutues reflexions, des bris dans le miroir, rien d'autre que du flouté.

On avance, dans une marche fragile de volatile, on fait le tour du même quartier, le tour du même vide, à Nashville, à Saïgon,  comme à Plancoët. Mais comme on te dit tout le temps qu'il "faut avancer"...

 

 


podcast