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Carnet d'une route

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Le néon faisait des ombres de versailles sur ta peau. Je récitais une prière que j'inventais, pour que tu te tournes. Ton dos comme une tuerie trop lente. Tu ressemblais à quelqu'un que j'aimais.

Cette fois, c'est comme un arrêt de mort, une branche qui ne poussera plus. Je suis occupé. Ecrit noir sur gris. Il y a quelques mois, un café pas si lointain, 9 arrondissements de moins, comme un ventre vide, une délivrance en un sens, unique cette fois.  Un endroit où je posais ma main sur ton bras pour te supplier de cesser de me faire rire.

Si le doute persiste, tu signes, tu fais demi-tout en sens inverse, pour te donner l'illusion d'un virage qui aurait un sens. J'ai voulu dire "rien à faire", jouer l'habituée des reniemements, rompue à la routine des séparations, des déchirements, haussement d'épaules et moue desabusée, et j'ai dit "rien à taire", lapsus, sauvage de silence.

Je suis la matière première née de la dernière pluie. Je marche dans une rue dont je ne connais pas le nom. J'économise les mots pour me préparer à écrire. Le silence c'est un élan.

Chaque pas me coûte une entaille de sirène amoureuse, et pourtant je te jure que je n'aime plus personne. Mon rictus trop serré, mes poings ironiques, ça va bien ensemble.

Tout le monde me semblait si beau, si chaleureux.  J'aimais les traces de couleur sur le bois, le vent qui s'engouffrait dans mon blouson, glacé, pendant que je me penchais. Je n'ai pas oublié le mouvement. Je sais accompagner la route.

J'ai chanté loin, plus haut, grave, j'ai fait mi mineur mi mineur et j'ai improvisé. Un vin partagé, du pain, de la musique, à faire. Des livres par terre. Je crois que c'est ça, le paradis.

J'ai vu "le lit", j'aurais aimé le peindre.

Un soir, les draps d'hôtel repassés, seule, assise en tailleur sur la table de nuit, j'ai regardé un disque que je ne pouvais pas écouter, des heures comme une minute, à n'attendre rien. J'ai attendu que ce soit l'heure pour descendre un sac trop lourd, marcher, c'était encore la nuit. J'étais mieux que bien.

Dans le train, j'ai rencontré une femme qui m'a raconté sa vie. Je l'ai écoutée, elle avait perdu sa mère à sept ans, elle allait élever le fils né d'une relation adultère de son mari. Sa mère venait de mourir. Il avait sept ans. Elle m'a dit: "Je ne peux pas le lâcher."

Je l'ai embrassée sur le quai. Elle était petite, italienne, elle aimait le café. Elle avait les yeux bleux, le teint brun.

J'aime les yeux clairs, banalement, infiniment, la clarté m'émerveille.

J'aime les transparences dans les regards, une vieille et imbécile croyance qui me fait penser qu'ils me mentiront moins.

 

                                *`*`*`*

 

Je ne suis pas loin de me la péter, j'avoue, oui, car en haut donc me voilà "croquée par Miss Phédia 

et par Sophie 

 


alors oui, je me la pète.

C'est incontestable.

Et pas qu'un peu. 

 

et en bas les pieds, c'est moi qui les ai pris, pour participer, quoi.

(c'est Phédia qui danse, enfin ...ce sont ses pieds.)

(eh oui je voulais bien prendre les pieds, hein. Evidemment.)

 

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Commentaires

Magnifique.

Ecrit par : Alm | 18 février 2008

Texte, photos, c'est sublime. Et même si je n'ai pas les yeux clairs, je ne mens pas. :)

Ecrit par : Tant-Bourrin | 19 février 2008

(sourire)( le plaisir pour moi)

Ecrit par : ph&-railleurs | 19 février 2008

Superbe!
tu es magnifique!
et ceux qui t'accompagnaient n'étaient pas moins beau.
Bien belle journée en vérité

Ecrit par : ars | 19 février 2008

Miss Phédia reine de Belleville et Ménilmuche a beaucoup de talents réunis sous sa patte aux chaussures rouges. Et toi, tu as la plume tout à la fois diaphane, grave et attentive...Joli mariage.

Ecrit par : Blog-trotter | 19 février 2008

Abs, la prochaîne fois, je m'inviterai bien dans ta valise psychique. Mnurf. :)

Ecrit par : Emi | 19 février 2008

De ta tête aux pieds, je suis impressionnée. En globalité.
Alors je sais bien, Abs, tu me diras "il ne faut pas" !
Mais...

:)

Ecrit par : o. | 19 février 2008

hé fais gaffe, j'ai l'impression que tu souris ds ton blog it express..
t'es con ca fait flipper!! ;)

encore très très beau texte, j'y comprends rien et je me fais emmener... j'adore!!!!

Ecrit par : alexa | 19 février 2008

Phe et Ars > Je publierai celles ou on est tous nus plus tard alors ?

Odile> Merci ! mais les pieds, faut pas :)

Emi> je fais tres mal mes valises, mais je t'emmene ok, et avec plaisir :)

BT> Oui, vraiment et en plus elle sent vraiment bon. :)
et sophie et frederic en ont aussi et pas qu'un peu (du talent)
(merci)

Alexa> ben je souris , oui. et contente que ca te plaise.

TB> Je suis sure que t'as les yeux clairs dans ton coeur, tu vois :)

Alm> toi même.

Ecrit par : abs | 19 février 2008

j'garde la video avec les animaux sous le coude alors ?!

Ecrit par : ph& | 19 février 2008

Il est mélancolique ton écrit du jour j'y vois pointer une étrange lumière, un clair obscur qui te vas bien, même si la peine qui t'habite rend ta voix plus intense quand tu mets les mots en musique je te souhaite quand même pour bientôt un bonheur tranquille !

Ecrit par : Jipes | 19 février 2008

si t'arrives à me coincer entre le dentrifice et les sanglots longs des violons du printemps de l'hystérie, ça devrait aller, je pense.

Ecrit par : Emi | 19 février 2008

Emi> :) je coince personne moi, je suis une hystero de la plus belle eau, a nous deux ca va être epique !
Jipes> tant que c'est pas la force :)
Ph&> Mus', mon lapin nain (tu sais, le noir, là, à gauche sous Ars) dit qu'il faut respecter son droit à l'image.

Ecrit par : abs | 19 février 2008

Celle là on en est bien loin en ce moment ca serait plutôt Les Femmes et les enfants d'abord le bateau coule !

Ecrit par : Jipes | 19 février 2008

Attends, je me suis assise nue sur ton lapin nain noir?


Rien sentie.

Ecrit par : ars | 19 février 2008

"Je suis la matière première née de la dernière pluie."
rien que pour ton sens de la formule qui tue, t'as le droit de te la péter, et plutôt deux fois qu'une :))

Ecrit par : lorent | 19 février 2008

Ton texte est superbe, surtout les trois premiers paragraphes et sa conclusion sur la transparence des regards. Est-ce pour toi la même chose que la transparence des yeux (des vitres) ?

Ecrit par : Querelle | 19 février 2008

Querelle> merci beaucoup et bienvenue. Oui, je n'avais pas vu les choses comme ça mais ça me parle bien. J'aime voir à travers, voilà.:)
Lorent> C'est gentil cet aval. (non mais ça va me passer je crois :)
Ars>ha ben un nain, hein...:) normal.
Jipes> oh oui,le grand naufrage

Ecrit par : abs | 19 février 2008

(soupir)
On a oublié de fixer une autre date.
Ah oui, c'est vrai, on a nos mails.
Et nos téléphones.
Et nos blogs.
Trois fois rien par comparaison.

Ecrit par : ellisa | 19 février 2008

La mienne d'hystérie va à vau-l'eau. Alors y'a pas de raison que ça fonctionne pas ;)

Ecrit par : Emi | 19 février 2008

Je suis triste et perdue dans ta première phrase, tellement belle. Je reviendrai mieux :)

Ecrit par : augenblick | 19 février 2008

Moi c'est "le silence c'est un élan" qui me m'arrête dans le mien là, je te l'ai dit.
Tes mots et ces photos sont des puits de jour, des tangos de lumière.
Merci.

(et elle est trop classe ta tunique)

Ecrit par : Sygne | 19 février 2008

Sygne> je savais que tu la verrais :) Ca fait Arthurette Rimbaud, je trouve . (arf)
Et je crois que le silence, c'est vraiment ça, tu sais, un genre d'élan avant la "parole".(merci a toi tango de lumière c'est trop beau)
AUgen> C'est a cause d'une photo que j'ai prise (oui encore :)
je te l'envoie si tu veux.
Emi> "fonctionner" je deteste ce mot, j'ai l'impression qu'on va fonder unepetite entreprise auscours ! entre nous ca pulsera, ce sera fou, ca demenagera, (en gros: on ira boire des coups et on se racontera l'histoire de ces rois debiles qui vont crever de ne pas nous avoir aimés :)
Ellisa> oh oui alors. C"'est quand tu veux ou tu veux.

Ecrit par : abs | 20 février 2008

Oui ! (pour un tango glissé sur parquet mental)

Tiens, un poème que j'ai aimé hier, de Carles Duarte :

"Je passe la main dans les cheveux de l'après-midi,
je mâche le goût terreux de l'amande,
mes yeux s'arrêtent fatigués sur la Lune
au sommet du bleu.

Au-delà du temps
tu m'embrasses encore.

Nous nous sommes baignés
dans une mer de rêve."

Ecrit par : augenblick | 20 février 2008

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