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Blablabla

J'ai encore des larmes, je croyais que tout était tari, c'est jamais fini. J'ai poussé le cynisme et le dégoût de moi jusqu'à croire que j'avais besoin de spectateurs pour pleurer, une hystérie pathétique, une mise en scène pour m'incarner. Je me trompais. J'ai jeté des chaises, j'ai frappé des murs, toujours sans hurler et pourtant j'ai des millions de cris gonflés, en attente là-dedans. Les murs avec leurs gnons, je m'en fous. Soudain, je sais que tout ce vide dans ta maison, tu en as eu autant besoin que moi. Comme une preuve que tu ne finirais rien, que tu dépasserais personne. Tu continues de me dire que tout ton toi-même n'est qu'une conséquence de mes actes, de mes silences, de mes demandes brutes, pas décapées,  pas polies, ni cirées-vernies.  Et je continue de te trouver parfaitement dégueulasse de ne pas prendre tes responsabilités, de me donner tant de pouvoir, quand je n'ai rien eu que  la faiblesse de t'espérer. Et maintenant je pleure, en glissant contre un mur, je me tords, ça fait des bruits stupides. En secret je m'enterre. Personne ne me regarde, tu ne viendras que quand tout sera fini, tu ne comprendras rien. Je vais finir par croire que c'est mieux ainsi.  Tu me verras assise ici, tu croiras que toutes ces chaises qui volaient, ce n'était rien d'autre que mon trépignement habituel, mes petits poings levés, un reste de ma jeunesse  dépravée. Tu joueras à la colère contenue difficilement, mais en fait tu ne sais même pas ce que c'est que de vouloir crever de ne pas vivre assez.  Je déteste le tour que prend ma rage. Va t-en vite, quand je commence à te mépriser, j'ai envie de me tuer de t'avoir aimé. Tu croyais quoi ? Qu'il y aurait toutes les belles étapes ; de la colère à l'oubli, bien rangé par ordre alphabétique ? De la rancune au symbole répugnant d'une page qui se tourne et qui signifie juste qu'on se fait baiser par un autre ? Tu croyais que j'allais dire amen, oui, ok, et peut être aussi "C'est mieux ainsi" en hochant la tête dignement ?  Tu croyais que je ne t'aimerais plus comme on ne peut plus souffrir la crème vanille, écoeuré, all of a sudden ? Et que je tournerai la tête, lentement, comme dans un clip,  vers la droite parce que c'est censé symboliser mon radieux avenir ? Tu croyais que j'allais continuer ma route sans nous et la trouver plus belle, de surcroît ? Non, je perds mes peaux comme je perds tous mes rêves, je pèle du coeur, je perds tous mes lambeaux de toi, et je me fais peur.  Mais je sais depuis longtemps qu'on ne se relève jamais, qu'on colmate, que tout est foutu. Je te l'ai dit très vite, au tout début, ce que j'étais. J'ai rien caché.  Je sais depuis toujours, que rien ne comblera la béance, que je suffirai pas.  Ce qui m'emmerde, c'est de croire encore quelquefois à l'humanité, la mienne et celle des autres. Ce qui me poignarde encore, c'est ma foi. Si ta main vient pousser mes cheveux de devant mes traînées de mauvaises larmes, je vais cracher, je vais lacérer, je vais trancher. Pro perfidis judaeis. Il n'y a plus que là que tu t'agites, quand tu me vois écumer. Ca te fait peur, ça t'inquiète. Tu confonds l'amour et la peur, le sentiment et le sacrifice. Tu ne crois en rien d'autre qu'en ma colère. Ca fait de bons fidèles, c'est vrai, des unions qui durent deux mille ans, mais il y en a toujours  un qui saigne des mains.

 

 
 
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