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pffff- Le best of de la compil du retour.
J' en ai marre -II (la partie 1 est en dessous, mais bon, franchement ne perds pas ton temps, je dis quasi la même chose)
Mais on me dit "Mais...heu..l'enfant, le travail, et la lumière bleue de l'automne ? hein ? et l'écriture, l'ârt...? " avec des tremolos dans la voix.
Je dis "Ha oui, mais moi, je vais pas jouer les toute-puissantes, j'ai des épaules petites, je dois vous avouer. J'ai jamais pensé que je pourrais protéger qui que ce soit de tout. J'ai baissé les bras le quatorze juin dix neuf cent soixante neuf, je crois. Ma mère a fait une sale gueule, je dois dire. Il parait que je voulais toujours dormir seule. Nourissonne et déjà tellement lucide. Quasi visionnaire, les gars. Avant tout commencement du drame, on connait déjà celui d'exister. To be or not to be, l'Etre et le néant du vomi des mains sales, et tutti quanti. Et puis, la lune, moi je m'en fous, j'ai envie d'un autre avec qui conter, pas sur qui compter, si tu vois la subtile différence ."
Mais On voit rien. Limite On s'en fout.
Mais on me dit plus rien, je dois dire. Je suis obligée de payer un mec soixante euros pour qu'il m'écoute sans me dire que je suis responsable de tout, et ne me demande pas de me taire parce que j'ai rien le droit de lui reprocher. Qu'On souffre. Ha oui, j'avais oublié. Ma gueule, donc.
J'ai passé ma vie à composer avec la merde des autres et j'ai dit merci, bonsoir. J'ai même fait quelques mélodies chiadées avec ça. Pourquoi m'arrêter en si bon chemin ? Ouvrons un cabinet de psychothérapie...ou peut être proctologie, va savoir.
Chaque fois que nous sortions dehors, ne serait-ce que pour vider la poubelle, on se donnait la main. Ca faisait une étoile tous nos doigts. Je savais plus lesquels étaient à moi... Il me disait "On est trop cons", et je lui disais: " Oui, enfin hein... surtout toi."
L'avenir se dessinait, déjà. Radieux.
Je pourrai mettre des pronoms impersonnels, saborder toute ma note, pudeuriser tout ça avec un zest de syntaxe perlaborée, pour me/te donner l'illusion que je ne suis pas à nue. Mais si tu savais ce que je m'en tamponne, à l'heure qu'il est. De l'intime de ma blogguerie. Du droit de réserve, et de la déontologie du tout dire, mais pas trop. On en est tous là, à se faire croire que vider nos sacs nous fera un peu de bien, et règlera, dans la foulée quelques comptes bien sentis, pour des gens qui ne liront jamais. Mais, là aussi, le code c'est de faire croire que oui, mais peut-être c'est pas vrai, hahaha. Tralalère. De battre des cils en utilisant la litote, de faire la moue en pratiquant l'ellipse; Tu y as cru heuuuu, alors que moi Boris Vian je suis : c'est faux puisque tout est arrivé, et ça pourrait être vrai puisque j'ai inventé de bout en bout... et comme j'ai mis tiret à la ligne et points de suspicion, ça te met le doute mais puissant, le doute, tu vois. Parce qu'en vrai moi, c'est l'autre. Et moi, enfin je veux dire, l'autre eh ben l'autre moi, il va super bien. Sinon strolahonte.Pfff.
Comme si c'était plus pudique, le reste, le dehors, qu'on y prenait tant de gants avant de sodomiser le néant.
Je me permets l'impudeur ici. Mais je te jure pas là, pas là-bas. Je me rappelerai toujours de la tête de ce célèbre bloggueur parisien qui se la pète grave et que la décence m'interdit de nommer ici sauf que son pseudo, c'est Byby..."Ha mais t'es pas triste en vrai ?" Non - en dehors du blog, je vous assure que je ne fais chier personne. C'est peut être pour ça qu'il existe celui-là.
J'écoute des trucs au casque, en faisant tip tip sur des touches, assez vite, c'est la classe, je reviens d'une sortie, j'ai fixé les mêmes idées dans un théâtre, un café, j'ai fait :
- ho c'est vrai ? ha non je savais pas ! ha mais vraiment...
- Oui c'était inégal comme spectacle, non ?
- Mais bon quel texte prodigieux, quel texte prodigieux, non ?
- Oui, tu as vu, lorsque le jeune frère enterre les restes de sa mère dans la cuisine, y a une conne qu'a pleuré dans la salle.
- Ouais, ouais tu trouves que c'est con, toi ?
- Ouais, complètement.
- Ha ben c'était moi.
- ...???? pfff, T'es trop con.
... Et je ris de toutes mes dents.
et j'ai la main qui fait appel d'air...
Je fais tip tip, pendant que mon fils dort bien. Merci. Et que le reste m'appartient. Que j'ai le droit d'en filer à personne. En plus.
Et demain, enfin tout à l'heure...hop hop, je me colle un sourire, je vais bosser, et je me dis "ça va aller." Parce que c'est vrai.
et sur ce , je vous jure que j'en ai marre.
Pfff etc etc...
J'en ai marre part. I
J'étais là, devant mon enième café du jour, à tourner la cuiller devant, alors que, plutôt crever que de sucrer mon café, en règle générale, comme chacun sait, puisque c'est un blog intimiste. Je me disais que le prochain qui me dirait que j'avais tout pour moi et que ca va aller, prends toi en main...je lui ferais avaler ses yeux.
Je me disais que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, parce que des fois, j'ai pas ma langue dans ma poche , moi, hein, j'hésite pas à m'asséner de grandes vérités comme ça, à la face du monde, aussi dérangeantes soient -elles. Je me disais que oui, bien sûr, je veux bien me flageller, et le dire que je flambe de la névrose comme jamais, qu'à moi toute seule, je fais le dessert et le plat de la résistance, que oui, je ne suis pas facile à vivre, loin de là, même. Même moi, je me supporte pas. C'est dire. Que c'est certain, oui oui, que j'ai tendance à transformer l'homme le meilleur du monde en goujat, génératrice de tyran. Je veux bien le dire. Je le vérifie chaque jour davantage, aujourd'hui plus qu'hier et moins bien que demain. J'ai ce don merveilleux, moi. Tu râles, hein ?
Mais tu vois, ce soir, je reviens d'une enième sortie faite pour me changer les idées. Etrange comme elles restent fixes, quelques soient les changements de paramètres, de l'espace au taux d'alcoolémie, en passant par la distance salutaire de proxémie, et j'ai envie de voir les choses sans atours.
Allez zou...A poil, les choses !
Sans auto-fouettement, J'ai envie de penser que peut être, hein, je peux m'autoriser à penser dans mon milieu on ne peut plus concerné, comme ça, pour me faire du bien deux minutes, que les hommes révèlent un jour ou l'autre leur tyrannie, et que je n'y suis pour rien. Avec ma tronche de déterrée, mes putains de larmes, ma putain de colère, ces derniers temps, j'ai vraiment envie de penser que je n'y suis pour rien. Je peux, dîtes ?
Ca me fera comme des vacances, une bande dessinée, une houppelande de bonheur éphémère et dérisoire,...si ça dérange personne. Je vais m'autoriser à le penser, ce soir. Voilà.
Vois-tu, ce que je constate et qui me rend de plus en plus amère, et déjà, avant, j'étais pas du genre Vive les petits oiseaux, hein, c'est que chaque fois que je me donne un peu, chaque fois que je fais tomber la barrière, que je cesse de me taire, je me prends une porte dans la tronche. Voire mieux.
A contrario, chaque fois que je m'en tamponne, chaque fois que je joue la belle indifférente (justement le truc c'est qu'il s'agit pas pour moi de jouer, je déteste ça, j'ai envie de crever les yeux de tous les joueurs de belote, de tarot, de mettre une barre à mines dans la bouche des joueurs de scrabble, de raser la tête des filles qui disent que tu dois attendre le rendez vous 4,2 pour dire "Quelle heure est -il yau de poêle" parce que sinon haaaaaaaan, j'ai envie de crever les yeux du monopoly, aussi, c'est te dire)
Enfin bref, chaque fois que je m'en fous, que je montre rien de mon désir, de mon attachement, puisqu'y a degun au portillon, puisque ma libido est sèche comme un hareng, sans l'odeur, que mon attachement ressemble à La bastille le 14 juillet 1789 : liiiibre. Eh bien là, mes amis...c'est Broadway. Harcèlement. Les feux de l'Amour, même. Pour un peu et si je n'étais pas si lucide sur les ravages de l'insomnie et du reste qui ont fait de moi une sorte de CamilleClaudelBeatriceDallisée, ces temps derniers, je me prendrais pour Monica Bellucci en période pétage intense. Genre j'ai toujours eu du mal à vivre avec ma stupéfiante beauté et mon charme fou, sans oublier mon corps superbe, HAHAHA. Sauf qu'il s'agit juste, ici encore, et toujours, tout simplement d'une stratégie, d'un jeu, d'un code, aussi chiant, aussi lourd, que celui du travail.
Et que les codes, j'en peux plus.
Je suis là, tu vois devant cet écran, j'ai une envie monstrueuse de me bourrer la gueule, voire de me descendre le paquet de camel, et pourquoi pas dans un élan trop trop fou, de retrouver mes vingt ans et mes narines frémissantes, si tu vois le jeu de mots trop trop de la balle. Mais je n'en ferai rien. Evidemment.
Je suis là, de plus en plus absente, de plus en plus seule, j'ai stricto senso plus personne, et je vais épargner à tout le monde pour la millième fois, la névrose familiale qui a explosé sur la tombe de mon père. Je le réalise chaque fois que je vais lui apporter quelques larmes, et un caillou. Je lui dis "Papa, depuis ton échappée belle, je dois t'avouer que ça chie. Mais grave. Je suis là, pleine de rien dans les bras, et on me dit: "Tu as tout pour toi."
Il me fait un clin d'oeil sous son marbre, et il me dit :" Arrête de te la péter".
( La suite que tout le monde attend, je me doute, hein, demain ou l'année prochaine. Soyons médiévalement fols.)
Ha oui, j'oubliais, j'en ai marre.
Ecrire, tousser. Etc...
il y avait celle du matin, sèche, la petite toux. Ca nous disait qu'il se levait. Nous attendions l'humeur du jour, joyeuse, et désabusée, le plus souvent, enfin, à la sépharade's way. Pas hilare, non plus.
"Tu rigoles, tu rigoles pas, tu crèves quand même"
"La vie est amère quand on la prend sans sucre"
J'avais droit , toujours au clin d'oeil bronsonien, à l'embrassade brève, sincère et sans tralala. Je jouais les oedipiennes mal terminées, mais il me regardait et me disait :
" O toi ma fille, fragile et fière,
poil au ministère"
Je me demande encore ce que signifie écrire, si tant est qu'un sens doit lui être donné. Est ce coller au plus près de ce que je pense, ou surtout ici, au plus loin de ce que tu dois penser ? Je me demande encore ce que signifie écrire, si ce n'est prendre une parole que tu n'as jamais su te donner. Comme un enfant qui passe du il au je.
Il y avait celle douloureuse, de chaque instant, sans jamais se plaindre, ce souffle qu'il allait chercher si loin. J'attendais la fin de la quinte, je respirais pour deux. Ca ne servait à rien. Nous attendions la fin, stupéfaits de notre silence.
"Tu rigoles tu rigoles pas tu crèves quand même.
- Ca va ?
- Comme les jeunes, la vie est amère quand on la prend sans sucre
Toi, ma fille, tu manges trop salé.
O toi ma fille fragile et fière
poil au train arrière."
C'est terminé. J'entends plus tousser. Parfois l'impression de ne respirer pour personne.
Je me demande encore ce que c'est qu'écrire, quelle direction ça devrait donner. Est-ce coller au plus près du silence, pour dire à tous sans parler à quiconque ? Continuer à ne rien dire mais essayer de le dire bien ?
Un enfant apprend mieux à lire s'il essaie d'écrire avant. Je l'ai vérifié.
Ecrire pour lire ce que tu te dis à toi-même.
Ecrire pour soi et arriver aux autres.
Mon père, ça l'aurait bien fait rigoler ces interrogations-là. Il suffit que je pense à lui pour juste m'occuper à
un peu mieux respirer.
Reprise du travail.
"Je ne comprends pas Jonathan, comment nous en sommes arrivés là. Qu'ai je fait pour mériter tout ce mépris, ce courroux, cette ire ? Tu n'as pas été très honnête avec moi. Tu m'as fait croire que notre amour durerait toujours, voire éternellement. Tu m'as dit que tu voulais finir, voire terminer, ta vie avec moi, que nous regarderions grandir nos enfants ensemble, voire nous deux. Tu m'as fait miroiter un achat immobilier, ainsi qu'une Touareg, je t'ai tout donné , ma jeunesse, ma vie, ma candeur...
Puis lorsque Johanna est apparue, au début je n'ai rien dit, j'ai même fait semblant de croire que peut être, elle n'etait que ta collabaratrice et quand j'ai vu, quand j'ai vu...(tremblements du menton, embuage d'oeil rimmelé....) Je ne comprends pas Jonathan, comment tu as pu me faire ça. Je suis profondément déçue par ton comportement décevant qui me déçoit : c'est une profonde déception."
"Mais pourquoi pourquoi hein tu peux me le dire pourquoi, pourquoi tu me laisses seule comme une chienne espèce de gros connard, tu vas te sauter toutes les meufs qui traînent toutes les tassepé du coin, et moi comme une nasseco, chuis là, tu vois j'y crois, tu sais, j'me dis, ce laudsa, il va bien le comprendre que c'est que moi sa meuf, sa vraie pineco, celle qui l'comprend tu vois, qui l'aime pour ce qu'il est- le connard de sa mère -qu'il est, mais qui l'aime tu vois...Pourquoi hein fils de tepu, tu m'fais ça à moi ta meuf ? J'ai fait un truc qui t'a gavé ? j't'ai pourrave la tête ? J'ai fait quoi au juste, sans déconner ?"
" Nappa, tu avais promis l'union de la force de la queue contrôlée à l'extrême onction du pouvoir de ton face à face fatal. Nom d'un Gokubulma, tu m'as eue. Augmente de 1000 le PA de ton frieza si tu es un homme. Par la lignée de l'empereur, je te maudis. Tu as éliminé ton kamehameha, changé les carastéristiques de ton allié en cookie : je t'élimine de ma planète. T'avais qu'à pas propager le mal."
"Je t'aime, ne dis rien. Je t'aime. Je...Je t'aime. Pardon. Je ne savais pas, je ne savais plus. Je n'ai jamais considéré que...je veux dire que. Enfin, les mots, ici..peut être. Sans doute. Tout est fini. Je t'aime encore tu sais. Non laisse -moi. Je te déteste. Prends moi, je t'en supplie. Ne me touche plus jamais, salaud."
" And just as their fingers caught,
timidly, he whispers to her
and says, God I love you, but you trouble me.
Said Tristan to Iseult.
Said Tristan to Iseult.
Said Tristan to Iseult. Lalala."
"L'action a permis l'ouverture de négociations susceptibles d'imposer la prise en compte d'un certain nombre de revendications. Pour tous les salariés du privé comme de ces professions, l’évolution du conflit est un point d’appui encourageant pour développer l’activité revendicative...blablabla..Cette réforme, je l'ai promise, je l'ai tenue", a sobrement déclaré le président en préambule d'un discours prononcé à l'Elysée à l'occasion de la signature d'un accord contre le piratage sur l'internet.."
Alors j'ai décidé d'écrire une note, de pirater l'internet, tu vois, parce que la télé, j'en pouvais plus.
Un sursaut de souffrance tiens, profitons-en.
Assise en face, un miroir dans la tête, toujours, pour retroviser ce qu'on renvoie...le regarder parler de ses soucis, ses contraintes, ses horaires, son importance dont il se défend mollement, l'égo dans un début d'érection pourtant. Elle l'écoute, parce que ça, on lui a bien appris, ouvrir les yeux, les oreilles. C'est important.
Il a la gorge sèche tellement il parle, tellement il est content qu'on l'écoute. Alors , il commande à boire, encore et encore, et elle , polie, comme on lui a bien appris, elle sort son sac à main pour régler au moins une consommation. Mais non mais non ce n'est pas la peine tout ceci passe en notes de frais. Et je pèse trois milliards de fraises tagada. Mais je vote à gauche, moi.
C'est étrange comme on peut avoir honte pour quelqu'un et en même temps continuer de bien l'aimer, sans doute parce qu'on connait ses propres failles. Qu'on pardonne toujours à ceux qui nous offensent, à condition qu'ils ne nous offensent pas trop par derrière. Tout juif qu'on soit, la loi du talion bien rangée dans un cauchemar, de ci, de là, ou bien un éczema.
Juste penchée, pas la peine de miroiter, pendant que la jeune femme toute gonflée de crétinisme, précise qu'il est inutile d'insister, qu'elle, elle sait, que tout ceci est inutile, que sur cinq cheminots, il y en quatre et demi de fainéants, et de rire, parce qu'il s'agit de montrer que cette adoratrice de robots à deux cent cinquante euros, qui dit la météo, qui n'aura pas d'enfants parce que c'est moins drôle,( ça dit pas la météo); elle sait rire. D'ailleurs, souvent, elle dit des blagues de blonde, alors qu'elle-même a la mèche plus claire que celle d'un aryen. Preuve qu'elle sait l'auto dérision. Je travaillerai plus pour gagner plus parce qu'il y a des plus malheureux, j'te signale, et les acquis sociaux c'est rien que des privilèges. Na. Et je trouve que le string c'est la libération du cul de la femme. Juste penchée; c'est plus facile pour vomir.
Debout de côté, un miroir en face, c'est rare, pour observer les dégâts, des clichés en pagaille dans un studio glacé. La couverture est rouge, mais tout s'est passé selon les normes de l'O.M.S., on rangera sa culpabilité dans un préservatif usagé. Et on remerciera la galanterie selon les normes de Femme Actuelle, qui dit que c'est le garçon qui doit rappeler.
A genoux, cette fois, à genoux, c'est un peu comme un effondrement. L'autre a besoin de dire quelque chose qu'il ne peut se permettre de vivre que depuis le caveau qui "tua le père", depuis le miroir retourné.... et pour cela il a besoin de cracher dessus, de briser la rigolade utérine, liberté, égalité,fraternité.
En boule encore une fois, en boule, le regarder ouvrir les bras vers celui qui ne nous ressemble pas. Les genoux écorchés comme il se doit, la frange trop longue. L'oeil clair comme un étang. Ils marchent, main dans la main; de dos, aussi beaux l'un que l'autre. On dirait une photo pour Parents magazine, à la gloire de la garde partagée pour l'équilibre de tout un chacun et de dieu pour personne.
Etendue, une fois de plus, pour se dire que rien ne guérit l'absence du seul être aimant sans retour attendu, inconditionnel; que rien ne guérit le ravage de n'avoir été rien pour elle. Que tout est anecdotique, oui oui oui, toute la raison, et même le coeur le savent, mais que.
Quand même, je souffre....
(grands rires frais comme des gardons, en écho avec une reverb' électro)
"Etre seul, c'est s'entrainer à la mort" (Je vise la médaille d'or)
Une
Tu sens la poudre de riz, le sacre d'un parfum, le rouge baiser des grand mère au cheveux bleus, tu as des veines qui courent sur les mains, des rêves gris, la prunelle comme dédoublée par la catarate, qui fait le regard doux et vif, qui fait des reflets ocres au noir de tes yeux.
Tu as les ongles un peu jaunis mais ça ne me fait pas peur, ton nom sent la mandarine, et tu ris tout le temps, assise sur ta chaise aux fils de plastique, tu relèves ton tablier pour nous montrer tes cuisses blanches à peine veinées de violet. Tu as dormi dans la même chambre que mon père quand il était tout petit, il m'a dit un jour de confidences, que tu le rassurais. Tu as eu deux maris, et des amants. Mon père n'osait pas le dire, confus, puis plus tard, fier de cette révolution sexuelle que tu n'as pas attendue, toi. Ta fille a un nom portugais, mais son père était italien. C'est ma grand -mère; elle porte un nom de bible douce. Elle est dure comme du bois. Enceinte à quinze ans, renversée sur de la paille, tu as dit au renverseur qu'il ne devait rien. Qu'on se débrouillerait. Mais il a voulu "réparer". Tu manges de la réglisse et tu démêles mes cheveux. Ma mère dit que c'est difficile, qu'ils sont trop épais.
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Deux, trois...
Et puis j'ai sept ans. Je vois pleurer ma grand -mère, que je n'ai pratiquement jamais vue, et son visage parcheminé, la larme qui glisse dans les sillons. Je vois s'effondrer mon tout jeune père, et les épaules qui bougent au rythme des sanglots. On me laisse entrer dans la chambre, je ne savais pas. Elle dort et tout le monde a le droit de l'embrasser sur le front. Moi je n'ose pas. Ma jeune tante morte à quarante ans d'un cancer dans la même chambre d'hôpital où mourra mon père, me dit de sortir de là. (J'aime la magie de la narration qui peut me faire écrire que mon père mourra, tu sais, comme si c'était pas encore fait. Ca fait rêver, hein...Deux minutes.)
Ma mère serre un mouchoir entre ses jolis doigts. On dirait une photo, tellement elle ne bouge pas.
Une autre fois, c'est mon grand père. Je voudrais aller au cimetière, mon père me dit de rester là.
Un jour, c'est des années plus tard, et c'est mon jeune oncle, celui qui perdra un enfant, qui me dira au téléphone d'annoncer à mon père que sa mère est morte. J'ai treize ans.
C'était avant, je regarde ma mère, livide, qui serre un télégramme d'Israël. Quatre. Cinq....déjà ?
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...Dix ?
Tu as vingt ans
Tu n'es jamais entrée dans un cimetière. Tes parents ne savent pas que tu es là. Ils ne voudraient pas. Tu n'arrives pas à pleurer, stupéfiée. Tu savais que ça pouvait tuer, en voici la preuve. Tu as jeté de la terre, et tu n'as rien dit à sa mère. Tu ne pouvais pas.
____
Je ne comptais déjà plus.
Et puis j'ai vingt six ans.
Et je suis lamentable, devant le chagrin de la déchirée à vie, qui, digne, tremble à peine et joue du piano pour son frère mort à même pas trente ans. Trois mois avant, nous disions que tout irait bien, que tout allait s'arranger, qu'à trente ans, c'est pas possible, on disait ça, à Otavalo, en Equateur. Les épaules brûlées par le soleil d'Atacames. On le croyait vraiment.
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Un
Mon père quelques heures avant sa mort regardait la mer. Je sais exactement pourquoi. Mon père disait toujours qu'il ne pourrait pas vivre sans la voir. Quelques mois avant sa mort, on était allés jeter des cailloux dedans. Mon fils, lui, moi. En partant, je l'ai vu si maigre, un peu voûté. J'ai su que j'allais le perdre, et j'ai secoué ces idées.
Il devait tout le temps se taire.
Je sens, je te jure, encore le grain de la peau de sa main sous mes doigts.
Et puis au cimetière, je piétinais les pierres, loin de tout ce monde-là. Mon oncle, mon préféré, celui qui perd tout le temps ses clés, comme moi, celui qui était le frère préféré de mon père m'a dit "Ne reste pas toute seule, ne fais pas ça"
Comme si j'avais le choix.
Il m'a dit qu'il devait se lever à l'aube pour réciter le kaddish, j'ai dit "Holala la chance que t'as" en le regardant de côté.
il m'a regardée il a dit "On dirait ton père quand tu fais ça, déconner, là.."
La seule force que j'ai. Je la lui dois, je crois.
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Bien des choses sont mortes, trop de gens, trop de liens, je parle même pas du reste, hein, le sommeil, l'appétit, le désir, putain, même le désir...si je continue ici, bientôt je chante du Johnny qu'on me donne l'envie l'envie d'avoir envie tu vois. Plutôt crever.
Je pense tout le temps à la mort, je pense à la mort tout le temps, à la mort tout le temps je pense, tout le temps je pense à la mort...
Strictement plus rien à perdre. Et plus rien envie de gagner, voire de garder.
Et je démêle l'écheveau.
Je vous embrasse sur les tempes, je pose un peu ma tête sur votre épaule, je vous serre fort entre mes petits bras, je vous frôle le poitrail avec ma houppelande, je vous la roule goulue comme les voyous, je vous envoie toutes mes ondes positives (haha- ne me haissez point) et je vous prie, surtout, d'agréer mes respectueuses salutations.
Je vais beaucoup me manquer.
Bon à dans deux semaines à tout casser, hein. (regard de côté)
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Sheets & Shit
And the one thing you taught me 'bout human beings was this:
They ain't made of nothin' but water and shit
Tu avais oublié, comme tu aimes sentir ta tête toute petite entre deux mains. Oublié, quand on fait semblant d'écouter, de se parler; le haut du corps encore social, courtois, mais serrer les jambes sous la table. Le soupir qu'on déguise en sourire. Quand on tangue des yeux avant le naufrage. Oublié quand on se goûte avec les doigts, et puis avec la langue, et maintenant tu sais: c'est ça qu'il faut emporter ou juste se souvenir. Un goût qu'on ne retrouve pas. L'emboîtement de deux machoires, et se serrer jusqu'à sentir les os sous les doigts. Un avant goût de mort, mais bon.
Oublié combien c'est fébrile, délicieusement ridicule d'arracher des vêtements, oubliée la petite fièvre, le chaud devant, et quand les battements de sexe se confondent avec les battements de coeur, qui fait que le malentendu existe. Le bruit un peu bête des ventres qui claquent; les coups de tête involontaires, comme des présages; les jambes qu'on lève encore plus haut, se prendre aux coups, les jambes à son cou, au cas où ce serait possible d'être vraiment comment ils disent là... défoncée ? Ho. Ca doit être quelque chose, mais bon.
Jouir, c'est tellement mieux.
Oublié quand les respirations s'accélèrent, et les souffles qu'on ne retient pas, quand on a envie de mordre, parce que l'autre ne comprend pas qu'il ne faut surtout pas partir, pas là. Et c'est sa condition pour rester. Le malentendu transpire, déjà. Et quand ça commence à se gripper fort, s'épreindre avant l'implosion, la suée entre les doigts, l'orgasme peut-être, mais depuis qu'il est connu, il n' est plus un but dans l'existence. C'est juste un bel aléa.
Jouir, c'est tellement mieux.
Oublié, quand le sourire de fin, amical et déja lointain, tu as toujours envie de t'enfuir. Et il faut recommencer, et c'est non non, mais on commence à reconnaître l'odeur, la main, la ciselure du puzzle; le corps épouse mieux les contours de cet autre qu'on voudrait tellement un peu aimer.
Et c'est dans l'autre sens, cette fois, ventre à terre, et voilà; le mouvement empêché, tenue, bien attrapée. N'importe qui alors à sa place, puisque tu ne le vois pas. N'importe qui à ta place: l'interface serait illusoire. Le malentendu persiste. C'est ici que nous devenons cent mille, on ne fait jamais Un que dans les films, ou dans les rêves éveillés. Quand le souvenir embellit ou que l'anticipation sublime. Plus longtemps cette fois, puisque pas le droit d'être mobile, mais immobile, l'orgasme ne vient pas.
L'orgasme n'est pas un but, juste une chance à saisir, comme une occasion sur E-bay
Jouir c'est tellement mieux.
Après, c'est l'abandon épuisé, enfin, il faut le feindre. Quand c'est encore électrique, qu'il ne faut surtout plus toucher.
Et puis la main qui tapote comme pour te calmer... déjà ? La dérision et l'ironie, le couperet de deux sourires pour se protéger d'une ressemblance interdite. La présence tient lieu de trajectoire. Déjà machinale. Au rythme convenu. Pourquoi toi? toi, tu étais là. C'est pour ça. Et c'est l'autre que je préfère, l'enfant de Bohême, et tralala.
Le malentendu, l'hystérologie. Trouve d'abord. Cherche après.
L'orgasme, ça ne se cherche pas.
Jouir, c'est tellement mieux.
Et la main qui reprend ton visage comme pour signifier, ça se fait, qu'il aime aussi le reste hein... enfin pour bien dire à ton cul l'importance qu'il n'a pas. Oui, mais toi, la vanité de ton cul, tu la connais déjà. C'est la condition de l'orgasme: savoir la chimère, connaître l'insignifiance, comprendre la fatuité. Se servir de l'autre pour décoller. Sans culpabilité.
Un acte de désir, c'est ça qu'il faudrait, à défaut d'un acte d'amour, parce que l'amour, c'est comme un zéphyr, un bien joli mot pour juste un peu de vent.
Un acte de désir il fallait, mais pas ce passage à l'acte-là. Et tu le savais déjà.
La condition du jouir, tu vois, c'est avoir des comptes à régler, des besoins de convaincre vains, des choses à dire qu'on a du taire, des trucs à prouver à quelqu'un qui ne le saura jamais, des promesses, des vengeances à remâcher, beaucoup de culpabilité... Toutes les conditions sont réunies, c'est certain, ça, oh ça, oh ça, oh ça... oh oui, oh oui etc ad libido, tu vas y arriver.
- On se revoit quand ?
- Ha mais non, on ne se revoit pas.
Et c'est là, oh oui, c'est bien juste là:
Jouir. L'échec à soustraire.


