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A brand new life qui finit bien, ouf.

Chaque matin, aux alentours de 7h58, parce que si c'est autour de 8 h 10 ça veut dire que je suis en retard et là, poouh j'ai pas le temps, j'arrive par la gauche au milieu du centre au grand rond point, et selon ma destination (oui parce que je change de destination tous les jours, moi, j'ai un métier plein de déplacements NON PAYES), je prends à droite ou à gauche, ou bien je fais le tour, et paf...
IL EST LA.
Tous les matins, devant la grande façade grise. Il attend je ne sais qui je ne sais plus je suis perdue. Il est seul, il a froid. Parfois, ses mains sont dans ses poches, mais des fois non. Parfois il regarde le ciel parce qu'il n'a pas de parapluie et qu'il pleut, ce grand fou.
Il est comme j'aime. Pas très grand, ça va bien avec mon nanisme , et mon lumbago parce que je voudrais pas dire mais debout contre un mur genre on est jeunes on est souples on est fous on est passionné, c'est mieux si le mec mesure pas beaucoup plus que toi.
Il est comme j'aime, baraqué mais pas trop, pas maigre, à la limite du trapu rugbyman. Ouais je préfère, mais c'est parfaitement narcississique, hein, comme ça j'ai l'impression d'être maigre. L'amour c'est rien qu'un miroir qu'on se tend VERS soi, et puis il est hors de question que je sorte avec un mec qui a des cuisses plus maigres que moi. C'est un principe.
Il est beauuuuuuu.
Et chaque matin, depuis le mois de septembre, on se voit, je le croise, il me voit on se croise, on se voit parce que je le croise....
Bon, j'avoue qu'au départ, je l'ai pas trop calculé hein, ce gros. Vu qu'il était 8h10 et que je gueulais dans le rond point PUTAIN MAIS BOUGEZ VOUS BANDE DE CONS VOUS ETES PAS PRESSES VOUS BOSSEZ PAS OU QUOI PUTAIN MAIS MOI OUIIIIIIII. Donc, je pense qu'il m'a entendue avant de me voir, et ça , ça prouve que c'est pas que mon image  qui lui plaît tu ouas.
Et puis, je ne sais pas je ne sais plus je suis perdue, un jour mon moitié m'a dit un truc genre: " T'as acheté un tapis de salle de bains rouge sang ? mais c'est nul..."
Et j'ai répondu: "C'est toi le nul, va t'acheter un sens de l'esthétique sur E Bay"
- Mais on peut discuter quand même, a t il répondu.
- tu me parles encore une fois de discussion après avoir prononcé un jugement définitif quant à  mon choix de tapis et je te jure que je t'épile le maillot."
-Oui fais moi mal il a dit, mais méchant tu vois, genre je fais de l'ironie...A MOI.
-T'es vaiment qu'un salauuuuuuuuuud, je pars chez copsréèlle pour TOUTE LA VIE, TOUTE ENTIERE tu me verras plus jamais, moi vivante, tu m'entends ????
-Encore ??? il a dit ...tu vois le mec qui vraiment vraiment , me comprend pas.
Bref, j'étais super malheureuse et ma souffrance faisait peine à voir. J'ai même pris du tardyféron pour m'en remettre, c'est te dire. Alors évidemment, j'ai commencé à le voir autrement le p'tit râblé. (l'amour c'est vraiment horriblement circonstanciel)
Alors, on a continué à se croiser, se voir quand on se croisait se croiser et se voir, tout ça tout ça....
Moi, lucide, je me suis dit: "Ne nous affolons point, il n'a vu que mon buste, tant, il voit mon gros cul et il m'aime plus hein...rappelle toi Albert Cohen, rappelle toi que toi -même un jour, tu quittas Aldo pace qu'il avait une verrue sur le pied, alors que tu lui jurais un amour éternel avant qu'il n'ôte ses chaussettes."
Mais un jour, et là c'était pas le matin, on s'est croisés à midi. je sortais du parking, et lui il faisait du vélo. Il m'a reconnue de suite. Moi non. J'avais pas mes binocles et les gens qui font du vélo, je pense qu'ils ont un problème, mais c'est pas grave parce que l'amour ça franchit les barrières, ça bouscule les frontières, ça te prend tout, ça te fait comme un grand soleil qui te parcourt du sol au plafond comme mr Propre.
Et il a regardé mon cul . (En fait, j'ai pas un gros cul, m'a dit l'ostéopathe, je suis CAMBREE, alors je pourrais faire tous les régimes que je veux, j'aurais toujours de la fesse, - et un lumbago) ouais ouais mais c'est obligé qu'elle descende jusqu'aux genoux, ma fesse ? , j'ai demandé....il m'a dit que peut être on devrait essayer l'autohypnose.)
N'empêche que le p'tit balèze et moi, on s'est topé-là de l'inconscient. Mon cul n'empêcherait pas l'élan mystique qui nous dévastait, le matin de 7h58 à 7 h59.
Tout était encore possible.
Je me suis mise à ariver plus tôt histoire de faire deux fois le tour du rond point genre putain je me trompe de route hohoho, ho comme c'est joli une femme perdue dans le rond point, on dirait Candeloro  qui cherche ses patins à glace...
Il me souriait . la complicité était née, l'entente parfaite,  se voir , s'espèrer, s'attendre et surtout surtout JAMAIS SE PARLER.
Je me suis dit: Voila, on y est.  C'est la cristallisation, c'est l'amour,  c'est le fantasme, c'est beau, profite profite ma fille tu sais pas de quoi est fait demain, peut être que tu seras au chômage, peut être que tu seras à découvert, peut être que ton cul t'arrivera jusqu'aux chevilles...
Mais il me fallait être sincère car en âme pure (hahahaha), je hais le mensonge. Alors en faisant le tour du rond point, un matin ou peut être une nuit, je ne sais pas je ne sais plus je suis perdue, j'ai secoué ma main gauche genre houlalalala il fait chaud jenlève mon alliance.
Même mariée, il m'aimait.
Je me suis demerdée pour passer devant lui avec le gnome sur le siège arrière.  Il a souri beaucoup beaucoup. Cet homme était près à me prendre divorcée et avec un saddam. C'était comme une série de M6 où l'amour n'a ni frontière ni barrière ni gastro entérite.
J'étais super mordue.
Hier, j'ai parlé à mon moitié, je lui ai dit que notre histoire était une belle histoire, qu'il ne fallait rien regretter, que je ne l'oublierai jamais, et qu'il pouvait acheter des tapis gris maintenant, con de réac...il a dit okokok mais n'oublie pas de prendre une baguette en sortant du boulot, t'es pas handicapée quand même.
Il prenait ça vachement bien.
Et j'ai fait mon tour de rond point, mon amour, ma vie, ma seconde chance, mon Once &Again, mon soleil était là comme chaque matin, vêtu de noir trop classe, en plus ça mincit. Costaud de la cuisse, puissant comme un taureau...en train de parler avec une blondasse en fiesta garée à côté de lui. Et même qu'il est monté dans la bagnole et qu'il a fait gouzigouzi au petit nain (Le demi frère du Gnome donc, tu suis ?) qui criait papapapapapappa.
La blonde lui montrait un tapis rouge sang, il faisait hononhonon c'est nul.
ALors, moi, pas folle la guêpe, hein, je me suis cassée ILLICO PRESTO, je referai pas DEUX fois la même erreur.
On s'est aimé, n'en parlons plus, et la vie continue.(Op cit Joe Dassin)

Pardonne moi tout ça.

Il avait onze mois, se déplaçait a quatre pattes, le cul plus lourd que sa tête dans la couche, du salon à la terrasse, de la terrasse à la salle de bains. Moi, j'avais l'âge du vélo à quatre roues maladroit et je le haïssais comme il se doit, le petit frère. De m'avoir volée la déjà si minuscule place. Avec ma soeur, sur le parking de l'immeuble au milieu des voitures, on courait, on se cachait, on s'échappait.
Et soudain, il y a eu mon père, mon père qui courait, le petit frère dans les bras, c'était lui ou un chiffon ? il courait tellement vite vers sa voiture, avec la tante sur les talons, c'était la course ou quoi ? et les hurlements derrière, les hurlements de ma mère qui perdait son fils.
Il avait onze mois et à quatre pattes, il a escaladé le seau d'eau sale, le cul plus lourd que la tête dans sa couche, il a plongé. Ma tante sur la terrasse, elle a vu la serpillière bouger, avant de réaliser que c'était son neveu de onze mois qui s'agitait dedans, les poumons plein d'eau savonneuse.
Moi, je pensais à ça, hier, cachée avec les femmes derrière les rideaux pendant que les hommes chantaient, parlaient de matsot cuites à la tunisienne, rechantaient, se déplaçaient, et rechantaient. Je voyais le carré impeccable de ma mère. Ma mère qui n'était pas allée à l'hôpital avec son fils.
Pour rester avec vous, evidemment, j'avais trois enfants et la vie n'etait pas si facile qu'est ce que tu crois  tu le sais avec lui qui me détestait et elle qui me haïssait et lui encore, ha c'était pas facile...
Pour rester avec nous, les filles sur le parking, à l'heure de la chemise de nuit en pilou, avec les voisines qui consolaient qui disaient qu'elle n'y étaient pour rien que vraiment c'était pas facile qui pleuraient déjà avec elle, nous, sur le parking et quand on lui a dit "Vos filles sont sur le parking" elle a dit voila voila vous vous occupez pas de votre frère, c'est pour ça, c'est pour ça c'est votre faute!  ma petite main dans la pas si grande main de ma soeur. J'avais quatre ans et j'ai pensé  que voilà, a force de le détester le petit frère, je l'avais tué...
Mon frère fut donc un miraculé. J'ai saigné du nez chaque fois que j'allais le voir à l'hôpital, on l'a sauvé... personne ne s'est posé de question.
Moi je pensais à ça, hier, pendant l'office. En la regardant préparer ses larmes pour l'apéritif qu'on offre -c'est comme ça cherche pas à comprendre, après les 11 mois de deuil.-
Elle n'est pas allée à l'hôpital  avec son fils de onze mois. Et lorsqu'à deux mois à peine, elle m'a retrouvée moi, bleue étouffée par mon propre vomi, et que mon père a couru couru encore jusqu'à l'hôpital, elle n'est pas venue non plus. Elle pleurait devant les voisines que c'était pas possible encore et encore ce malheur, cet autre là, après tous les autres malheurs et de lui qui la haïssait, et de l'autre qui avait été cruel, à finir par y croire à ses malheurs inventés...quand le vrai arrivait devant ses yeux à elle, on lui volait la vedette tu vois.
Je pensais à ça pendant que le rabbin a dit Dieu vous aide. Parce qu'elle pleurait tellement la petite dame.
J'ai pensé que bon, c'était donc normal qu'elle n'y soit pas allée à l'hopital avec mon père.  Qu'il soit mort seul, dans la douleur, puisqu'elle devait hurler sa douleur, sa solitude dans sa cuisine avec ses voisines...
Je pensais à tout ça, derière mon rideau de synagogue, elle, devant moi dans son impeccable tailleur, péparant ses larmes pour l'apéritif de rigueur.
Elle pleurait donc, à l'apéro, pendant que tous se baffraient des 50 euros de pizzas kacher. Elle pleurait devant ce monsieur qui avait perdu son père quinze jours avant, qui souriait gentiment, faisait des blagues lourdes mais moi j'aimais bien. "Tu vois Maurice moi je suis pas marié"
-Mais c'est normal qui c'est qui va vouloir de toi ? tias vu ta gueule ?
Elle pleurait en tordant son mouchoir , elle ne savait pas que ce serait aussi dur, elle qui me parlait de refaire son carrelage une heure avant, et le monsieur a dit la banalité si juste que pour ses enfants ses petits enfants elle devait être forte, et elle a répondu comme d'habitude sa douleur sa solitude que ses enfants ils étaient trop loin si loin,
devant moi à 30 cm de son sac Chanel.
Moi toute raide qui pensais trop sans doute, qui aurais voulu aller sur la tombe de mon père mais tu peux pas, c'est Pessah il faut attendre le 258 avril sinon  c'est péché, il faut que tu manges de la pizza sinon  c'est péché. Ce sera ton frère qui conduira le rabbin au cimetière, sinon c'est péché.
J'avais des pensées tellement moches, tellement sales , tellement immondes, là....en la regardant me taper fort dans le ventre pour que je me taise, parce que la cour suprême d'israël a dit que oui, le mec avait le droit d'emmener du porc à la caserne. Ha oui, ben encore heureux, la séparation de la synagogue et de l'état, hein, eh ben merde alors.  J'ai dit. Et j'avais envie de crier ce n'est pas vous qui me mettez en colère je vous en supplie ne m'en veuillez pas, c'est elle, c'est elle je supporte plus la comédie de la souffrance l'egocentrisme les projecteurs sur elle encore toujours encore pareil regardez j'existe  même pas , c'est pas tant que j'existe pas pour elle qui m'énerve, c'est qu'elle croit qu'elle est la plus merveilleuse des mères, elle m'a fait croire ça si longtemps et aujoud'hui elle vous fait croire qu'elle fut une merveilleuse épouse, une compagne, et je peux même pas vous dire à quel point c'est faux, j'ai honte de dire ça, parce que je l'aime peut être encore, j'ai envie de la protéger,  moi mon fils je l'ai emmené à l'hôpital, je sais que c'est comme ça quand on est maman, elle a tout fait pour que j'aie pas de gosse, mais maintenant j'en ai un je sais comment c'est pour de vrai quand on aime,  écoutez moi tous je vais vous dire ....
Et je pense que ça aurait fait un léger scandale dans l'assemblée , j'ai rien dit finalement, alors quand elle a reniflé dans son mouchoir en disant qu'elle n'en pouvait plus vraiment que c'était trop dur cette souffrance toute seule sans personne, j'ai dit MERCI MESSIEURS BONSOIR et j'ai tourné les talons.
__
Mange  les cacahuètes, fille de ton père, sinon, c'est péché. Il a dit,  le rabbin.
__
Si j'avale un truc, je vomis 
 Et je sais très bien que si je m'étouffe, mon père n'est plus là pour courir jusqu'à l'hôpital.

Aucune idée de titre et c'est pas plus mal que si c'était pire.

C'est par derrière, l'attaque, toujours, entre la nuque et un peu plus haut, comme une balle de silencieux, une bulle qui éclaterait tout doucement, et je cherche des liens. Il y en a toujours, il y en a tellement, des causes en veux tu en voilà, des raisons en wagons.

C'est bientôt , c'est dimanche, la levée du deuil. Déjà ? Et je crains, en bonne contradictoire que je suis, en aveuglée,  d'y entrer le jour où l'on me dit que je peux en sortir. Parce que ça va hein, je le sais, que j'entretiens l'illusion, c'est une façon de refuser certaines tournures qui exigeraient l'imparfait. laissez moi, laissez -moi faire, laissez moi conjuguer dans un futur peut être un peu plus proche que ce passé de tout juste hier, conjurer comme je peux.

C'est il y a peu, le reste. Et c'est tellement énorme.  Et puis, il y a eu ces mots qui m'étaient adressés, ce pour toi surligné. Il s'agissait de moi. Et la peur est venue. Il s'agissait de moi. Et moi ? c'est le rôle depuis toujours, l'identité connais pas; le moi c'est un magma qui m'effraie , pas par peur du monstre que j'y rencontrerais, je n'ai pas si haute opinion de moi -même,  juste parce que j'ai peur de la rencontre, comme d'habitude.

- Bonjour, Moi, c'est le faux self qui te cause, j'ai des putains de trucs à te demander, t'imagines même pas, depuis le temps !

- Oh ? Mais encore ?

- Nonon rien....

 

C'était juste après, je regardais le titre du poème "L'enfant qui a des souris dans la tête". Et la peur s'est transformée en angoisse. En poison. Dans la crise, le plus drôle (t'imagines même pas comme je me marre) c'est l'archaïsation de la pensée, la schizophrénisation du langage, le sens propre en pleine figure: martèlement de pattes roses dans mon crâne soudain...

Je sais que tout ceci s'arrêtera toujours là. A l'angoisse de, à la force de l'imaginaire, à la dramatisation. Mais comme je ne suis jamais à cent pour cent sûre....

Alors en avant je marche je marche je marche, excusez moi mais le lâcher prise la rééducation du cerveau, la PNL de la terreur, c'est encore, c'est toujours du contôle à la con, du langage, je fuis tout sarkozysme, même celui de la psyché, je marche je m'agite je dis oui à la pensée mortifère c'est ça, bien par derrière, enculeuse, et je dis merde là c'est une putain de crise de la mort saison XXIII sur l'échelle de Richter. Serai je en mesure de me rappeler où j'habite ce soir ? reconnaitrai-je mon fils, mon mari, ma putain de gueule dans le miroir ? Est ce que ce sera bien eux ? Je me regarde, me tâte les joues, je suis livide et blanche et ça finit aux toilettes tout ça. Ca me fait une crise cardiaque du cerveau, une hémorragie cérébrale du coeur dans les bras, et je marche quand même, je m'agite, un peu raide et je dis ohnononononon, je ne suis pas angoissée, je suis l'angoisse de toute façons.

- Salut c'est moi !

- Ha je m'attendais pas à ça.

Et ensuite je me dis je vais écrire, je vais le dire à copsréèlle, elle va dire Ho ? écouter juste ce qu'il faut, ne surtout pas s'affoler comme avant, elle sait. Là j'ai fait les deux, j'ai écrit sur un gros brouillon, mal, et j'ai écouté copsréèlle dire oh. Juste pour bien me rappeler que ce n'est rien que l'imaginaire et la merde de juste avant et toute celle de bien avant , et la crainte de celle d'après qui se sont mélangés, pour faire la main glacée entre la nuque et un peu plus haut. 

Ensuite, il y avait ce magasin , dans la vieille ville, j'avais promis qu'on irait, le cadeau de mon amie qui se marie, un dreamcatcher pour le gnome, le thé au caramel que m'a offert la dame.

Je ne sais toujours pas ce que donnera la rencontre . Je crois qu'elle peut ne jamais venir, et qu'est ce que je m'en fous ?

Mais j'ai moins peur de dimanche, c'est déjà ça.

Du côté gnomique

Comme y a des travaux dans ma maison mon papa et ma maman ils ont dit que avant ce dodo là, il fallait qu'on dort à l'hôtel jusqu'au dodo d'après, parce que par terre c'était comme du plâtre qu'il fallait pas marcher dessus. Ma maman elle disait ouais j'en ai marre même quand je me mouche c'est blanc c'est la poussière et moi j'avais peur que c'est pour du vrai parce que des fois je trouve que ma maman elle a une tête bizarre pour une maman. Elle a des lunettes de soleil pour faire la vaisselle et après mon papa lui apporte des lunettes pour du vrai et elle dit ohlala je m'etais même pas aperçue.  Et à l'hôtel on a mangé  moi j'ai eu des pâtes et pour avoir des chips j'ai dit a la dame qui ressemblait un peu a une sorciere d'hansel et graetel tellement elle me proposait des trucs à manger, c'était louche...oui je voudrais bien des chips mais je sais qu'y en a pas, alors tu parles je suis pas né du dernier parapluie j'en ai eu des chips. Et après les pâtes j'avais encore faim alors la  dame m'a dit en s'abaissant à genoux à côte de moi si je voulais encore des chips et j'ai meme pas eu le temps de dire ouf que maman a fait nonononononjevousassurequeçavabien et papa a fait hamaisnonalors, et alors j'ai dit "oh mais ça va j'en voulais en plus que c'est même pas vrai que j'en voulais" Apres, mon papa et ma maman ont mangé des petits pois  et des cotelettes et j'ai dit a maman mais tu fais plus ton régime ? et elle a dit que des fois quand même je parlais trop fort, et après elle me surveillait touts les cinq minutes parce que je suis allé voir la sorcière dans sa cuisiine pour voir si c'était possible une glace choco plutot qu'une glace poubelle orange et papa a dit mais laisse faire un peu et maman a dit qu'elle avait de leçon à recevoir de personne, elle fait maîtresse décole alors bon c'est sûr et  que les incohérences ça allait bien mais que merde. Alors papa a secoué la tête comme s'il disait non ou que ça le grattait et après il a regardé en l'air , je pense qu'il sersait dieu, pardon je dois dire cherchais c'est l'ortophoniste qui l'a dit mettre la langue en arrière j'y pense mais des fois j'y pense pas. Alors après j'étais trop fatigué mais je voulais quand même prendre un bain dans la baignoire avec le truc de la douche comme un téléphone, et maman a dit ok et papa a dit mais...et maman a fait mais c'est pas vrai et après il a encore cherché dieu mon papa, mais faut croire que non l'a pas trouvé, et j'ai pris mon bain avec la moto de batman et après sans la moto, la tête sous l'eau c'est une baignoire pour six ans je pense j'ai demandé à maman  elle est vachement petite elle a dit va savoir edgar. Après mon papa et ma maman ont rigolé à cause que la moquette de la chambre c'était de la peau de léopard et le lit il avait des boules dorés  et le couvrelit c'était des fleurs et maman a dit je pense que je vais vomir et j'ai cru qu'elle avait une maladie avec déjà qu'elle se mouche tout blanc . Après j'ai eu une histoire sur les hommes préhistoriques comment ils ont évolué de sapiens à sapiens sapiens et avant ils construisaient des maisons en bûchettes même. Et maman a dit qu'on regardait les images parce que des fois lire ça empêche de réfléchir, elle dit. Après elle a dit a papa que la sorcière du restaurant elle avait du lire Enfant magazine parce qu'elle s'agenouillait pour parler aux enfants, alors mon papa a rigolé mais que un peu parce qu'il a dit qu'elle exagérait. Alors elle a dit va comprendre cassandre et après je me suis couché. Papa a dit allez zou nous aussi on dort et maman a dit qu'il devrait lire enfants magazine un peu que c'était pas rendre service que de faire croire que nous on allait se coucher  à 20 h30 comme un enfant de cinq ans que c'était pas ça la cohérence je sais  et mon père a appelé dieu avec ses yeux. Apres j'ai dormi mais je m'ai levé à 6h17 pour faire un câlin à maman qui dormait vraiment juste à côté, elle a dit mais c'est pas vrai seigneur je vous en supplie dites moi que je rêve et là mon papa a rigolé et on a déjeuné du jus d'orange la sorcière a voulu me filer des bonbeks mais papa et maman comme un seul homme ont dit nonnonononon et là franchement ils exagèrent. Je te signale que c'est mon ventre je fais ce que je veux quand même à la fin. On est rentré dans notre maison  le ciment était tout sec et maman a dit  que quand même fallait pas de suite monter sur les escaliers on sait jamais, mais elle est montée travailler dans son ordinateur, elle travaille beaucoup je trouve. Mon papa il a mis de la musique dans la cuisine il met toujours ninoferrer et on chante mon frere n'aime pas les épinards heureusement pour mon frère car s'il les aimait il en mangerait il ne peut pas les supporter et après je connais plus trop mais il dit affreux jojo et je crois que c'est mon passage préféré. Maman est descendue et elle a dit: C'est trop rock'n roll ici et papa a dit que bienôt les travaux seraient finis tout ça il lui a fait un câlin et moi je m'ai incrusté entre leurs jambes parce qu'y a pas de raison. Après je suis parti a l'école du cirque. Cet aprèm ils ont dit que comme on s'était levé à 6h17 à cause de saddam hussein, ils devaient se reposer un peu, en conséquence de quoi, j'aime beaucoup cette expression je devrais jouer tranquille dans ma chambre. Tu parles d'un aprèm rock'n roll.

Doléances Cons

Je voudrais que l'amour ne soit pas un job, avec des soucis, des horaires, des contraintes. Que les mots concessions, partage équitable des tâches, écoute, temps de parole, se "retrouver" , soient bannis du vocabulaire marital, parce que c'est pire qu'une réunion de synthèse pour le budget d'entreprise. Encore plus triste , encore plus chiant.

Je voudrais n'avoir jamais besoin de communiquer. Quand tu te mets à "communiquer", c'est qu'il y a des mal entendus. Quand il y a des malentendus, c'est juste que tu deviens sourd. Quand t'es sourd, tu me regardes plus, connard d'aveugle.

 

Je voudrais que mon père me manque moins bizarre. J'aimerais qu'il voie le fumeur d'herbe  emplâtrer la maison. A faire celui qui écoute, qui s'intéresse, mais qui me dira, plus tard ,vaguement dégoûté "Il comprend rien..."

Mais le fumeur d'herbe ne sait même pas qu'il existait mon père. Et que ce meuble-là, c'est lui qui l'a fait. Je voudrais juste qu'il sache ça. J'ai essayé de le dire. Je voudrais que mon père réponde encore quelque fois au téléphone ,qu'il conclue de son habituel "Amuse-toi bien...."

Je voudrais que mon père ne soit jamais mort.

Je voudrais que plus personne ne meure, que plus personne ne parte. Oui, je sais il faut composer avec la réalité, admettre, s'exprimer, partager équitablement les morts et les vivants sans doute, faire une petite réunion de synthèse,  dans la foulée. Tous ensemble, à nous dire , nos soucis, nos contraintes, nos concessions, faire un brain storming des horaires  convenables aussi, pour le fun. Rassembler à droite, à gauche, se dire que ouais mais peut être , mais pas là, non. Et se trouver tous super intelligents et matures, et forts, et merde.

Connards d'aveuglés.

A tribute to Tant Bourrin

Voici le tube que bientôt tu vas t'arracher (les oreilles). Il y a quelques mois, Tant Bourrin de chez Blogbo  nous faisait don de paroles enlevées sur son pote Saoul Fifre , sur l'air de  Ziggy Stardust.

Avec la complicité de Saoul Fifre, qui n'est pas rancunier, je l'ai chantée avec l'instrumental karaoké qui tue, et le son pourrave (oui, malgré le micro Sony à 12 000 euros, y a pas , le son est à chier, mais comme c'est un blog et pas la Nouvelle Star,  on va dire que c'est pas grave)

Y a même des effets abominables car j'ai été obligée de rajouter les yeah ouuuuuuuuuh qu'y zétaient pas dans la version instrumentale atroce, lente, et pas rock'n roll pour deux kopecks mais bon c'est un blog , et pas Les Compagnons de La chanson alors  peu -T -importe , donc si tu veux j'ai enregistré deux fois ma voix, parce que sinon ça décalait trop mais du coup, ça sature, hein, et pourtant je te jure que j'ai fait gaffe àmurmurer, oui, je murmure, car si j'me lâche, eh ben PAF, ça explose, c'est ......BON bref, écoute, te moque pas trop et savoure les paroles de l'autre monde , un monde presque parfait, buccolique et néammoins ziggytique, (il s'appelle zyggitique, je suis foOOOOlllle de lui, c'est un garçon pas comme les autres , ha ça c'est sûr.)


podcast
(il faut monter le son assez fort, je crois)

 Saoul-Fifre est une star
Quand avec son bouc, sa grosse truie, ses poules, ses canards,
Il joue de sa fourche comme d'une guitare.
Il devient le bouse-man,
Voilà le Saoul-Fifre's Band...

Saoul-Fifre alors chante
D'une voix de vieux coq castré quelques notes discordantes.
Le visage fardé d'un peu de poudre blanche,
Il saute sur les planches,
Il joue et se déhanche.

Il joue pour les pintades,
Il joue pour les biquettes en pleurs,
La ferme est en extase.
De sa fourche de rocker
Sortent les sons de son coeur.

Saoul-Fifre est une star
Et dans les senteurs de fumier, de vieille merdasse,
Quelques larmes d'or brillent sur sa face.
Trop d'excès de pinard,
Une vie de rock star...

Sa musique est celle des cieux,
Ses riffs de fourches sont des bombes H.
Il est comme un demi-dieu.
Mais soudain ses rêves le lâchent :
C'est l'heure de traire les vaches !

Oh yeah
Oooooooh
Saoul-Fifre est une staaaaaar !

Mes nuits sont encore plus chiantes que mes jours.

Cette bonne femme voyait ostensiblement que j'attendais qu'elle me reçoive. Je me tenais droite, tendue, en bonne phobique sociale, à l'idée d'une interaction de l'ordre de la demande. Cet évier à colonne à l'ancienne. Il fallait l'acheter.

J'attendais.

Elle relevait ses lunettes sur son front, elle tapotait des liasses de papiers déjà tapotées. Elle se tournait, disparaissait derrière les étagères, réapparaissait entre les canapés. Elle ne foutait strictement rien.

Je la regardais , entre la rage impuissante et le desespoir sociopathe. Et puis, finalement, elle a fait mine de me découvrir, alors qu'elle n'avait vue que moi, cette garce blonde, maigre, rascleuse du nez.

Elle a fait mmmmmmh ?

Et moi, j'aidit, la voix un peu rauque au début,mais je sais chercher mon souffle très loin quand je n'en ai plus. C'est une chance de ne pas être asthmatique, n'est il pas ? "L'évier...." et j'ai expliqué, donc, que je venais l'acheter.

Elle a fait exprès de dire des choses que je comprenais pas,alors moi j'ai tapé, tapé et je l'ai finie à coups de bottes dans la tête, quand elle a été à terre. C'était à la fois solide, minéral et tout spongieux, son crâne.

Bien sûr, ça m'a réveillée. Evidemment, il m'a fallu un quart d'heure pour me rendormir.

 Vois-tu, il se passe trop de choses ces derniers temps, et le premier qui me dit que les travaux sont la première cause de la guerre des tranchées voire de la destruction de la couche d'ozone, je lui fais à manger (punition suprême)...

Et la nuit d'avant, c'était pire, finalement, parce que le moitié transformé en barbe bleue en jean me séquestrait;  il y avait des bruits de cadenas, d'énormes serrures, des clefs de sorcière d'Hansel et Gratel. Je suppliais, je pleurais, je tambourinais et il ne me laisserait jamais partir. Il l'a dit.

Bien sûr, ça m'a réveillée. Evidemment, il m'a fallu un quart de benzodiazépine pour me rendormir.

Vois-tu, il se passe de ces choses, là, sous le couvercle , sous la façade, derrière le masque, je ne sais pas où finalement, je m'en fous. Je crois que je redeviens insomniaque. J'ai ma terreur de la nuit blanche, en cerne noire, encernée livide, pendant que la lumière verte du réveil égrène les minutes en goutte à goutte.

Je sais qu'elles me font faire pire finalement que de donner des coups de bottes...

Accent Sonic

medium_1985_3.jpgMon amie Sonic a vécu à Marseille, à Nice, à Paris, à Montpellier, parfois en Hollande. Mon amie Sonic a un jour accepté de refuser d'être raisonnable, et a choisi de vivre bien. Mon amie Sonic sait vivre, et profiter du moment, même si sans doute, elle déteste cette expression. J'ai dormi chez elle pendant près d'un an, sur un duvet à même le sol. Il y avait copsréèlle, Tim et Rox, Lau', Jo et les corbeaux de la fac, soudain (enfin!) hilares, on chantait des chansons, on marchait la nuit sur la prom'. j'ai dormi chez elle, cours julien. Elle dormait fenêtre ouverte, le mec est rentré dans sa maison, elle a dit : "Sortez tout de suite " et a ajouté comme si quelqu'un était dans la pièce à côté: "Non non c'est rien". Le mec est parti. Il y avait W et les deux autres allemands, les clowns dans le restaurant. ils sont devenus nos amis. Mon amie Sonic m'a offert Baise -moi de Despentes avant qu'elle ne devienne un icône trash néo féministe à la mode, et le premier Houellebecq "extension du domaine de la lutte" que j'ai adoré. Eh  oui.  mon amie Sonic regarde des films japonais qui me font baîller et elle dit :"c'est génial". Mon amie Sonic est d'un enthousiasme d'enfant jamais niais devant l'art, les villes, les gens, la bouffe, le vin, la musique.

Mon amie Sonic est la seule femme capable de chanter J Mascis (je l'envie beaucoup), mon amie Sonic est de ces gens originaux et bruts qui , à un aucun moment n'en sont conscients et en joueraient, voire le surjoueraient. Elle dit aux gens qui l'empêchent de dormir :"Tu m'empêches de dormir", elle laisse les araignées vivre dans sa maison car elle trouve ses bêtes fascinantes, et leur donne des petits noms, elle n'a jamais fumé une cigarette, elle cuisine comme personne, écoute de la musique de dingues , de l'electro en passant par le noisy, achète des crèmes de beauté dans la parapharmacie de la mort, s'habillait vintage dès 1980, est d'une exquise politesse et d'un  savoir vivre rarissime. Elevée par les soeurs, quand elle en voit une dans la rue, elle a un arrêt et la fixe de ses yeux absolument déments en ricanant telle une possédée par le démon.

Mon amie Sonic vit depuis longtemps avec S. Et ils ont deux enfants démentiellement angéliques. Des petits sauvages qui grimpent aux arbres, et  mangent du Nutella, des champignons à l'aïl et des nems aux chèvre frais.  S. est un homme qui sait rire de tout, de lui et des autres, responsable et sympathique, curieux. Il chante Rue gamaaaaaaaaaa quand il a un peu trop picolé. Et ça me fait rire.

Mon amie Sonic peint remarquablement bien, photographie des gens qu'elle aime. Sa maison est parsemée de photos. Je m'y promène et je revois F, qui chante, je croise B et P quand il allait bien, qu'il promettait tant de talent, j'aperçois ma soeur, plus jeune, dans une piscine, il y a L sur sa moto, P, haha j'étais folle de ce con !

Je connais mon amie Sonic depuis plus de quinze ans.

Mon amie Sonic me regarde parfois et plante ses yeux dans les miens./ elle dit : "Alors ?  ..."

-Alors quoi ?

Elle ricane un peu, elle a les pommettes hautes, elle ressemble un peu à Glenn Glose (Close ?), elle dit

- Raconte.

La plupart du temps, je me mets à lui dire ce que je ne sais dire à personne.  Elle écoute et la plupart du temps elle ne dit rien . Il  a des gens qui savent écouter. Ca me stupéfie.

Et quand je rentre chez moi, je me dis que tout ça, il faudra que j'y réflechisse. Et là,

 c'est maintenant,

 je réfléchis.

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