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Mes nuits sont aussi chiantes que mes jours

Je suis inhabitée, ça m'inquiète, enfin je veux dire ...je devrais m'inquiéter.
J'ai été malade il y a quelques nuits, comme jamais. En allant boire, en remontant me coucher, je me suis évanouie dans les escaliers. La première pensée que j'ai eue en reprenant mes esprits, et en palpant ma bosse a été:
"Emma Bovary."
 J'ai la syncope cultivée.

J'ai passé un week end allongée sur mon lit, sans musique, sans livres, sans rien, juste étendue à avoir mal au coeur. Un coma plein de vapeurs et de questions. Quand j'ai dit ça à Truc, il m'a répondu: "C'est suuuu-per, tu t'es reposée." comme s'il avait pris deux amphéts. La capacité à occulter l'autre, à y projeter tout ce qu'on y voudrait, pour éviter de l'écouter, continue de m'esbaubir. Ma théorie de la vaine communication s'affine.  

Mon asocialité regagne du terrain. C'est con, j'avais progressé. En même temps, peut être que c'était avant, que j'étais dans le vrai. J'aurais regressé quand je croyais avoir avancé...? Un peu comme celui qui traverse un champ de mines, à petits pas prudents et qui explose parce qu'il saute de joie en sortant du terrain ?  Grands Dieux (= Fugue N°2 par Glenn Gould), c'est fou.

Je m'en fous, j'apprends la guitare, et il pleut. Deux alibis en or massif pour refuser de répondre au téléphone. 

  Je ne me vis que comme la fille de mon père ces derniers temps. Mortifère, mutique et ...endeuillée.  Ca m'inquiète, enfin...je devrais m'inquiéter.

 

Je me couche, je touche mes os du bassin, je mets mes pieds au mur. Je considère l'espace entre les cuisses quand on les serre. On dirait un autre trou. Je fais ça tout le temps. Ensuite je me coltine à un mur, en chien de fusil, et je serre les paupières jusqu'à ce que ça s'arrête, le roulis mental. J'ai souvent froid.

Je voudrais une lumière, je m'en fous qu'elle m'éclaire. Si elle me réchauffe un peu, ça m'ira.

 

Ho... à la reflexion, même pas.

 


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