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Châteaux - I -
Soleil liquide, j'ai de nouveau la lumière sur l'épaule, ce rond que j'aime bien, comme un flash dans le brun de la peau. Ca sent le monoï, le sel, le pastis, la socca trop grasse, le bitume trop chaud. Mes ongles ont l'air trop blanc.
Je glisse dans l'eau et j'avance jusqu'au bout des cheveux, je ne reste pas longtemps debout dans la mer, je suis une piètre nageuse, je respire mal, même hors de l'eau, mais j'aime bien les différences de froid aux chevilles, dans le plein du dos, le haut du crâne, et puis je me redresse, je sors. J'enfonce mes pieds dans le sable, je plonge mes mains aussi. Des gants, des bas de grains. Ici, il est moins beau , moins frais, moins doux, tellement plus épais que lorsque nous étions là-bas. Là-bas, c'était vraiment de la poudre d'or. J'avais eu peur de la violence de l'Océan, la première fois. J'avais eu peur quand je t'ai vu partir si loin, et ta tête soudain minuscule qui apparaissait entre deux brassées d'Atlantique. J'avais eu peur de la marée qui surgit entre les deux falaises. Mais j'avais trouvé ça plus que beau. J'étais la petite méditerranéenne qui brunit à côté de l'huile de l'eau, et qui croit connaître la mer.
La plage était tellement grande, si loin les uns des autres, et quand j'étais vexée par ce que je prenais pour de la froideur, et que j'avançais, seule, avec la terreur de m'égarer, de perdre ton chemin, avec la panique que tu ne me rattrapes pas...
J'étais fascinée par le feu dans la cheminée au mois d'août, j'étais fascinée par mon goût de ne rien faire, et de me laisser t'aimer.
Nous n'échapperons à aucun cliché. Tous nos souvenirs ont le goût de la mer.


