« Je n'écrirai jamais une chanson pour dire que je suis sur la route et que j'attends quelqu'un. | Page d'accueil | A vendre »

Scène (du) 2


podcast

but if you stick with me you can help me
I’m sure we’ll find new things to burn
cause we are proof that the heart is a risky fuel to burn
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- J'ai besoin de le faire, écrire comme on se venge, comme on recrache les mots qu'on n'a pas dits. Ecrire sans essayer de me convaincre. Je me sentais la force de te suivre, et même de t'accompagner. C'est dingue comme on peut se planter. Je me sentais la force de t'aimer dans tous les sens, dans tous les termes. Puisque l'amour est une idée. Je suis douée pour m'en faire, moi, des idées. 

Mais tout ceci ne dure jamais.

Et je m'effondre, tu sais, je m'effondre. Tu veux des preuves ? Une seule note, continue , éternelle, lucide et aiguisée. Un la mineur. C'est ma note préférée. Et regarde, quelques scatophaga stercoraria volent tout autour de moi... 

 

 - Chaque fois que nous avions ce qu'il est convenu d'appeler une explication, tu tournais le dos, ulcérée, le cou dressé. Ne me prends pas pour l'imbécile que je suis, tu le savais que j'allais te rattraper. Tu jouais des cheveux, des cheveux qui volaient quand tu t'en allais. Je m'en vais, tu disais. Laisse-moi partir. Faut croire que ça me faisait bander, la fille qui voulait s'en aller, la fille qui voulait qu'on la rattrape, qui joue à celle qui va se casser, et la main qui rattrape le bras. Et "là tu me fais mal", avec les larmes bien synchronisées, et ployer ici-même sur l'escalier, et  m'embrasser m'embrasser en me traitant d'enfoiré. Tu ne regardais jamais la télé, toi. Mais c'était comme au cinéma.

 Je me redresse, tu sais. Je me redresse. Moi, ça va. Et toi ?   

 

- J'ai besoin de le faire, écrire, comme tu te venges de tout ce que tu as subi de mon silence comme tu dis. Je me sentais la force, et j'ai failli. Je n'ai jamais regardé un autre, désiré d'autres mains. Je trouvais ça, facile la fidélité. Il me suffisait de t'aimer. C'était la sécurité, l'envie de repères, et tu me cadrais. Tu t'occupais de tout ça. Tu disais c'est comme ça. Je me révoltais pour la forme. Pour avoir la forme d'un moi. Et j'étais rassurée d'avoir tes contours, tu sais.

Mais tout ceci ne dure jamais.

Et je m'effondre, tu sais, je m'effondre. Tu veux des preuves ? Une seule note, continue , éternelle, lucide et aiguisée. Un la mineur. C'est ma note préférée.  Et regarde, quelques scatophaga stercoraria volent tout autour de moi...

- Chaque fois que tu te levais avant moi, tu revenais à moitié habillée. Je m'en vais tu disais, c'est l'heure. MMh je grognais. Non, mais je venais te dire que bientôt tu devrais toi aussi te lever. Mmmoui,  je grommelais. Maintenant que tu es réveillé, tu peux te rendormir, tu me disais. Et on rigolait. La main devant la bouche, avec des bruits d'imbéciles.
Maintenant, je me demande où tu dors.


Je me redresse, regarde-moi. Je me redresse. Moi, ça va. Et toi?  

Tout ceci ne dure jamais....(ad libidum)

 

 

 

 

 

 

 

(pour Ellisa) 

Commentaires

une note seule ne peut être mineure ou majeure si elle n'est pas au sein d'un accord (ou d'une phrase) ...

Ecrit par : n | 11 janvier 2008

c'était pour dire "lamineur" (oui je sais je sais ;)

Ecrit par : abs | 11 janvier 2008

J'aime beaucoup cette nouvelle catégorie !

Ecrit par : S. | 11 janvier 2008

"Tu ne regardais jamais la télé, toi. Mais c'était comme au cinéma."..."Je me révoltais pour la forme. Pour avoir la forme d'un moi."
C'est d'anthologie ça ma chérie... mais j'aime tout le dialogue en fait. Tu devrais écrire toi tu sais :))

...et j'adore le gimmick des scatophaga stercoraria .

(Sinon, petit cadeau pour rigoler et pour la cul-ture aussi, une pièce maîtresse de l'oeuvre du génial sculpteur Louise bourgeois... "Fillette" ça s'appelle, ou la définition de l'hystérie pour moi :)
http://analizarte.es/wp-content/uploads/2007/06/fillette.JPG

Ecrit par : Sygne | 11 janvier 2008

Sygne > Ho merci, c'est scotchant de vérité !!!

en partant a sa decouverte, je découvre ça qui est la définition de la "vraie" femme pour moi. (encore regardée avec trop d'ironie hein je crois :)

http://www.recirca.com/reviews/louisebourgeois/mobile.jpg

S> merci je l'aime bien aussi !

Ecrit par : abs | 11 janvier 2008

Ho elle est bien celle-là aussi oui, c'est exactement le "pendant" de l'autre :)
Mais tu sais j'aime tout ce que fait cette femme, et comment elle écrit, je vais t'offrir un livre génial sur Louise B. que j'offre à toutes les femmes que j'aime (violons), et que tu adoreras je pense : "Destruction du père, Reconstruction du père"... (ça parle hein.)

"Mes premières oeuvres, c'est la peur de tomber.
Ensuite, ça c'est transformé en art de tomber. Comment tomber sans se blesser.
Plus tard c'est devenu l'art de s'accrocher.
...

Si je dis tout sur moi-même, tout ira bien.
C'est la terreur de ne pas être aimée."

Ecrit par : Sygne | 11 janvier 2008

ecoute oui, je trouve ça dément. Moi aussi , je dis tout parce que j'ai la trouille alors qu'il n'a pas de verite qu'on puisse dire toute, comme il a dit CeluiDontOnNeDoitPaspronocerLeNom
enfin bref, tu crois qu'il faut que je sculpte ?

Ecrit par : abs | 11 janvier 2008

j'l'avais bien dit qu'y avait du talent d'écrivain ici !!!! Si ... SIIIIIIIIIIIIII !! C'est vraiment pas donné à tout le monde d'écrire comme ça, ah pardon de bloguer comme ça ...
Même si c'n'est dixit l'auteur "du vidage du poubelle" c'est d'la poubelle alors ???
Ceci n'est pas un cirage de pompe, un léchage quelconque (attention, ce n'est pas sale !) c'est un fait.

Ecrit par : sandrine | 11 janvier 2008

Correction au commentaire précédent parce que chui troublationnée certainement ...
Même si c'n'est dixit l'auteur QUE "du vidage du poubelle" c'est d'la poubelle DE LUXE alors ???

Ecrit par : sandrine | 11 janvier 2008

J'aime comment ton ciseau bourgeois et khmer de la meilleure époque (celle de Jayavarman VII) sculpte tous ces mots qui débordent. Ils se redressent et s'effondrent, et se redressent encore ; mais ? ta sculpture respire !

Angkor ! :)

Le passage de la peur de tomber à l'art de s'accrocher... !! Eclairant.

Ecrit par : augenblick | 11 janvier 2008

J'aime la manière dont ton ciseau... (pardon !)

Ecrit par : augenblick | 11 janvier 2008

Augenblick> il y a tant de finesse ds ton commentaire que j'ai envie de secouer mes cheveux nue ds mes bottes (tu comprendras )
SAndrine> Alors il faut rendre a Overblog ce qui appartient a http//
"vidage de poubelle" est un concept dis-ngagien et "poubellisation" une theorie Sygnienne. Bon sinon moi j'ecris les textes hein :)
(merci merci merci)

Ecrit par : abs | 12 janvier 2008

Je ris !!! vous allez me rendre folle :)

Ecrit par : augenblick | 11 janvier 2008

Down and up, up and down
Hope is there, hope is gone
Down and up, up and down
Nothing lasts ad libitum...

(cherche pas, je viens de l'inventer) :)

Ecrit par : Tant-Bourrin | 12 janvier 2008

bon, j'ai un probleme de blog et d'affichage de commentaires.
Tout merdoie.
Désolée pour ceux qui s'affichent pas, j'y arrive pas !
je tente un règlement dans le vikend et voila voila
et sinon tb il devriat monter un groupe et Augen aussi tiens !!

Ecrit par : abs | 12 janvier 2008

(j'ai rien foutu sur celle-là pourtant !)
Remarquable réversibilité des discours, après lecture et relectures, voilà qui me pose de nombreuses questions. Cette simple petite boucle, ce "e", qui change tout, mais qui ne change rien.

Ecrit par : ellisa | 14 janvier 2008

Tu sais ma difficulté à "informer" de ce que j'ecris. mais qd tu le dis, ca me parait si vrai...ca me tue.

Ecrit par : abs | 14 janvier 2008

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