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Additif

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Voilà, tu ébiselles ton coeur jusqu'à l'arête, plus dur qu'on os. Adieu la police intérieure qui fait trembler. Nique la police, même ! Tu tournes la tête quand ça t'intéresse plus, tu dis que t'es pas d'accord, effectivement, mais que ton avis T'importe peu, et que ça te saoûle quand on te le demande.  Tu dis que c'est pas la peine les salamalecs, qu'on est là pour la même chose, se frotter le ventre pour oublier, se monter dessus pour se rappeler à l'inhumanité de toute relation humaine. Autant prendre de l'avance. C'est tout. Un point c'est marre. Et non merci, je ne converse pas. Tu prends bien soin de te glacer le corps, d'oublier que ton coeur c'est du nylon, qu'il brûle en deux minutes, oublier que tu pleures devant un petit âne gris sous la pluie, quand il plonge ses oreilles en pathétique parapluie, oublier que tu lis Eluard en cachette, oublier qu'un homme qui ne sait pas quoi dire, ça te retourne la peau. Tu tournes la tête quand le baiser prend des faux airs de tendresse. On pourra pas te dire que tu n'as pas pris toutes les précautions. Tu dis ciao bonsoir non merci j'ai à faire, comme pour te venger de tout le mal que lui ne t'a pas fait, comme pour le venger de tout le mal que tu pourrais lui faire. Et quand tu te regardes soulagée d'être enfin à l'image de la désincarnation que tu te souhaites, pire qu'un blog houellebecquien, plus glacée qu'une pauvre petite fille riche cocaïnowomane amère et désenchantée, pleine d'angles bien aigüs, la répartie cinglante comme la baffe que tu crains qu'on te mette, on te balance:
"Tu es la plus émouvante des femmes que j'ai jamais connues"
 C'est foutu. C'est foutu. C'est foutu.

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Alors je ne suis pas jalouse, jamais. On me l'a bien souvent reprochée. Mais tu veux que je te dise ? Bas les masques à la fin. C'est pas de la hauteur d'âme. C'est juste que je pense au fond, avec mon  égo malade hypertrophié, mon bel égo de baleineau, que c'est toi qui te trompes si tu en aimes une autre. 
C'est juste que je pense au fond, avec ma dualité d'ego schizoïdé, que c'est bien tout ce que je mérite, que les pots aux roses, ça finit toujours pas se dévoiler.


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Tous les pique nique, les ballades, les déjeuners sur l'herbe, les marguerites qu'on effeuille, les fous rires si on patauge dans une flaque en même temps, les mains dans les cheveux, et ta main sur ma taille, et chabada. Eh ben, je vais te dire, je ne me moque pas. Là oui, je suis jalouse , à en crever. Parce que moi, là dedans, j'ai l'impression d'être la doublure. Je veux bien faire les gestes mais bon, de loin si vraiment y a besoin, si l'actrice principale fait une allergie au pollen, si je dois rendre service, quoi.

  C'est pas pour moi. Ca m'oppresse. J'ai pas eu de déjeuners sur l'herbe, de pique nique en famille, de courses folles dans les prés. Une main sur ma taille, je me demande toujours quand c'est qu'elle va me taillader. 

En fait, j'ai pas les pré-requis pour aimer.


 Quand on me parle de "grande tablée" pour l'anniversaire du petit cousin, avec les spécialités de tante Mathilde, ou de convalescence passée chez ses parents, j'ouvre la bouche pour en respirer un peu de cet air d'un dimanche banal et un peu déprimant, en famille.  Je voudrais bien me payer le luxe une fois de dire "Ha ouais, ça fait chier", mais bon, il n'y a que ce qu'on connait bien qui peut nous agacer.


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