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A brand new life qui finit bien, ouf.
Pardonne moi tout ça.
Aucune idée de titre et c'est pas plus mal que si c'était pire.
C'est par derrière, l'attaque, toujours, entre la nuque et un peu plus haut, comme une balle de silencieux, une bulle qui éclaterait tout doucement, et je cherche des liens. Il y en a toujours, il y en a tellement, des causes en veux tu en voilà, des raisons en wagons.
C'est bientôt , c'est dimanche, la levée du deuil. Déjà ? Et je crains, en bonne contradictoire que je suis, en aveuglée, d'y entrer le jour où l'on me dit que je peux en sortir. Parce que ça va hein, je le sais, que j'entretiens l'illusion, c'est une façon de refuser certaines tournures qui exigeraient l'imparfait. laissez moi, laissez -moi faire, laissez moi conjuguer dans un futur peut être un peu plus proche que ce passé de tout juste hier, conjurer comme je peux.
C'est il y a peu, le reste. Et c'est tellement énorme. Et puis, il y a eu ces mots qui m'étaient adressés, ce pour toi surligné. Il s'agissait de moi. Et la peur est venue. Il s'agissait de moi. Et moi ? c'est le rôle depuis toujours, l'identité connais pas; le moi c'est un magma qui m'effraie , pas par peur du monstre que j'y rencontrerais, je n'ai pas si haute opinion de moi -même, juste parce que j'ai peur de la rencontre, comme d'habitude.
- Bonjour, Moi, c'est le faux self qui te cause, j'ai des putains de trucs à te demander, t'imagines même pas, depuis le temps !
- Oh ? Mais encore ?
- Nonon rien....
C'était juste après, je regardais le titre du poème "L'enfant qui a des souris dans la tête". Et la peur s'est transformée en angoisse. En poison. Dans la crise, le plus drôle (t'imagines même pas comme je me marre) c'est l'archaïsation de la pensée, la schizophrénisation du langage, le sens propre en pleine figure: martèlement de pattes roses dans mon crâne soudain...
Je sais que tout ceci s'arrêtera toujours là. A l'angoisse de, à la force de l'imaginaire, à la dramatisation. Mais comme je ne suis jamais à cent pour cent sûre....
Alors en avant je marche je marche je marche, excusez moi mais le lâcher prise la rééducation du cerveau, la PNL de la terreur, c'est encore, c'est toujours du contôle à la con, du langage, je fuis tout sarkozysme, même celui de la psyché, je marche je m'agite je dis oui à la pensée mortifère c'est ça, bien par derrière, enculeuse, et je dis merde là c'est une putain de crise de la mort saison XXIII sur l'échelle de Richter. Serai je en mesure de me rappeler où j'habite ce soir ? reconnaitrai-je mon fils, mon mari, ma putain de gueule dans le miroir ? Est ce que ce sera bien eux ? Je me regarde, me tâte les joues, je suis livide et blanche et ça finit aux toilettes tout ça. Ca me fait une crise cardiaque du cerveau, une hémorragie cérébrale du coeur dans les bras, et je marche quand même, je m'agite, un peu raide et je dis ohnononononon, je ne suis pas angoissée, je suis l'angoisse de toute façons.
- Salut c'est moi !
- Ha je m'attendais pas à ça.
Et ensuite je me dis je vais écrire, je vais le dire à copsréèlle, elle va dire Ho ? écouter juste ce qu'il faut, ne surtout pas s'affoler comme avant, elle sait. Là j'ai fait les deux, j'ai écrit sur un gros brouillon, mal, et j'ai écouté copsréèlle dire oh. Juste pour bien me rappeler que ce n'est rien que l'imaginaire et la merde de juste avant et toute celle de bien avant , et la crainte de celle d'après qui se sont mélangés, pour faire la main glacée entre la nuque et un peu plus haut.
Ensuite, il y avait ce magasin , dans la vieille ville, j'avais promis qu'on irait, le cadeau de mon amie qui se marie, un dreamcatcher pour le gnome, le thé au caramel que m'a offert la dame.
Je ne sais toujours pas ce que donnera la rencontre . Je crois qu'elle peut ne jamais venir, et qu'est ce que je m'en fous ?
Mais j'ai moins peur de dimanche, c'est déjà ça.
Du côté gnomique
Doléances Cons
Je voudrais que l'amour ne soit pas un job, avec des soucis, des horaires, des contraintes. Que les mots concessions, partage équitable des tâches, écoute, temps de parole, se "retrouver" , soient bannis du vocabulaire marital, parce que c'est pire qu'une réunion de synthèse pour le budget d'entreprise. Encore plus triste , encore plus chiant.
Je voudrais n'avoir jamais besoin de communiquer. Quand tu te mets à "communiquer", c'est qu'il y a des mal entendus. Quand il y a des malentendus, c'est juste que tu deviens sourd. Quand t'es sourd, tu me regardes plus, connard d'aveugle.
Je voudrais que mon père me manque moins bizarre. J'aimerais qu'il voie le fumeur d'herbe emplâtrer la maison. A faire celui qui écoute, qui s'intéresse, mais qui me dira, plus tard ,vaguement dégoûté "Il comprend rien..."
Mais le fumeur d'herbe ne sait même pas qu'il existait mon père. Et que ce meuble-là, c'est lui qui l'a fait. Je voudrais juste qu'il sache ça. J'ai essayé de le dire. Je voudrais que mon père réponde encore quelque fois au téléphone ,qu'il conclue de son habituel "Amuse-toi bien...."
Je voudrais que mon père ne soit jamais mort.
Je voudrais que plus personne ne meure, que plus personne ne parte. Oui, je sais il faut composer avec la réalité, admettre, s'exprimer, partager équitablement les morts et les vivants sans doute, faire une petite réunion de synthèse, dans la foulée. Tous ensemble, à nous dire , nos soucis, nos contraintes, nos concessions, faire un brain storming des horaires convenables aussi, pour le fun. Rassembler à droite, à gauche, se dire que ouais mais peut être , mais pas là, non. Et se trouver tous super intelligents et matures, et forts, et merde.
Connards d'aveuglés.
A tribute to Tant Bourrin
Voici le tube que bientôt tu vas t'arracher (les oreilles). Il y a quelques mois, Tant Bourrin de chez Blogbo nous faisait don de paroles enlevées sur son pote Saoul Fifre , sur l'air de Ziggy Stardust.
Avec la complicité de Saoul Fifre, qui n'est pas rancunier, je l'ai chantée avec l'instrumental karaoké qui tue, et le son pourrave (oui, malgré le micro Sony à 12 000 euros, y a pas , le son est à chier, mais comme c'est un blog et pas la Nouvelle Star, on va dire que c'est pas grave)
Y a même des effets abominables car j'ai été obligée de rajouter les yeah ouuuuuuuuuh qu'y zétaient pas dans la version instrumentale atroce, lente, et pas rock'n roll pour deux kopecks mais bon c'est un blog , et pas Les Compagnons de La chanson alors peu -T -importe , donc si tu veux j'ai enregistré deux fois ma voix, parce que sinon ça décalait trop mais du coup, ça sature, hein, et pourtant je te jure que j'ai fait gaffe àmurmurer, oui, je murmure, car si j'me lâche, eh ben PAF, ça explose, c'est ......BON bref, écoute, te moque pas trop et savoure les paroles de l'autre monde , un monde presque parfait, buccolique et néammoins ziggytique, (il s'appelle zyggitique, je suis foOOOOlllle de lui, c'est un garçon pas comme les autres , ha ça c'est sûr.)

(il faut monter le son assez fort, je crois)
Saoul-Fifre est une star
Quand avec son bouc, sa grosse truie, ses poules, ses canards,
Il joue de sa fourche comme d'une guitare.
Il devient le bouse-man,
Voilà le Saoul-Fifre's Band...
Saoul-Fifre alors chante
D'une voix de vieux coq castré quelques notes discordantes.
Le visage fardé d'un peu de poudre blanche,
Il saute sur les planches,
Il joue et se déhanche.
Il joue pour les pintades,
Il joue pour les biquettes en pleurs,
La ferme est en extase.
De sa fourche de rocker
Sortent les sons de son coeur.
Saoul-Fifre est une star
Et dans les senteurs de fumier, de vieille merdasse,
Quelques larmes d'or brillent sur sa face.
Trop d'excès de pinard,
Une vie de rock star...
Sa musique est celle des cieux,
Ses riffs de fourches sont des bombes H.
Il est comme un demi-dieu.
Mais soudain ses rêves le lâchent :
C'est l'heure de traire les vaches !
Oh yeah
Oooooooh
Saoul-Fifre est une staaaaaar !
Mes nuits sont encore plus chiantes que mes jours.
Cette bonne femme voyait ostensiblement que j'attendais qu'elle me reçoive. Je me tenais droite, tendue, en bonne phobique sociale, à l'idée d'une interaction de l'ordre de la demande. Cet évier à colonne à l'ancienne. Il fallait l'acheter.
J'attendais.
Elle relevait ses lunettes sur son front, elle tapotait des liasses de papiers déjà tapotées. Elle se tournait, disparaissait derrière les étagères, réapparaissait entre les canapés. Elle ne foutait strictement rien.
Je la regardais , entre la rage impuissante et le desespoir sociopathe. Et puis, finalement, elle a fait mine de me découvrir, alors qu'elle n'avait vue que moi, cette garce blonde, maigre, rascleuse du nez.
Elle a fait mmmmmmh ?
Et moi, j'aidit, la voix un peu rauque au début,mais je sais chercher mon souffle très loin quand je n'en ai plus. C'est une chance de ne pas être asthmatique, n'est il pas ? "L'évier...." et j'ai expliqué, donc, que je venais l'acheter.
Elle a fait exprès de dire des choses que je comprenais pas,alors moi j'ai tapé, tapé et je l'ai finie à coups de bottes dans la tête, quand elle a été à terre. C'était à la fois solide, minéral et tout spongieux, son crâne.
Bien sûr, ça m'a réveillée. Evidemment, il m'a fallu un quart d'heure pour me rendormir.
Vois-tu, il se passe trop de choses ces derniers temps, et le premier qui me dit que les travaux sont la première cause de la guerre des tranchées voire de la destruction de la couche d'ozone, je lui fais à manger (punition suprême)...
Et la nuit d'avant, c'était pire, finalement, parce que le moitié transformé en barbe bleue en jean me séquestrait; il y avait des bruits de cadenas, d'énormes serrures, des clefs de sorcière d'Hansel et Gratel. Je suppliais, je pleurais, je tambourinais et il ne me laisserait jamais partir. Il l'a dit.
Bien sûr, ça m'a réveillée. Evidemment, il m'a fallu un quart de benzodiazépine pour me rendormir.
Vois-tu, il se passe de ces choses, là, sous le couvercle , sous la façade, derrière le masque, je ne sais pas où finalement, je m'en fous. Je crois que je redeviens insomniaque. J'ai ma terreur de la nuit blanche, en cerne noire, encernée livide, pendant que la lumière verte du réveil égrène les minutes en goutte à goutte.
Je sais qu'elles me font faire pire finalement que de donner des coups de bottes...
Accent Sonic
Mon amie Sonic a vécu à Marseille, à Nice, à Paris, à Montpellier, parfois en Hollande. Mon amie Sonic a un jour accepté de refuser d'être raisonnable, et a choisi de vivre bien. Mon amie Sonic sait vivre, et profiter du moment, même si sans doute, elle déteste cette expression. J'ai dormi chez elle pendant près d'un an, sur un duvet à même le sol. Il y avait copsréèlle, Tim et Rox, Lau', Jo et les corbeaux de la fac, soudain (enfin!) hilares, on chantait des chansons, on marchait la nuit sur la prom'. j'ai dormi chez elle, cours julien. Elle dormait fenêtre ouverte, le mec est rentré dans sa maison, elle a dit : "Sortez tout de suite " et a ajouté comme si quelqu'un était dans la pièce à côté: "Non non c'est rien". Le mec est parti. Il y avait W et les deux autres allemands, les clowns dans le restaurant. ils sont devenus nos amis. Mon amie Sonic m'a offert Baise -moi de Despentes avant qu'elle ne devienne un icône trash néo féministe à la mode, et le premier Houellebecq "extension du domaine de la lutte" que j'ai adoré. Eh oui. mon amie Sonic regarde des films japonais qui me font baîller et elle dit :"c'est génial". Mon amie Sonic est d'un enthousiasme d'enfant jamais niais devant l'art, les villes, les gens, la bouffe, le vin, la musique.
Mon amie Sonic est la seule femme capable de chanter J Mascis (je l'envie beaucoup), mon amie Sonic est de ces gens originaux et bruts qui , à un aucun moment n'en sont conscients et en joueraient, voire le surjoueraient. Elle dit aux gens qui l'empêchent de dormir :"Tu m'empêches de dormir", elle laisse les araignées vivre dans sa maison car elle trouve ses bêtes fascinantes, et leur donne des petits noms, elle n'a jamais fumé une cigarette, elle cuisine comme personne, écoute de la musique de dingues , de l'electro en passant par le noisy, achète des crèmes de beauté dans la parapharmacie de la mort, s'habillait vintage dès 1980, est d'une exquise politesse et d'un savoir vivre rarissime. Elevée par les soeurs, quand elle en voit une dans la rue, elle a un arrêt et la fixe de ses yeux absolument déments en ricanant telle une possédée par le démon.
Mon amie Sonic vit depuis longtemps avec S. Et ils ont deux enfants démentiellement angéliques. Des petits sauvages qui grimpent aux arbres, et mangent du Nutella, des champignons à l'aïl et des nems aux chèvre frais. S. est un homme qui sait rire de tout, de lui et des autres, responsable et sympathique, curieux. Il chante Rue gamaaaaaaaaaa quand il a un peu trop picolé. Et ça me fait rire.
Mon amie Sonic peint remarquablement bien, photographie des gens qu'elle aime. Sa maison est parsemée de photos. Je m'y promène et je revois F, qui chante, je croise B et P quand il allait bien, qu'il promettait tant de talent, j'aperçois ma soeur, plus jeune, dans une piscine, il y a L sur sa moto, P, haha j'étais folle de ce con !
Je connais mon amie Sonic depuis plus de quinze ans.
Mon amie Sonic me regarde parfois et plante ses yeux dans les miens./ elle dit : "Alors ? ..."
-Alors quoi ?
Elle ricane un peu, elle a les pommettes hautes, elle ressemble un peu à Glenn Glose (Close ?), elle dit
- Raconte.
La plupart du temps, je me mets à lui dire ce que je ne sais dire à personne. Elle écoute et la plupart du temps elle ne dit rien . Il a des gens qui savent écouter. Ca me stupéfie.
Et quand je rentre chez moi, je me dis que tout ça, il faudra que j'y réflechisse. Et là,
c'est maintenant,
je réfléchis.

